La Déchéance du politique.

lafranceavanceVoilà longtemps déjà que le Président, après avoir touché le fond, creusait. Mais c’est l’ensemble de l’insupportable microcosme politico-médiatique qui vient de le rejoindre dans le trou. Pour ceux qui aiment la France et ne peuvent la concevoir sans la grandeur, cette misérable caricature à mille têtes de notre pays suscite la révolte. L’ex-secrétaire du PS et président de la Corrèze n’est évidemment pas, et depuis le début, à la hauteur du sujet. Il a utilisé la question de la nationalité française comme un moyen de remise à niveau. Voulant tirer parti des attentats qui avaient touché la France, il a tenté de retrouver son rôle institutionnel de monarque rassembleur. Devant les Assemblées réunies en Congrès, il avait appelé à la mobilisation contre le terrorisme et annoncé une révision de la Constitution. L’extension de la déchéance de la nationalité aux terroristes binationaux nés français y figurait comme le signe le plus fort. Cette manoeuvre associait trois éléments : d’abord, la solennité restaurée de la fonction présidentielle ; ensuite le caractère symbolique de l’appartenance à la nation ; enfin l’habileté politicienne qui instaurait une mesure que la droite allait soutenir avec enthousiasme. L’empressement du locataire de l’Elysée mis à s’emparer du discours présidentiel à Versailles, introduit par son prédécesseur, et de la déchéance de nationalité, également souhaitée par Sarkozy, qu’il avait combattus, laisse peu de doutes sur la sincérité de la démarche. Il s’agissait d’un coup qui a lamentablement foiré, emportant avec lui ce qui restait du respect de la fonction et dégradant au passage le symbole manipulé : la nation.

Dans cette triste affaire, « notre » personnel politique a étalé sa médiocrité avec ostentation. Hollande voulait l’unanimité avec le soutien de son opposition. C’est la gauche la plus bête du monde qui s’est alors rebellée. Si la droite est sensible à l’idée de nation, la gauche paraît de plus en plus suivre de manière pavlovienne le slogan : « pas touche à mon étranger ». Remettre en question une nationalité acquise mécaniquement et par hasard mais trahie très volontairement lui paraissait un sacrilège envers le sacro-saint droit du sol. Discriminer les détenteurs de plusieurs nationalités en leur réservant la déchéance de nationalité française afin de ne pas créer des apatrides redoublait la révolte puisqu’on touchait ainsi à une autre icône de la gauche : sainte-égalité. L’idiotie profonde qui marque une telle attitude mérite d’être analysée. On ne peut négliger d’abord cette « préférence étrangère », évidemment contraire à l’intérêt national, qui domine le discours de la gauche, au mépris de ce qui doit être le premier souci d’un politique. Repentance historique, soutien à l’immigration même irrégulière, discrimination positive appartiennent à cette étonnante inversion des objectifs et des valeurs qui doivent présider à l’action d’un politique français. De même, le souci de l’égalité au profit des binationaux fait preuve d’une surprenante conception de l’idée. Celui qui a plusieurs passeports n’est pas l’égal de celui qui n’en a qu’un. Lui enlever celui du pays qu’il trahit rétablit la parité. Un minimum de réflexion chez ceux qui ont alors voulu retirer la nationalité à tout le monde les aurait amenés à cette évidence : on aurait ainsi créer des apatrides, mais seulement pour ceux qui n’auraient été « que » français, non chez les binationaux ! Curieuse conception de l’égalité qui joue à l’encontre des nationaux et accentue l’idée d’une préférence étrangère ! Quant à la liberté, elle a disparu : celui qui choisit de combattre la France doit garder une nationalité française qu’il a acquise sans le vouloir à la naissance.

