Le petit virus, grand pédagogue ? (IV) – Réquisitoire contre un Etat défaillant !

Le Covid-19 est l’examinateur d’un concours : en posant une question vitale, il permet d’établir entre les Etats un classement. Il y a ceux dont la stratégie est efficace par le faible nombre de décès et par la courbe de la propagation vite inversée. Comme dans tout examen, il y a l’intelligence du candidat, ses connaissances, son potentiel, et son honnêteté intellectuelle. Il y a des tricheurs. Il y a des cerveaux peu aptes à se concentrer, Il y a ceux qui ont déjà passé l’épreuve ou d’autres analogues. Les pays asiatiques, qui ont connu des épidémies, en ont tiré une expérience salutaire qui sous-tend la logique de leur riposte : isoler par le masque plus que par le confinement qui ruine l’économie, dépister par des tests massifs, circonscrire les voies de la propagation, et traiter les malades. Cette stratégie suppose une grande discipline de la population et des moyens humains et matériels importants. Elle peut réussir dans des pays totalitaires, notamment ceux qui ont fait des efforts pour la santé. Cuba exporte ses médecins alors que les Etats-Unis vont battre tous les records de mortalité liée au Covid-19. Ce serait aller trop vite en besogne que de voir dans cette crise la grande revanche du socialisme contre le monde libre. D’une part, il est trop facile de dissimuler la vérité dans un pays où l’information est strictement contrôlée et d’autre part, que vaut une vie lorsqu’elle ne peut jouir d’une part d’autonomie et quand elle subit la pauvreté inhérente au socialisme, comme au Vénézuela ? La Corée du Sud est un modèle : elle additionne son expérience, les moyens d’une économie dynamique, et l’homogénéité d’une population qui compense, par la rigueur des individus, l’individualisme que génèrent la démocratie libérale et le règne du marché.

Dans cette crise, la France est un cancre car elle cumule les défauts et perd ses atouts.  Jacques Lesourne avait dit que la France était une URSS qui aurait réussi : un Etat tout-puissant, dirigiste sur le plan économique, et avec les résultats des Trente Glorieuses. La part de la dépense publique n’a cessé de croître depuis, et les performances de s’étioler jusqu’à s’inverser. L’Etat demeure interventionniste, mais il est devenu velléitaire, incohérent et impuissant. Et il compense ses faiblesses par le mensonge !  La population est devenue beaucoup moins homogène : elle cumule l’égoïsme et le communautarisme qui rendent bien difficile la discipline collective lorsque l’hédonisme des uns s’additionne avec le séparatisme des autres. La France actuelle est un monstre, un personnage tragiquement ridicule :

-l’Etat se voulait protecteur, avait inscrit le principe de précaution dans sa constitution, et face au risque épidémique, il n’en a pris aucune : pas de tests, pas de masques, insuffisamment de respirateurs.

-L’Etat se voulait transparent et chasseur de « fake news » ! Il a menti de manière criminelle en affirmant que le Covid-19 n’atteindrait pas la France, que ce ne serait qu’une grippette qui n’empêche pas de sortir ni de voter, que les masques étaient inutiles, et la chloroquine un remède dangereux et inefficace proposé par un original.

-L’Etat se voulait un Etat de droit, et faute d’avoir reconstitué son stock de masques, il a été obligé d’exiger le confinement d’une énorme partie de la population. L’atteinte à la liberté de circuler, et la méthode autoritaire dont use le Préfet Lallement, qui ose juger les victimes coupables d’incivisme, ne sont pas dignes d’un Etat de droit, d’autant plus que les contraintes et les sanctions vont toucher les citoyens ordinaires, les contribuables disciplinés, mais vont exclure les quartiers sensibles qui, faute de moyens, ne sont pas une priorité comme dit M. Nunez. Le sommet du grotesque sera atteint lorsque les masques enfin disponibles, la police verbalisera les gens qui n’en porteront pas avec plus d’intransigeance qu’elle n’en met pour les porteuses de voile intégral.

-L’Etat se voulait stratège, fier des capitaux étrangers venant en France : à l’été 2018, l’usine de Plaintel, dans les Côtes-d’Armor, qui pouvait fabriquer jusqu’à 200 millions de masques par an, quatre millions par semaine en cas de crise, les fameux masques FFP2 indispensables au personnel médical, a fermé ses portes après avoir été rachetée en 2010 par le groupe américain Honeywell . Dès 2011, les plans de licenciement s’enchaînent. A l’été 2018, les 38 derniers salariés de l’entreprise sont licenciés pour des motifs « économiques ». La production est aujourd’hui délocalisée à Nabeul, en Tunisie. Et tout ceci malgré les engagements de l’Etat inscrits dans un protocole signé en 2005.

-L’Etat se voulait cartésien, tout diriger de Paris, grâce à nos génies, tombés de l’ENA comme du ciel, capables d’insuffler de l’ordre et de la cohérence à l’ensemble. En Allemagne, il n’y a pas d’autorité de santé globale qui reserve les tests à certains laboratoires. La France n’a autorisé que le 7 mars les laboratoires privés à réaliser les tests. Le diagnostic est réalisé grâce à un “automate”. Sur les 900 machines du laboratoire Roche actuellement en service dans le monde, seules 12 fonctionnent en France contre une centaine en Allemagne. Tester, isoler, soigner et non confiner tout le monde. Descartes serait-il allemand ?

