Transgression et moeurs politiques

Espace Georges Bernanos – Fondation de Service Politique

Mercredi 21 octobre
Paris Espace Bernanos, 19h-21h

Transgression et mœurs politiques

Un ministre qui vole au secours d’un cinéaste reconnu coupable de viol sur mineure, avant de revendiquer le droit “littéraire” de raconter ses frasques sexuelles avec des “gosses”, une autre qui se dit prête à porter l’enfant conçu de sa fille… La transgression aurait-elle désormais droit de cité dans la sphère politique ? Rarement l’impunité des puissants aura été autant ressentie par la France d’en bas. Mais c’est la même société politique qui démissionne un ministre accusé de s’attribuer un logement trop grand pour loger sa famille nombreuse. Que nous révèlent ces dérèglements de la vie publique ? L’exemplarité de l’homme d’Etat a-t-elle encore un sens ?

Auditorium de l’Espace Georges-Bernanos
Paroisse catholique Saint-Louis d’Antin
4, rue du Havre – Paris IXe

Avec la participation de :

* Christian Vanneste, député du Nord, professeur de philosophie, président de Famille et Liberté
* François de Lacoste Lareymondie, vice-président de la Fondation de Service politique : “Pourquoi nous demandons la démission du ministre de la Culture
* Débat animé par Thierry Boutet, journaliste, porte-parole de la Fondation de Service politique

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4 commentaires

  1. M. VAnneste, êtes-vous signataire de la pétition demandant la démission de F. Mitterrand? Si non, souhaitez-vous tout de même cette démission?

  2. Lettre ouverte d’Yves Meaudre aux adultes responsables
    · Par Jean-Matthieu Gautier le lundi 19 octobre 2009,
    Responsables d’une ONG qui défend depuis cinquante-et-un ans l’enfance souffrante en Asie, Prix des Droits de l’Homme de la République Française pour l’action que nous menons auprès de 60.000 enfants, il nous est impossible de ne pas réagir face à la polémique qui met en cause Frédéric Mitterrand. Nous savons, pour être à leurs côtés chaque jour, que des jeunes peuvent construire leur personnalité d’adultes malgré des blessures physiques, comme celles provoquées par des mines dont ils ont pu être les victimes. En revanche, nous savons que les blessures psychologiques et morales sont irrémédiables lorsque celles-ci sont le fait d’un viol ou de la prostitution. Notre expérience en Thaïlande, au Cambodge et aux Philippines nous autorise à dénoncer haut et fort toute tentative de banalisation de la pratique de la pédophilie et de la prostitution des jeunes gens. C’est un crime dont les conséquences sont irréversibles. Il est impossible pour nous d’accepter qu’un Ministre de la France puisse reconnaître avoir eu des relations sexuelles avec des « gosses » sans qu’il ne soit obligé de quitter ses fonctions. Certes, l’ambiguïté savamment dosée sur l’âge de ces « gosses » nous interdit de penser qu’il s’agisse d’enfants mineurs : pour Frédéric Mitterrand, un « gosse » ou un « boxeur de quarante ans », c’est pareil. Mais quel que soit l’âge de ces « gosses », le recours à la prostitution fait toujours des victimes. Et quel que soit leur âge, les prostitué(e)s, esclaves exploités, sont toujours des enfants.
    S’abriter derrière son statut d’homme politique ou d’écrivain pour revendiquer l’impunité a quelque chose d’insupportable quand on connaît la souffrance de ces victimes. Comment peut-on prendre M. Mitterrand au sérieux quand il condamne le tourisme sexuel en présentant sa « confession » comme la « sublimation » littéraire de ses actes ? Comment un Premier Ministre peut-il accepter de couvrir un membre de son gouvernement quand il est lui-même père de famille ? Et si son enfant en avait été la victime ? Les jeunes gens d’Asie sont-ils de moindre valeur ? Que cette dénonciation soit une manipulation politique, là n’est pas le problème. Car enfin, qu’un parti d’opposition stigmatise des pratiques odieuses reconnues par un ministre qui considère un cinéaste accusé de viol sur une mineure comme « une histoire ancienne qui n’a pas vraiment de sens », en quoi cela innocenterait-il le coupable et relativiserait le crime ? La question a transcendé fort heureusement les partis. Que Manuel Valls ou qu’Arnaud Montebourg aient réagi sainement rassure sur l’état mental des parlementaires, quelle que soit leur appartenance politique. Ils réagissent en hommes et en pères. Ils refusent de se faire piéger et constatent les faits. Et les faits sont odieux et ils les considèrent comme tels.
    Ce n’est pas parce qu’un jour de pluie un parti politique dirait : Il pleut, que nous allons dire qu’il y a du soleil ! C’est pourquoi, libres de toutes références, en tant qu’experts de l’aide à l’enfance, nous considérons ces faits insupportables. Nous taire serait une lâcheté morale. Rien formellement ne prouve que M. Mitterrand soit pédophile en dépit de ses ambiguïtés. Mais l’étalage public, plus ou moins littéraire, plus ou moins complaisant, et même plus ou moins regretté, de ses activités nocturnes à Bangkok sont indéfendables. Le crédit de la France dans la lutte contre le tourisme sexuel en sort particulièrement affaibli. La France a signé la Convention Internationale des Droits de l’Enfant, dont nous fêtons le 20 novembre 2009 le 20ème anniversaire. L’article 34 condamne explicitement le tourisme sexuel. Elle a élaboré le droit de suite sans contrainte de frontières pour les crimes sur enfants. Comment ces finasseries sur l’âge des « gosses » (c’est le mot), utilisés par une personnalité devenue ministre, exonérerait la France de sa responsabilité ?
    Avec beaucoup de facilité, nos dirigeants jugent et donnent des leçons au nom des Droits de l’Homme à de nombreux pays du Sud, pour leur laxisme en matière de tourisme sexuel et d’absence de protection de l’enfance. L’État français perd la face, pris en flagrant délit d’incohérence, en gardant au sein de son gouvernement un homme qui reconnaît avoir eu des relations sexuelles tarifées « avec des gosses ». Enfin n’y a-t-il pas là l’expression d’un mépris qui accréditerait l’idée que les « gosses » thaïlandais sont « consommables » et que les jeunes Français devraient être protégés ? Les pays concernés ne peuvent qu’être scandalisés de voir considérer leurs jeunes gens comme des produits de consommation. On se souvient du départ de ministres ou de haut-fonctionnaires effectué dans l’heure alors qu’ils n’étaient l’objet d’aucune infraction à la loi, mais accusés d’avoir loué des appartements trop grands. Cela laisse songeur à côté de ce qui est en cause. Ces serviteurs de l’État authentiques avaient démissionné pour ne pas gêner la politique de la France. Leur attitude avait révélé un vrai sens de l’honneur. L’avenir des pauvres et des enfants pauvres est de plus en plus terrifiant. Notre propre action risque d’être de plus en plus impossible. « Vae pueris pauperibus ! *».
    Yves Meaudre, Directeur Général

    http://www.enfantsdumekong.com/blog/index.php?post/2009/10/19/Lettre-ouverte-dYves-Meaudre-aux-adultes-responsables

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