Le bon sens commandait donc la déchéance de nationalité pour les binationaux et l’indignité nationale pour les Français à part entière. C’est ce que souhaitait la majorité sénatoriale. Mais on a alors vu et entendu quelques représentants de cette prétendue « droite » minimiser la question de la nationalité. M. G. Didier ou Mme Kosciusko-Morizet, très représentatifs du narcissisme assoiffé de pouvoir qui envahit la politique avec la complicité du journalisme parisien, ont fustigé ce débat inutile sur une notion subalterne. La « nationalité » ne vaut pas une messe à Versailles. Ce n’est rien, un « gadget » dit le premier, un symbole, dit la seconde. Oui un symbole pour lequel beaucoup de Français sont morts, et pour lequel des étrangers aussi ont donné leur vie afin de l’acquérir. Comment des électeurs de droite pourraient-ils voter pour ces personnages obsédés par les primaires et méprisant leur pays ? Ils se veulent sérieux : l’efficacité seule compte. Ils se veulent soucieux de la sécurité de leurs concitoyens. La déchéance de nationalité ne dissuadera pas les terroristes. Il faudrait des peines incompressibles, précisent-ils, le meilleur moyen de… faire parler de soi avant les primaires. Quelle peine, en effet,  peut-elle dissuader un homme prêt à se faire exploser ? Il s’agit d’une guerre qui transgresse le droit et non d’un type de délinquance. Dans cette forme de guerre, on élimine, on retourne lorsque c’est possible, on s’informe par tous les moyens. Héberger à vie l’ennemi n’est pas une priorité !

La déchéance de la nationalité pour les traîtres binationaux, l’indignité nationale pour les Français sont des rappels à la valeur de la nationalité française, un honneur assorti de devoirs et de droits, non un morceau de papier. La révision de son acquisition avec la suppression du droit du sol résoudra le problème des « nés » français par hasard en quoi se résumait le débat. Ce serait un beau sujet de référendum. François Hollande en voulant être adroit a, une fois de plus, fait reculer le pays aux applaudissements de l’ex-indépendantiste Taubira : quel symbole !

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5 commentaires

  1. Ribus - 31 mars 2016 22 h 04 min

    Sans parler du fond, je constate comme simple citoyen que le mot de « réferendum » n’a pas été prononcé une fois au cours de cet épisode politique qui finit en queue de poisson, comme si cela était constitutionnellement impossible.

    C’est donc bien le refus constant et délibéré de donner la parole au peuple qui prime même après des attentats sanglants qui touche le peuple lui-même. On parlera de réferendum pendant la campagne électorale, comme d’habitude.

    Hollande a poussé le mépris jusqu’à convoquer un congrès alors que les victimes n’avaient pas encore été inhumées. Enfin, il jette une réforme constitutionnelle à la poubelle sans évoquer cette possibilité ni même dire pour quelle raison il ne l’a pas choisie.

    Certains nous expliquent cela à cause de la cote de popularité : on voit tout de suite la hauteur du débat public en France.

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  2. DELAFOSSE - 1 avril 2016 10 h 22 min

    Les référendums ne sont proposés que lorsqu’il y a de grandes chances pour que les résultats aillent dans le sens de ceux qui l’organisent,ex: l’absence de ce rendez-vous démocratique pour « La peine mort » etc….
    C’est ça la France, 5 ème puissance mondiale du chômage mais aussi du biaisage constitutionnel.

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  3. Thibault Loosveld - 2 avril 2016 16 h 02 min

     » François Hollande en voulant être adroit a, une fois de plus, fait reculer le pays aux applaudissements de l’ex-indépendantiste Taubira : quel symbole !  »

    Marchant main dans la main avec le président (La) Valls, Hollande tient les promesses… même celles des autres.

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  4. TOUITOU Pascal - 30 avril 2016 9 h 41 min

    La decheance de la Nationalite Francaise aux bi-nationaux etait une mesure extreme.La maitrise en Politique de gauche est de rester fidele a ses valeures democratiques meme face a des menaces totalitaires.

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    • vanneste - 10 mai 2016 22 h 17 min

      Cela n’a rien d’extrême. Lorsqu’un individu a plusieurs nationalités et qu’il trahit l’une d’elles, c’est lui-même qui décide de la perte de celle-ci. C’est au contraire le bon sens.

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