Les 35 heures, double révélateur !

L’idée la plus fausse en France a été l’idée du partage du temps de travail (François Fillon, mai 2008)

Manuel Valls a réussi un assez joli doublé. Après avoir jeté le trouble dans son propre camp, et excité la verve « rétrolutionnaire » de Mélenchon, il a lancé une belle pomme de discorde entre Copé et Bertrand.

Les 35 heures ? Avant tout, un révélateur. Révélateur de l’irresponsabilité, de l’insularité aveugle, de la démagogie criminelle du socialisme en France.

A l’instant précis où la mondialisation, la concurrence des pays émergents, l’élargissement à l’Est de l’Europe vont imposer un effort de compétitivité à nos entreprises en général, et à notre industrie en particulier, la gauche réduit le temps de travail, alourdit son coût (+11%), augmente les charges collectives qui pèsent sur le pouvoir d’investir des entreprises, et sur celui de consommer des ménages : 15 milliards en 2002, 22 milliards aujourd’hui (par an) à la charge de l’Etat afin de compenser les baisses de charges sociales. Elle diminue de manière absurde le temps de travail des fonctionnaires, accroissant ainsi leur nombre, et doublement, la dépense publique.

Le PS a commis 2 fautes majeures. D’abord en portant atteinte dans la conscience collective à la valeur travail et ensuite, en accentuant les inégalités entre ceux qui bénéficient du système et ceux qui en sont exclus (les agriculteurs, les commerçants…), entre ceux qui ont un emploi et ceux qui sont au chômage parce que les délocalisations ont prospéré.

Révélateur aussi, malheureusement, de la couardise de la majorité qui, une fois encore, a voulu noyer le poisson dans le bain de la demi-mesure et de l’hypocrisie : on ne supprime pas l’ISF, on instaure le bouclier fiscal ; on ne met pas fin aux départements, on crée le conseiller territorial ; on n’abroge pas les 35 heures, on promeut les heures supplémentaires défiscalisées.

Si le détricotage progressif a atténué en partie l’effet économique désastreux des 35 heures pour les entreprises, le résultat n’en demeure pas moins catastrophique pour notre pays. Les français ne se sont toujours pas rendu compte que la guerre économique était déclarée. Ils continuent à croire qu’ils peuvent être moins nombreux à travailler et moins longtemps, que les autres, tout en gardant leurs avantages sociaux. Ils ne voient pas que les résultats actuels de l’Allemagne, malgré la digestion difficile de la RDA, sont dus au fait que les Allemands ont su prendre à temps les mesures nécessaires. Aujourd’hui, le taux de chômage en Allemagne (7,7 %) est inférieur à ce qu’il était avant la crise.

La France a perdu trois points de compétitivité au sein de la zone euro, les charges qui pèsent sur le travail des français sont plus importantes qu’en Allemagne, pour un pouvoir d’achat qui demeure plus faible.

Une véritable rupture n’aurait pas dû se contenter de contourner les 35 heures, elle aurait dû les abolir.

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7 commentaires

  1. l’allemagne a un avantage concurrentiel sur nous,l’euro a été taillé sur mesure pour elle afin de faire passer aux allemands la pilule de l’abandon du mark. en outre son industrie en tire un profit considérable en se fournissant massivement en pièces et composants hors zone euro,à bas coût,et en revendant les produits finis à ses voisins -et principaux clients- au prix du made in germany.la culbute!…en outre,l’allemagne risque de souffrir des politiques d’austérité qu’elle a imposées aux pays européens,justement parce que ce sont ses principaux débouchés.

  2. Non au retour à 39h sans augmentation pour les smicards et les millions de salariés pauvres (<1500 euros net)!
    Ils n’arrivent pas à joindre les 2 bouts ces millions de Français qui se paupérisent (merci mondialisation et libéralisme plus euro trop cher), alors laissons-les à 35 et les 4 heures qui restent c’est pour se reposer ou trouver de quoi compléter ses maigres revenus “au black” : ne soyons pas hypocrites, c’est un fait et c’est bien légitime quand on est pauvre! à fortiori pour les personnes seules qui n’ont droit à aucunes aides, même pauvres mais sont redevables d’impôts.

  3. “L’idée la plus fausse en France a été l’idée du partage du temps de travail (François Fillon, mai 2008)”

    Ce que j’aime, avec l’Exécutif actuel, c’est l’absence de mesure : c’est toujours “la pire” ou “le meilleur”, pas de nuance ! Pour ma part, l’idée “la plus fausse” est inqualifiable…Car selon l’époque et les valeurs du pays, on peut analyser sa “fausseté” différemment.

