Enquête sur la bioéthique

L’hebdomadaire, la Croix du Nord, qui fête ses 120 ans (Cette « vieille dame » est née le 11 novembre 1889 dans la chambre du père Henri Masquelier) ce mois-ci, m’a interrogé -ainsi que 4 autres parlementaires- sur certaines questions bioéthiques. Voici mes réponses :

1.Êtes-vous favorable à ouvrir la procréation médicale aux femmes seules ?

Je répondrai par la négative, pour une raison qui me paraît essentielle : avoir un enfant est un projet de couple, un enfant a besoin d’un père et d’une mère pour s’épanouir. La famille, ce n’est pas un lieu symbolique, c’est le lieu où la société se perpétue non seulement physiquement, lorsqu’on a des enfants, mais aussi sur le plan de l’enseignement de ce qui est essentiel, à savoir les valeurs. Le narcissisme est très présent dans notre société, et le désir unilatéral d’enfant reflète le triomphe de cet individualisme. La famille est le premier lieu de l’intégration sociale, c’est le couple formé par la mère, le père et qui élève et éduque des enfants. Et ce choix doit être fait lucidement parce qu’il est le fondement même, non seulement de la société d’aujourd’hui, mais aussi de son devenir.

2.Faut-il légaliser la gestation pour autrui pour les couples infertiles ?

Le problème des mères porteuses se pose à chaque révision des lois bioéthiques. Je ne pense pas que cela soit une bonne idée. Cela sera source de problème entre la mère qui a porté l’enfant et qui, incontestablement, aura tissé des liens avec l’enfant à naître, et sa future mère, pourrait-on dire, qui sera responsable de l’élever et de l’éduquer. Je pense que l’on accorde beaucoup trop d’importances à la génétique. Certes, chaque être humain hérite de ses géniteurs, mais il ne faut pas sous-estimer le rôle de l’éducation, qui est pour moi, primordial. On peut donner un petit coup de pouce à la nature lorsque le couple ne parvient pas à avoir naturellement et facilement des enfants, mais de là à faire porter son enfant par une autre, et donc à instrumentaliser le corps humain, il y a de la marge ! Il me paraîtrait plus judicieux de faciliter les procédures d’adoption.

3.comment forgez-vous votre opinion sur ces opinions sur ces questions qui engagent l’avenir de l’humanité ?

L’Assemblée nationale est pour cela un lieu riche en diversité, car la communauté médicale, et notamment les médecins, y est fortement représentée. En raison de mon parcours personnel, notamment car je suis professeur de philosophie, toutes les questions qui touchent à l’être humain me passionnent. Je suis également très engagé en tant que défenseur de la famille, notamment en tant que Président de Famille et Liberté, association qui défend les valeurs ‘conservatrices’, et donc réellement humanistes, de la famille. Je lis régulièrement la presse nationale, mais également des documents plus inspirés, comme ceux de la Fondation Lejeune. Je me suis par ailleurs rendu en juin dernier à Rome où j’ai pu rencontrer Mgr Jean LAFFITTE, à l’époque Vice-président de l’Académie pontificale pour la Vie, et depuis peu Secrétaire du Conseil pontifical pour la Famille. J’ai également débattu de ces sujets, il y a quelques mois, avec Monseigneur Laurent ULRICH.

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4 commentaires

  1. Bien…Nous sommes sur la même longueur d’ondes vous et moi.

    Mon seul regret, c’est la promotion de l’avortement dans les collèges et lycées – ségolène royal a réinventé la poudre par sa proposition, puisque les infirmières peuvent déjà donner la pilule du lendemain aux jeunes filles, sans consentement parental – alors qu’on pourrait favoriser l’adoption par des couples infertiles des enfants de ces très jeunes filles, trop jeunes pour être mères, mais du fait de l’avortement, traumatisés à vie.

    Ce ne serait pas des “mères porteuses” mais bien des jeunes filles acceptant, librement, de faire le don de leur enfant à autrui…Avec possibilité de rétraction pendant toute la grossesse et les disons six premiers mois suivants la grossesse. Un don…Non un marché. Il n’est pas question de donner un échange financier en contrepartie du “don”.

