Toussaint : toutes les religions ne sont pas semblables !

ReligionsLe 1er Novembre est le jour de la Toussaint. C’est aussi le malheureux anniversaire de la rébellion algérienne avec l’assassinat par le FLN du couple d’instituteurs Guy et Janine Monnerot dans les Aurès. Ce sont deux raisons de se pencher sur l’islam et son devenir. Le culte des Saints, la vénération qui s’adresse aux multiples représentations ou reliques sont l’une des nombreuses oppositions entre le catholicisme et l’islam qui refuse les images et concentre la foi sur un Dieu qui demeure abstrait. Jean Sévillia vient de faire paraître « Les vérités cachées de la guerre d’Algérie ». On vérifie au long des pages l’incapacité des gouvernements français à comprendre l’identité musulmane, et plus encore à « l’intégrer » dans la nation française. Un troisième événement touche à cette question. La chrétienne pakistanaise Asia Bibi vient d’être acquittée après avoir passé près de 10 ans en prison comme condamnée à mort pour blasphème. Au cours d’un travail en commun avec des musulmanes dans les champs, elle avait été prise à partie pour avoir bu de l’eau dans un puits « musulman » et avait osé répondre en invoquant Jésus face à Mahomet. Cette bonne nouvelle est toutefois accueillie par des manifestations hostiles qui réclament la mort de cette pauvre femme. Un gouverneur et un ministre qui avaient pris sa défense ont déjà été assassinés. La discrimination entre les religions, et entre les sexes, est ancrée dans la tradition islamique. Il faut lire  » Blasphème », l’émouvante histoire d’Asia Bibi, mais aussi le roman de Taslima Nasreen, « Lajja » dont le nom est celui d’une Hindouiste du Bengla Desh, ou encore « Sara », le récit tragique de la persécution des femmes yézidis par l’Etat islamique en Irak pour se convaincre de cette réalité, inscrite dans les textes, et pratiquée à des degrés divers partout où l’islam est dominant.

Le Pakistan, le pays des « purs », est lui-même le fruit d’une volonté discriminatoire. A l’origine il a été constitué par les régions de l’Empire britannique des Indes à majorité musulmane. Muhammad Ali Jinnah, l’indépendantiste musulman ne supportait pas l’idée que les musulmans soient minoritaires dans une Inde indépendante dominée par les Hindouistes.  Avant Narendra Modi, le 1er Ministre indien était un Sikh et l’un des derniers Présidents était musulman. Gandhi et Nehru souhaitaient l’unité de l’Inde. La différence entre les deux Etats est patente. Il faut espérer que la proche libération d’Asia Bibi soit le signe d’une évolution. A la suite des dernières élections, les deux partis traditionnels, la Ligue musulmane et le Parti du Peuple, ont laissé la place (là aussi) au Mouvement du Pakistan pour la Justice fondé plus récemment par un ancien champion de cricket philanthrope, Imran Khan. Il a sans doute pesé sur cette sage décision et appelle aujourd’hui les fanatiques à se calmer, mais il avait pendant la campagne renoncé à faire abolir la loi sur le blasphème, instaurée lors d’une des dictatures militaires qui jalonnent l’histoire du Pakistan. L’islam ne fait pas souvent bon ménage avec la démocratie.  Il est, hélas, probable que des islamistes s’en prendront à Asia Bibi qui devra quitter le pays, et à ceux qui ont participé à son acquittement.

Il y a des aveugles et des sourds pour prétendre que l’islam est une religion de paix et d’amour. Elle ne l’est pas, et ne l’a jamais été. Dans « Décadence », Michel Onfray dissipe l’illusion rétrospective sur l’Andalousie musulmane, elle aussi discriminatoire. Il rappelle certes que les chrétiens se souvent écartés de l’esprit évangélique, mais le problème avec les musulmans, c’est que leurs excès sont, au contraire, déjà encouragés par les textes fondateurs. On ne peut donc qu’espérer une évolution politique et sociale de certains pays musulmans qui diluera l’extrémisme conquérant de cette religion. On mesure sans doute aujourd’hui à quel point le soutien de la France aux islamistes qui ont cherché à abattre Assad en Syrie a été criminel. Ce régime fait coexister la majorité sunnite avec les minorités, notamment chrétienne. Ce n’est pas le cas de notre « allié » saoudien dont les rapports avec le droit sont terrifiants.

C’est pourquoi il est sans doute utopique de vouloir trouver une règle commune aux différentes religions en France, comme le souhaite le nouveau ministre de l’Intérieur, assez ignare dans ce domaine puisqu’il assimilait naguère le fichu de nos grands-mères au voile islamique d’aujourd’hui. On se rend bien compte que, dès qu’ils sont majoritaires, ne serait-ce que dans un quartier, les musulmans ont tendance à préférer la loi de leur communauté à celle de la nation. Lorsque s’ajoute à ce séparatisme, une rancoeur nourrie par la guerre d’Algérie, entretenue par l’Etat algérien et encouragée par les discours stupidement anticolonialistes des communicants, des enseignants, et même du Président de la République, il y a du souci à se faire pour l’avenir. Prions tous les Saints du Paradis pour qu’il éclairent les Français sur les dangers de l’ignorance et de la naïveté. Seuls le courage et la lucidité pourront résoudre cette question.

