La France en triste Etat…

téléchargement (47)La France est une Nation bâtie par son Etat, l’Etat-Nation par excellence. Entre l’Etat et la Nation, l’accord reposait sur une saine distribution des rôles. L’Etat conduisait efficacement et dignement, sans pressurer, sans tyranniser. La Nation, sous sa conduite, donnait la pleine mesure de ses ressources et de son énergie. Ce couple a connu des hauts et des bas. Il connaît aujourd’hui un très-bas.

On commémore cette année le début de la Grande Guerre. On mesure à l’enthousiasme, qui a accompagné son déclenchement, et aux sacrifices insoutenables, qui ont suivi, la solidité du contrat passé entre un Etat qui déclarait et conduisait la guerre et un peuple qui la faisait et en subissait les effets. Ni tous les peuples, ni tous les Etats n’ont tenu le choc. Certains ont disparu. D’autres ont sombré dans la folie totalitaire. La France est restée debout, mais à l’intérieur, le ressort était cassé. Cette fois, ce n’était pas seulement le contrat entre la France et son dirigeant qui s’était brisé, comme au retour de Varennes. Cette fois, chacune des deux parties était atteinte. La Nation était épuisée, vidée de son sang, privée de sa jeunesse. L’Etat, vainqueur à l’arraché, avait demandé au peuple des efforts dont il ne s’était montré digne ni dans la préparation de la guerre, ni dans sa conduite. Depuis, le prestige de l’Etat, la confiance du Peuple n’ont cessé de se dégrader, à travers les guerres perdues, les ambitions déçues, le déclin constaté, malgré l’illusion, le bluff, comme il disait lui-même, réussi par le Général de Gaulle pendant une parenthèse de quelques années.

Aujourd’hui, le tandem se résume, en premier lieu,  à un peuple qu’on prive réellement et psychologiquement de son identité, qu’on soumet à la diète du travail, qui descend inexorablement les marches dans la plupart des classements mondiaux, et qui entend sonner le glas de la seule politique qui portait encore des fruits, la politique familiale. Quant au partenaire, celui qui vient de prendre la décision de transformer une politique nataliste en dispositif de redistribution sociale,  il devient la caricature du mauvais mari, ivre d’impôts, dépensant à tout va pour ses nombreuses maîtresses, pour ses danseuses, l’argent qu’il retire à sa légitime, lorsqu’il diminue le budget de la Défense, par exemple. Plus dépensier que jamais, devenu obèse, l’Etat a confié les clefs de la maison à un syndic bruxellois, qui laisse rentrer n’importe qui mais entend régir la place des photos de famille sur les murs. Les enfants qui veulent réussir désertent le toit familial.

Le drame dans un couple, c’est lorsque la confiance a disparu. Comment faire confiance à un menteur ? Comment respecter qui n’a pas de parole ? Les Français en sont arrivés là quand ils découvrent que l’Etat auquel ils associaient le prestige n’évoque plus chez eux que le mot de « minable ».  La continuité de l’Etat ? La garantie de l’Etat ? La parole de l’Etat ? Autant d’illusions balayées par les mesurettes et les expédients d’un pouvoir aux abois. Que la France n’honore pas son contrat de livraison des « Mistral » à la Russie, passe encore. Ce pourrait être un acte souverain, mais derrière lequel on devine les arguments moins glorieux de la soumission à la politique américaine, d’un côté, et du désir de ne pas porter un coup fatal à l’emploi et à nos finances, de l’autre. Plus grave est l’imbroglio de l’écotaxe. Le gouvernement actuel dénonce un contrat passé certes par un exécutif de l’autre bord, mais qu’il se doit d’exécuter dans la continuité. S’il y renonce, il doit bien sûr en assumer les conséquences. Or, sans la moindre dignité, il se réfugie dans les arguties juridiques. Le contrat faisant la part top belle à une société privée serait non-conforme aux principes de notre Droit. C’est un peu tard pour s’en apercevoir, mais surtout, comment ne pas y voir un sommet de mauvaise foi ? Si l’Etat n’a pas respecté son propre droit, doit-il en faire payer la faute au contractant plutôt qu’à lui-même ? Si le contrat était aussi mal ficelé, aussi inutile, puisqu’une taxe sur le gazole obtient le même effet, sans montage superflu, complexe et coûteux, comment empêcher que des doutes ne surgissent sur la genèse de ce fiasco ? ( 2 milliards d’Euros ? 210 salariés ?)  Est-ce seulement un produit typique de notre monstre énarchique ou quelqu’un profitait-il du crime ?

 

 

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5 commentaires

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  2. Ribus - 1 novembre 2014 19 h 30 min

    Désormais, il ne se passe pas un jour sans que le Gouvernement nous montre qu’il n’y a plus de sens de l’Etat , de parole de l’Etat et d’autorité de l’Etat ; il ne reste rien, c’est un champ de ruines.

    La taxe TPL est un exemple, le contrat des Mistral avec les russes, un autre, et encore aujourd’hui les manifestations non déclarées en Préfecture mais qui se déroulent quand même et se terminent en guérilla urbaine.

    Notre République est en pleine déconfiture car les socialistes ont compris qu’ils vont se faire rincer aux prochaines élections jusqu’en 2017 ; ils font semblant de gouverner car, au fond, ils s’en fichent complètement de notre pays.

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  3. Thibault Loosveld - 4 novembre 2014 20 h 24 min

    @ Ribus:

    En Novembre 2012, Victorin Lurel a déclaré qu’il était contre la révision de la clef de répartition financière entre les trois provinces de Nouvelle-Calédonie. Cette question concernant uniquement les calédoniens, il faut en déduire que la clef de répartition intéresse ce responsable socialiste qui, par hypothèse, est intéressé aux finances de son parti. D’ailleurs, c’est si vrai que les indépendantistes calédoniens ont demandé, le 3 Octobre 2014, une augmentation de cette répartition inégalitaire sous la forme d’une prise de participation majoritaire de la STCPI dans le capital de la SLN. Qui sait, le Docteur Cahuzac a peut-être un avis sur cette répartition ? En tout cas, il réserve son témoignage pour la « justice », c’est vous dire que le financement occulte du PS a encore de l’avenir, tout comme le mythe de l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie.

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  4. Thibault Loosveld - 4 novembre 2014 20 h 36 min

    Bien sûr, les amoureux de la langue française auront remplacé « c’est vous dire que » par « c’est vous dire si » dans mon précédent commentaire…

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  5. Aliocha - 6 novembre 2014 12 h 08 min

    Tout tient dans la phrase « soumission à l’Amérique », c’est-à-dire, le contraire de ce que faisait de Gaulle. L’UE rampante face à Washington, qui tente de remodeler des vieux pays à l’image d’une Amérique sans histoire, sans passé et sans autres repères que la prédation et le fric, a engendré un rejet de masse. La montée de l’Ukip dans le UK, de Marine Le Pen en France, de Podemos en Espagne, etc, n’a pas d’autres motifs.
    Qu’elle soit proposée par la droite cynique de la bande à Sarko ou par la gauche morale, la greffe néolibérale ne prendra pas en Europe. Qu’on se le dise : c’est fini d’avance. Nous sommes un pays à l’âme étatiste, non libérale, et le seul modèle qui prendra ici est celui de de Gaulle-Poutine-les Brics.

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