L’Islam, oser en parler ?

airqatarLes « républicains » parlent de la religion musulmane en France à huis-clos et à mots couverts, bref ils abordent le sujet à reculons et en marchant sur des oeufs. Lorsque j’étais l’un des piliers de la Droite Populaire à l’Assemblée, j’avais vécu la même gêne et les mêmes restrictions lorsque nous souhaitions aborder franchement la question de la nationalité. Les contorsions entre ce qui reste de convictions et les calculs des uns et des autres au sein d’une agence de placement électoral empêchent d’aborder franchement la plupart des questions qui touchent aux valeurs. L’ex-Président Sarkozy reprend ainsi l’une des vieilles formules magiques qu’il aime parce qu’elles « communiquent bien », à défaut de résoudre le problème dans les faits. On replace donc le couvert sur « l’islam de France au lieu de l’islam en France ». La création du Conseil Français du Culte Musulman » qui voulait mettre les Musulmans sur un pied d’égalité avec les autres religions grâce à une institution représentative n’a pas clairement répondu à l’attente. Son refus de répondre à l’invitation des « républicains » souligne une susceptibilité qui stipule la parfaite égalité dans l’application d’une laïcité aveugle sur des spécificités criantes.

Lorsque le Bachaga Boualam, Vice-Président de l’Assemblée Nationale, figure historique des « Harkis » qui se battirent au côté de la France contre le FLN, écrivait « Mon Pays, la France », l’idée que des Français soient musulmans semblait admise. L’arrivée de nombreux immigrés de confession musulmane, d’Afrique du Nord et du Sahel, venant en France non plus par choix politique mais pour des raisons économiques, a modifié la perspective. Leur nombre est déjà sujet à polémiques : Le Président du CFCM en revendique 7 millions, le journal « Le Monde » insistait sur les 2,1 millions des 18/50 ans, un chiffre évidemment trompeur en raison de la courbe démographique. Le coq gaulois est devenu une autruche laïque qui tient le recensement des Français selon leur confession pour un blasphème républicain et sa diffusion comme la divulgation d’un secret militaire. Le consensus se situe autour de 5 millions. Le regroupement familial, les mariages ethniques présentés comme mixtes pour la nationalité alors qu’ils sont internes à la « communauté musulmane », l’immigration clandestine et sa régularisation éventuelle, les flots de réfugiés accroissent le nombre des Musulmans dans notre pays.

Vouloir banaliser cette présence et exiger envers elle un regard semblable à celui qui est porté sur les autres religions comblent les revendications des instances islamiques comme le CFCM ou l’UOIF et les impératifs de la laïcité. Des « républicains », comme Alain Juppé ou NKM, s’empressent de donner dans cette impasse. Qu’un Musulman puisse être un excellent Français est une possibilité. Latifa, mère d’Imad Ibn Zlaten, la première victime de Mérah, en est l’exemple. Mais l’arbre ne doit pas cacher la forêt. Le lien de la France avec le christianisme et particulièrement avec le catholicisme est ancien et essentiel. Même si la Révolution et 1905 ont cherché à le couper, il subsiste non seulement dans les édifices et les symboles religieux qui couvrent le pays, mais dans le calendrier qui organise notre temps comme dans la mentalité qui nous habite. Malgré les persécutions, ni le protestantisme ni le judaïsme ne sont étrangers à la France. Notre économie et notre culture ont bénéficié de ces minorités actives qui n’ont pas failli lorsque la France était attaquée. Le lien de la France et de l’islam est très différent. Malgré des alliances de circonstance avec les Ottomans assorties d’une protection des Chrétiens d’Orient, de Poitiers à la lutte contre les pirates barbaresques qui infestaient la Méditerranée en passant par les Croisades, c’est la guerre qui a prévalu. C’est la colonisation qui a ‘intégré » les Musulmans à notre Histoire. La participation des « Africains » à nos deux guerres mondiales en témoigne, mais elle crée une première difficulté : beaucoup d’immigrés musulmans éventuellement français « de papier » nourrissent sinon une rancoeur , au moins le sentiment d’une dette à leur égard que la gauche entretient en cultivant la repentance. L’esprit identitaire des banlieues qui mobilise les « jeunes » des quartiers contre la police au moindre incident dû à l’action policière légitime, et au refus de s’y soumettre, est alimenté par ce discours antinational.

Le second problème est provoqué par la montée parallèle du salafisme chez les Musulmans et du pouvoir économique de pays qui s’en réclament, comme l’Arabie Saoudite ou le Qatar. Le poids disproportionné de ce pays de 2,2 millions d’habitants, dont 80% d’étrangers qui n’ont aucun accès à la nationalité, est une aberration. Il éclaire un étonnant renversement du rapport de forces. Le premier exportateur de gaz liquéfié a pu s’offrir la tête de Kadhafi grâce à ses « clients » français et à ses anciens maîtres britanniques.  Cet Etat à double face est généreux sur le sol français au point d’amener le Maire de Paris à le soutenir contre un élu français. Mais sur son sol, les travailleurs immigrés sont dans une situation que des ONG assimilent à un esclavage moderne. Dans nos relations avec l’islam, c’est l’absence de réciprocité qui domine : il nous faudrait reconnaître non seulement une égalité de droit, mais encore des « accommodements raisonnables » afin de lui permettre de rattraper son retard. Il nous faudrait aussi tolérer des différences manifestes qui tangentent souvent la provocation. Mais, chez nos « alliés », la Loi coranique est appliquée. Ni les Chrétiens, ni les femmes ne sont traités avec égalité. Il nous faudrait encore parler avec componction d’une religion de paix et de tolérance quand le Coran consacre une sourate au partage du butin dans laquelle se trouve cette pacifique formule :  » ce n’est pas vous qui les tuez, c’est Allah » !

