DE LA SAINTE-BAUME AU PRINTEMPS FRANCAIS…

imagesDeux jours au pied de la grotte de sainte Marie-Madeleine, dans l’Hôstellerie de la Sainte-Baume, tenue par les Dominicains qui veillent sur le sanctuaire et accueillaient la troisième édition des universités d’été crées à l’initiative de Mgr Rey, l’Evêque de Toulon-Fréjus et portées par l’Observatoire Socio-Politique de ce diocèse. Le thème en était certes le changement, mais à travers lui, en fait, la résistance. La participation de la Présidente de la Manif Pour Tous, Ludovine de la Rochère, soulignait combien le grand mouvement contre le mariage unisexe et la mobilisation qu’il avait entraînée étaient les ferments de la réflexion des participants, des Chrétiens fervents et engagés réunis dans un « lieu où souffle l’esprit ». Résister à la dérive de notre société, à la montée de l’individualisme narcissique, du consumérisme matérialiste et du relativisme paresseux, tel était l’état d’esprit des Catholiques réunis à la Sainte-Baume, mais c’était moins résister au changement, que changer de résistance, en la rendant à la fois plus dynamique, plus réfléchie et plus créatrice. Par ses méthodes d’action, par son inventivité conceptuelle et tactique, la Manif Pour Tous, a surpris et a atteint ses objectifs, sauf le dernier, le retrait de la Loi Taubira. C’est la raison pour laquelle sa Présidente, après avoir retracé l’historique du mouvement a clairement indiqué que le combat continuait, de manière plus générale contre toutes les actions menées par le pouvoir et les groupes de pression porteurs de la culture de mort, et de la marchandisation du corps humain. Elle a également précisé l’état des relations entre la Manif Pour Tous et Frigide Barjot qui a fait d’ailleurs un passage au repas du vendredi soir, sans susciter beaucoup d’intérêt. Elle n’a pas été « virée » comme elle cherche à le faire croire, mais est partie, croyant entraîner le gros des troupes, alors que celles-ci ne la suivaient absolument pas sur le projet d’union civile. Que les homosexuels hostiles au mariage aient participé aux manifestations était excellent, mais pour la plupart des opposants, l’homosexualité n’est qu’un aspect de la vie intime. Elle n’a pas à être institutionnalisée ni reconnue par la société puisqu’elle ne répond pas à la vocation anthropologique du couple qui est, bien évidemment, de prolonger l’espèce humaine à travers une filiation claire d’abord et une éducation équilibrée ensuite. J’ai d’ailleurs interpellé Mme de la Rochère sur l’emploi malheureux du mot « homophobie ». Ce terme orwellien qui désigne un « crime-pensée » propice aux amalgames n’est qu’une machine à tuer la liberté de penser. Lorsqu’on parle la langue totalitaire des adversaires, on finit par penser comme eux.

J’ai eu également l’occasion, dans le cadre d’un forum,  d’intervenir sur le changement des mentalités, en pointant le rôle des médias dans la genèse de celle qui est dominante, cette pensée inconsciente d’elle-même, souvent incapable de se justifier lorsqu’elle affiche ses préférences pour une personne ou pour une idée. L’idéologie ravageuse que promeut le gouvernement actuel tend à réaliser la contre-utopie décrite par Tocqueville avec sa foule d’individus hédonistes et son Etat-Providence, ce mauvais père qui veut maintenir ses enfants dans l’enfance. Il faut au contraire que les citoyens soient des « personnes », dont la liberté signifie « responsabilité », dont l’identité se déploie dans le temps long et la solidarité avec les autres. Internet peut être le moyen de contre-balancer les grands médias et d’empêcher la contamination de la mentalité d’un vieux et grand peuple par une idéologie réductrice. Mais, il y a aussi le rôle déterminant de l’Ecole dans la formation des esprits. Anne Coffinier a donné une conférence sur l’Enseignement Libre hors contrat. La liberté de l’Education, la priorité des parents comme éducateurs sont aux antipodes de la pensée de Vincent Peillon qui veut que l’école arrache l’enfant au déterminisme familial. Malheureusement, selon Mme Coffinier, l’école sous contrat ressemble de plus en plus à l’école publique. Il est donc nécessaire de développer des écoles vraiment libres et sans dépendance de l’Etat. J’ai pris ensuite la parole pour saluer l’intérêt de cette démarche, mais aussi pour demander aux parents de retrouver l’esprit combatif de 1984 contre la Loi Savary. Aujourd’hui, l’enseignement privé sous contrat, à 90% catholique est étouffé, matériellement par l’insuffisance des moyens publics consentis à ce qui est reconnu comme un service public et par la limitation scandaleuse, arbitraire et anticonstitutionnelle, de ses effectifs à 20% des élèves. Il l’est aussi idéologiquement par Peillon quand il prétend l’empêcher de défendre les valeurs qui justifient son existence même. Lorsque le Ministre ose interdire qu’un débat ait lieu sur le mariage et donc sur l’absurde loi Taubira dans les écoles catholiques, il porte atteinte au caractère propre inscrit dans la Loi Debré. Lorsque l’Etat limite le choix des parents, il méconnaît la notion de besoin scolaire reconnu fondé sur le droit des parents à choisir l’école de leurs enfants. Il faut donc aussi réinvestir l’enseignement sous contrat et défendre vigoureusement ses droits. Bâtir une utopie séduisante dans une île ne doit pas interdire de reconquérir le continent.

