LREM est un parti sectaire, et la France de moins en moins une démocratie !

Chassez le naturel, il revient au galop ! Les élections européennes n’ont été qu’une petite défaite, non un désastre, les sondages s’améliorent, et les gilets jaunes semblent vaincus, alors, les « En Marche », brandissant les deux initiales EM, celles d’Emmanuel Macron, comme par hasard, retrouvent leur identité, un moment voilée par les difficultés, et affichent l’arrogance outrancière qui les caractérise. Il y a des imbéciles qui pensent que ce « parti sectaire », selon le mot de la première victime, réuni derrière son gourou et assoiffé de pouvoir, est de droite, comme si c’était le portefeuille qui caractérisait la droite, et d’autres qui vont jusqu’à prétendre qu’il est libéral. Se croyant sauvé des eaux populistes, si méprisables selon lui, il étale sans vergogne son totalitarisme, sa volonté d’être un parti unique au service d’une pensée unique, et donc son opposition radicale à la démocratie.

Coup sur coup ce sont deux femmes qui en sont les victimes. D’abord, le parti a exclu la députée de l’Oise, Agnès Thyll. Celle-ci a osé dire son opposition à la procréation médicale assistée au profit des lesbiennes ou des femmes seules, c’est-à-dire à la programmation légale de l’enfant sans père. On lui reproche de s’être présentée à la députation, au nom d’un parti qui faisait figurer cette proposition dans son programme. C’est un premier scandale : un député dispose d’une légitimité personnelle qu’il tient de ses électeurs, et le mandat impératif qui l’obligerait à voter selon les oukases du parti est inconstitutionnel. On peut adhérer à un grand parti pour des raisons essentielles, et être plus réservé sur des questions particulières. C’est ce qui crée la diversité nécessaire au débat démocratique, indispensable à la qualité de la discussion sur un projet de Loi, lorsqu’un parti dispose d’une majorité plus écrasante que jamais. Si le sujet touche à la conscience des personnes, c’est un impératif. Mme Thill fait d’ailleurs remarquer que bien des points du programme « macronien » ne sont pas mis en oeuvre, comme la diminution du nombre des fonctionnaires, sans que cela pose de problème. Il est fort probable, en effet, que nombre d’élus ou d’électeurs aient été plus sensibles au projet économique qui n’est pas mis en oeuvre qu’aux propositions sociétales, secondaires dans l’esprit de beaucoup.

Le second scandale tient aux motifs retenus pour justifier l’injustifiable. Madame Thill aurait tenu des propos polémiques ? Mais la polémique est le combat des idées, et il n’y a pas de démocratie sans polémique. La pensée unique qui s’en formalise est une forme douce du despotisme, celle que craignait et qu’annonçait Tocqueville. On ne décapite plus les opposants, on ne les fusille pas, on se contente d’étouffer leur voix. Elle aurait par ailleurs parlé de « lobby » LGBT. Le politiquement correct interdit de l’évoquer, car ce serait faire preuve d’homophobie. Cet argument est monstrueux : qu’il y ait un groupe de pression favorable à l’homosexualité, un groupe d’une puissance et d’une intolérance inouïes, est une évidence que vient révéler aux distraits ce qui arrive à Mme Thill. Que les parlementaires soient tenus de se soumettre à ses exigences est un déni de démocratie. Le mot même d’homophobie, qui transforme une opinion en crime voir en maladie mentale, appartient au vocabulaire orwellien, c’est-à-dire au totalitarisme. Il est sidérant que nous ne soyons pas plus nombreux à souligner que ce sont nos apparentes démocraties qui rejouent 1984 ! Ainsi une députée LREM n’a pas le droit de dire ce qu’elle voit ni d’exprimer ce qu’elle pense, mais Mme Schiappa a le droit de dénoncer son « délire homophobe », dans un langage de commissaire politique, et Gabriel Attal peut sans vergogne, alors qu’il est ministre, promouvoir dans Têtu la Gestation Pour Autrui qui ne figure pas, en principe, au programme « progressiste » de M. Macron… pour l’instant. Et il y a des « libéraux » et des gens qui se pensent de droite qui votent pour ça ! Agnès Thill  fait preuve d’un courage qu’il faut saluer : « être exclue d’un part sectaire, c’et un honneur » !