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6 commentaires

  1. HYVERNAT - 1 novembre 2018 12 h 07 min

    M. VANESTE,
    votre analyse est assez fouillée, juste et très intéressante.

    Cependant, elle souffre de l’absence d’un élément, un seul et unique, tout petit (et pourtant tellement essentiel) : le Soufisme. Tant que cette branche de l’Islam existera, vous et ceux qui osent dirent que l’Islam égale le Nazisme, vous aurez tort… tout simplement.
    Le problème n’est pas l’Islam, non. Le problème c’est l’instrumentalisation de cette religion par le politique : ed Dawla et ed Dîn. Le problème c’est l’absolutisation des Ecrits, notamment en oubliant qu’à tout texte, il y a un contexte et omettant de se rappeler que la même phrase en Arabe peut avoir plusieurs sens (!) -tout comme l’Hébreu-. Le problème c’est l’absence de regard critique (mais respectueux) sur les textes, l’Histoire, les pratiques, les courants de pensée… qui ont traversé l’Islam et le traversent encore.

    Aidons nos frères et soeurs musulman.e.s, autant que nous le pouvons, à progresser sur la voie de leur propre religion, car nous avons le même Dieu : le Dieu unique, celui d’Abraham, d’Isaac et de Jacob.

    Fraternellement,

    Emmanuel H. (01)

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    • vanneste - 1 novembre 2018 16 h 56 min

      M. HYVERNAT,

      Votre réponse ne m’étonne nullement. Malheureusement, je n’ai pas cité le soufisme pour quatre raisons : 1)Ce n’est pas lui qui se développe dans l’islam. Il est en net recul par rapport à ce qu’il représentait au XXe siècle, est peu présent chez les jeunes et notamment dans la population immigrée. 2) Son poids politique a reculé plus encore, même si comme je le souligne dans le texte, tous les Etats musulmans ne connaissent pas une situation identique. 3) Les musulmans sont nos frères en tant qu’hommes, et la fraternité d’un chrétien à leur égard n’est certainement pas de les faire « progresser » dans l’erreur. Pour les musulmans il n’y a d’ailleurs aucune réciprocité dans cette direction, et c’est plus logique. La grande erreur de la présence française en Algérie est de n’avoir pas cherché à convertir les habitants, notamment les Kabyles soumis de force à l’islamisme. Saint Augustin était kabyle. 4) L’interprétation est au coeur du christianisme dans la mesure où les textes n’ont pas directement Dieu pour auteur… Le Coran est incréé, et ne souffre ni modification, ni herméneutique. Sa violence ou son goût pour les détails de la vie quotidienne sont sans rapport avec le souffle humaniste des Evangiles. Le Dieu chrétien s’offre au travers de son Fils pour le salut des hommes. Les musulmans continuent à sacrifier des moutons. Aucun rapport entre le Dieu des chrétiens et celui apparemment « très miséricordieux » et en fait très revanchard des musulmans. D’ailleurs la Trinité est considérée par eux comme de l’associationnisme, c’est-à-dire du polythéisme hypocrite, et cela mérite la mort, car c’est la faute la plus grave, pire que le meurtre. Cela se trouve aussi bien dans le coran que dans les hadiths. Nous connaissons tous des musulmans plus « modérés », Dieu merci, mais ce ne sont pas ceux qui sont les plus respectueux de textes qu’ils ne connaissent pas forcément, mais qui demeurent.

      Bien cordialement.

      C.V.

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      • erwan - 2 novembre 2018 15 h 40 min

        Cher M. Vanneste, vous faîtes bien d’évoquer l’acquittement d’Asia Bibi qui fait étrangement écho à l’évangile humaniste de ce jour de St Matthieu « j’avais soif et vous m’avez donné à boire »…

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    • Daudé - 5 novembre 2018 9 h 50 min

      Le même Dieu, sûrement pas…..

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  2. Pitton Rita - 2 novembre 2018 10 h 47 min

    Oui Christian les religions ne sont pas semblables : elles sont limitées et et elles divisent les humains .
    Et moi j’ai pour mission en cette vie de les rassembler pas par des conversions car je respecte les différentes cultures mais par l’évolution spirituelle de ces cultures différentes qui harmonise les consciences .
    Avva Dorotheus du 7=ème siècle après JC nous interpelle ainsi :
    « Imaginez un cercle et dans son milieu un CENTRE d’où s’irradient des rayons lumineux tout autour .Plus ces rayons s’éloignent du CENTRE/DIEU plus ils divergent et s’éloignent les uns des autres .Au contraire plus ils s’approchent du CENTRE plus ils tendent à se réunir ensemble « .
    Oui oui au fur et à mesure que les humains montent vers le CENTRE/DIEU/ESPRIT ils harmonisent leur consciences , dépassant leurs différentes cultures qui divisent et participent finalement de Dieu . La Béatitude .
    Et ceux qui ne sont pas à ce haut niveau se réincarnent obligatoirement pour évoluer .Point barre .
    R.I .T .A Grand Maître métaphysique /cosmique
    Voir mon blog svp .

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  3. Natou - 5 novembre 2018 14 h 08 min

    L’islam est expansionniste et suprémaciste, il ne tolère pas la coexistence égale avec les non-musulmans. Mais allez l’expliquer aux bobos!!

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