Législatives partielles : quel enseignement ? Quel espoir ?

mariannefragmentLes résultats des deux élections législatives partielles du Territoire de Belfort et du Val d’Oise ne manquent pas d’intérêt. Certes l’abstention a été très élevée, mais elle l’était déjà lors du vote national de Juin 2017. Lorsque les électeurs sont moins nombreux à se déplacer, leur petit nombre donne la proportion d’une maquette par rapport à l’ensemble, même si la part de ceux qui ont des convictions plus fortes, un civisme plus ancré… et un âge plus avancé, y est plus grande. La défaite des candidats macronistes est donc une excellente nouvelle au moins sur deux plans. D’abord elle met fin à une ambiance détestable de parti unique rassemblant des opportunistes ambitieux de tout poil derrière un guide dont le contrôle médiatique n’a égal que le flou des orientations politiques. Ensuite, elle rassure quant à la soumission des Français sous le matraquage de médias qui depuis une quinzaine de mois, au moins, vantent les mérites inégalés du produit Macron. Le reflux après le flux est une constante de la vie démocratique. Le fait s’était produit au lendemain de la rupture de 1981.

Maintenant, il faut savoir si cet événement annonce une recomposition du paysage politique en voie de stabilisation. L’absurde « ni-gauche, ni-droite » est un déni de la réalité de toutes les démocraties. Comme le fait remarquer Jean-Louis Harouel, dans son excellent « Droite-Gauche, ce n’est pas fini », depuis la naissance de ces termes, lorsque « sur la question du veto absolu, plus de 300 députés favorables à la prérogative royale se sont placés à la droite du président », cette opposition existe. Elle structure la vie démocratique qui doit être fondée sur des choix qui sont le plus souvent entre le progressisme et le conservatisme, étant entendu que l’un ou l’autre peuvent être adéquats à une situation et à un moment de l’histoire, et que le conservatisme a souvent permis d’avancer plus sûrement vers des solutions que la démagogie du progrès. La grande question est donc de savoir si le bipartisme inscrit dans le mode de scrutin de nos élections les plus importantes, et chamboulé par celles de l’année dernière allait se reconstituer autour des finalistes de ces partielles. Nous aurions, à gauche un parti « démocrate » à la française, libéral en paroles et un peu en actes, social-démocrate en fait, et à droite, un parti républicain plus soucieux des questions sécuritaire et identitaire, voire sociétale. C’était le profil qui avait assuré le succès de Fillon. C’est celui que semble adopter Waucquiez, avec pour résultat la fuite des Raffarin et autres hors du navire. La trahison d’une première vague d’arrivistes sans convictions ni valeurs est suivie maintenant par la désertion de caciques qui ont anesthésié, émasculé, le RPR, puis l’UMP, avec pour résultat de faire monter le Front National, puis de faciliter le ralliement de certains de leurs électeurs à Macron. Si le mode de scrutin, le plus intelligent, uninominal par circonscription, qui permet la grande stabilité des démocraties anglo-saxonnes était, non seulement maintenu, mais généralisé, il est fort probable que la gauche et la droite prendraient la forme de cette confrontation entre progressistes LREM et conservateurs LR, les seconds se démarquant des premiers par une plus grande vigueur dans la baisse de la dépense publique et de la pression fiscale, et une beaucoup plus grande exigence de fermeté dans la lutte contre l’insécurité et l’endiguement de l’immigration. De part et d’autre de ces formations, subsisteraient à gauche, de vrais socialistes, étatistes, égalitaristes, déconstructeurs, au sein de la France Insoumise, et à droite, des nationalistes qui seraient moins libéraux et plus souverainistes que LR. Ces derniers se regrouperaient au Front National.  Celui-ci a manqué le coche faute d’avoir su remplacer le RPR alors que son évolution lui aurait permis de le faire avec une stratégie de plus haut niveau. En Espagne, le Partido Popular avait ainsi su se substituer aux centristes à l’occasion de l’arrivée des socialistes au pouvoir.

Il n’est pas sûr que cette hypothèse d’avenir soit envisagée avec bonheur par le Président Macron. Il peut craindre que l’électorat filloniste, à qui l’on a volé la victoire, ne reprenne des forces face à une politique qui délaisse gravement les questions de sécurité, et dont les résultats économiques apparents peuvent subir les effets d’une nouvelle crise à tout moment. Pour Jupiter, la page de la France est déjà tournée. Il lui importe d’éviter à tout prix qu’un mouvement puissant se lève dans l’esprit de ce qu’a été le gaullisme pour s’opposer à cette euthanasie de notre nation. L’introduction de la proportionnelle, le changement de mode de scrutin qui a été l’arme la plus efficace contre le gaullisme, va donc à nouveau être utilisée. Plus la représentation politique sera éclatée, plus l’exécutif, si puissant en France, sera ressenti comme le point de ralliement et de salut. C’est face à cette nouvelle manipulation que tous les vrais patriotes, des républicains aux nationaux en passant par les Amoureux de la France devraient s’unir !

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1 commentaire

  1. erwan - 5 février 2018 19 h 06 min

    Pasqua aimait à dire « le RPR apporte les électeurs et l’UDF les élus ». Je crains que dans un schéma bipartiste, cette  » tradition » se perpétue et qu’au final les électeurs conservateurs soient les éternels dindons d’une mauvaise farce au profit d’élus libéraux tournant le dos aux classes populaires. L’exemple est également vrai à gauche avec le PS et le PC et le programme commun des années 70, les électeurs PC ayant été trompés par les élus PS.

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