L’effervescence qui envahit notre pays à la veille d’une rentrée, dont chacun pense qu’elle sera l’heure de vérité, trahit la fragilité qui mine la France. Macron, annoncé comme Jupiter rétablissant la verticalité du pouvoir et comme Mozart de la finance redressant notre économie, au bout de huit années calamiteuses à l’Élysée après avoir déjà sévi au PS et auprès du désastreux Hollande, est parvenu au résultat contraire. Non seulement l’autorité est bafouée depuis le haut de nos institutions jusqu’au bas de notre vie quotidienne. Le premier ministre, éphémère comme ses prédécesseurs alors que la Ve République avait rétabli la légitimité et la stabilité inséparables et indispensables dans le gouvernement d’une démocratie, organise son suicide politique le 8 septembre en appelant une majorité introuvable à lui accorder sa confiance pour des réformettes destinées à endiguer la dérive budgétaire. Faute d’une solution “à la hauteur” et d’une légitimité suffisante pour la mettre en œuvre, M. Bayrou va quitter Matignon, deux jours avant le mouvement du 10 septembre qui vise à ébranler le régime macronien. Venu de droite et récupéré par la gauche, cet appel au blocage rappelle la révolte des Gilets Jaunes, cet expression du ras-le-bol d’un peuple écœuré par l’incompétence et le cynisme de ses dirigeants. Le désordre a toujours été utile au pouvoir pour se rétablir. Mais aujourd’hui, moins d’un Français sur cinq n’a pas encore compris que le chaos qui se répand n’a qu’un nom : Macron ! Sa politique économique et financière a ruiné notre pays, écrasé par une dépense publique folle. Ses orientations en matière d’immigration, de sécurité, de justice ont miné les piliers de l’ordre en France. Ses priorités sociétales comme l’avortement ou la fin de vie ont épuisé la vitalité d’un peuple qui n’attend plus son renouvellement ou plutôt son remplacement que des immigrés. Sa gesticulation institutionnelle a conduit à l’impuissance gouvernementale actuelle. Au dessus de la mascarade ministérielle, le président s’en va-t-en guerre en alliant l’irresponsabilité au discrédit international, enveloppés dans le confort luxueux des déplacements présidentiels.
Deux questions subsistent : comment cela a-t-il pu arriver, et comment en sortir ? Sur le premier point, plus la catastrophe se précise, plus l’idée d’un complot, rejetée par les beaux esprits, devient crédible. L’opération menée contre Fillon, le gaulliste lucide, le soutien enthousiaste des médias, et en réponse une politique résolument eurolâtre, progressiste c’est-à-dire favorisant individualisme et mondialisme à la sauce Soros, et acharnée contre la Russie conservatrice sont d’une grande cohérence et suscitent l’idée que Macron n’est pas que le fruit du hasard et d’une ambition démesurée, mais aussi le pion qui fait avancer un certain projet pour le monde, celui caressé par des gens comme Attali, et soutenu par une oligarchie nationale et mondiale qui passe les nations et les traditions par pertes et profits. Le désastre africain de la France est sans doute le révélateur le plus voyant du rôle dévolu au “président” français : l’armée française chassée de nos anciennes colonies encore francophones pourrait se redéployer contre la Russie que les Africains préfèrent à la France parce qu’ils y retrouvent leurs valeurs. Le second point découle du premier : ceux qui ne se résignent pas à cette déchéance d’un pays, qui fut l’un des grands acteurs de la planète, comprennent que le départ le plus rapide de Macron est une exigence de salut public. L’urgence du rétablissement de nos finances n’est pas une question comptable, c’est un impératif politique. Si la France veut redevenir une démocratie, si elle veut procéder aux réformes vitales qui lui sont nécessaires, il lui faut retrouver une légitimité dont le gouvernement de M. Bayrou est privé. Trois solutions sont envisageables : un référendum par lequel les Français exprimeraient leur soutien à des dispositions indispensables, une nouvelle dissolution, et enfin une nouvelle élection présidentielle, . Le bon sens doit inverser l’ordre de ces trois mesures. Une véritable révolution conservatrice doit procéder par l’élection d’un nouveau président doté de la légitimité suffisante pour l’entreprendre. De Gaulle, en 1958, Milei aujourd’hui en Argentine. La dissolution et l’élection d’une nouvelle assemblée doivent suivre pour redonner à nos institutions leur rythme logique. Mais le président et la nouvelle majorité doivent prévoir et annoncer une réforme constitutionnelle qui instaure le référendum d’initiative populaire sur tous les sujets pour rétablir enfin la souveraineté du Peuple et lui permettre de mettre au pas l’oligarchie qui s’est emparée du pouvoir et dont Macron est l’image caricaturale. Alexandre Jardin qui a lancé le mouvement des Gueux qui, je l’espère ne sera pas noyé par la confusion attendue le 10 septembre à laquelle il ne s’est pas mêlé, souhaite ce retour nécessaire à la démocratie. Charles Gave aussi, un financier patriote, et ce n’est pas un oxymore, qui sait que si les politiciens sont responsables du désastre, c’est la politique et non la comptabilité qui nous en sauvera.