Le Sénat trahit la République

Hier, le Sénat a perdu sa légitimité de Chambre des Sages pour devenir l’antichambre de la gauche. Avec le droit de vote des étrangers aux élections locales, la gauche a fait coup double : elle entend désormais se faire élire non pas par les classes populaires qui ont tendance à lui préférer la droite ou l’extrême-droite, mais par des étrangers. Au passage, elle provoque le sentiment national afin d’augmenter les voix du Front National au détriment de l’UMP, vieille recette depuis 1981.

Ce vote du Sénat est une insulte au peuple français, à son histoire et au bon sens.

Le résident étranger qui pendant 10 ans n’aura pas daigné acquérir la nationalité française aura donc le même droit qu’un citoyen français alors que ce dernier n’aura pas la jouissance de ce droit dans le pays de l’immigré, contrairement à la réciprocité pratiquée au sein de l’Union Européenne. L’étranger résident pourra donc influer sur le vote des Sénateurs par le biais des Conseils Municipaux et plus généralement sur l’option politique de nombreuses collectivités territoriales. Il pourra désigner le maire qui sera peut être ensuite un élu national. Il pourra encore obéir à des consignes provenant de son pays et former des listes d’obédience étrangère.

Ce vote est contraire à notre histoire durant laquelle la nationalité et la citoyenneté ont depuis la révolution toujours été associées comme l’expression d’une volonté. Chez Sieyès, « La Nation est un corps d’associés vivant sous une loi commune et représentés par la même législature ». Chez Renan la Nation est définie comme un « plébiscite quotidien ». La référence à la constitution de 1793 par Mme Benbassa omet totalement ce lien très présent dans la pensée révolutionnaire de la citoyenneté et de la volonté et oublie d’ailleurs le fait que cette constitution a accompagné la dérive totalitaire du plus noir moment de la Révolution : la Terreur.

Ce vote est contraire au bon sens, dans la mesure où celui-ci demande qu’on accueille les étrangers dignement lorsqu’ils viennent travailler en France, sans leur imposer la nationalité française, mais en facilitant leur intégration dont l’acquisition de la nationalité doit être la dernière étape. N’ayant plus à poursuivre cet objectif, les étrangers pourront donc ainsi avoir le droit des citoyens sans avoir le moins du monde cherché à s’intégrer.

Ce vote est une trahison envers notre histoire, envers le peuple français qu’on prive de ses droits, envers la Nation qu’on cherche à effacer, en un mot envers la France.

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3 commentaires

  1. Thibault Loosveld - 9 décembre 2011 21 h 52 min

    @ Monsieur le Député:

    La responsabilité de Monsieur Galouzeau est aussi à mentionner, lui qui décida d’avancer au mois de mars les élections municipales de juin 2008.

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  2. seb - 11 décembre 2011 17 h 36 min

    Le Sénat n’a jamais été la chambre des Sages…Donc il ne perd aucune légitimité, puisque la Constitution lui demande seulement – à votre instigation – de représenter les collectivités territoriales. Les sénateurs sont peut être plus vieux et plus modérés dans leur attitude…Ils ne sont pas sages pour autant ! Sagesse et vieillesse ne vont pas de pairs, pas plus que jeunesse et frivolité ! Le coté partisan des députés n’en fait pas des écervelés et l’esprit de corps des sénateurs n’en fait pas des Sages ! Lequel titre, appartient, au reste…Exclusivement (même si médias et politiques s’emmêlent les pinceaux) aux membres du Conseil Constitutionnel !

    Autre chose ensuite : sur cette question du droit de vote des étrangers non communautaires – ceux communautaires, bien qu’étrangers, peuvent déjà voter – la droite n’est pas toute contre et la gauche toute pour. Chercher à cliver sur une thématique où le flou artistique règne, n’est pas franchement intéressant.

    Soyons, surtout, un peu sérieux : le vote des étrangers, non communautaires, aux élections locales…Est contraire à la Constitution. Plus exactement à l’article 3 de la DDHC ! Pour donner le droit de vote à quelqu’un, il faudrait donc que les Français l’acceptent, par le biais d’un référendum…Comme ils l’ont fait, avec Maastricht ! Avant que cela arrive…!

    Maintenant, prétendre ce vote contraire à notre Histoire commune est absurde ! Contrairement à vos dires, nationalité et citoyenneté n’allaient pas de pairs sous la Révolution ! Marat, bien que Suisse…N’a t il pas siégé à la Convention ? Napoléon Bonaparte un très, très jeune…Français ? Et si l’on va par là, Louis XVI était moins Français que son épouse ! Sans parler du fait qu’à l’époque pré révolutionnaire, nous avions pour Ministre des Finances…Un banquier Suisse protestant, en qui les Français avaient une totale confiance…Puisque c’est son renvoi (entre autres) qui va provoquer le 14 juillet !

    C’est la DDHC qui va organiser les choses autour de la Nation. Il faudra, cependant, plusieurs années pour que…La Nation prenne le pas sur l’argent (puisque le vote était censitaire) puis sur l’action militaire (notamment sous Napoléon) ! Pour les Révolutionnaires, un Français n’est pas quelqu’un qui NAIT Français – tout au contraire, le sang est rejeté comme signe distinctif – mais quelqu’un qui ADHERE aux valeurs de la Révolution française ! C’est pourquoi, pour les Français, les ex princes de Sang sont des étrangers…Alors que les Américains ou/et les soutiens de la Révolution sont des CITOYENS…Et par là même des Français à part entière !

