Le grand débat lave le jaune !

Le Grand Débat aura été la machine à laver du quinquennat. Macron était arrivé avec un smoking blanc tout neuf pour inaugurer son quinquennat et redonner à la présidence de la République sa verticalité et sa distance magnifiées par les décors prestigieux où il accueillait les grands de ce monde. Le blanc, c’était aussi celui de la page qu’il ouvrait, destinée à réécrire la France avec un souci de transparence et d’efficacité effaçant les taches de la politique passée. Il a fallu un an pour que les éclaboussures de l’affaire Benalla le salissent et quelques mois de plus pour qu’une pluie d’oeufs le macule de larges auréoles jaunes. Le Grand Débat a remis le costume dans la machine, a nettoyé le jaune. Ce n’est toutefois plus un smoking. Il a perdu son éclat, pour se faire plus modeste mais sans changer de coupe ni de couleur. Près de deux millions de contributeurs auront fourni le savon avec leurs propositions, choisies et dosées pour permettre, une fois celui-ci évacué avec l’eau, de sortir le vêtement essoré, débarrassé des idées inopportunes, et présentant la politique macronienne comme conforme au goût des participants, jugés représentatifs de tous les Français, ce qui n’est pas prouvé, loin s’en faut.

Le Président avait fixé quatre thèmes : la fiscalité, l’organisation de l’Etat, la transition écologique, et la démocratie. La question de l’immigration était diluée dans le dernier thème.  Il y a en France, parmi les nombreux fromages de la République qui participent à la dépense publique, une Commission Nationale du Débat Public qui aurait du se charger de l’organisation. Sa présidente a dénoncé une opération de communication (à hauteur de 12 Millions d’Euros), et le spectacle permanent du Président en campagne promotionnelle a confirmé ses craintes. En fait, Mme Jouanno avait pointé l’astuce : un débat public suppose que ce sont les Français qui interrogent le pouvoir sur les questions qui les intéressent, et non certains Français qui répondent aux questions du pouvoir, auxquelles celui-ci a déjà prévu des réponses. Ce jugement pertinent se vérifie pleinement aujourd’hui : ceux qui avaient provoqué le débat, les Gilets Jaunes n’y ont pas participé, et la revendication principale d’une introduction d’une part de démocratie directe avec le Référendum d’Initiative Citoyenne a été balayée par le Premier Ministre lors de sa restitution, tandis qu’il en profitait pour opposer la France sage et disciplinée qui s’est pliée à l’ordre du jour gouvernemental à la France violente des manifestants. L’ennui pour lui, c’est que ces deux France coexistent, et que la colère de la seconde n’est pas près de s’éteindre, malgré le pourrissement et l’enlisement visés par la manoeuvre. Des violences policières caractérisées, disproportionnées, qu’on espère rares soulèvent toutefois la suspicion : cela ne dépend-il pas de consignes ayant pour but de dissuader les manifestants, afin de pouvoir opposer un débat digne et bien organisé à une poignée d’irresponsables de moins en moins nombreux ?

Comme on pouvait s’y attendre, le costume sorti de la machine et présenté par le Premier  Ministre est plus que jamais celui du Président. Il annonce des mesures fiscales qui seront sans doute dans la continuité de celles déjà prises, comme la suppression de la taxe d’habitation, et peut-être de la redevance audiovisuelle qui l’accompagne. Les dépenses des collectivités locales et du service public de l’audiovisuel devront cependant être financées, et ce n’est pas la suppression de la Commission Nationale du Débat Public qui pourra compenser le manque de recettes. D’où viendront-elles ?  En second lieu, Edouard Philippe souhaite plus de proximité, de fraternité, et donc le maintien de services publics proches de tous les Français, avec le souci de rééquilibrer les « périphériques » par rapport aux « métropolitains » : nobles intentions dont on se demande bien comment l’Etat impécunieux pourra les mettre en oeuvre. Plus à l’aise sur la démocratie que les Français souhaitent, paraît-il, plus délibérative et participative, mais pas trop directe, le locataire à titre gratuit de Matignon se prépare à recycler les mauvaises idées un peu démagogiques du début de mandat, comme de diminuer le nombre de parlementaires, et d’en faire élire à la proportionnelle, mais il évacue le référendum d’initiative citoyenne, pourtant la seule transformation réelle du système qui n’a rien d’impossible puisqu’il existe depuis 170 ans en Suisse et se propage aux Etats-Unis. Enfin, cerise sur le gâteau, la transition écologique met une décoration verte sur le revers de la veste. La France est pourtant l’un des meilleurs élèves pour la production de CO2. Il n’y a aucune urgence climatique en France quand bien même il y en aurait une dans le monde. Les efforts des Français sont hors de portée d’agir sur le climat de la Terre. Cette priorité est à la fois le vecteur du groupe de pression « écolo », important politiquement, et un attrape-nigauds destiné à détourner l’attention des  vrais problèmes : il y a une urgence démographique provoquée par le vieillissement de la population, la chute de la natalité, et une immigration suicidaire ou criminelle, au choix. La disparition de la politique familiale est infiniment plus grave que le maintien de la consommation de diesel !

