Certes, on ne tire pas sur les ambulances…

Le désarroi s’est emparé de nos dirigeants empêtrés dans plusieurs difficultés quremaniement-ministeriel‘ils semblent accroître quand ils prétendent les surmonter. La réception houleuse du Président de la République au Salon de l’Agriculture a fait éclater au grand jour l’incapacité du titulaire de revêtir les habits de la fonction. Son prédécesseur avait déjà mis en péril son prestige par une agressivité et une vulgarité de mauvais aloi. Celui-ci a tenu, d’une voix éplorée, des propos compassionnels qui sont indignes de celui qui tient le destin du pays entre ses mains. La situation des agriculteurs était prévisible. Elle est évidemment connue. Le Chef de l’Etat devait venir avec des solutions, non se livrer à des jérémiades et de vagues promesses.

Les Français en ont assez de cet Etat velléitaire et impuissant. Le spectacle de migrants illégaux caillassant les forces de l’ordre et provoquant des incendies à Calais, parce que la décision a enfin été prise de démanteler une partie de la jungle, est insoutenable. En Hongrie, l’autorisation du recours aux armes à feu a été donnée à l’armée contre les migrants qui chercheraient à passer en force. Lorsque des clandestins s’adonnent à la violence contre des policiers, se livrent à des destructions dans un pays où ils n’ont aucun droit d’être, n’est-il pas légitime que la réponse policière soit plus dissuasive ? Faut-il traiter de la même manière des citoyens manifestant dans le cadre d’un conflit social national et des individus violents qui sont doublement dans l’illégalité ? Cette situation est un terrible aveu de faiblesse d’un gouvernement coincé entre la fermeté et la fermeture britanniques et le laisser-aller européen. Ce dernier a lui-même deux visages : celui des pays qui laissent passer ceux qui ne veulent pas rester, comme la Grèce ou l’Italie, et celui de l’Allemagne lancée dans une politique démographique suicidaire. Entre les deux, bien des frontières se ferment, créant ainsi un incroyable chaos. La France, errant d’un débordement à un autre, semble la victime passive de politiques qui ne sont pas les siennes et qui la dépassent. On aimerait que notre pays ait une ligne et s’y tienne. Manifestement Schengen est inopérant. La Turquie qui a soutenu la guerre en Syrie et n’arrête pas les passeurs doit être sanctionnée et non aidée. Non seulement, les frontières doivent être fermées, mais une politique de retour doit être organisée. Sur tous ces points, l’Europe n’est pas inutile. Elle est tragiquement nocive !

Mme El Khomry a été hospitalisée. C’est là un un symbole accidentel, heureusement sans gravité, de l’état dans lequel se trouve notre gouvernement, cet état qui amène à dire qu’il convient de ne pas tirer sur les ambulances. Après quatre années d’augmentation du chômage et de résultats économiques qui soulignent nos mauvais choix politiques par rapport à ceux de nos voisins, l’exécutif ose enfin s’attaquer à l’un des obstacles majeurs sur le chemin de l’emploi, la rigidité et la complexité du code du travail. Cette réforme de bon sens à la fois tardive et mal préparée est confiée à une toute nouvelle ministre. Elle empile les maladresses jusqu’à susciter chez certains socialistes particulièrement obtus une opposition tellement véhémente que la ministre évoque le 49/3 poussant ainsi les frondeurs à parler d’une motion de censure. Le pouvoir n’a plus besoin d’une opposition. Il trouve la plus résolue dans ses propres rangs. Les courroies de transmission qui ont servi à freiner les élans réformateurs-bien timorés- de la droite, jusqu’au « syndicat » étudiant lui-même, promettent désormais de manifester et d’appeler à la grève contre un gouvernement de gauche désemparé. « Hollande t’es foutu, les jeunes aussi sont dans la rue », croit-on entendre…

Lorsqu’un navire s’en va à la dérive et menace de couler, on imagine un capitaine rassembler les énergies d’une voix forte, mais celle qu’on entend est bien fluette. Elle commente, elle comprend, elle explique, d’un ton mal assuré. Décidément le spectacle politique français repose sur un mauvais scénario et sa distribution est pire encore.

 

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6 commentaires

  1. Ribus - 1 mars 2016 22 h 00 min

    La France est en effet à la dérive comme un vieux bateau dont le commandant et l’équipage sont incompétents, sans cap, incapables de mener l’embarcation à bon port. Mais sur le bateau, les passagers sont conscients de la situation de perdition et manifestent leur inquiétude et leur colère. Or, toute l’énergie de l’équipage consiste à neutraliser la mutinerie et la prise du contrôle du bâtiment par les passagers eux-mêmes.

    On en est là et la fin du voyage va être très longue ; le naufrage est possible à tout moment. Hollande ne dirige pas ce pays et ne l’a jamais dirigé. Il s’est contenté de nommer des hauts fonctionnaires et de créer quelques « machins ». Il est à espérer que la fin du quinquennat soit juste lamentable et ne sombre pas dans la guerre civile, la violence et le sang.

    Hollande se fait huer et insulter au salon de l’agriculture et c’est mérité. Quand il a accepté de suivre la Commission dans les sanctions contre la Russie, il n’est pas possible que personne ne lui ait dit que cela aurait des conséquences pour notre économie et notamment nos filières agricoles.

    Il a donc choisi de ne pas fâcher Bruxelles, de ramper devant la Commission et de laisser nos intérêts nationaux de côté. Ce type est incompétent, sans charisme, et en plus, c’est un lâche et un traître. La petite nuance est que des milliers de gens pensent de même et le disent ouvertement car c’est devenu une évidence de chaque jour.

    Beaucoup de choses ne fonctionnent plus dans notre pays mais en particulier celle de ne pouvoir destituer un chef d’État et un gouvernement qui se battent contre leur propre pays et leur propre peuple à longueur de journée.

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  2. kerneilla - 1 mars 2016 22 h 27 min

    Quant on cessera dans ce pays de promouvoir des courtisans, des copains et des coquins,de sélectionner les candidats aux élections ou même les ministres, en fonction de leur appartenance ethnique ou autre, et qu’on recherchera les compétences… peut être que notre pays sera mieux gouverné…

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  3. DELAFOSSE - 2 mars 2016 9 h 46 min

    « y’en’amar » « y’aka » « fo’kon »…le Peuple gronde, mais ne mord pas. Serions-nous vraiment devenu des « sansdents » ?

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  4. Thibault Loosveld - 2 mars 2016 18 h 01 min

    @ Ribus:

    François Hollande est très souvent comparé à un notaire, d’un genre particulier cependant puisqu’après son élection à la présidence de la République, il aura fait bénéficier une personne de l’article 734 du code civil tel qu’il est rédigé depuis la loi du 3 Décembre 2001. Tous les juristes honnêtes savent que cette loi avait pour but de donner un surcroît d’activité aux notaires en augmentant de 33 % le nombre des adultères. Et c’est vrai que les députés de gauche font systématiquement, lorsqu’ils sont majoritaires dans l’hémicycle de l’Assemblée Nationale, une politique sectaire consistance à satisfaire leurs clientèles électorales.

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  5. Thibault Loosveld - 2 mars 2016 18 h 03 min

    Erratum:

    C’est surtout de l’article 735 du code civil dont il s’agit.

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  6. Thibault Loosveld - 2 mars 2016 18 h 04 min

    Erratum bis:

    « consistant » et non pas « consistance »…

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