François Fillon : De l’Ombre à la Lumière .

L’ex-Premier Ministre est allé malencontreusement se casser le pied à Capri. La discrétion observée par le candidat à la présidence de l’UMP est en soi révélatrice. Cet incident alors qu’il brigue une responsabilité apparemment importante n’est pas glorieux, et l’intéressé le sait : la session parlementaire n’était pas terminée, et elle a consisté à mettre au pilori l’action et le bilan du mandat présidentiel précédent, dont François Fillon est aujourd’hui le seul parlementaire à pouvoir se sentir totalement solidaire et responsable. L’évènement, banal en soi, pourrait rappeler d’autres faits : un goût constant pour les vacances à l’étranger, alors que la situation économique et sociale des Français, frappés par le chômage et dont une minorité seulement peut s’offrir des vacances est difficile, ou encore le Noël 2010 passé en Egypte, grâce a la généreuse hospitalité du Président Moubarak, qui, contrairement à d’autres ne lui a pas été fatal. Le candidat a parfaitement compris qu’avec ce genre de mésaventure, ce serait, comme pour Capri, fini pour son ambition. Le gouvernement socialiste ne s’y est pas trompé en annonçant que tous les Ministres prendraient leurs vacances en France.

On ne peut reprocher à François Fillon d’avoir cherché la lumière du sud après avoir accepté l’ombre du pouvoir pendant cinq ans. Mais on ne peut éviter d’éclairer la face cachée d’un personnage qui, au-delà de l’image de l’homme placide à l’élégance classique de gendre idéal, n’a pas hésité à prendre certaines postures : « dire la vérité », « la France est en faillite », « la rigueur » et aujourd’hui, « la résistance » contre l’action dévastatrice de la gauche. Cette authenticité, cette sincérité ont été saluées très souvent par des ovations « debout » à l’Assemblée, jusqu’au moment où le choix du Front Républicain lors des cantonales 2o11 a laissé apparaître plus le calcul tactique interne à l’UMP que l’affirmation d’une conviction profonde.

De la posture à l’imposture, une seule syllabe… Que faut-il penser de l’élu enraciné dans la Sarthe, après le décès de Joël Le Theule et qui vient se blottir dans le 7e arrondissement de Paris ? Les Français aiment que leurs responsables nationaux soient inscrits dans un territoire  : François Hollande l’a bien compris. De même, on peut légitimement s’interroger sur des fidélités aux hommes et aux idées pour le moins mouvantes : avec Philippe Seguin contre Maastricht et la monnaie unique, mais avec Sarkozy pour les Européennes, et favorable au Oui lors du référendum perdu par Chirac sur le traité constitutionnel européen ; partisan de la TVA sociale avec une augmentation de 5%, et muet sur le sujet pendant 5 ans ; auteur d’amendements et de lois présentés comme courageux, mais qui ont été censurés ou mis en oeuvre de façon parcellaire, comme en témoigne la réforme des retraites, qui ne sera pas suffisante dès 2017. Ni pour les 35 heures, ni pour les retraites, ni pour la fiscalité, il n’y aura eu de réforme structurelle décisive que la franchise apparente du discours exigeait

Un professionnel de la politique, à la carrière bien menée à partir du modeste poste d’assistant parlementaire, dont l’habileté l’emporte largement sur d’autres qualités revendiquées, et qui jusqu’à présent, a toujours préféré jouer les seconds dans l’ombre des premiers, est-ce vraiment l’Homme politique dont la France a le plus urgent besoin ?

3 commentaires

  1. Thibault Loosveld - 2 août 2012 20 h 46 min

    @ Monsieur le Député:

    Nicolas Sarkozy a passé une partie de ses vacances d’été au Québec, très probablement chez Paul ou André Desmarais et je pense que notre ancien Président va suivre de près les candidats qui seront investis par le parti républicain dans 25 jours à Tampa Bay.

    Répondre
  2. Thibault Loosveld - 10 septembre 2012 21 h 39 min

    François Fillon a présenté le FN comme un parti énonçant « autant de bêtises ». Comment qualifier autrement la réaction (anti-sarkozyste) de Marine Le Pen suite à la victoire du du Parti québecois ? Sait-elle ce qui adviendrait de la langue française au Canada si le Québec devenait indépendant ?

    Répondre
  3. swinzow xénia - 8 août 2016 20 h 54 min

    Aujourd’hui, il apparait comme le seul politique à pouvoir reprendre le pays en mains. Avec une vision politique que les autres n’ont pas. Tant sur le plan intérieur qu’extérieur. Il lui faudrait un grand coup de gueule de vérité face aux français pour éventuellement faire basculer les voix de son côté, ce que les autres ne feront jamais.

    Répondre

Exprimez vous!