-L’Etat se voulait exemplaire, à l’aube d’un nouveau monde. La mauvaise foi répandue contre le Professeur Raoult révèle au contraire un Etat partisan, pétri d’idéologie, et sans doute pénétré par la corruption. L’Etat, par décret a « inventé » la dangerosité d’une molécule utilisée depuis 70 ans. Par décret toujours, il a réservé son usage aux hôpitaux et pour les cas les plus avancés, pour mieux en dénoncer l’inefficacité alors que le protocole utilisé à Marseille dit exactement le contraire. Un autre décret permet de vendre le sédatif « rivotril » en pharmacie pour adoucir la mort à domicile quand la chloroquine ne peut être prescrite ni vendue en ville. Plusieurs membres du Conseil scientifique qui font barrage à la thérapeutique « Raoult » sont suspectés de liens rémunérés avec des laboratoires, qui proposeront des produits plus coûteux ! Pendant ce temps, le ministre s’inquiète pour les avortements : curieuse politique de santé qui privilégie la mort plutôt que la vie ! La meute du macronisme aboie contre Raoult, de Cohn-Bendit à Duhamel ! L’oligarchie ignorante contre le populisme savant, en quelque sorte !

Mot clés:

9 commentaires

  1. Jacques Peter - 6 avril 2020 12 h 56 min

    En France on préfère mettre à l’arrêt l’économie plutôt que de s’attaquer à la maladie en laissant fonctionner autant que possible l’économie. La partialité économique de nos dirigeants est une fois de plus étalé aux yeux de tous. Pour nos socialistes le coup porté aux entreprises n’est pas grave, c’est même une bonne occasion pour les soutenir, pour les « relancer » et les « réguler » un peu plus, voire pour les nationaliser. Les étatistes ne laissent jamais échapper une bonne occasion d’étatiser encore davantage.

    Répondre
    • erwan - 6 avril 2020 14 h 14 min

      Sauf que, qui appelle l’état à la rescousse pour injecter de l’argent quand l’économie s’effondre comme en ce moment? Le marché, comme toujours.

      Répondre
  2. kerneilla - 6 avril 2020 18 h 03 min

    l’économie s’effondre parce que le gouvernement de l’état a été inepte; quand va-t-on se décider à remettre un peu de bon sens dans la politique : régler au plus près des gens ce qui peut l’être, et ne faire appel au niveau supérieur que dans le cas contraire : tout l’opposé de la mondialisation et de la technocratie française et européenne. Satisfaire au mieux les besoins de la population plutôt qu’écouter les lobbies idéologiques et économiques.
    Favoriser le retour de l’activité économique dans les bourgs, plutôt que créer des monstruosités citadines, décentraliser les universités et autres formations ce qui permettrait le développement de villes moyennes au lieu de les concentrer dans les métropoles avec tous les problèmes de logement etc. remettre les écoles dans chaque village, au lieu de payer des ramassages scolaires (fatigue des enfants), ranimer les petites lignes de chemin de fer au lieu de polluer avec la multiplication des cars, et de créer des lignes de TGV ruineuses… En bref cesser de faire passer l’économie en premier, elle doit être au service du peuple pas l’inverse.

    Répondre
  3. en passant - 6 avril 2020 21 h 33 min

    Ce n’est pas l’Etat qui a fait tout cela, mon bon monsieur, ce sont les libéraux (vrais-faux si vous y tenez) portés à sa tête suite à 40 ans de propagande libérale.

    Heureusement, la page va se tourner ; le déluge de mots que vous essayez de prolonger par ce billet ne sera d’aucune aide face aux faits, à présent sous les yeux de tous.

    Répondre
    • vanneste - 7 avril 2020 5 h 31 min

      Vous êtes dans le contre-sens : avec 57% du PIB en dépenses publiques et 47% de prélèvements obligatoires, la différence alimentant la dette qui ne cesse de grossir jusqu’à dépasser les 100% du PIB, la France est un Etat socialiste incorrigible qui suicide le pays avec les mesures les plus stupides de la planète comme les 35h. Effectivement, lorsqu’un Etat socialiste gouverné par des crétins se trouve confronté au libre-échange planétaire, il court à sa ruine. On peut parfaitement refuser la mondialisation et souhaiter que son pays ait une gestion interne plus libérale. C’est ce qu’a fait la Suède, qui a baissé le poids de son secteur public, gardé sa monnaie, et qui continue cependant à faire bénéficier ses habitants de sa richesse, et même beaucoup d’étrangers, ce qui est l’erreur à ne pas faire, mais que la France commet aussi.

      Répondre
      • Oblabla - 7 avril 2020 9 h 08 min

        Je partage votre commentaire qui est parfait, en particulier pour son contenu pédagogique vis à vis d’étatistes et de socialistes indécrottables. Quant à «en passant», inutile d’essayer de lui faire comprendre ce qu’est le libéralisme. Il continue à le confondre avec le capitalisme de connivence. Il s’agit d’un cas désespéré, complètement métastasé. Il ne reste qu’à le débrancher.

        Répondre
        • DELAFOSSE - 7 avril 2020 10 h 34 min

          Ce serait dommage, lire ce que nous n’approuvons pas stimule notre remise en cause et confirme notre comportement démocratique. Certes,
          « Mieux vaut le FAIRE que le TAIRE, mais mieux vaut le DIRE que le TAIRE »

          Répondre
          • DELAFOSSE - 8 avril 2020 19 h 38 min

             » Mieux vaut le FAIRE que le DIRE, mais mieux vaut le DIRE que le TAIRE « …j’espérai que quelqu’un me corrige,peut-être ne suis-je pas lu !

  4. Jacques Peter - 6 avril 2020 22 h 53 min

    Des libéraux à la tête de l’Etat? Pas en France en tous cas. Ce sont des socialistes.

    Répondre

Exprimez vous!