    Ainsi, par ex, empêcher les gens de se protéger avec des masques en lin ou laisser les portes des villes ouvertes, face à un fléau comme la peste noire…Est une idée complètement absurde. Mais si l”on considère qu’à l’époque, on ne savait pas que le “virus” se transmettait d’homme à homme…Et bien, on ne peut que se lamenter que la médecine ait été si pauvre.

    Dans le même genre d’idée, nos ancêtres penseraient sûrement qu’il vaut mieux avoir un bon roi, avec des Ministres qu’on peut, à l’occasion, traîner en signe de vengeance…Qu’un Président qui viole impunément les traités européens et la Constitution, en ne mettant pas sur le tapis une révision constitutionnelle qui s’avère nécessaire après la mise en garde de la CJUE !

    Mais revenons en aux 35 h : une idée “fausse” ? Peut être. Une méthode absolument stupide…De toute évidence ! Les 35 h auraient elles été instaurées “dans le temps” tout cela aurait été bien. Mais là, on a joué au couperet…Et comme les “gouvernants” (tout parti) ne savent pas ANTICIPER on est passé à ce système dans une année de basculement : 2001 à 2002.

    Vous dénoncez, M. VANNESTE, les défauts de la “gauche”…A qui vous reprochez son manque d’anticipation. On devrait dire, en la circonstance, son manque évident de conseils sérieux.

    Mais savez vous qui “conseille” l’Exécutif ? Les mêmes ! Ceux qui n’ont pas vu le changement économique/financier de 2002…Et ne sont toujours pas plus doués, puisqu’ils n’ont pas su non plus anticiper sur les événements de 2008 ! Et savez vous ? Ils sont toujours en place…Et “conseillent” M. SARKOZY et M. FILLON, tout aussi faussement que M. JOSPIN en son temps !

  4. Revenons maintenant aux 35 h : sont elles, comme le prétend M. FILLON – qui oubli qu’il a été un temps chiraquien ? – une “idée fausse” puisqu’elle ne saurait détenir le titre emblématique de “la plus fausse”…L’inégalité en droits la bat à plate couture ! ?

    Si tel est le cas, on peut alors s’interroger sur la présence de M. JUPPE au Gouvernement. Car si Martine Aubry est “la dame des 35h”…Alain Juppé est “le prince de la réduction du temps de travail” et la “droite” avec lui ! Les “socialistes” n’ont fait que reprendre à la compte une idée…Disons populaire !

    En effet, il est bon de rappeler que la règle permettant à une entreprise de réduire la durée du travail, fixée légalement au départ à 39 heures par semaine, a été posée par une Loi votée par le RPR. Il s’agissait de la Loi dite « de Robien », LOI n°96-502 du 11 juin 1996 tendant à favoriser l’emploi par l’aménagement et la réduction conventionnels du temps de travail (c’est son om exact).

    Je rappelle, au passage, qu’en 1995…M.CHIRAC a fait campagne sur la “fracture sociale”…Et la France n’était pas vraiment en période faste. Pourtant, le RPR, comme un seul homme, a voté les 39 h. L’UMP étant la réunion du RPR et d’autres courants…Les critiques devraient donc être mesurées quant à l’opportunité de la réduction du temps de travail, qu’il passe à 35 h ou 39 h. Bref, UMP-PS un point partout.

    On notera, par ailleurs, que LES LOIS AUBRY – il y en a eu deux – n’ont pas nécessité de votes bloqués. Autrement dit, le SENAT a voté ces DEUX LOIS sans trop poser de problème. Depuis 1958, le SENAT est à “droite”…Bref, les 35 h ont peut être été portées par une figure emblématique de la “gauche”…Ceux qui l’ont voté sont pour moitié des élus “de droite”.

    Ceci étant dit, voyons maintenant s’il y a utilité à “supprimer les 35 h”….Ou disons plutôt à abroger une loi, qui dans les faits, peut être aisément contournée ?

    Par respect pour la fonction parlementaire…Probablement. Vous avez, M. VANNESTE, tout à fait raison, de dénoncer la lâcheté de vos confrères “de droite” qui préfèrent manifestement couvrir leur mandat de honte, que faire des lois utiles pour le pays.

    Pour le reste…Je n’en vois pas l’utilité. L’utilité pour les entreprises…Mais aussi pour “votre majorité” M. VANNESTE.

    D’ailleurs, M. SARKOZY semble tout aussi bien comprendre qu’il convient de rester sur le statu quo plutôt que d’intervenir. Car en vérité, c’est une très grosse déception qui attendrait vos militants/adhérents si…Vous supprimiez les 35 h. Quand on fait d’une loi un symbole…Et que derrière les choses promises n’arrivent pas…On suscite incompréhension et volonté de “punir” l’élu qui vous a pris pour un crétin.

