La France est-elle un Idéal ?

images (23)« Dissuader, empêcher, punir »… Le ton est martial. L’heure est grave : il y a 500 « français » au moins qui se battent au sein des groupes islamistes les plus fanatiques en Syrie. Une nouvelle fois, le Président prend des mesures, annonce un plan pour répondre à une crise… Bon, c’est quand même curieux ce réveil présidentiel tardif sur tous les sujets, comme si pendant près de deux ans une sorte de torpeur l’avait paralysé. La présence de djihadistes originaires de France sur les différents terrains d’opération n’est pas un phénomène nouveau. Qu’il y ait des convertis parmi eux n’est pas une surprise. Déjà en Bosnie, déjà Merah, et maintenant ces geôliers de nos otages qui parlent français… On peut s’interroger sur la lenteur de la réponse. On peut aussi penser que l' »arsenal » annoncé ait l’efficacité d’un verre d’eau sur un incendie. Comment peut-on réunir tous les ingrédients d’une crise, s’étonner qu’elle se produise et tenter de la circonscrire avec les moyens classiques du socialisme, sans être idiot ou totalement hypocrite ?

Les ingrédients ne sont pas le chômage des jeunes, l’islam fondamentaliste présent dans certaines mosquées, la fragilité psychologique de quelques-uns. La maladie dont ce phénomène n’est qu’un symptôme quantitativement limité est beaucoup plus profonde. Albert Camus écrivait dans les premières pages du Mythe de Sisyphe : « Beaucoup de gens meurent parce qu’ils estiment que la vie ne vaut pas la peine d’être vécue. J’en vois d’autres qui se font paradoxalement tuer pour les idées ou les illusions qui leur donnent une raison de vivre. » L’idée que l’on puisse avoir une raison de vivre et donc de mourir, un idéal, si je puis m’autoriser ce gros mot, est tellement absente de la mentalité dominante qu’on cherche à la tentation djihadiste des causes techniques, comme internet, psychologiques, la fragilité et donc la plus grande sensibilité aux messages du Web, ou carrément pathologiques, qu’il convient de soigner. Le bon sens devrait cependant nous suggérer que la jeunesse est un capital d’énergie qui ne demande qu’à se libérer. Les formes de cette libération sont diverses : elle peut trouver son chemin dans le travail ou le sport et dans l’accomplissement personnel qui en résulte. Elle peut se réaliser dans la vie sentimentale. Elle pouvait aussi viser des objectifs plus collectifs. Robert Galley me disait un jour : « L’appel du 18 Juin, je ne l’ai pas entendu, j’étais déjà sur la route. » Il avait dix-neuf ans. Il fut Compagnon de la Libération, Ministre du Général, Député-Maire de Troyes, mais il a d’abord été ce jeune homme qui n’acceptait pas la défaite, l’humiliation, le déshonneur de son pays. Il avait un idéal et l’âge où la vigueur nourrit un élan passionné pour le servir. Beaucoup de jeunes comme lui ne sont pas revenus, d’autres restés en France ont payé de leur vie leur résistance à l’occupant et au nazisme. La révolte devant l’inacceptable,mêlée sans doute au frémissement de l’aventure, a animé leur action. Beaucoup de patriotes, comme Hélie Denoix de Saint Marc, ont, à la suite ou non de la résistance, trouvé dans les guerres « coloniales », une nouvelle occasion de servir leur pays. Puis le vide s’est installé. Il est devenu suspect de trop aimer son pays, coupable d’avoir participé à des guerres réputées « sales ». Le pays, sa religion principale, sa culture se sont perdus dans cette brume où la notion même d’identité devient condamnable. J’ai toujours pensé que l’agitation stérile de Mai 68 et des histrions qui y ont trouvé le point de départ d’une carrière injustifiée, comme Cohn-Bendit, était le résultat quasi mécanique de la rencontre entre la génération du Baby-boom et le désert d’idéaux positifs qu’elle a trouvé. CRS-SS est sans doute le slogan le plus stupide de notre histoire, mais il révélait un manque et un besoin. Faute d’une culture de l’idéal national, sur la terre laissée en friche, les mauvaises herbes avaient poussé. Des jeunes Français admiraient, par exemple, Mao-Tsé-Toung, un tyran sanguinaire et rétrograde (Révolution culturelle :  1 Million de morts). Quelque années plus tard, les mêmes devenus journalistes célébraient la Victoire des Khmers Rouges, prélude à un génocide d’une ampleur inégalée (1,7 Million de morts, 20% des Cambodgiens ). Ils ont malheureusement marqué de leur empreinte l’opinion politique de notre pays et certains sévissent encore..

Cette évolution mortelle pour notre pays perdure. Elle est même suscitée plus ou moins consciemment par le pouvoir. Son idéologie l’amène paradoxalement à refouler les valeurs nationales ou familiales, à traquer la préférence nationale et le déterminisme familial, tandis qu’elle met en valeur les communautés, le métissage culturel, la laïcité ouverte aux autres religions, même lorsqu’il s’agit de cultures qui n’ont aucune envie de se métisser ou de religions qui admettent fort peu la laïcité.  Contre tout bon sens, sa conception de l’immigration et de son intégration fait de la première une richesse et de la seconde une adaptation de l’autochtone au nouvel arrivant. Sa politique  internationale est confuse : contre les fondamentalistes en Afrique, elle les soutient objectivement en Syrie. Dans un grand élan de « jeunisme » et comme d’habitude à contre-temps, le gouvernement socialiste, dès Janvier 2013, a même supprimé l’autorisation parentale pour la sortie du territoire des mineurs. Il compte la rétablir aujourd’hui, mettre en place un numéro vert pour les familles inquiètes, créer des cellules pour « accompagner » les djihadistes sur le départ ou à leur retour. « Accompagner »,  c’est le grand mot de Big Mother qui va doter le service public à nouveau de quelques béquilles qui le rendent si faussement indispensable. Un Etat digne de ce nom a vocation à retrouver le rôle du Père : capable d’enseigner un idéal de vie à ses enfants, de les appeler à le servir durant un temps de leur vie, ce qu’on appelait le service national, et n’hésitant pas à sévir avec rigueur. Il est évident que celui qui se bat pour une cause étrangère et hostile doit perdre sa nationalité s’il en possède plusieurs, ou ses droits civiques s’il est uniquement Français.

