Utilisation de cellules souches provenant de foetus avortés [sic] (QE)

M. Christian Vanneste alerte Mme la ministre de la santé et des sports sur l’utilisation de foetus avortés. En Grande-Bretagne, les scientifiques ont obtenu l’autorisation de traiter les patients souffrant d’accidents vasculaires cérébraux avec des injections de cellules souches provenant de foetus avortés qui devaient jusque-là être incinérés. En injectant dans le cerveau des patients des cellules souches de foetus âgés de douze semaines, les experts pensent que les cellules endommagées pourraient se régénérer. Mais ce n’est qu’un essai, qui pourrait ne déboucher sur aucun résultat. Il aimerait connaître l’avis du Gouvernement sur cette question et savoir si une telle régression est envisageable en France.

Réponse de Roselyne Bachelot, Ministre de a Santé :

Les accidents vasculaires cérébraux (AVC) représentent la troisième cause de décès en France, et ont, outre un poids économique important dû à la prise en charge, des conséquences souvent dévastatrices sur la santé de la personne concernée, pouvant entraîner des déficiences motrices ou des démences, occasions de souffrances pour le sujet atteint et pour ses proches. Les AVC entraînent la perte de plusieurs populations cellulaires du cerveau, y compris certaines populations de neurones ; toute approche permettant de réduire la perte de ces populations pourrait donc concourir à réduire les conséquences d’un AVC. Il n’existe en l’état actuel aucune méthode permettant de régénérer de façon active les zones détruites. Une approche de thérapie cellulaire a donc été envisagée dans plusieurs pays. Elle pourrait impliquer l’utilisation de précurseurs neuronaux visant à remplacer la population détruite au cours de l’AVC. Une population de précurseurs foetaux est, à ce titre, envisagée dans certaines études, en raison de la haute capacité de prolifération des cellules foetales en général. Aucun essai clinique dans les AVC n’a pour l’instant été réalisé avec ces cellules. Un essai de ce type, impliquant douze patients, vient d’être autorisé en Grande-Bretagne. Dans cette indication, une approche de thérapie cellulaire se heurte à plusieurs difficultés : un AVC est un accident brutal et qui doit être pris en charge très rapidement, difficilement compatible avec une thérapie cellulaire utilisant des cellules non immédiatement disponibles ; cette pathologie est fréquente, et la source de cellules doit donc être abondante ; d’autres problèmes pratiques se posent, par exemple la voie d’injection. Au jour d’aujourd’hui, aucune étude chez l’homme ne permet de conclure à l’intérêt de l’utilisation de neurones foetaux (soit primaires, soit après amplification en culture) pour minimiser les conséquences d’une ischémie cérébrale.

Question publiée au JO le : 27/01/2009 page : 674
Réponse publiée au JO le : 02/06/2009 page : 5425

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