Bojo et le Royaume-Uni ont gagné !

Depuis hier, les choses sont rentrées dans l’ordre de part et d’autre de la Manche. Les Anglais sont redevenus eux-mêmes, portés par un sentiment  de fierté nationale allié à une fidélité inaltérable à la démocratie. Pendant des années, depuis le référendum qui avait permis au peuple britannique de choisir le départ du pays de l’Union Européenne, le Brexit, le Royaume-Uni avait donné le spectacle à la fois ridicule et inquiétant d’une démocratie incapable de mettre en oeuvre le choix des électeurs et d’un vieux et prestigieux parlement saisi par une frénésie d’incohérences. Boris Johnson, le Premier Ministre conservateur a obtenu la dissolution de la Chambre des Communes, et mené une campagne dynamique en vue d’élections législatives qui se sont transformées en un nouveau référendum sur le Brexit. Les Anglais pouvaient soit confirmer le premier, soit accentuer la crise en élisant une majorité qui aurait remis en cause son résultat. Ils ont choisi la cohérence démocratique, et l’on doit voir dans ce choix un sursaut d’intelligence politique. Le parti conservateur à la fois national et libéral, n’était pas totalement favorable au Brexit. Prépondérant dans le sud du pays dont la santé économique conduisait beaucoup d’électeurs à craindre la fin de l’intégration à l’Union Européenne, il pouvait craindre les Libéraux-Démocrates pro-européens. Ni David Cameron, qui avait lancé le référendum en croyant qu’il repousserait le Brexit, ni Thérésa May qui lui a succédé, n’étaient partisans du Brexit. Les milieux économiques dont le parti est proche ne le souhaitaient pas davantage. Boris Johnson a au contraire compris que la fierté nationale qui avait animé les conservateurs, avec Churchill ou Mme Thatcher, referait l’unité du parti. Il a d’ailleurs réussi à apaiser les craintes sur les conséquences économiques et sociales du Brexit en montrant les avantages du Grand Large, d’une souveraineté et d’une indépendance qui redonneraient au pays la capacité de libérer son énergie et ses talents. Cet argument a même fait frisonner de l’autre côté de la Manche, certains craignant dans ce discours le risque de voir un très gros Singapour s’ancrer aux portes de l’Europe.

Au delà de cette stratégie victorieuse face à des travaillistes archaïques et brouillons, qui ont additionné le flou sur le Brexit et le retour à l’Etat-providence des années 40, Boris Johnson a incarné le populisme dans sa version britannique : un personnage haut en couleurs, hors-normes, politiquement à droite, a choisi de s’identifier au vote populaire, notamment celui des circonscriptions travaillistes du Nord du pays et est parvenu à en faire basculer un certain nombre. Un autre homme politique britannique a su faire preuve d’intelligence et de responsabilité : Nigel Farage, l’avocat talentueux et déterminé du Brexit, fondateur d’un parti entièrement voué à cet objectif, a voulu être non le concurrent mais au contraire l’auxiliaire de la victoire de Boris Johnson. Son parti avait affaibli les conservateurs lors des élections européennes et avait ainsi convaincu ceux-ci qu’il fallait rétablir une ligne claire. Farage n’a pas présenté de candidat là où un conservateur était menacé, mais il les a multipliés là où ils pouvaient empêcher un travailliste d’être élu. Le résultat est la conséquence de cette attitude désintéressée : aucun élu pour Farage, mais une très large majorité pour Boris Johnson qui pourra donc mettre sa politique en oeuvre et notamment le Brexit au 31 Janvier 2020. Le Royaume-Uni et son Parlement ont retrouvé leur dignité et rouvert la voie de l’avenir. Les risques d’explosion semblent limités puisque, malgré le bon résultat des nationalistes écossais qui ont obtenu 48 députés, les sondages sur un nouveau référendum sur l’indépendance de l’Ecosse, révèlent que les opposants sont encore majoritaires. Beaucoup d’Ecossais ne souhaitent pas que les incertitudes liées au Brexit se poursuivent maintenant chez eux.

