Bonne année à tous ! L’année 2025 débute avec le terrible contraste entre les cahots de la macronie à l’agonie, et les victoires, politique de Trump, et au moins militaire, de Poutine. Deux étages du monde qui ne cessent de s’écarter. La brillante réélection de Donald Trump a été une nouvelle réjouissante pour les conservateurs du monde entier. Depuis des années, ils subissaient la montée d’un progressisme sociétal qui est l’autre nom de la décadence dans les démocraties occidentales où de prétendues “élites” ont inversé les idées et les valeurs qui portaient notre civilisation. Le conservatisme politique applique la stratégie du “Guépard” : changer ce qui doit l’être pour que l’essentiel demeure. Le ralliement d’Elon Musk à la candidature de Trump en est un symbole évident puisque un homme qui est à la pointe du progrès technique rejoint celui qui veut remettre l’Amérique à l’endroit, en finir avec le wokisme, la théorie du genre, la culture de mort, la repentance et le déboulonnage des statues, l’écologie de la peur, le suicide migratoire etc… L’affolement qui règne à gauche se traduit par des réactions obsessionnelles qui répètent convulsivement les slogans du passé désormais dépassés. Ainsi va-t-elle cibler un “bras tendu” de Musk, dans une ridicule “reductio ad hitlerum” d’un geste coupé au montage qui était une main sur le cœur brandie ensuite vers le ciel par celui qui veut en faire la conquête. D’un côté, la médiocrité d’une pensée enlisée dans le passé, dominée par ses réflexes, et vouée à l’indigence, de l’autre, la puissance de la créativité et de la confiance en un avenir rendu possible parce qu’on aura sauvé l’essentiel de l’héritage. La domination arrogante de la gauche dite morale prend fin parce chacun a pu prendre conscience de l’impasse mortelle où elle conduisait l’Occident et de l’imposture qui consistait à imposer l’inégalité au nom de la discrimination positive, la censure au nom de la lutte contre l’extrême droite, une multiplication des contraintes au nom de la protection contre des peurs imaginaires, la dictature des normes dictées par une oligarchie mondialiste au nom du droit et des valeurs démocratiques. Trump préfère le mérite à la race, la liberté d’expression à la pensée unique, la liberté de vivre et d’entreprendre aux règles édictées par des organisations internationales, la souveraineté des peuples aux idéologies qui ont contaminé une grande partie des castes dirigeantes de l’Occident. On pouvait craindre la revanche d’un homme, et on assiste à une révolution culturelle renversant les tabous du progressisme qui imprègnent encore l’idéologie dominante en Europe et en France plus qu’ailleurs : le racialisme, la théorie du genre, le droit du sol, le crime de la préférence nationale, et le péché des frontières. L’inversion généralisée des valeurs avait engendré un renversement du bon sens, une accentuation des problèmes que l’on prétendait nier. Ainsi l’antiracisme obsessionnel avait fait resurgir la distinction raciale et le racisme. Ainsi, la négation des sexes au profit des genres avait suscité une guerre des sexes avec un féminisme revanchard et une victimisation hypocrite des orientations érotiques minoritaires. Ainsi, la haine des frontières et l’ouverture à la diversité avait développé le tribalisme et érigé des barrières à l’intérieur des États. Ainsi le politiquement correct avait réduit la pluralité des opinions à la pensée unique.
Beaucoup de conservateurs, de patriotes se tournaient vers la Russie en désespérant de l’Amérique. Aujourd’hui ils espèrent que ces deux puissances occidentales pourront s’entendre pour défendre la civilisation qui leur est commune face aux menaces intérieures et extérieures, à la déconstruction au dedans comme aux invasions du dehors. Et cela ne peut que soulever l’espoir dans cette Europe qui participe à la même civilisation que la Russie et les Etats-Unis mais qui semble avoir renoncé à son identité, à la souveraineté de ses nations et à sa puissance. Mère de cette culture grecque et chrétienne qui a dominé le monde, elle est aujourd’hui prisonnière d’un nihilisme qui la rend aveugle à ses propres intérêts. La France est à la pointe de ce déclin. L’oligarchie qui la dirige, qui l’informe ou la divertit est très majoritairement animée par une idéologie à la fois nombriliste et sectaire. Elle doit assumer le désastre politique et social auquel elle a conduit le pays confronté à la conjonction des dangers d’une démographie exténuée, d’une immigration galopante, d’une délinquance croissante, et enfin d’une économie en lambeaux. Comment croire que le mouvement impulsé de l’autre côté de l’Atlantique, dans un pays aux ressources inégalables où l’équilibre des forces politiques est plus grand, puisse connaître son prolongement en France ? Plusieurs pays européens, l’Italie, la Hongrie, la Slovaquie, l’Autriche ont pris ce chemin, d’autres comme l’Allemagne voient une part montante de la population le souhaiter. L’État profond français a des fondations plus solides que son équivalent américain. Paris pèse d’un poids plus lourd que Washington. L’Administration, la fonction publique que Trump va réduire ou rappeler à l’ordre en Amérique, sont beaucoup plus étendues et puissantes en France. Comment imaginer que des hommes ou des femmes politiques insignifiants puissent imposer une révolution conservatrice en France ? Que pèsent un Bayrou ou un Macron entre un Trump et un Poutine ?