Des jeunes Français ambitieux et créatifs quittent un pays prisonnier de son socialisme paralysant. D’autres, à l’inverse, cherchent l’exaltation de l’aventure et de l’idéal dans un engagement absurde. Dans les deux cas,  la riposte ne doit pas être technique, mais politique.  Libération économique, retour en force de la Communauté Nationale, fierté d’y participer par sa créativité ou son dévouement : telles sont les réponses à la mesure du problème. Cela exige une révolution, une révolution conservatrice !

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10 commentaires

  1. BENHAIM Gérard - 23 avril 2014 11 h 05 min

    Monsieur,

    Votre analyse était globalement satisfaisante surtout lorsque vous évoquez le 1er REP
    mais assimiler ces « jeunes » à des Français me semble exorbitant, inconcevable, inacceptable, monstrueux et pour tout dire écoeurant.
    La France, notre patrie, notre chair, ils la conchient et la méprisent faute de pouvoir s’élever au niveau du moindre de nos enfants.
    Nous forgeons aujourd’hui un état dans l’état qui, demain, viendra nous disputer une nationalité dévoyée sans plus aucun rapport avec un passé dont nous devons être fiers mais que nous passons notre temps à vilipender.
    Demain, la recolonisation sera la solution pour remédier à l’incapacité de certains peuples.

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    • vanneste - 24 avril 2014 6 h 39 min

      Le fait que des Français soient … français est un fait juridique. Il n’est même pas possible de créer des apatrides juridiquement. Quant à savoir si des renégats méritent le nom de Français, évidemment non. C’est pourquoi je propose le retrait de nationalité pour ceux qui en ont une autre et la suppression des droits civiques pour les « Français », bien sûr avec des peines d’emprisonnement dès leur retour.

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      • BENHAIM Gérard - 24 avril 2014 8 h 52 min

        Le fait que des Français soient …Français est un fait juridique.

        Ceci ne m’avait pas échappé mais ce qui me désole est que l’on brade de la sorte notre nationalité.
        Quant au fait que l’on ne peut en droit international créer des apatrides, ceci est un fait que j’avais soutenu et que je soutiens encore maintenant, à savoir ne pas se battre contre la double nationalité – comme certains l’ont fait et le font toujours – ce qui nous laissera ainsi une « voie de sortie »…à tous égards.
        Il me semble que le moment est venu pour cette racaille dés leur retour, ce que vous prônez d’ailleurs. Il faut l’étendre aux membres des familles complices et surtout les LAISSER PARTIR en souhaitant qu’il en revienne un minimum !
        Pour ceux qui n’auraient que notre nationalité, il y a certains pays qui vendent la leur et nous pourrions alors la leur faire obtenir, y compris sans leur assentiment, et ainsi pouvoir leur retirer la nôtre.

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  2. DELAFOSSE - 23 avril 2014 11 h 05 min

    Je serai très intéressé de pouvoir connaître un jour le contenu d’ un éventuel rapport sur les conséquences directes ou indirectes de la suppression de notre « Service National » que l’on aurait pu modifier,adapter mais en aucun cas supprimer comme cela a été fait par CHIRAC sans véritable consultation.

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  3. Yvan Bachaud - 23 avril 2014 12 h 16 min

    73 % à considérer que les notions de droite et de gauche ne veulent plus rien dire (CEVIPOF in Le Monde, 13 janvier 2014).

    La révolution sera d’obtenir enfin le référendum d’initiative citoyenne que le RPR avait promis dans l’année 1993…!
    Il faut que les 73% se préparent à descendre dans les rues pour l’arracher. C’est ce que propose la nouvelle association  » Article3  » http://www.article3.fr
    Aller au moins signer sa pétition et plus si affinités.

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    • vanneste - 24 avril 2014 6 h 59 min

      Je rappelle que je suis l’auteur d’une proposition de loi tendant à instituer le Référendum d’Initiative Populaire, calqué sur le modèle suisse.

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  4. fbastiat - 23 avril 2014 13 h 44 min

    « Libération économique, retour en force de la Communauté Nationale »
    L’essentiel est dit. J’aurais ajouté « limitation de l’Etat ».

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  5. DELAFOSSE - 24 avril 2014 7 h 58 min

    Parmi ces centaines de jeunes exilés,voués » corps et âme « au Djihad,combien d’entre eux font encore bénéficier à leurs familles,réductions d’impôts,allocations familiales,ou pire encore,restent concernés par le versement d’indemnités chômage,RSA ou autre ….payés par les « Sages petits Français » que nous sommes ?

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    • annasultana - 25 avril 2014 2 h 47 min

      savez vous a quoi on reconnait qu’un jihadiste tombé sur un « champs de bataille » est français??
      parce qu’il a ses papiers de la CAF dans sa poche!

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  6. Cat - 24 avril 2014 14 h 03 min

    La déchéance de la nationalité pour les terroristes qui renient la France et sont des dangers à leur retour!
    Bradons-les à l’Arabie saoudite, terre sainte de l’islam, qui saura quoi en faire et surtout nous serons débarrassés!

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