Evidemment, de l’autre côté de la Manche, le naturel est aussi revenu au galop. Lors de la Révolution, le premier observateur perspicace qui avait souligné les risques, pour la liberté notamment, était un Irlandais : Edmund Burke. Tandis que Londres devenait le centre du plus grand Empire mondial avec un système politique inaltérable, Paris connaissait une succession invraisemblable de révolutions et de régimes, une série de guerres perdues et d’occupations, ainsi qu’une effervescence continue au détriment du bien commun de la Nation. La chienlit qui règne dans notre pays à propos de la réforme des retraites montre une fois encore la maladresse du pouvoir et l’irresponsabilité des partenaires sociaux, l’un et les autres paraissant privilégier leurs intérêts respectifs plutôt que celui du pays. Décidément, c’est d’une révolution conservatrice dont la France a besoin.

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10 commentaires

  1. Kerneilla - 13 décembre 2019 11 h 11 min

    « c’est d’une révolution conservatrice dont la France a besoin. »
    Tout à fait vrai, mais tant que les hommes politiques de droite se rallieront à la gauche (les macronistes), ou auront honte des idées conservatrices face au « politiquement correct » et à des médias largement gauchistes…nous sommes mal partis…

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  2. DELAFOSSE - 13 décembre 2019 11 h 20 min

    La Grand Bretagne sort de l’Europe, ce sont ses ressortissants musulmans qui vont être contents….

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  3. Jacques Peter - 13 décembre 2019 11 h 35 min

    Nous avons besoin d’une révolution conservatrice ET libérale.

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    • erwan - 13 décembre 2019 11 h 49 min

      Les libéraux sont les idiots utiles des capitalistes…le libéralisme est un doux rêve dans un monde idyllique qui ferait abstraction des états et des marchés…plusieurs ouvrages l’ont établi.

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      • Jacques Peter - 13 décembre 2019 11 h 55 min

        Les libéraux ne sont pas les idiots utiles du capitalisme; ils défendent le capitalisme et rejettent le socialisme.

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        • erwan - 13 décembre 2019 13 h 14 min

          et comme dirait Zemmour le capitalisme, par l’accumulation du capital, enrichit les riches et appauvrit les pauvres…on voit où ça mène la France!

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          • Oblabla - 13 décembre 2019 15 h 06 min

            Il ne faut pas manquer de souffle pour citer Zemmour en référence. Un étatiste forcené, marxiste (ce qu’il reconnait lui-même).
            Revoyez la définition du libéralisme qui n’est pas seulement économique: la liberté individuelle, la responsabilité, le respect du droit. Bon sang, lisez Bastiat et Hayek et vous saurez de quoi vous parlez. A moins que vous fassiez partie des millions de communistes qui infiltrent encore tous les rouages de ce pays…

  4. Francis-claude NERI - 14 décembre 2019 15 h 32 min

    Brexit
    C’est de la cohérence démocratique, et l’on doit voir dans ce choix un sursaut d’intelligence politique
    La volonté de retrouver une souveraineté et une indépendance qui redonneraient au pays la capacité de libérer son énergie et ses talents.
    C’est ce que nous voulons aussi pour la France !
    http://semanticien.blogspirit.com/

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  5. Jacques Peter - 14 décembre 2019 19 h 39 min

    Ce que les Britanniques fuient, c’est la bureaucratie Bruxelloise.
    Si l’UE, au lieu de régler le moindre détail de nos vies, se préoccupait de défendre notre civilisation (les libertés, la démocratie, l’état de droit), je pense que les Brits. seraient les premiers à s’en féliciter.

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  6. DELAFOSSE - 15 décembre 2019 18 h 34 min

    Pas faux…mais n’oublions pas qu’ils n’ont jamais adopté l’Euro, bien avant les tracasseries ridicules des technocrates de l’U.E

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