Etre radicalement français ?

equilibreLe mot à la mode est « radicalisation ». Un projet d’attentat formulé par une adolescente de 16 ans sur internet a concentré les regards sur cette dérive monstrueuse. Dans notre société tolérante, métissée, notre belle mosaïque de toutes les couleurs, arc-en-ciel pour tout dire, et grâce aux multiples canaux offerts à la libre expression et à la libération des fantasmes les plus intimes, voilà que de jeunes esprits sombrent dans le fanatisme mortifère d’un islam déformé, extrémisé, en un mot, radicalisé. Notre culture ouverte à l’accueil de toutes les différences, fondée sur la paix et l’amour, sur la solidarité compassionnelle et le libre épanouissement de chacun tombe sur un os. Elle qui héritait de ces beaux sentiments d’un passé chrétien, qu’il était préférable de gommer par souci d’ouverture, découvre avec stupeur qu’elle a favorisé la présence en son sein d’une religion qui, renouant avec ses origines les plus étroites, permet à des individus, souvent jeunes, d’exprimer leur singularité en disant à quel point ils haïssent le pays dans lequel ils vivent, à quel degré ils méprisent notre « civilisation » et ses valeurs. Stupéfiés par ce désastre, celui de politiques menées depuis des décennies, nos politiciens planchent tous sur la « déradicalisation ». Dans les mosquées, les prisons, les écoles, sur la toile, avant le départ pour le djihad ou à son retour, il faut surveiller, déceler, signaler et « déradicaliser ». Des centres de prévention vont être dédiés à cet effet, des équipes spécialisées vont s’y employer. L’Etat maternant va ajouter à la pile de ses services d’accompagnement et d’assistance, un outil destiné à libérer les esprits de l’emprise salafiste. On évitera d’évoquer une « rééducation » tellement contraire à notre éthique libertaire. S’agira-t-il de « soigner » ? D’une certaine manière, oui. L’idée repose sur un postulat : l’islam n’est pas en cause. Comme le dit Olivier Roy, ce n’est pas l’islam qui est radicalisé, mais la radicalisation qui s’est islamisée. Des jeunes révoltés par l’injustice sociale et en recherche d’eux-mêmes au travers d’une identité religieuse vont devenir djihadistes, comme ils auraient été anarchistes ou gauchistes auparavant. L’ascenseur social toujours en panne donne l’avantage aux psychologues sur les sociologues. Des initiatives privées existent déjà, comme le Centre de prévention des dérives sectaires liées à l’islam de Dounia Bouzar qui vise à restaurer cher les jeunes la raison et le goût de vivre. Les pays scandinaves, pionniers du maternage social, ont créé des centres comme celui d’Aarhus au Danemark. La France va imiter ce modèle d’une manière plus contraignante. Un premier centre fondé sur un programme de réinsertion et de citoyenneté doit être ouvert en Septembre à Beaumont-en-véron.

On peut espérer que ces initiatives, ces béquilles, ces rustines, qui emploieront un certain nombre d’éducateurs spécialisés, mais pas nécessairement en religion, sauveront quelques âmes. Mais, comment ne pas voir que le problème est infiniment plus profond ? Notre époque et notre pays en particulier voient le triomphe des sans-gêne. La décence, le respect sont à l’évidence les conditions incontournables de ce fameux « vivre-ensemble » dont on nous rebat les oreilles. Or notre société devient la scène d’un affrontement entre , d’une part, un laisser-aller cultivé par la prétendue élite, et par une partie importante de la population qui s’empresse d’imiter le modèle et d’autre part un surcroît d’exigences affiché par l’interprétation archaïque d’une religion importée. Sans-gêne du débraillé  et sans-gêne de la différence provocatrice se télescopent. Le spectacle des gay-pride d’un côté et les Niqabs de l’autre exhibe les contradictions d’une « civilisation » qui veut tout et son contraire. Se font face d’une part, une société qui passe son temps à nier toute identité collective, historique, religieuse, comportementale, si ce n’est une vague adhésion à des principes républicains, pour donner toute leur place aux identités individuelles parfois regroupées artificiellement en « communautés », et d’autre part, des individus, qui se sentant exclus, profitent de ce vide pour affirmer une supériorité de revanche et de compensation. Eux ont une religion, une identité forte, des exigences de tenue et de vie, parfois très récentes, et pour ceux qui vont jusqu’au bout du processus, un goût pour la mort qui leur donne un ascendant sur les jouisseurs de la vie.

Le vivre-ensemble ne peut être une simple juxtaposition de groupes dont les frictions et les rapports de forces vont croître jusqu’à la rupture. Il exige donc un double effort de lucidité et de volonté. Celui-ci nous demande de prendre conscience de la spécificité de la religion musulmane. Il est faux de dire, comme Haouès Seniguer, que cette confession « ne prédispose pas à la violence ». Ses textes, son histoire, sa réalité politique actuelle montrent l’inverse, même si cette prédisposition reste le plus souvent latente. Il faut donc en contenir la progression dans notre pays et en limiter l’enseignement. Mais par ailleurs, pour intégrer des personnes à une société, il faut encore que celle-ci soit attirante et qu’elle affirme sereinement son identité et ses atouts. Il faut donc que ses membres les connaissent et soient capables de les faire valoir. C’est pourquoi, il serait plus utile aujourd’hui de réapprendre aux jeunes Français l’extraordinaire richesse de leur civilisation gréco-latine, de la religion chrétienne, et de leur histoire nationale que de leur donner une image édulcorée d’une religion venue d’ailleurs.

