L’Identité bavaroise affirmée malgré les apparences !

3merkelLes élections bavaroises sont riches d’enseignements si on veut bien se libérer des commentaires superficiels des grands médias . C’est ainsi que France 24, l’un des principaux outils de désinformation orientée du prétendu service public, commente les résultats en disant que la stratégie de la CSU a été désavouée par les électeurs, dont une partie, soit 180 000 électeurs, aurait voté pour l’AfD, et un nombre équivalent pour les Verts. Il s’agit bien sûr de suggérer que le durcissement de la CSU en matière d’immigration explique sa défaite. C’est l’exportation Outre-Rhin de la dénonciation de la « lepénisation » des esprits qui est leit-motiv  de nos médias pour empêcher la droite d’être à droite sous prétexte qu’elle se rapprocherait de l’extrême-droite. L’examen des suffrages  conduit à une interprétation très différente.

C’est la majorité fédérale qui a été désavouée : dans leur fief, les conservateurs de la CSU perdent 590 000 votes, mais c’est leur allié à Berlin, le SPD, qui subit un véritable effondrement en passant de 20 à moins de 10%. Vers qui se sont tournés les électeurs  ? A droite, les autres partis ont tous progressé, les Electeurs Libres (FW), dissidents de la CSU, plus conservateurs, ont gagné 508 000 suffrages, à 11%, les Libéraux (FDP) qui ont déjà gouverné avec la CSU, reviennent au Parlement avec 687 000 voix et une progression de 300 000 environ. Enfin, le parti réputé d’extrême-droite entre au Maxilianeum avec un score de 10% et 1 384 000 voix. Il est fort probable que beaucoup d’électeurs « de droite », hostiles à la politique migratoire, se sont tournés vers l’AfD, mais aussi vers les Freie Wähler, ou le FDP, ce qui leur permettait d’infliger une sanction à la CSU, membre de la grande coalition des sociaux-démocrates et des démocrates-chrétiens à Berlin, sans voter pour le parti réputé extrémiste. La CSU subit un échec, mais demeure de loin le parti le plus puissant, qui conduit depuis des décennies le Land le plus prospère d’Allemagne. Elle pourra constituer une majorité de droite et anti-immigrationniste, sans difficulté, et sans l’AfD. Par ailleurs, si elle recule, c’est moins qu’elle pouvait le craindre à partir de sondages, qui, voici quelques semaines la plaçait à 33% tandis que l’AfD était à 15%. En étant ferme sur la question des migrants, mais en excluant toute alliance avec l’AfD, dans un contexte allemand que l’histoire rend très spécifique, la CSU a limité la casse. L’idée que ses électeurs aient pu être révulsés par un positionnement trop droitier qui aurait conduit un grand nombre d’entre eux à voter écologiste n’est nullement justifiée par les chiffres. Le succès des « Grünen » doit à l’évidence beaucoup plus à la débâcle du SPD, qui perd 1 120 000 voix, soit la moitié de celles obtenues en 2013, et se retrouve en 5e position alors qu’il était 2e la fois précédente.

On peut bien sûr voir dans cette montée des écologistes et des nationalistes le duel de deux peurs, celle du réchauffement climatique, et celle de l’immigration, la première politiquement correcte et la seconde teintée d’une xénophobie qui la disqualifie aux yeux des bien-pensants. Il faut toutefois noter que si l’écologie, assez modérée en Allemagne, occupe dans le pays une place honorable, elle n’est pas plus capable que dans les autres pays d’identifier sérieusement les vrais risques et moins encore de les réduire. La première grande erreur de Mme Merkel a consisté à fermer les centrales nucléaires très rapidement en raison du danger d’un tsunami bien improbable outre-Rhin et à compenser leur fermeture par la relance du charbon, et donc de la production de CO2, supposé la cause du réchauffement climatique. Le remplacement du peuple allemand est un péril beaucoup plus imminent et qu’il est plus facile de conjurer en limitant le plus possible l’immigration notamment en provenance de cultures difficilement compatibles avec le mode de vie allemand, et européen en général. Comme dans tous les pays du continent, ce n’est pas le nationalisme qui explique la montée du populisme opposé à l’immigration et au multiculturalisme, c’est le conservatisme, c’est-à-dire la légitime défense d’un peuple pour protéger sa culture et son style, en un mot, son identité. En raison précisément de cette identité, en grande partie fruit de l’histoire, les pays réagissent différemment. Les Polonais ou les Hongrois n’ont aucun complexe pour affirmer le désir de la protéger. Les Autrichiens en ont moins que les Allemands ou les Suédois. Le conservatisme régional traditionnel des Bavarois s’est exprimé en donnant une large majorité aux partis de droite.

Les affrontements à venir, lors des élections européennes, opposeront donc, non les nationalistes et les progressistes, comme l’a dit Macron, mais les les conservateurs et les décadents. Les grands partis de droite doivent se libérer résolument de toute mauvaise conscience et être vraiment conservateurs. Le prétendu nationalisme n’est qu’un des aspects du conservatisme : la volonté de maintenir des communautés nationales dont les citoyens ont suffisamment de similitude pour qu’il y ait un bonheur de vivre ensemble. La coalition CDU-SPD est un contre-sens auquel il faut mettre fin.

 

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