Des esprits paresseux et poltrons se réfugieront dans le mythe européen pour trouver l’espace et la force capables de rivaliser avec les Empires. La politique dépend à la fois de la taille et de la puissance des États, mais aussi de la volonté des peuples et de ceux qui les conduisent. Il n’y a pas de peuple européen, ni de dirigeants européens et donc pas de volonté européenne. L’Union Européenne n’est qu’une machine aux mains d’opérateurs dénués de légitimité et réduits à confondre la politique avec des compromis velléitaires entre des opérations économiques liées à des intérêts particuliers et des postures idéologiques sous l’influence des groupes de pression. Seules les nations peuvent porter la volonté des peuples et de leurs dirigeants, parce que la démocratie a pour fondement l’existence d’un peuple possédant une identité et de dirigeants défendant sa souveraineté. Si l’on veut entreprendre une révolution conservatrice, en Europe et en France, il faut d’abord en finir avec l’UE, et revenir à l’Europe des États-nations, telle que la voulait le général de Gaulle. Il faut aussi favoriser un système politique en France qui permette les basculements radicaux, que la proportionnelle empêcherait. Il faut changer massivement le personnel politique, à commencer par la destitution de l’erreur historique qui habite encore l’Élysée. Il faut enfin établir ce qui existe dans la moitié des États-Unis, la démocratie directe, la possibilité pour les citoyens de décider de l’avenir de la Cité par le biais de référendums qu’ils souhaitent sur les sujets qu’ils choisissent. Actuellement, la caste au pouvoir songe à proposer des référendums sur des sujets marginaux, pour éviter d’interroger les Français sur l’essentiel. Elle veut amuser la galerie avec l’instauration de la proportionnelle parce qu’elle croit être sûre de la réponse et en tirer un regain de popularité. La proportionnelle est un attrape-nigauds destiné à faire croire aux électeurs qu’ils pourront choisir un élu de leur opinion, alors que cet élu, faute de majorité, sera obligé à des compromis avec d’autres opinions éventuellement opposées. L’électeur, en croyant que ce système lui est favorable, ne voit pas qu’il est surtout confortable pour les partis et leurs chefs assurés de poursuivre leur carrière pour peu qu’ils soient placés le plus longtemps possible en tête de liste. Dans une vraie démocratie, ce sont les citoyens qui doivent décider de la question et de la réponse. Aussi, les questions qu’on refuse aux Français de poser sont-elles les plus importantes : l’immigration, la peine capitale, l’Europe etc… Qui en France pourrait incarner une révolution d’une telle ampleur ? C’est pourtant la seule question qui puisse mettre un terme à notre déclin !
4 commentaires
Et encore un excellentissime papier, dans le constat, l’analyse et les conclusions.
“On ne voit pas qui en France pourrait incarner une révolution d’une telle ampleur?”
Oui mais… Même si cet homme ou cette femme existait, il serait marginalisé car l’immense majorité du peuple est formaté en mode communiste depuis 80 ans par l’EN, les médias, la classe politique, la fonction publique et les millions d’assistés qui tous profitent ou croient profiter du système. Ajoutons à cela l’avachissement des français qui subissent et se sont habitués à la situation actuelle. Avachissement si bien décrit par Eric Verhaeghe.
“Comment croire que le mouvement impulsé de l’autre côté de l’Atlantique, dans un pays aux ressources inégalables où l’équilibre des forces politiques est plus grand, puisse connaître son prolongement en France ? Plusieurs pays européens, l’Italie, la Hongrie, la Slovaquie, l’Autriche ont pris ce chemin, d’autres comme l’Allemagne voient une part montante de la population le souhaiter. L’État profond français a des fondations plus solides que son équivalent américain. Paris pèse d’un poids plus lourd que Washington. L’Administration, la fonction publique que Trump va réduire ou rappeler à l’ordre en Amérique, sont beaucoup plus étendues et puissantes en France. Comment imaginer que des hommes ou des femmes politiques insignifiants puissent imposer une révolution conservatrice en France ? “
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Le passage cité ci-dessus me semble illustrer l’ambiguïté du billet et, au delà, l’ambiguïté d’une partie de la droite française.