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5 commentaires

  1. DELAFOSSE - 10 août 2016 17 h 07 min

    C’est là, un texte de simple bon sens qui est toujours très agréable de lire et de transmettre…

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  2. BENHAIM Gérard - 10 août 2016 17 h 25 min

    Sur le plan logique, votre conclusion est rigoureuse MAIS vous oubliez une chose: ce sont des arabo-musulmans et votre « enseignement » civilisationnel et éthique ne fera qu’exacerber la haine envieuse et revancharde de gens qui sont des inutiles sur le plan humain mais à qui l’on a dit « vous êtes les meilleurs des hommes » et ces primates le croient…
    Pas un seul apport concret à l’Humanité et presque aucun prix Nobel scientifique ou médical…
    C’est donc prétendre civiliser, un troupeau de chèvres ou de hyènes…
    LA SEULE SOLUTION EST LA SEPARATION PAR RETOUR AU BLED !!!
    STADE INTERMEDIAIRE: INTERNEMENT A CANJUERS, CAUSSE-MEJEAN, LARZAC, GUYANE OU NOUVELLE CALEDONIE POUR CEUX QUI REFUSERAIENT DE NOUS QUITTER A L’AMIABLE….

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  3. Ribus - 11 août 2016 5 h 57 min

    Or, une partie des musulmans est radicalisée ; une partie des socialistes et de la gauche est aussi radicalisée ; une partie de la droite, celle de la « France qui refuse de mourir » comme le titrait Valeurs actuelles, est également radicalisée.

    Les musulmans ont le droit de le dire et de le montrer, les socialistes et la gauche, aussi.

    La « France qui refuse de mourir a le droit, elle, de se taire ; c’est toute la nuance.

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  4. kerneilla - 11 août 2016 10 h 24 min

     » il serait plus utile aujourd’hui de réapprendre aux jeunes Français l’extraordinaire richesse de leur civilisation gréco-latine, de la religion chrétienne, et de leur histoire nationale que de leur donner une image édulcorée d’une religion venue d’ailleurs. »
    Bien évidemment, vous avez raison; Mais comment le faire avec une Education nationale, qui n’éduque pas (ce serait d’ailleurs plutôt le rôle des parents), mais n’instruit pas non plus…toutes les réformes depuis quarante ans n’ont fait que vider les programme de leur substance, et détruire la pédagogie, supprimer la notion d’effort, de travail….et il faudrait aussi leur enseigner la langue française pour commencer (et si les politiques et les journalistes commençaient par montrer l’exemple au lieu d’adopter du « franglais » à tout bout de champs, et si l’Académie Française prenait un peu plus de recul avant d’intégrer ce jargon dans le dictionnaire… et si…)
    Une des réponses serait dans des écoles privées, réellement libres (il en existe quelques unes qui ont fait leurs preuves) ; mais alors, le problème du financement se pose, une solution serait d’appliquer la proposition de P. de Villiers : créer un droit à l’instruction qui permettrait à tous les parents de réellement choisir l’école de leurs enfants, en apportant par ce choix le financement correspondant de l’état à cette école, et pour commencer de laisser libre les « écoles libres existantes »… en supposant que les enseignants de ces écoles ne soient pas pollués par le laxisme et le politiquement correct…
    ambiants…) C’est un travail de fond qui prendra du temps…

    Répondre
  5. kerneilla - 11 août 2016 10 h 24 min

     » il serait plus utile aujourd’hui de réapprendre aux jeunes Français l’extraordinaire richesse de leur civilisation gréco-latine, de la religion chrétienne, et de leur histoire nationale que de leur donner une image édulcorée d’une religion venue d’ailleurs. »
    Bien évidemment, vous avez raison; Mais comment le faire avec une Education nationale, qui n’éduque pas (ce serait d’ailleurs plutôt le rôle des parents), mais n’instruit pas non plus…toutes les réformes depuis quarante ans n’ont fait que vider les programme de leur substance, et détruire la pédagogie, supprimer la notion d’effort, de travail….et il faudrait aussi leur enseigner la langue française pour commencer (et si les politiques et les journalistes commençaient par montrer l’exemple au lieu d’adopter du « franglais » à tout bout de champs, et si l’Académie Française prenait un peu plus de recul avant d’intégrer ce jargon dans le dictionnaire… et si…)
    Une des réponses serait dans des écoles privées, réellement libres (il en existe quelques unes qui ont fait leurs preuves) ; mais alors, le problème du financement se pose, une solution serait d’appliquer la proposition de P. de Villiers : créer un droit à l’instruction qui permettrait à tous les parents de réellement choisir l’école de leurs enfants, en apportant par ce choix le financement correspondant de l’état à cette école, et pour commencer de laisser libre les « écoles libres existantes »… en supposant que les enseignants de ces écoles ne soient pas pollués par le laxisme et le politiquement correct…
    ambiants…) C’est un travail de fond qui prendra du temps…

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