    En effet…L. JOSPIN est le premier qui va tirer sur les 35 h ! Il va, par un décret, relever contingent annuel de 130 à 180 (ce qui rétablit techniquement la possibilité de rester à 39 heures) en…2001 !

    Le décret contredit donc la loi AUBRY II. Sans doute a t on fait savoir à M. JOSPIN que la “brutalité” de la loi AUBRY II…Etait trop forte. A moins que ce ne soit les sondages d’opinion qui ait fait agir le candidat JOSPIN…

    Cette dérogation va être suivie de bien d’autres. En outre, la durée légale et le contingent annuel vont progressivement passer du ressort de la Loi (et du décret) à celui des accords négociés entre les partenaires sociaux dans chaque entreprise, d’abord au niveau de la branche (Loi Fillon du 4 mai 2004), puis en priorité au niveau de l’entreprise avec la Loi n°2008-789 du 20 août 2008 portant rénovation de la démocratie sociale et réforme du temps de travail.

    Autant dire que, dans la pratique, il n’existe aujourd’hui plus aucun caractère impératif au respect des 35 heures, sauf pour le temps de travail modulé (encore qu’il y ait débat sur ce point), et l’on ne s’explique pas autrement la floraison des accords relevant la durée du travail !

    En abrogeant la loi, le Législateur ne ferait donc qu’entériner une situation donnée….Un peu comme il a approuvé la loi du travail dominical pour satisfaire les personnes qui truquent le jeu, en utilisant les mécanismes spécialement mis dans la loi ! Une dérogation en entraînany une autre et ainsi de suite…

    Les entreprises elles mêmes ne veulent pas qu’on lâche les 35 h. Pour la bonne et simple raison – demandez au MEDEF – que celles ci ramène un pactole énorme…En subventions et aides fiscales !

    En abrogeant la loi, M. SARKOZY ouvrirait les yeux à ceux qui dénoncent les 35 h en expliquant faussement que cela empêche les gens de travailler. Et ses soutiens verraient qu’il ne leur vend que des illusions en liant l’abrogation des 35 h au retour de la croissance…

    Pire, il se mettrait à dos ses bons amis du MEDEF, qui prospère sur le dos du contribuable.

    La seule chose “nuisible” des 35 h, qui perdure – mais c’est la même chose pour les 39 h – c’est la recherche de gain de productivité, non pour faire vivre la “boite” mais pour s’en mettre le plus possible dans les poches.

    Ainsi, la loi prévoyait elle une augmentation constante des salaires qui poussait l’employeur à chercher à faire des économies tout en augmentant le salaire de ses employés, et donc in fine la consommation…Pilier de la croissance française.

    En “dérogeant” à la loi, M. JOSPIN a commencé à détruire ce mécanisme vertueux, en ne laissant que les gains de productivité sans le secours d’une hausse de salaire. Résultat ? Les gens ont moins consommé, donc moins de croissance…Et JOSPIN dans les choux.

    La “majorité” actuelle n’ayant toujours pas compris qu’on ne décrète pas l’emploi, par la carotte ou par la loi…Le “pouvoir d’achat” des ménages reste bas, et donc la croissance aussi.

    Bref, il serait peut être temps de s’interroger plus sérieusement. Au lieu d’abroger telle ou telle loi, alors que ce n’est à l’évidence pas une priorité…Pourquoi ne pas réfléchir à “comment susciter de l’activité” qui donnerait aux entreprises le désir d’embaucher ?

    Le jour où les élus comprendront que le travail est un marché, et qu’on ne peut le faire prospérer qu’en suscitant des besoins…On aura bien avancé !

  5. @ seb:

    ” En abrogeant la loi, M. SARKOZY ouvrirait les yeux à ceux qui dénoncent les 35 h en expliquant faussement que cela empêche les gens de travailler. ”

    Mais renseignez-vous un peu ! Ce sont les élus de gauche qui, lors de la discussion de la loi sur les 35 heures, assimilaient le travail à une contrainte, pire encore à une aliénation.

    http://www.elysee.fr/president/mediatheque/videos/2011/fevrier/table-ronde-sur-la-situation-et-l-avenir-de.10707.html

  6. Et j’ajoute que Jacques Chirac a, dans le fond, consenti à cette réduction du temps de travail.

    On se souvient qu’un an plus tôt, c’est sur son initiative et en son nom que la France allait, dans le domaine de la dissuasion nucléaire, prendre du retard sur les puissances anglo-saxonnes… http://pascalvittori.com/?p=4309

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