Pas de démocratie sans société de confiance !

ConfianceLe régime politique de la France est théoriquement celui d’une démocratie libérale. Qu’elle soit une République, dont on nous rebat les oreilles, ou une monarchie est secondaire. Les meilleurs exemples de démocraties libérales sont souvent des monarchies constitutionnelles et les pires des dictatures des républiques si possible populaires et socialistes. Le peuple français désigne ses représentants et son chef de l’Etat par des scrutins en majorité honnêtes. Il est donc libre dans la mesure où il obéit à la loi qu’il se donne par son vote. La France est un Etat de droit où l’exercice du pouvoir est contrôlé, l’exécutif par le législatif, lui-même soumis à la Constitution sous le contrôle du Conseil Constitutionnel. La Justice jouit d’une certaine indépendance, celle des juges, que leurs organisations professionnelles s’empressent de défendre. La hiérarchie des normes d’une part, l’éventail des recours protègent les citoyens et les justiciables des excès des pouvoirs. L’édifice, la machine ne manquent pas d’allure que notre vieux pays aime souligner par des cérémonies qui mettent en valeur nos corps constitués dans une mise en scène parfois fastueuse.

Et pourtant, en regardant la façade, on ne peut écarter un doute. En voyant fonctionner l’appareil, on sent bien que ça ne marche pas. Certains souhaiteraient changer des pièces selon eux défectueuses. D’autres voudraient revoir le plan d’ensemble, modifier une fois de plus la Constitution, bâtir une sixième république. D’où vient le malaise ? D’abord, dans la fierté française blessée jour après jour par le sentiment que notre grand pays à l’Histoire si prestigieuse recule, descend inexorablement. Notre économie affiche de mauvais résultats qui se traduisent notamment par la faiblesse de nos créations d’emplois : entre Juillet  2013 et Septembre 2015 huit fois moins que l’Allemagne, onze fois moins que l’Espagne, cinq fois moins que l’Italie ! Notre apparente démocratie libérale demeure un pays structurellement socialiste, avec 57% de dépenses publiques dans son PIB, un Etat obèse dont on attend tout, des collectivités territoriales trop nombreuses, aux compétences mal définies et beaucoup trop dépensières. L’inflation des élus et des mandats a créé une caste trop nombreuse, volontiers cumularde, à l’abri le plus souvent des problèmes vécus par la population et qu’elle est censée résoudre. L’enchevêtrement et la limitation des pouvoirs, notamment au sommet par l’abandon de la souveraineté au profit de la technocratie européenne, suscitent un sentiment d’impuissance que l’absence de courage des élus devant les réformes nécessaires  accroît encore. Les signes d’essoufflement  et de déclin des institutions dont nous étions les plus fiers, comme l’éducation, soulèvent un doute sur l’avenir. La politique familiale est en berne alors que le changement de population fait que la France ne se reconnaît plus.

Le moteur d’une démocratie libérale a besoin d’un carburant. Il s’appelle la confiance, et il fait de plus en plus défaut. Les Français s’inquiètent pour le futur du pays. Ils se méfient d’une partie de la population dont la fidélité est suspecte. Ils se défient des politiciens qui sont prêts à trahir l’intérêt national au profit de leurs espoirs de carrière et qu’on jauge plus à leur habileté manoeuvrière qu’à leur sens du bien commun. Ils perdent confiance en eux à force de voir leur passé remis en cause, leur capacité d’initiative individuelle entravée, leur liberté de pensée soumise au politiquement correct, et les mauvaises performances du pays s’accumuler. C’est un gaulliste, libéral et conservateur, qui avait formulé le diagnostic tout au long de ses écrits, Alain Peyrefitte. La clef de la réussite, ce qui nous manque, c’est ce qu’il appelait la « Société de confiance ». On peut bien sûr s’enfermer dans l’idée qu’une mentalité ne s’invente pas, que les Français ne sont pas protestants, qu’ils ne sont ni anglais, ni scandinaves. Mais on peut aussi cerner quelques décisions politiques capitales qui nous orienteraient vers cette libération mentale. Ce serait une révolution, mais elle pourrait n’être que la somme de réformes importantes et nécessaires.

