Hongrie : Le Peuple a la parole.

viktororbanLes Hongrois sont aujourd’hui appelés aux urnes. Le gouvernement de Viktor Orban leur demande de rejeter le plan européen de Septembre 2015 sur la répartition des réfugiés entre les pays de l’UE. Trois enseignements découlent de ce vote dont l’issue ne fait aucun doute, puisque une large majorité des électeurs va s’opposer au diktat européen

D’abord, il illustre une fois encore la remarquable singularité de la Hongrie. Ce pays est beaucoup plus celui des Magyars que la France n’est celui des Gaulois, dans la mesure la langue nationale est l’une des seules en Europe à ne pas être indo-européenne. Elle est celle d’un peuple « barbare » venu de l’Est, qui ne s’est sédentarisé dans la plaine de Pannonie qu’après avoir parcouru en la pillant une bonne partie de l’Europe. Sa réputation de sauvagerie rappelait celle des Huns d’Attila cinq siècles auparavant dans le même espace. Le roman national ne répugne pas à forger une certaine continuité entre les uns et les autres. Ecrasés par Otton en 955, ils se fixent et se convertissent au christianisme. D’envahisseurs pillards ils deviendront avec le roi Etienne 1er, canonisé, un pays aux frontières mal définies, mais soucieux de défendre une unité ethnique, culturelle et religieuse, construite en fait sur la grande diversité d’origines que la géographie d’une plaine ouverte avait facilitée. La Hongrie connaîtra l’invasion et l’occupation turques et musulmanes entre le XVIe siècle et la fin du XVIIe siècle. Elle n’en sera libérée que sous la férule des Habsbourg d’Autriche. Elle n’aura de cesse de réaffirmer son identité et de conquérir son autonomie  réalisée dans le cadre de l’Autriche-Hongrie après 1867. Indépendante, entre 1918 et 1944, elle subit l’occupation nazie puis la longue domination soviétique jusqu’en 1989. Elle est l’une des nations soulevées lors du « Printemps des Peuples » en 1848-1849. C’est elle qui se révolte avec le plus d’énergie contre l’empire communiste en 1956. L’ordre soviétique est rétabli par une féroce répression qui frappe notamment Budapest. Mais c’est encore la Hongrie qui précipite la fin du bloc communiste en 1989. Dès Février, le principe du multipartisme y est instauré. L’un des meneurs s’appelle Viktor Orban qui crée le Fidesz (Alliance des Jeunes Démocrates) et est élu député l’année suivante. Il sera Premier Ministre en 1998, et il l’est à nouveau depuis 2010 soutenu par une majorité parlementaire considérable.

La vision souvent péjorative de nos médias sur la personnalité de Viktor Orban souligne la partialité de notre microcosme médiatique national. C’est la seconde leçon à tirer du référendum hongrois de ce jour. Faute de pouvoir espérer une approbation populaire du plan européen par les Hongrois, plusieurs de nos médias souhaitent manifestement qu’un taux d’abstention élevé prive le scrutin de toute efficacité et affaiblisse un homme politique qu’ils détestent, allant jusqu’à le qualifier de sulfureux. A bien y réfléchir, si les démocrates doivent s’inquiéter, ce n’est pas du dirigeant hongrois, mais de la tendance de plus en plus évidente de nombreux  journalistes français à imposer un politiquement correct qui fustige le populisme et tourne le dos à la démocratie. Souhaiter l’abstention, c’est s’opposer à la démocratie. Affirmer que la décision prise à la majorité par le Conseil des Ministres européens le 14 Septembre 2015 doit s’imposer au choix des citoyens à l’appel d’un gouvernement qui pour la seconde fois a bénéficié en 2014 d’une large majorité des suffrages, c’est encore s’opposer à la démocratie. Vouloir qu’une politique idéologique, favorable à la destruction de la famille ou à la négation des identités nationales ou religieuses façonnées par l’Histoire, s’impose contre la volonté populaire c’est encore et toujours s’opposer à la démocratie. Viktor Orban a bénéficié de l’ineptie et des fraudes de ses adversaires socialistes et mène une politique libérale, patriote et conservatrice. Il a baissé les impôts et les charges, affirmé le droit pour son pays à viser d’abord le bien commun de sa population, et sauvegardé les valeurs qui protègent une nation contre le risque de la décadence. Il est aujourd’hui l’un des dirigeants politiques qui promeuvent la liberté, la souveraineté et l’identité. On comprend que cela en dérange plus d’un, mais c’est ce qui en fait un modèle à suivre.

En troisième lieu, le référendum d’aujourd’hui pose une fois encore le problème de la démocratie en Europe. Il n’y a de démocratie que si il y a un peuple qui a conscience de former une nation. Sans identité, celle-ci n’existe pas. Une mosaïque de communautés dotés de droits particuliers, animées par des valeurs opposées n’est pas une nation. Elle ne peut constituer un peuple souverain. Les Hongrois qui ont tant souffert de ne pas être un peuple souverain alors qu’ils étaient une nation, souhaitent demeurer une nation pour continuer désormais à être un peuple souverain. Ils vont donc s’opposer à cette dérive suicidaire de l’Union Européenne qui permet à des technocrates d’imposer l’apparence des chiffres froids de la démographie et de l’économie à la volonté beaucoup plus saine et spontanée des peuples de persévérer à vivre.

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Le gouvernement hongrois peut se féliciter du score : 98,32 % des électeurs hongrois qui ont voté ont refusé le plan européen. La Commission Européenne a déjà affiché son mépris de la démocratie en annonçant que, quelque soit le résultat, il n’aurait aucune valeur juridique. C’est connu : pour les technocrates de Bruxelles, le peuple est un gêneur et ceux qui lui donnent la parole, des populistes, des quasi-fascistes. Quant à ceux qui se félicitent du taux de participation trop faible pour valider le référendum, ils ajoutent de façon malhonnête à ceux qui ne vont jamais voter, ceux qui n’y sont pas allés intentionnellement ou parce que le résultat était déjà connu. Cette addition ne constitue pas une volonté populaire face aux plus de 3 millions d’électeurs qui ont exprimé clairement leur refus du plan européen de répartition des migrants.

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3 commentaires

  1. Trouvé - 2 octobre 2016 17 h 29 min

    Oui ce dirigeant mène un combat louable mais je doute qu’il puisse aller très loin dans ce sens en restant dans l’UE. Votre article est néanmoins le bienvenu pour éveiller les consciences sur la gravité de notre engagement européen sur la base des articles des traités.
    MPF

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  2. Ribus - 2 octobre 2016 18 h 21 min

    Orban organise un réferendum qu’il sait pouvoir gagner pour consolider sa légitimité ; il puise dans le peuple la sève de cette légitimité. Il suit le modèle de Poutine et de De Gaulle.

    Ce sont tous des hommes d’autorité qui s’appuient sur la Nation et l’Ordre. Ce référendum est peut-être annonciateur du basculement des « PECO » vers la Russie ? Cette consultation va sans doute déclencher le compte à rebours…

    La France de son côté, vit dans une dictature de boue, engluée dans des débats politiques fictifs, verrouillée par des pouvoirs parallèles et non visibles. Elle est dans une situation pire qu’en 40.

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  3. DELAFOSSE - 3 octobre 2016 10 h 19 min

    L’Europe (telle qu’est organisée),on l’aime ou on l’a quitte…après les Anglais, à qui le tour ?

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