Dans la foulée de la Manif Pour Tous, il y a aujourd’hui le Printemps Français que j’ai retrouvé à Lyon sur la place Carnot où j’ai pris la parole avec d’autres orateurs devant 300 sympathisants provenant des associations qui ont été les premières sans doute à se mobiliser dans notre pays. Je citerai pour souligner un de ces jeux de mots inventifs qui caractérisent ce mouvement :  » les Enfants des Terreaux », ce quartier de Lyon dont le nom rappelle phonétiquement une évidence. Le Printemps c’est d’abord la vie qui renaît, cette vie de la nature que beaucoup ont défendue d’instinct contre la loi Taubira. C’est ensuite, depuis ce qui s’est passé au sud de la Méditerranée, un mot qui évoque une révolution, dont la France a tant besoin pour cesser de marcher sur la tête en apportant systématiquement les mauvaises réponses aux vraies questions. Cette nécessité exige qu’on aille bien au-delà de la loi Taubira. Ce qu’il faut renverser, c’est le socialisme rampant hier et triomphant aujourd’hui qui avec ses 57% de dépense publique anesthésie notre pays, c’est la suicidaire politique de remplacement de la population qui prive la Nation de son identité, c’est la justice de Gribouille qui va accroître l’impunité des délinquants et l’insécurité de la plupart des Français. Le printemps, c’est enfin le renouveau. Depuis 1981, les alternances ont été illusoires. La « prétendue » droite n’a remis en cause aucune des réformes suicidaires, pour le pays, de la gauche. Il est donc temps de changer radicalement le personnel politique usé et corrompu qui dirige notre pays. Ce ne sont pas les jeunes apparatchiks des vieux partis qui le feront, mais la vague de la génération « Manif Pour Tous » qui peut avoir la force de rompre la digue des intérêts politiciens et amener des hommes et des femmes capables de réaliser la révolution intellectuelle et morale qu’il faut à la France.

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2 commentaires

  1. Bernard Mitjavile - 3 septembre 2013 7 h 45 min

    Comme vous le soulignez, le concept d’ « homophobie » est vraiment un concept piégé en particulier pour les Chrétiens.
    Bien sûr; il ne s’agit pas du tout de rejeter des personnes homosexuelles qui sont avant tout des êtres humains et nous sommes tous des pécheurs pas qualifiés pour juger notre prochain mais la Bible est clairement homophobe dans sa condamnation de l’homosexualité la considérant dans l’Ancien Testament comme un péché grave méritant la mort et dans le Nouveau Testament comme pouvant faire perdre le salut ce qui n’est pas mieux.
    Le problème est que selon la Bible l’on ne peut avoir une attitude neutre devant le péché, Dieu hait le mal et donc on ne peut être à mi-chemin entre « l’hétérosexualité » et « l’homosexualité » mais on choisit l’une de ces tendances contre l’autre. Et donc on se retrouve dans le camp des « homophobes ». Avant d’être homophobe, la Bible est « péchéphobe » et engage tous ceux qui la lisent à rejeter le péché et ne pas avoir une attitude neutre vis-à-vis de lui.
    Aussi, pour revenir à la Manif pour Tous, je trouve regrettable que ses dirigeants, pourtant catholiques engagés, aient repris le concept politiquement correct d’homophobie, plaçant les chrétiens dans une position fausse.

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  2. Elisa Naibed - 11 septembre 2013 10 h 35 min

    Je ne suis pas chrétienne, mais je pense que l’Église ne rejette pas le pécheur, mais le péché. Au pécheur, elle recommande de se repentir et de s’abstenir de pécher. Mais elle ne saurait tolérer que le pécheur fasse la promotion du péché à l’égal de la vertu! Et ceci vaut en particulier pour ceux qui veulent promouvoir l’homosexualité l’égal de l’hétérosexualité.

    Il n’est d’ailleurs pas nécessaire d’être religieux pour rejeter l’homosexualité: je n’ai aucune religion, mais je considère l’homosexualité exactement comme la sodomie, la zoophilie, la pédophilie (avec laquelle l’homosexualité entretient d’ailleurs des liens étroits): une dégénérescence d’une saine sexualité, sinon une abjection, contre laquelle il convient de combattre.

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