Car, si les mesures encouragées par Trump d’un démantèlement des départements DEI (diversité, égalité et inclusion) relèvent, en effet, d’une révolution ou plutôt, d’un tournant conservateur, ce n’est pas le cas des mesures envisagées par Musk pour une réorganisation de la fonction publique américaine, qui relèvent plutôt du libéralisme économique.
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Or, les deux ne sont pas liés. Et ils sont même souvent, en France, antagonistes, car une foule de politiciens français, de plus ou moins grande envergure, détournent les aspirations conservatrices d’une partie de l’opinion publique française, pour faire passer les mesures libérales qui conviennent à leur clientèle restreinte (et qui sont plutôt mal accueillies, à raison, par la majorité, y compris à droite).
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C’est ainsi qu’en France, lors du dernier passage de la droite au pouvoir, nous avons eu un discours parfois conservateur (revenir sur l’héritage de mai 68, etc), accompagnées d’une orientation de fond en réalité libérale, et s’opposant au conservatisme. Citons par exemple :
– la fuite en avant vers l’UE, qui est fondamentalement libérale et qui fonctionne très mal (en nuisant souvent à la France) ;
– le gel du programme de construction de prisons initié par Chirac, pour respecter les aspirations libérales d’une réduction des budgets publics
– le choix, récurrent à droite, de ne pas toucher aux réformes de gauche de l’EN, mais d’aller vers un affaiblissement, d’inspiration libérale, du statut des professeurs, et vers une réduction également libérale de leur nombre. C’est, par exemple, sous la droite qu’a eu lieu la révision 2010 des programmes de lycée, réduisant les ambitions en mathématiques et physique ; le passage à temps plein des stagiaires, pour respecter le “1 fonctionnaire sur 2” libéral ; l’introduction d’épreuves non disciplinaires aux concours. Rien de tout cela n’était conservateur, mais au contraire fort compatible avec le libéralisme.
– la réforme d’Edf, sur un mode libéral idéologique (mise en concurrence forcée), aboutissant à la catastrophe actuelle (prix élevés faisant perdre à la France un atout naturel, fermetures d’entreprises liées au coût de l’électricité).
– puisqu’on parle de DEI, la discrimination “positive” imposée aux grandes écoles, et l’évidence d’une politique migratoire néfaste en partie inspirée par les libéraux (cf déclarations du Medef, des restaurateurs, etc).
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L’une des composantes de la crise politique française est donc cette tendance marquée d’une partie des politiciens de droite à détourner les aspirations conservatrices des Français pour leur imposer un libéralisme économique néfaste.
On peut donc souhaiter, en ce début 2025, aux politiciens français d’être plus clairs dans leurs paroles, sinon dans leur esprit, sur leurs priorités réelles : tournant conservateur, ou poursuite du libéralisme de ces 50 dernières années (les 50 piteuses) ??
En parallèle du scrutin proportionnel pour l’élection des Députés, pourquoi le scrutin majoritaire uninominal à un seul tour n’est-il pas proposé dans le débat public? Celui-ci permettrait, à l’instar de la Grande-Bretagne, de dégager une majorité claire pour gouverner.
Ecouter Trump m’a confirmé le fossé entre un homme politique (venant de l’entrepreneuriat, ce qui lui permet d’être au top sans gros efforts) et les nôtres… des rentiers pourris jusqu’à la moelle.
Un peuple mérite ses gouvernants comme on dit ! et les nouvelles générations formatées ne vont pas changer la direction actuelle. Elles sont tellement limitées qu’il a fallu casser le thermomètre et proposer une nouvelle mesure de leur capacité intellectuelle : Le QQI (par exemple 120 de QQI correspond à 60 de QI ancien, c’est la limite pour qu’ils ne se fassent pas dessus). Certains QQI passent sur ce site.
J’ai lu Mémoricide et vous avez des passages dans des bouquins qui vous interpellent et même qui vous scotchent.
C’est le piège à idiots utiles en lui présentant UN HOMME NOUVEAU qui a naturellement toutes les qualités avec tout le blablas qui suit.
Phillipe de Villiers nous démontre qu’on nous propose toujours un homme émasculé.
1793 – L’Homme sans héritages
1917 – L’Homme sans propriétés
2020 – L’Homme sans corps (Idéologie du genre)
Je me permets d’ajouter…
1772 – L’Encyclopédie et les Lumières – L’Homme sans spiritualité. (puis la suite logique – Nietzsche – Dieu est mort !)