Marion Maréchal qui, certes, appartient à la famille Le Pen, qui, certes, a été députée FN, mais ne l’est plus, n’a jamais déguisé ses idées libérales en économie et conservatrices sur le plan sociétal. Il est donc logique que des élus « républicains » la rencontrent puisqu’ils partagent bien des valeurs communes. Mais, les caciques du parti condamnent cette rencontre. Marion Maréchal a aussi été invitée à l’Université du Medef. Aussitôt, LREM annonce qu’il ne viendra pas. La limite de l’insupportable est franchie. Ce ne sont pas les idées qui sont ici rejetées, mais la personne, non pas ce qu’elle pense mais ce qu’elle est : intouchable ! Non seulement on refuse le débat avec un parti qui recueille un quart des voix en France, on interdit de lui donner la parole, mais maintenant, on somme le Medef de ne pas accueillir une personne qui a appartenu à ce parti, comme si une marque criminelle ou une maladie contagieuse devaient l’isoler à vie. Avec un peu de réflexion et moins de bêtise stérile, on s’apercevrait que cette stigmatisation et cette exclusion des personnes sont les bases mêmes du racisme ! Et le Medef, les libéraux et les indépendants de l’économie, se sont couchés servilement !

Les Français ne semblent pas prendre conscience de la voie dangereuse dans laquelle s’est engagé le pays. A force de dénoncer le populisme, on a exclu une grande partie du peuple, et par-là mis la démocratie en sommeil. Le réveil ne sera pas nécessairement démocratique.

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8 commentaires

  1. DELAFOSSE - 28 juin 2019 14 h 13 min

    Si Macron choisit le despotise, c’est qu’il n’est pas si con que cela et qu’il a tout compris pour pouvoir faire évoluer la France par delà ses institutions, ses associations, ses juridictions d’Etat et j’en passe…qui sclérosent notre pays à jamais ! Mais pour cela, on attendait plutôt Marine ou Marion en effet !

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    • kerneilla - 28 juin 2019 15 h 15 min

      Mais évolution dans quelle direction? la décadence avec ses lois sociétales (cf la chute de la Rome antique!) ?ou la dominance de l’argent contre l’être humain (cf la mondialisation sans limite) …
      Est-ce que cela mérite qu’on subissent une dictature ?

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      • DELAFOSSE - 28 juin 2019 19 h 00 min

        Sortir du bourbier dans lequel nous sommes, c’est déjà évouer…la Dictature n’est pas un rêve mais une solution. Certains n’y croit pas, moi-même je demande à voir..

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        • kerneilla - 2 juillet 2019 11 h 04 min

          la dictature c’est très risqué comme l’a prouvé l’histoire; mais la reprise en main de l’Education Nationale est une urgence, la main mise de la gauche est une catastrophe.
          Il serait utile aussi de lutter contre le « politiquement correct, » et les lois liberticides contre la liberté d’expression…
          Ce serait un bon début

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    • rocbalie - 28 juin 2019 19 h 51 min

      macron est il capable d’autres chose que de distribuer des prébendes a des copain coquin ?
      non bien sur car il ne tient rien, il est tenu !

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  2. erwan - 28 juin 2019 18 h 09 min

    Le MEDEF ne s’y est pas trompé. Il a préféré Macron à Marion car le patronat sait que Macron continuera une politique économique qui lui est favorable. Le bon peuple repassera…

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  3. DELAFOSSE - 30 juin 2019 7 h 25 min

    Le MEDEF ne s’enrichit que lorsqu’il y a croissance et emplois. Et le bon peuple
    aussi….Si Marine ne suit pas ce raisonnement, elle perdra !

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  4. Oliver - 4 juillet 2019 17 h 25 min

    L’auteur Francois Rehalli ne dit pas autre chose dans son livre « La jelly democratie ». Si la France n’est pas (encore) une dictature, nous observons des signaux faibles qui laissent penser que nous pourrions entrer dans une forme de post-démocratie, dérivant d’un lent mécanisme de coercition de la pensée, de négation du reel (limitation des libertés fondamentales, intervention extreme de l’Etat dans tous les domaines, presse partisane, etc). L’étude comparative avec une dictature fait froid dans le dos…

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