Une religion inculque souvent des règles de vie qui incitent au respect des lois. « Si Dieu n’existait pas, il faudrait l’inventer »disait Voltaire. Mais que vaut ce calcul lorsqu’une religion, même marginalement, incite au terrorisme, lorsque le petit voyou de banlieue passe par la case du prophète en prison pour se transformer en bombe vivante ou aller rejoindre les massacreurs de l’Etat islamique ? Devant de telles évidences qui impliquent un regard différent envers l’islam et une grande réticence devant l’augmentation des immigrés musulmans, l’attitude de nos élus de gauche comme de droite suscite le soupçon. L’acclimatation de l’islam à la démocratie n’est pas chose aisée, mais si, dans les pays démocratiques, les élus par intérêt électoral, ou pour soutenir les finances défaillantes du pays, voire du parti, ou encore par goût des voyages luxueux et des conférences rémunératrices, simulent l’aveuglement au point de trahir l’intérêt supérieur du pays, alors la démocratie périra par les deux bouts.

Mot clés:

15 commentaires

  1. BENHAIM Gérard - 6 juin 2015 11 h 08 min

    Belle et juste analyse. Cette invasion est mortifère, nous devons la combattre avec la dernière vigueur. Il faut les bouter hors de France !
    Ces incultes, primaires,pouilleux n’apportent rien à celui qui les accueille !
    Ils tirent une civilisation vers le bas !
    Ils n’ont jamais rien apporté à l’Humanité !

    Islam delenda est !

    Organisez la résistance et vous serez suivi…plus que vous ne pensez !

    Répondre
    • Courouve - 6 juin 2015 14 h 36 min

      L’islam a cependant de positif qu’il encourage l’éloquence et fait connaître sa dimension comique, même si c’est involontaire : https://www.youtube.com/watch?v=eIg5cpGr3sY#t=32

      Répondre
      • Carole - 8 juin 2015 12 h 53 min

        Il est vrai que les neuneus salafistes ont la caractéristique essentielle de faire rire malgré eux! (comme comment se torcher de façon hallal!) mais pas les cas sociaux et autres esprits faibles qui adhèrent à leurs délires 🙁
        En voici un autre d’âne gonflé d’orgueil spirituel de caniveau, un con-converti :

        https://www.youtube.com/watch?v=Ntveeq28RyA

        Celui-là, au moins, reconnait la responsabilité des musulmans dans les malheurs du monde :

        Répondre
        • kerneilla - 9 juin 2015 10 h 16 min

          quel courage! mais le laisseront-ils vivre ?

          Répondre
  2. DELAFOSSE - 6 juin 2015 11 h 50 min

    Je suis d’accord, le temps n’est plus aux paroles ni aux constats mais à l’action …Il nous faut un LEADER , pour nous réveiller,le suivre,agir et se bouger au plus vite.Le tout, sans attendre un quelconque espoir dans la réussite possible du FN.

    Personne ne peut prouver l’absence ou l’existence de Dieu,mais les Ecrits,eux, sont bien là…Entre les Evangiles et le Coran,je pense qu’il n’y a pas photo dans l’intérêt de notre Humanité.

    Répondre
  3. Courouve - 6 juin 2015 14 h 20 min

    Pour en parler il a eu, depuis Pierre le Vénérable et Montaigne, quelques courageux : http://laconnaissanceouverteetsesennemis.blogspot.fr/2011/03/mauvaises-et-bonne-reputations-de.html

    Répondre
  4. kerneilla - 7 juin 2015 14 h 40 min

    « mais si, dans les pays démocratiques, les élus par intérêt électoral, ou pour soutenir les finances défaillantes du pays, voire du parti, ou encore par goût des voyages luxueux et des conférences rémunératrices, simulent l’aveuglement au point de trahir l’intérêt supérieur du pays, alors la démocratie périra par les deux bouts. »…

    Quand les élus … « simulent l’aveuglement au point de trahir l’intérêt supérieur du pays » quelqu’en soit la raison, il s détruisent la démocratie, qu’ils prétendent faire vivre. De fait , elle est bien malade aujourd’hui… et leur attitude majoritaire envers l’islam est un danger mortel…

    Répondre
  5. Courouve - 7 juin 2015 17 h 59 min

    La laïcité, ce n’est pas nier la place du christianisme en France, à côté de la culture gréco-romaine, de l’Humanisme, des Lumières et du Positivisme, c’est simplement la séparation des cultes et de la République (État + départements + communes) associée aux libertés de conscience et d’exercice des cultes.

    Il y a beaucoup de confusions sur cette question.

    Répondre
  6. Pingback: L’Islam, oser en parler ? - Les Observateurs

  7. Carole - 8 juin 2015 13 h 10 min

    Je voulais aussi, eu égard aux programmes d’Histoire éhontées (ethno masos), rappeler à certains ânes bâtés, de droite également (souvenez-vous Chirac et les racines musulmanes de l’Europe 🙁 ), ce livre ultra irritant :

    http://www.franceculture.fr/oeuvre-aristote-au-mont-saint-michel-les-racines-grecques-de-l-europe-chretienne-de-sylvain-gougue-0

    Répondre
  8. Carole - 11 juin 2015 14 h 48 min

    Florilège de l’humour islamiste neuneu (salafiste) malgré lui :

    http://www.slateafrique.com/84623/les-10-fatwas-de-lannee-azhar-egypte

    http://www.algerie-focus.com/blog/2012/08/fatwa-toi-meme/

    Faut-il en rire ou en pleurer???

    Répondre

Exprimez vous!