N’oublions pas les Chrétiens d’Orient !

chretiensdorientLors de l’émission de Radio Courtoisie dont j’ai la responsabilité, le Libre Journal de la Résistance Française, ce mercredi 11 Janvier, le thème choisi était les Chrétiens d’Orient. Ils sont peu évoqués, souvent oubliés ou insuffisamment connus. Ils devraient pourtant être au coeur de nos pensées. Ils semblent surgir du passé. Ils risquent d’être notre avenir. Le christianisme est né dans cette région qui est la leur, à Jérusalem, où le Christ fut crucifié et d’où sont partis les Apôtres qui ont amorcé l’évangélisation du monde romain. Antioche, aujourd’hui une ville moyenne de Turquie, était une des grandes cités de l’Empire, et c’est de là que Saint-Paul, l’Apôtre des « incirconcis », juif et citoyen romain, qui n’était pas parmi les Douze, partit vers la Grèce, vers l’Occident. C’est à Antioche que pour la première fois, la communauté des disciples du Christ fut désignée comme celle des « Chrétiens ». Alexandrie en Egypte, Constantinople, l’Istanbul actuelle, ont joué un rôle considérable dans l’évolution et la consolidation du christianisme. Ces villes sont aujourd’hui musulmanes très majoritairement. Elles ont toutefois toujours des Patriarches des églises, arméniennes, coptes, orthodoxes ou catholiques qui sont à la tête des onze confessions chrétiennes présentes dans la région bien avant l’islam. Mais, à l’origine divisées sur des questions théologiques, elles ont subi la concurrence d’une religion plus simple, l’islam, et la pression d’une discrimination sans complexe au profit de celle-ci, sur le plan juridique et fiscal, avec des pointes périodiques de persécution. L’Etat islamique n’est pas une création récente. C’est une application de l’islam, qu’on peut facilement justifier par certains passages du Coran et des Hadiths. Les Chrétiens, devenus minoritaires, représentaient toutefois à la fin du XIXe siècle près du quart de la population. En Turquie, ils ont été victimes de génocides qui ont touché les Arméniens, les Grecs et les Assyro-chaldéens. Ils ont pratiquement disparu. En Syrie, ils sont entre 8 et 10%. En Irak, deux fois moins. En Egypte, les Coptes sont estimés à 8 millions d’habitants. Au Liban, majoritaires encore après la seconde guerre mondiale, les Chrétiens ne sont plus que 35%, mais conservent le privilège d’avoir parmi eux, le Président de la République. Cette présence chrétienne est la base de la démocratie « communautaire » du Liban, cette mosaïque confessionnelle que l’arrivée massive des Palestiniens avait brisée en provoquant la guerre civile, et qui vient de se consolider avec l’élection du maronite Michel Aoun, soutenu par la plupart des Chrétiens, mais aussi par les Chiites, les Sunnites et les Druzes.

L’islam n’est pas une religion comparable au christianisme. La figure non-violente du Christ s’oppose en tous points au chef de guerre Mahomet. Celui qui a dit « Mon royaume n’est pas de  ce monde » est aux antipodes du fondateur d’un Etat religieux où la politique et le droit se confondent avec la foi jusqu’à prescrire la vie personnelle dans ses moindres détails. La présence des Chrétiens dans le monde arabo-musulman est donc un vecteur de démocratie puisqu’elle en apporte les principes, la séparation du spirituel et du temporel, le respect de l’autre. Elle en est aussi un signe, celui de l’acceptation de la différence, de la tolérance à la diversité des opinions sans quoi il n’y a pas de démocratie possible. Au contraire, l’Arabie saoudite ne donne aucune possibilité aux millions de travailleurs chrétiens de pratiquer publiquement leur foi. Dans le même temps, elle finance la construction de mosquées et la propagation du wahhabisme dans les démocraties occidentales. La démographie a favorisé les Musulmans au Moyen-Orient par rapport aux Chrétiens. Les pressions, la violence exercée à l’encontre de ces derniers les a poussés à l’exode. Il y a aujourd’hui plus de Chrétiens d’Orient en Occident, en Europe, en Australie, en Amérique que dans les pays arabes. Soyons attentifs au fait que ces deux facteurs, la démographie et la violence, ne répètent pas en Europe ce qui s’est produit de l’autre côté de la Méditerranée.

C’est la raison pour laquelle, les Européens, les Français doivent être sensibilisés et mobilisés par cette cause. En défendant les Chrétiens d’Orient, nous retrouvons nos racines, notre identité, et nous préservons une richesse essentielle de cette partie du monde bouleversée par l’ineptie de la politique américaine, qui en voulant imposer la « démocratie », n’est parvenue qu’à susciter le fanatisme et l’oppression. Il faut donc d’abord mettre cette question en pleine lumière, et collecter les moyens d’aider les Chrétiens à demeurer dans les lieux où ils vivent depuis près de vingt siècles. C’est ce que fait Enguerrand Boissonnet qui organise pour la seconde fois la participation au semi-marathon de Paris de coureurs aux couleurs des Chrétiens d’Orient. Ils seront 3000 le 5 Mars prochain. L’Oeuvre d’Orient que préside Mgr Gollnisch assume dans ces temps difficiles une tradition que notre pays a abandonnée. La France a été durant des siècles la protectrice des Catholiques d’Orient. Elle est même intervenue militairement dans ce but. L’Oeuvre d’Orient poursuit cette mission de façon pacifique : elle contribue à la restauration et à la construction d’églises, d’écoles, de lieux de vie afin d’aider au maintien des Chrétiens dans leurs pays d’origine, dans des conditions de vie décentes. Elle participe également à l’accueil, qu’on espère provisoire, des réfugiés. Une autre association, plus récente, SOS Chrétiens d’Orient envoie de nombreux jeunes sur place afin de soutenir les population. C’est une jeune femme dynamique, Lucie Bouzard,  qui est venue porter son témoignage sur Radio Courtoisie. Irak, Syrie, Jordanie sont trois pays auxquels elle a offert son dévouement enthousiaste.  Antoine-Joseph Assaf, franco-libanais maronite, philosophe et expert du Moyen-Orient, ancien otage au Liban, témoin privilégié du drame qui se joue, a mis en garde contre l’aveuglement des occidentaux, des Français. La cause des Chrétiens d’Orient est la nôtre, car nous subissons la même menace. C’est pourquoi il faudrait la même fierté à défendre, y compris par les armes,  nos racines. Enfin, Guy Hanon, un psychiatre envoyé en mission en Syrie par Handicap International, nous a décrit le martyr de Maaloula, cette ville chrétienne prise par les islamistes, puis libérée par l’Armée Syrienne. Quel enseignement, là aussi, sur la trahison de nos dirigeants qui ont aidé les djihadistes contre l’Etat syrien. « Al Nosra fait du bon boulot » disait Fabius à l’époque où on voulait circonscrire le mal à « daesh ». A Maaloula, ce n’était pas daesh, et les armes des assassins étaient peut-être françaises ou américaines.

Merci à ceux qui ont participé à cette émission que vous pouvez écouter sur Radio Courtoisie… en vous abonnant. http://www.radiocourtoisie.fr/37132/libre-journal-de-la-resistance-francaise-du-11-janvier-2017-les-chretiens-dorient/

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