    RENAN nous donne une conception de la Nation en lien avec son époque. Quand il écrit son célèbre « qu’est ce que la Nation » ? La III République s’efforce de solidifier le concept républicain autour du pays…Surtout que 12 ans plus tôt, nous avons subi une grave défaite.

    A l’époque révolutionnaire, les Français sont ceux qui se battent pour les idéaux de la Révolution. C’est pourquoi, d’ailleurs, la répression contre Lyon ou la Vendée, sont soutenus par les Français. Les Vendéens et les Lyonnais, en s’opposant au régime de la Terreur…Font du tort à la France. Il n’y a pas de lien entre la nationalité et la citoyenneté ! Si les Français exigent que la Nation – ou plus exactement si les députés le demandent – c’est parce qu’il faut bien transférer le pouvoir royal quelque part. Mais la souveraineté, en tant que telle, passe moins par les élections, que par la pression de la rue sur les dits députés ! Avec menace de fourche et pique si nécessaire !

    Quant à la période la plus noire de la Révolution, ce n’est pas la Terreur – car somme toute, il y a de l’ordre dans le pays – mais la Grande Peur. Car là, oui, ni le roi, ni les députés, personne en somme, n’est apte à calmer une peur qui frappe tout le monde. Robespierre fait régner la Terreur, certes…Mais il assume (grosso modo) les fonctions régaliennes. Durant la Grande Peur, le chaos est total. Il faudra la DDHC et avant elle la nuit du 4 aout pour restaurer l’ordre.

    Maintenant, question trahison…Il me semble que le droit de vote des étrangers – qui par essence vote à gauche ? – est une peccadille, à coté de ce que VOTRE Gouvernement, VOTRE Président, font…Eux ! Avec la complicité de VOTRE majorité ! Le traité de Troyes 2.O ne fait pas de bruit…Mais il est beaucoup plus pernicieux !

    Avec tout le foin qu’en a fait M. SARKOZY, il va être difficile de prétendre que le traité à 17+ est un petit traité de rien du tout qui n’engage à rien, puisque les voisins britanniques en font tout un plat (de lentilles?)… d’où référendum ou déni patent de démocratie ! M. MITTERRAND, lui, a interrogé les Français !

    Et comme, évidemment, M. SARKOZY doit avoir conscience qu’il est dans la peau de Jean Sans Peur…On ne sera pas étonné que ce texte, qui fait disparaître notre pays – puisque le Parlement voit ses débats conditionnés au bon vouloir d’Institutions qui n’ont pas reçu mandat législatif de la Nation – soit (comme d’habitude) illégal !

    En effet, le texte diffusé, par le Conseil européen, sous le titre “Statement by the Euro Area Heads of State or Government” – notre langue a déjà disparu ! Qui trahi la France ? – ainsi que les déclarations (en anglais) du président du Conseil européen, Herman Von Rompuy, laissent entièrement ouverte la question proprement juridique du comment faire entrer en vigueur de telles modifications de la gouvernance économique de la zone Euro.

    S’ils évoquent un nouveau traité ad hoc, les membres de la zone Euro et H. van Rompuy déclarent aussi vouloir inscrire dans les Traités de l’Union dès que possible, et tout le langage des déclarations fait allusion aux organes et fonctionnements actuels de l’Union européenne. Je crois bien que nous voyons se créer sous nos yeux une nouvelle forme de révision des traités, celle voulue par une quasi-unanimité !
    .
    Par ailleurs, les décisions du sommet des 8/9 décembre 2011 confirment que tous  les gouvernements présents restent prisonniers d’une vision économique qui fait de l’austérité budgétaire un sine qua non de la politique économique à mener dans l’avenir. On passerait d’un critère de Maastricht de 3% de déficit annuel autorisé, à un nouveau critère (idéal) de 0,5% – c’est dans le fond logique pour stabiliser l’endettement si l’on se prépare à une période de croissante très lente… Le très généreux 3% de Maastricht était encore un souvenir des “Trente Glorieuses”. Si tous les pays vont réellement dans la direction indiquée de “zéro déficit”, les années 2012 et suivantes vont être celles d’une stagnation européenne des plus réussies…!
    Le sommet a en plus souhaité exonérer entièrement les créanciers (en particulier les banques) de tout effort. Il seront payés rubis sur l’ongle. Herman von Rompuy a apparemment été chargé de faire passer le message le plus clairement possible à la communauté financière : vous ne risquez plus rien, la Grèce était une exception. Du coup, c’est assez amusant de voir les résultats de ce sommet présentés comme une “victoire allemande” : il me semblait pourtant que c’était A. Merkel qui avait insisté il y a un an pour que les banques et autres créanciers y soient de leur poche dans le cas de la Grèce – et ce sur les instances de son opinion publique et de son Parlement. Le moins que l’on puisse dire, c’est que le présent accord revient à entériner le pouvoir de la finance sur les Etats. C’est un “choix social” comme disent les économistes… L’euthanasie des rentiers n’est pas pour demain.
    Bref, tout cela est foncièrement enthousiasmant… je m’en vais finir mon whisky…

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  3. Thibault Loosveld - 11 décembre 2011 23 h 54 min

    Et rappelons que c’est Madame Brigitte Girardin qui a donné son accord au gel du corps électoral aux indépantistes puisqu’en janvier 2005, elle prit l’engagement d’exclure des listes 18.206 électeurs français ce qui, dans le fond, revient au même que de donner le droit de vote aux étrangers.

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