Avec la rentrée, l’actualité est déjà envahie par la campagne présidentielle. Le foisonnement des candidatures, l’agitation des premières étapes du tourisme électoral des candidats, les primaires annoncées dressent un tableau riche et trompeur de notre démocratie. La France est dotée d’un régime parlementaire, non d’un régime présidentiel. Une erreur d’interprétation, due à la personnalité du fondateur de la Ve République, a été accentuée par des réformes comme le quinquennat pour éviter les cohabitations et s’est trouvée confirmée par la dernière séquence du second mandat de M. Macron. Celui-ci a persisté à imposer sa volonté au pays malgré l’absence de majorité parlementaire. Plus que jamais, le spectacle politique l’a emporté sur la réalité. Tandis que la France s’enlisait dans son endettement chronique, et son incapacité à résoudre des problèmes cruciaux par manque de volonté et de moyens, le comédien manqué qui occupe l’Élysée a multiplié les déplacements, les discours creux, et les paroles guerrières, pour meubler le vide d’une politique marquée par le déclin. La phrase du “président” à l’occasion des Jeux Olympiques, disant qu’il avaient été le vrai visage de la France, alors qu’ils n’étaient qu’une parenthèse enchantée ouverte par un cortège fluvial wokiste, résume les 10 ans de son règne.
Or, l’idée que l’essentiel réside aujourd’hui dans le choix d’une personne pour diriger le pays s’impose plus que jamais dans l’opinion. C’est là une perversion de la démocratie. Celle-ci est avant tout la souveraineté du peuple que le spectacle politique s’emploie à nier plus que jamais. Certes le peuple choisit le président de la République, mais ce choix ne doit pas être l’abandon de la souveraineté populaire à un élu pour cinq ou dix ans comme cela s’est produit en 2017 à la suite du coup d’État politico-judiciaire contre Fillon. L’alternance est l’une des preuves de la démocratie. Or, celle-ci est empêchée depuis 2012, lorsque le socialiste Macron, ministre de M. Hollande lui a succédé. Certains désirent faire perdurer ce déni en rejetant de prétendues extrêmes, en faisant oublier la lourde responsabilité du “bloc central” dans la situation du pays, en agitant soit la menace soit la crainte du chaos si l’alternance était le choix des Français. On brandit déjà la constitution pour dénoncer l’impossibilité des mesures proposées par l’actuelle opposition. Il est vrai que l’insistance du “prince” à placer ses amis dans les rouages de nos institutions soulève une autre inquiétude sur notre prétendue démocratie. La dérive du Conseil constitutionnel présidé depuis 2016 par les amis socialistes de M. Macron qui restreint en permanence la liberté du parlement et l’accès au référendum montre à quel point cette crainte est fondée.
C’est pourquoi, il faut rappeler que la démocratie ne trouve sa plénitude que lorsqu’elle est directe. Il paraît déjà indispensable qu’en cas d’alternance, et de résistance violente ou institutionnelle au changement souhaité par les Français, la voie du référendum constituera l’arme la plus légitime et la plus efficace pour que les choix du peuple l’emportent. Il ne faudra pas hésiter à modifier la constitution, à faire appel au peuple pour trancher les nœuds gordiens qui paralysent notre pays. Il faudra notamment introduire la possibilité du référendum d’initiative populaire, ce système qui permet au peuple d’avoir toujours le dernier mot, comme c’est le cas en Suisse. Dans ce pays, les minarets sont interdits parce que les Suisses ont, par “votation” décidé qu’ils ne pouvaient s’inscrire dans le paysage suisse. De la même manière, il devrait être possible d’interdire les vêtements qui ne s’inscrivent pas dans la rue française ou d’autoriser les maires à organiser un lever des couleurs accompagné d’une Marseillaise vibrante dans la cour des écoles de leurs communes, ou à refuser de célébrer un mariage blanc à des fins migratoires. Ces sujets soulignent combien le prétendu État de droit qui oppose à la volonté populaire la constitution ou les traités internationaux doit être remis à sa place. Le droit, dans une démocratie doit être issu de la loi, votée par le peuple ou ses représentants. Cela doit être vrai dans tous les domaines de la sécurité à l’économie. Les Islandais, en rejetant majoritairement la reprise des négociations en vue d’une entrée dans l’U.E. ont fait la démonstration que dans une véritable démocratie, c’est la majorité du peuple qui décide, non une oligarchie, non une élite, non un homme ou une femme. Les Français, à qui on a imposé ce qu’ils avaient refusé par référendum, la marche vers l’Europe fédérale, à qui l’on a fait croire qu’un Mozart de la finance allait sauver le pays, devraient tirer de ces expériences l’idée qu’ils doivent reprendre le destin du pays en mains.