    Je pense qu’il faudrait enlever ce droit indu donné aux infirmières de donner la pilule du lendemain aux jeunes filles, non pas seulement pour les séquelles – qui bien entendu ne sont jamais énoncées par les membres du planning “familial” -mais aussi parce que cette possibilité donne la possibilité à certaines jeunes filles de faire un choix unilatéral, alors qu’un enfant engage l’homme et la femme. Je pense sincèrement que le “père” du bébé devrait pouvoir donner oui ou non son autorisation à l’avortement.

    Personnellement, je connais un collègue ( il avait alors 30 ans) qui est sorti avec une fille (dix huit ans) qui du jour au lendemain a coupé les ponts. Mon collègue a essayé de la recontacter, alerté par cette étrange attifude, et puis, ses efforts étant vains, il s’est désintéressé de l’affaire. Jusqu’au jour où il a appris que la fille s’était faite avortée ! Sans discussion préalable ! En écartant totalement l’opinion de mon collègue ! Alors même que celui ci n’avait pas de plus cher désir que d’être père ! Résultat ? Mon collègue s’est marié, a eu deux enfants…Mais impossible pour lui d’oublier le fantôme du premier…

  2. LOL !!
    Alors comme ca seb vit au pays des bisounours… le père des rejetons de mères adolescentes… dans le meilleur des cas un petit con encore puceau il y a 7 jours…je crois rêver…
    Allez y, demandez son avis : vous verrez un je m’enfoutiste aux joues rouges qui va qualifier sa compagne d’un soir ou d’un mois ou d’u n trimestre de tous jolis qualificatifs…

    Malgré tout, il serait en effet bon de leur demander leur avis : cela leur permettrait d’avoir jeune une notion que peu d’hommes politiques ont encore : le sens des responsabilités (je fais un acte qui engage la vie des autres). Avec un peu de chance, ca en fera un mec bien…mais bon, dans une société de lâches et d’irresponsables, c’est un doux rêve : il suffit de regarder dans le haut de l’etat (vous savez, là où se niche la vraie racaille) pour comprendre qu’il ne faut jamais aussmer ses erreurs et tenter de mettre sa faute sur les autres : la lâcheté et la fuite des responsabilités est un mode de gouvernance en france.

    A ce sujet (avortement / procréatio nprécoce), il serait en effet très bon d’inclure l’homme dans le processus : pourquoi ne pas faire peser le poids financier de la responsabilité de cette nouvelle vie sur les épaules du géniteur ? Pourquoi ne serait-ce qu’aux jeunes filles de voir leurs vies brisées ? Le chef à mi temps de députés qui travaillent à quart temps a bien parlé d’équité (il sait ce que ca veut dire ???? c’est bien, il apprend des mots, c’est génial) : en voilà un bel exemple. Hein ? quoi ? ca ne protège pas les riches ? alors il s’en fout, c’est vrai.

    Quant à votre exemple, mon cher bisounours seb…aurait-il aimé être père seul ? Et pourquoi n’a t’il pas “pris ses précautions” ? N’a t’il pas piégé cette jeune donzelle en la considérant comme un simple ventre sur 2 jambes ?
    Au passage, un discours qui arrive à la mode à l’étranger dans les milieux cathos intégristes : le viol n’est pas un crime : c’est la volonté de dieu : il n’y a pas de sous-manière de donner la vie. Dans le même ordre de pensée, inutile que je vus parle de l’age à partir duquel une gamine devient un ventre sur 2 jambes : les lois de l’homme ne sauront intervenir sur les lois de la nature.
    C’est beau, la religion…

  3. ok, je suis peut être un peu bisounours. Mais personnellement, je pense qu’il faudrait impliquer le père. Un enfant se fait à deux – même si c’est un ‘accident” : l’ami en question prenait ses précautions, la jeune fille aussi, mais il y a toujours le 0,001% de chance que – et je ne vois pas pourquoi la demoiselle serait seule à devoir prendre une décision qui implique deux êtres, en principe adultes.

