Carnet de Route (II)

Troisième étape : le comité directeur du Rassemblement Pour La France à Sarrians, entre Orange et Carpentras. C’était pour moi une première de retrouver la direction du parti qui m’a appelé à sa présidence au printemps dernier : une sympathique équipe majoritairement méridionale, autour d’Igor Kurek, le Secrétaire Général, de son adjoint, Frédérick Bigrat, de Gérard Hardy, le délégué général aux fédérations et de François Vaute, le local de l’étape qui a des intentions manifestes sur la mairie et n’a pas son pareil pour vous parler du Vacqueyras et du Beaumes de Venise :  il est aussi le Porte-Parole du mouvement et  travaille à Paris. Avant la réunion, j’ai fait un point-presse avec La Provence et Vaucluse-Matin : çà me change de Voix du Nord et Nord-Eclair. Celui-ci s’est déroulé en présence de l’ancien Maire, divers droite, Henry Martin. Dans cette commune du Vaucluse, développée autour d’un Prieuré bénédictin de Cluny ( décidément, il y a des signes !), les affrontements ont été durs entre les papistes et les jacobins sous la Révolution. Lorsque Sarrians a été rattachée à la France, elle s’est même un temps appelé Marat. Le combat continue, non sans rappeler Don Camillo et Peppone, entre le Curé combatif et plein de finesse et le Maire socialiste.

Nous avons d’abord rappelé les objectifs du mouvement. Dans la situation critique que connaît le pays qui n’a pas su prendre les mesures nécessaires à son redressement sous l’ancien gouvernement et qui subit aujourd’hui les effets de la démagogie, des contradictions et de l’indécision du nouveau, le message gaulliste est plus que jamais d’actualité. Il faut avoir le courage des réformes, l’énergie du choc. Les demi-mesures du dernier mandat sur le plan fiscal et social, en matière d’immigration ou dans le domaine de la sécurité sont aggravées par le double revirement, le tête-à-queue mou de la majorité actuelle. Le Gaullisme a toujours choisi de briser les noeuds gordiens, non de les rendre encore plus compliqués en prétendant les dénouer. Pour atteindre ce but, il faut l’union de tous ceux qui placent l’intérêt supérieur de la Nation au premier rang des objectifs politiques et désigner clairement les hérauts de la repentance, les camelots de la décadence morale, et les complices du déclin économique comme nos adversaires. Le Général n’a pas fait le tri de ceux qui l’ont rejoint à Londres. Parmi les premiers, beaucoup se situaient très à droite sur l’échiquier politique.

Nous avons ensuite pris ensemble un certain nombre de décisions visant à améliorer le fonctionnement du parti : adoption d’un règlement intérieur, nomination d’un Trésorier adjoint, adoption d’une Charte pour les adhérents. Nous avons également fait le point sur la rénovation du site internet du mouvement doté de fonctionnalités et de rubriques nouvelles et sur le plan de communication à mettre en oeuvre très prochainement. Enfin nous avons décidé d’être présents à Colombey-les-deux-Eglises, le 9 Novembre pour la commémoration de la mort du Général De Gaulle.

Quatrième étape « nomade » : elle a consisté en un certain nombre de rencontres plus ou moins « sulfureuses ». J’emploie ce mot volontiers, puisqu’il y a des journalistes, inquisiteurs et suffisamment incultes ou malveillants pour l’employer à mon encontre. Comme je l’ai dit à certains pour qu’ils se précipitent sur leur dictionnaire : ils sont victimes d’agnosie olfactive puisqu’ils confondent chez moi l’odeur du souffre avec celle de l’encens, que des esprits laïcistes pourraient me reprocher. Bref, j’ai déjeuné avec Jacques Bompard, le Député-Maire d’Orange et son épouse, Marie-Claude, Conseillère Générale et Maire de Bollène. L’échange fut instructif : Jacques Bompard est un élu profondément enraciné, qui préfère la ville qui l’a par trois fois porté à sa tête  aux machines électorales et à leur armée de professionnels de la politique. Chirurgien-dentiste, il a exercé un vrai métier avant d’être élu et partage mon avis selon lequel il faudrait exiger des politiques qu’ils aient une véritable expérience professionnelle plutôt que ne n’avoir pour talents que l’esprit de cour et l’obéissance à l’appareil. Il souhaite l’union des droites, mais craint que le FN ne persiste dans sa préférence familiale. Il est animé par de solides convictions et se battra contre le « mariage » entre personnes de même sexe. A Puisserguier, ce fut une sympathique soirée en compagnie de Robert Ménard et de son épouse, qui viennent de créer le bien décoiffant site Boulevard Voltaire. Je partage avec eux cette passion absolue de la liberté de penser et de s’exprimer, ce plaisir sans mélange de bousculer la bienpensance ordinaire, le trio hypocrite de la pensée unique, du politiquement correct et du terrorisme intellectuel, le troupeau deces conformistes de la révolution confortable qui confondent soixante-huit avec la résistance et préfèrent Castro à Pinochet. Une telle rencontre vous libère et ranime en vous le respect pour les journalistes. Entre Jacques et Robert, un point commun : tous deux sont nés Pieds-Noirs et leur esprit de résistance comme leur soif de justice y puisent leur source. Gaulliste, je me souviens de la distinction que faisait Maurice Schumann parmi les opposants de droite au Général. Ceux de l’Algérie Française ont subi une injustice qui explique leur attitude même lorsqu’on croit le choix du Général inévitable. Ils n’ont rien à voir avec ceux de 40-44. Copé ferait bien d’y penser avant de rejeter d’un bloc ceux qui n’étaient pas gaullistes en 62. Pour beaucoup, c’est parce qu’ils l’avaient été passionnément auparavant. Robert Ménard a d’ailleurs écrit un « Vive l’Algérie Française » qui tord le cou aux inepties abondantes sur le sujet.

  Après un crochet par Aymargues et une entrevue avec le rutilant Gilbert Collard, orateur et comédien de talent à chaque instant, déjà très présent à la Commission des Lois et qui m’a dit combien les Ministres lui paraissaient incompétents, je suis allé embrasser à Béziers mon ami Elie Aboud, qui le rejoindra bientôt à l’Assemblée. Elie, membre de l’UMP, franco-libanais, maronite, Phalangiste en son jeune temps, proche des Gemayel  reprendra la flamme de la défense des Chrétiens d’Orient que la trahison m’a fait tomber des mains.

 

 

2 commentaires

  1. Thibault Loosveld - 15 novembre 2012 23 h 18 min

    @ Monsieur le Député:

    Gilbert Collard vous a dit combien les Ministres lui paraissaient incompétents: que pensez-vous de l’hécatombe qui se poursuit en Corse, depuis que la gauche est arrivée au pouvoir ?

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  2. Thibault Loosveld - 20 novembre 2012 17 h 02 min

    Il y a quelques mois, Bruno Gollnisch déclara que  » l’UMP ne survivra pas à l’échec programmé de Nicolas Sarkozy. » Et, ceci est signé par Francois Fillon: « Mais, au-delà des nombreuses irrégularités de ce scrutin que j’aurais pu contester, ce qui me frappe surtout ce soir, c’est que la fracture qui traverse notre camp politique est désormais manifeste. « 

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