Les Français se laisseront-ils berner ? Seront-ils les complices de l’escroquerie dont ils sont les victimes ? La plupart d’entre-eux sont déjà les moutons que tond sans vergogne la super-classe mondialiste. Qu’on cherche à les apitoyer sur le sort, au Japon, du chef, triple-national, d’une très grande entreprise française, exilé fiscalement aux Pays-Bas devrait les faire réfléchir dans deux directions : la fiscalité française est excessive et contre-productive, mais comme les plus fortunés peuvent y échapper, elle est terriblement injuste car elle frappe plus durement, par compensation, ceux qui sont, comme on a envie de dire, « assignés à résidence ». C’est ce type de mécanisme qui suscite des « Gilets Jaunes » !

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5 commentaires

  1. en passant - 9 avril 2019 12 h 40 min

    En réalité, les exilés fiscaux pourraient avoir un train de vie plus que confortable s’ils payaient leurs impôts en France, au moins comparable à celui qu’eux ou leurs homologues avaient il y a 20 25 ans (plus hausse générale du niveau de vie, plus encore un petit quelque chose).

    S’ils s’exilent, c’est donc pour d’autres facteurs que le simple besoin vital, peut-on sans risque conjecturer.
    C’est parce qu’on les laisse faire d’une part, et même qu’on les y encourage d’autre part. En leur disant par exemple qu’ils paient trop d’impôts, qu’ils ont bien raison de se barrer, etc etc.

    Et, par ailleurs, la fiscalité française n’a rien d’excessif y compris pour les classes moyennes. Les comparaisons faites sur ce point sont fallacieuses, parce qu’elles comparent, volontairement, à périmètre inégal.
    Il y a un phénomène de montage de bourrichon par cette désinformation, dans l’électorat qui se dit libéral, et qui est en fait tout simplement rapiat.

    Tout ceci nous montre qu’on ne reviendra pas à une vie politique raisonnable sans compenser, par le travail de la raison, arme des philosophes et de ceux qui s’essaient à les enseigner, la malencontreuse disparition de l’URSS, qui a su si longtemps maintenir les très aisés des pays occidentaux sur le chemin de la sagesse, par la crainte du gendarme rouge.
    Et pour leur propre bien : les délires transhumanistes, par exemple, montrent que ces gens ne vont pas bien non plus.

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  2. Jacques Peter - 9 avril 2019 17 h 32 min

    Une bonne mesure fiscale serait de remplacer la progressivité de l’impôt sur le revenu qui spolie les riches (donc ceux dont on a le plus besoin), par la proportionnalité qui a le mérite de ne spolier personne. Dans un pays qui adore l’égalité, il est curieux de favoriser un système fiscal inégalitaire.
    On pourrait profiter du « grand débat » pour faire cette réforme salutaire.

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  3. erwan - 9 avril 2019 20 h 19 min

    Vous avez raison de pointer l’urgence démographique sur laquelle nous avons encore prise à l’échelle nationale, contrairement à l’urgence climatique. Notre effondrement en la matière est gravissime. Malheureusement le pouvoir politique actuel préfère compenser le déclin démographique par l’immigration plutôt que par une véritable politique nataliste qui serait jugée sans doute trop pétainiste par certains…et seule capable d’assurer la pérennité de la nation française.

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  4. Rita Pitton - 10 avril 2019 10 h 52 min

    Oh la la !! Haro sur ces exilés fiscaux comme Carlos Ghosn qui pourrissent l’humanité !
    La surpopulation mondiale fait peur . Fait vraiment peur .
    Une politique nataliste pour augmenter la population en France ????? Non .
    Pas de travail .pas de logement . Trop de spéculation capitaliste sur l’immobilier .

    Protéger la France , protéger l’Europe contre l’immigration , contre les envahisseurs ,OUI .
    Et ça c’est le RN et les souverainistes européens qui le feront .Amen .

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  5. DELAFOSSE - 11 avril 2019 7 h 12 min

    Beaucoup de débats , d’écrits et de paroles pour des solutions qui ne peuvent voir le jour qu’avec l’argent.
    Or, quand on voit le déficit budgétaire du pays, de l’argent disponible , il n’y en a pas !
    Alors, que fera notre Président ? la même chose que ses prédécesseurs…du vent !

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