La première réforme consisterait à introduire dans notre système le référendum d’initiative populaire à la suisse pour redonner aux Français le sentiment et le goût de maîtriser leur destin. La seconde viserait à restaurer une nation français unie et homogène, non par une base ethnique hypothétique, mais par la culture, la langue et surtout les valeurs au premier rang desquelles figurent la liberté et le patriotisme, inséparables. Ceci réclame une redéfinition légale de la nationalité. La troisième permettrait de limiter le nombre des élus, de leur interdire le cumul des mandats et la professionnalisation. Le « recall » de certains Etats américains, comme la Californie, permet de destituer en cours de mandat un élu qui a perdu la confiance de ses électeurs. Une telle mesure obligerait les nôtres à associer l’honnêteté absolue au courage, car la corruption comme l’inefficacité pourraient être immédiatement pénalisées. Redonner confiance aux Français dans leur pouvoir, leur unité et leurs représentants, ce serait aussi leur redonner confiance dans leur avenir qui ne doit tomber ni du ciel ni de la main des dirigeants, mais de l’énergie d’un peuple enfin réveillé.

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3 commentaires

  1. Ribus - 23 janvier 2016 20 h 51 min

    Les Français doivent retrouver la confiance, certes, mais il faut aussi renverser le raisonnement : il faut aussi que les élites retrouvent confiance dans les Français. C’est un peu facile de mettre tout sur le dos du peuple.

    Or, il suffit de constater l’abandon de l’usage du référendum depuis plus de 10 ans, l’escroquerie constitutionnelle du RIP le bien-nommé ( référendum d’initiative partagée), la répression féroce en matière de liberté d’expression pour s’apercevoir que la confiance est absente au niveau des élites.

    Pour l’instant je ne vois pas l’once d’un début de confiance ou même de simple considération à notre égard par la caste. Après les Régionales, on pouvait penser à une réaction du Gouvernement ; que nenni, le remaniement aura lieu en février ; c’est dire que notre opinion les touche : ils s’en foutent !

    Au « recall » il faut à mon avis opposer « reverse ». Dans la crise actuelle, tout le monde doit prendre sa part.

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  2. Eric ADAM, Combattant CVD - 24 janvier 2016 11 h 50 min

    Ahhhhhhhhh… Christian, en voila encore une réflexion qui ne peut qu’emporter mon adhésion… à une virgule près cependant.

    Toute ton analyse détaillée démontre que nous aurions tellement de « réformes constitutionnelles » à mettre en chantier, qu’on peut se demander si, au nom de cette nécessaire remise « à plat » de nos bases INSTITUTIONNELLES, nous n’aurions pas, justement, besoin de « refonder » la Démocratie Française et nous pencher ENFIN sur le FOND de définition de nos VALEURS.
    Ce n’est donc certainement pas en réhabilitant cette Vème à la taille d’un Général disparu sans laisser d’héritier que nous serions susceptibles de rassembler un PEUPLE qui ne crois plus, ni en ses représentants, ni dans ses modes de consultations, ni dans une UNITÉ Nationale et territoriale devenue un cafarnaum, une usine à gaz puante.
    On ne peut sainement réhabiliter un édifice aussi gigantesque et tellement rongé par plus de 2 siècles d’attentats contre sa façade et ses salons, en conservant ses fondations.
    Non, mon Ami, mieux vaut l’abattre et reconstruire sur le terrain vierge, raser ce « machin informe » et devenu tellement lourd de ses multiples révisions manipulatrices, aussi réductrices de nos principes démocratiques qu’abusivement protectrices des Oligarques qui s’en sont emparés.

    Il est donc devenu URGENT et incontournable de réunir ce PEUPLE de France dans un vaste cercle de réflexion sur la mise en chantier d’une Nouvelle Constitution, pour apporter enfin au PEUPLE sa Souveraineté confisquée depuis sa promesse de 1789, par la RAIE-PUBLIQUE de 92!