    Concernant le viol : là encore, vous allez me trouver bisounours. Effectivement, je préfererai que la jeune femme ne mette pas fin à cette grossesse non désiréé…Parce que j’estime que dans cette histoire l’enfant est une victime collatérale des actions néfastes de son “père”.

    Dans une telle circonstance, il est évident que le “père” n’aurait aucun droit sur l’enfant…Et que la “mère” serait seule à choisir. Je peux comprendre le choix de l’avortement, dans ces conditions, même si (et ce n’est qu’un choix personnel) je serai plus satisfait de voir cet enfant adopté par une famille qui saura lui apporter un amour que la jeune fille ne saurait, bien évidemment, lui donné…Car l’image du violeur empêcherait une telle chose.

    Si l’homme était un peu plus responsabilisé, on arriverait pas à ces situations grotesques, où des jeunes filles se retrouvent sur le carreau, parce qu’elles ont cru au grand amour, et sont tombés sur des minables.

    Pour moi, l’avortement est un choix, qui peut être légitime…S’il est partagé par les deux impliqués. Si une femme a droit de disposer de son corps, elle n’a pas en revanche, à mon sens, celui de prendre des décisions pour un être qui n’est que la moitié d’elle. Le “père” doit pouvoir donner son avis. Et être impliqué.

  4. Si je partage votre avis sur la nécessité pour un enfant d’avoir un père et une mère, il me semble que le problème posé par ces techniques de procréation artificielle est bien plus grave que l’absence des deux sexes. La pma ou don de sperme s’exerce d’un donneur anonyme vers un couple de lesbiennes, un couple stérile ou infertile ou une femme célibataire. Dans tous les cas, le père ou donneur abandonne ses responsabilités. C’est donc une légalisation de l’abandon d’enfant. Il faut bien comprendre que si l’adoption est une bonne mesure sociale d’aide aux orphelins, le rôle d’un état n’est pas de faciliter l’abandon d’enfant mais au contraire de le combattre. La parentalité est en premier lieu une affaire biologique. Le droit du sang doit primer sur les sentiments. C’est seulement en dernier recours ou dans les cas extrêmes, s’il est impossible de retrouver les origines d’un orphelin, ou si un enfant est maltraîté, qu’il faut envisager de le placer dans un milieu autre que celui qui l’aura conçu. Donc tout ceci conduit au mieux à redéfinir la notion de parentalité, au pire à autoriser la tractation voire la commercialisation des enfants. Le problème est un peu le même pour la gestation pour autrui. Cela consiste à introduire les embryons du père et de la mère dans le corps d’une femme dans lequel la fécondation se produira. C’est cette dernière qui portera l’enfant. Or si le matériel génétique appartenant aux donneurs fabrique l’enfant, l’utérus de la porteuse contribue aussi à la procréation, sans quoi le couple n’aurait pas fait appel à ses services. Il y a donc une ambiguïté sur la maternité et d’ailleurs, aux Etats Unis où la gpa est légale, de nombreux procès ont lieu pour se disputer la garde et la reconnaissance maternelle entre mère biologique ou sociale et mère porteuse, car la loi ne tranche pas nettement sur cette question. Une fois encore, le droit du sang est remis en cause et le sort de l’enfant revient soit à une marchandisation, soit à une décision arbitraire et subjective de la justice.

    Par conséquent, il ne s’agit pas ici de s’interroger sur l’ouverture de ses techniques à des célibataires, des couples homosexuels ou stériles, mais d’en refuser catégoriquement la pratique à toute personne. Il est inutile de manipuler la génétique afin d’aider la société à satisfaire des plaisir égoïstes, rédiger des contrats dans lequel l’enfant ne sera qu’un objet qu’on négocie à deux ou en trio. Ceux qui souhaitent des enfants n’ont qu’à passer par les procédures d’adoption s’ils sont incapables de procréer naturellement.

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