L’Europe à contre-sens

En 2000, avec une immense présomption, l’Europe avait proclamé la Stratégie de Lisbonne et fixé pour objectif de “faire de l’Union l’économie de la connaissance la plus compétitive du monde en 2010”. On sait aujourd’hui que l’objectif ne sera pas atteint. On peut même penser que l’Europe a accru son retard par rapport à la zone Pacifique où se situe désormais le moteur de la croissance.

Les causes de cet échec ne se trouvent pas en-dehors de l’Europe. Elles ne résident pas dans la crise financière d’origine américaine. La Chine aujourd’hui, avec l’Asie, les États-Unis demain, auront renoué avec une croissance dynamique. La “vieille Europe” se sera complue à ses pêchés habituels.

Deux idéologies ont tissé l’Union européenne. La première se référait à la démocratie chrétienne et, au-delà des premiers pas essentiellement économiques, voulait construire une Europe des valeurs. La seconde, amplifiée par l’entrée des pays de l’Europe du Nord, est clairement social-démocrate. Elle a bâti une techno-structure à la fois envahissante et aveugle, qui au nom de multiples protections, environnementales notamment, paralyse l’action et paradoxalement expose notre continent aux concurrents les plus compétitifs.

C’est ainsi que l’Europe a renié ses valeurs chrétiennes, mais s’est acharnée à créer un système complexe de gouvernance, et de contraintes, auquel les peuples n’adhèrent plus, parcequ’ils ne le comprennent pas. Comment faire comprendre en effet que le Traité de Lisbonne destiné, entres autres, à donner un visage à l’Europe ait pu conduire à en proposer désormais 4, le Président Van Rompuy, le Président tournant Zapatero, le Président de la Commission Barroso, et la gracieuse Lady Ashton… C’est pourtant ce Traité qui, refusé par une majorité de Français, s’impose à eux sans qu’ils en aient vu l’intérêt. En effet, immédiatement après la crise, beaucoup ont vu dans l’Europe la bouée de secours indispensable. Les Irlandais y sont revenus. Les Islandais y ont pensé. Malheureusement, aujourd’hui, le mirage se dissipe. Il se peut bien, en effet, que la crise de demain soit inscrite au cœur de l’Europe, au travers de l’effondrement financier des États qui auront profité de l’écran-protecteur de l’euro pour essayer d’échapper aux conséquences de leur mauvaise gestion qui aurait du les amener à la dévaluation de leurs monnaies respectives: la Grèce aujourd’hui, l’Espagne demain. On ne peut qu’approuver le coup de sang d’Angela Merkel. L’Allemagne, durant de longues années, s’est serrée la ceinture, a diminué ses coûts de production, a assaini ses finances, et a continué à être performante comme 2ème exportateur mondial. Et voilà, que les mauvais élèves, que les cigales font la leçon à la fourmi pour qu’elle les aide à passer l’hiver…

L’échec économique de l’Europe résulte de l’opacité de son fonctionnement et de l’illusion qui en découle. L’Europe paraît protéger, et elle ne le fait pas. Elle paraît construire l’avenir avec clairvoyance, et elle se trompe constamment en étant aveugle aux préoccupations les plus essentielles. C’est ainsi, comme je l’ai dit récemment lors de mon intervention à l’Alliance française de La Haye, qu’elle a ignoré jusqu’en 2005 le problème prioritaire que lui posent sa démographie et son vieillissement. Encore a-t-elle beaucoup de mal à s’en emparer aujourd’hui en raison du blocage idéologique qu’elle subit sur les questions familiales.

Madame Zaborska, députée européenne slovaque, démocrate-chrétienne, intervenait hier au sein de l’association que je préside, Famille et Liberté. Elle nous a dit les difficultés du combat qu’elle mène pour promouvoir les valeurs de la Famille face aux lobbies destructeurs qui règnent à Bruxelles et à Strasbourg. C’est pourtant dans ce type de combat que se situe l’avenir positif de l’Europe et des Nations qui la composent. De même que l’on ne résoudra pas la crise mondiale sans mettre de l’ordre et de la morale dans la finance, de même l’Europe des Nations ne se construira pas sans un idéal, sans une référence à des valeurs.

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2 commentaires

  1. Cathy Ashton était la trésorière du CND “campaign for nuclear disarmement” durant une période au cours de laquelle cette organisation a reçu de colossales donations collectées par un membre du parti communiste anglais…

    NON A L’UNION SOVIETIQUE EUROPENNE !

  2. On voit bien ici que vous avez perdu quelque chose cher à votre coeur dans tous ces posts que vous écrivez ou pensez et qui parlent et reparlent de la famille en opposant systématiquement l’homosexualité à celle-ci. Est-ce votre talon d’achille?

    Je me rappelle que M.FILLON vous avait sûrement déjà entretenu sur la manière de faire dans notre pays pour regagner un terrain accaparé, simplifier une situation compliquée.

    Je comprends que votre victoire, vous la voulez. Je crois comprendre que votre combat est ce qui vous anime et vous procure de l’énergie, mais je pense aussi que vos méthodes ne sont pas assez généreuses et trop peu ouvertes pour porter du fruit comme votre ambition laisse supposer.

    Sans vouloir vous offenser là où vous l’êtes déjà, je vous souhaite de mieux vous ouvrir pour trouver les jeunes alliés qu’il vous faut pour faire avancer vos idées de projet sur un plan national et européen.

    Ces alliés ne sont peut-être pas ceux que vous pensez, que vous croyez, que vous connaissez et même que vous décidez… J’espère qu’il ne vous faudra pas des décennies pour méditer vraiment les choses avec conviction, humilité médiatique et aussi réalisme.

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