    Certes, nul ne peut s’arroger un droit quelconque d’imposer SA vision de cette Constitution, mais une chose est certaine et devrait apparaître évidente :
    La CONSTITUTION ne doit s’attacher qu’à la définition des bases NON NÉGOCIABLES de nos VALEURS, de nos STRUCTURES de décision, de consultation, de représentativité, et à garantir les LIBERTÉS individuelles ET collectives Publiques, ainsi que rendre immuable une réelle SÉPARATION des 3 pouvoirs, Législatifs, Exécutifs, et Judiciaires… Mais aussi du 4ème : la Communication Médiatique et la garantie de l’objectivité de l’information du Citoyen par la transparence et la responsabilisation des organes de presses et de leurs acteurs!

    Les Collectifs CAD-CID-CVD ont proposé un vaste rassemblement de tous les groupes et de toutes les Forces se disant « démocrates » pour engager cette réflexion et parvenir, rapidement, à un PROJET de Société qui pourrait être apporté aux Citoyens afin de réunir dans l’année une structure légitime pour appeler et imposer une consultation Nationale de mise en place d’une « ASSEMBLÉE CONSTITUANTE ».

    Ils appartiens donc maintenant à nos « ÉLITES », aux penseurs et philosophes, aux « communicants » et journalistes, aux ELUS et aux Candidats, de s’emparer de cette axe pour que le PEUPLE ne sente pas encore seul et abandonné dans un déni de sa souveraineté, et ne s’engage dans la voie RISQUÉE de l’INSURRECTION VIOLENTE!

    A défaut, il est certain que dans le sillage des « grèves Générales » qui pointent déjà à l’initiatives des forces sectaires COLLECTIVISTES Post-Bolcheviques, rose-rouge-vertes, la rue se mette à saigner. Et ce sera toujours le sang des BRAVES qui sera le plus répandu, car les moyens de la MASSE Silencieuse n’ont jamais bénéficié des subventions de la NATION pour permettre la formation du PEUPLE RATIONNEL à la guérilla URBAINE.
    Les Forces du Collectivisme, depuis l’URSS jusqu’aux affections Arabo-Terroristes, ont quant à elles largement été formées dans les camps de KADHAFI et des IMAMS ou CALIFES du Moyen-Orient qui offrent le financement et des terrains bien éloignés du FOOT pour la formation des troupes!

    Alors, Cher Christian Vanneste, mon Ami, quand allez vous, vous les « penseurs » de BV et vos collègues de la Pensée LIBRE, appeler enfin à ce RASSEMBLEMENT Hors PARTIS Politiques, des Citoyens en quête de leur Démocratie?

    Merci toutefois de tes articles pertinents… Mais qui appellent maintenant des suites CONCRÈTES et PRAGMATIQUES.

    https://www.facebook.com/photo.php?fbid=10201347116797442&set=a.3691183495717.1073741827.1759162402&type=3

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  3. kerneilla - 25 janvier 2016 20 h 27 min

    le socialisme tue le Pays, à petit feu, l’idéologie pollue l’Education Nationale, les médias; sans formation et sans information de qualité, la démocratie est un leurre.
    La Bien Commun n’intéresse pas la plupart des h. politiques qui ne pensent qu’à leurs carrières….Nous élisons des gens selon des étiquettes, sans savoir réellement ce qu’ils valent (à quand des candidatures avec C.V. et enquêtes de moralité? ) Les candidats et même les ministres, sont trop souvent choisis sur des critères qui n’ont rien à voir avec les compétences requises pour servir un pays ( aussi, rares sont ceux qui votent selon leur conscience… les autres renvoient l’ascenseur à leur parti … etc…et vous avez raison, il y a trop d’élus, trop de niveaux administratifs, d’instances, de comités, de commissions ; trop de faveurs, de « fromages », de richesses indues, trop de prévarication, trop de gabegie…. aux dépends du Pays et de sa population…

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