Surmortalité et disparition des abeilles (QE)

M. Christian Vanneste interroge M. le ministre de l’agriculture et de la pêche sur la disparition des abeilles. Depuis quelques années, le sort des abeilles est devenu inquiétant : leur taux de surmortalité atteint 30 à 35 %, taux anormalement élevé qui atteint dans certains cas 50 % de pertes hivernales. Sur le banc des accusés, on trouve multiplication des substances chimiques et des pesticides dans l’environnement, présence de parasites, effets désastreux des monocultures, ravage du frelon asiatique… Il aimerait savoir ce que compte faire le Gouvernement afin de sauvegarder ce maillon indispensable des écosystèmes.

Réponse du Gouvernement :

Pleinement conscient de l’importance du problème posé par les mortalités dans les rûchers, et, au-delà, des conséquences d’une raréfaction du nombre des abeilles, le Gouvernement a demandé à M. Saddier, député de la Haute-Savoie, de conduire une mission parlementaire relative aux questions apicoles. Le rapport pour une apiculture durable rendu en octobre 2009 par M. Saddier au Premier ministre montre le caractère multifactoriel des causes de mortalité des abeilles. Des pistes couramment évoquées sont, par exemple, la diminution des capacités mellifères des plantes cultivées, le fauchage précoce et les facteurs climatiques. Des problèmes sanitaires sont également à l’origine de ces mortalités. Ainsi, la varroase touche largement le rûcher français. Par ailleurs, les apiculteurs ne disposent pas de traitements vétérinaires adaptés pour toutes les maladies en l’absence parfois de médicaments bénéficiant d’une autorisation de mise sur le marché pour les abeilles. Les abeilles sont, par ailleurs, victimes de la prédation d’un frelon d’origine asiatique récemment apparu sur le territoire français. L’exposition à la pollution, comme celle aux produits phytosanitaires, sont également des causes évoquées pour expliquer les mortalités d’abeilles. Le caractère multifactoriel des mortalités d’abeilles met en avant la nécessité de suivre cette problématique de façon globale. Le rapport de M. Saddier souligne la nécessité de structurer la filière autour d’une interprofession et recommande notamment la création d’une plate-forme qui regrouperait l’ensemble des acteurs de la filière et favoriserait la mise en place d’un « institut technique et scientifique de l’abeille », chargé d’élaborer et d’analyser les programmes de recherche de la filière et de proposer leur financement. De même, la formation des apiculteurs devrait être renforcée afin de leur permettre, d’une part, une détection plus précoce des surmortalités et troubles éventuels dans leurs rûchers et, d’autre part, l’application adéquate des traitements adaptés à ces troubles. Pour faire suite au rapport parlementaire, un ingénieur général du génie rural, des eaux et forêts a été chargé de la coordination des administrations pour contribuer à bâtir, sur ce sujet transversal, un plan pour une apiculture durable. En outre, le ministère chargé de l’agriculture a mis en place, sous la présidence de M. Saddier, un comité interprofessionnel apicole chargé de la mise en oeuvre des vingt-six propositions énumérées dans le rapport. Trois sous-groupes de travail, consacrés respectivement à la création d’une interprofession apicole, d’un institut technique apicole et d’une formation initiale à l’apiculture dans l’enseignement agricole sont d’ores et déjà constitués et ont commencé leurs travaux.

Question publiée au JO le : 23/06/2009 page : 5999
Réponse publiée au JO le : 25/08/2009 page : 8214

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