La chasse aux gaffes est ouverte !

L‘ouverture touche aujourd’hui ses limites. D’abord perçue comme une manœuvre géniale, elle a généré un premier risque, celui de faire croire que la gauche avait le monopole des idées et que la droite ne pourrait donc en lancer qu’à partir des cerveaux ralliés.

Depuis quelques jours, ces « trouvailles » agacent légitimement la majorité, parfois le Président et le plus souvent les parlementaires, elles prennent le bon sens populaire à rebrousse-poil, et affaiblissent l’action du Gouvernement.

La dernière en date, c’est le jugement impérial de Frédéric Mitterrand sur les bons et les mauvais côtés des États-Unis, comme si un Ministre français avait une quelconque légitimité pour évaluer la Justice d’une démocratie amie. Roman Polanski est un homme attachant, un réalisateur de grand talent. J’ai aimé particulièrement le Pianiste. Il n’en reste pas moins que Monsieur Polanski a plaidé coupable alors qu’il était accusé « d’abus sexuel sur mineur », qu’il a ensuite échappé à la justice américaine alors qu’il était libéré sous caution, et qu’il n’y a pas de prescription dans ce domaine aux États-Unis. Comment alors que nous venons nous-mêmes d’augmenter la durée de prescription des crimes sexuels, pouvons-nous juger de l’application du droit dans un État qui connait plus que la France, la séparation des pouvoirs et l’indépendance de la Justice ? Même Daniel Cohn-Bendit s’est ému du dérapage de Frédéric Mitterrand, davantage porte-parole du microcosme médiatico-mondain, que Ministre de la République. 70% des Français lui donnent d’ailleurs tort !

Éric Besson a fait coup double. Après avoir désavoué les parlementaires de la majorité en renonçant à l’utilisation des tests ADN pour l’établissement des liens de parenté entre immigrés, il a créé un événement-écran, la fermeture de la « jungle ». Cette gesticulation se termine par la libération de la plupart des personnes interpelées et ne manquera pas d’être suivie par un retour des immigrés sur les bords de la Manche en vue de passer en Grande-Bretagne. La politique menée par le Président de la République, fondée sur l’immigration choisie est pourtant cohérente et a été soutenue par l’ensemble de nos partenaires européens à travers le Pacte européen d’Immigration et d’Asile. L’utilisation du test ADN, à la demande expresse des immigrés, était avant tout un moyen de leur faciliter le regroupement familial comme cela existe déjà dans 11 pays européens.

Xavier Bertrand s’est trouvé dans l’obligation de démentir l’annonce de Martin Hirsch sur le RSA Jeune. Il fallait en effet rappeler qu’une majorité qui met en tête de ses valeurs, le Travail, n’a évidemment pas à proposer aux jeunes une rémunération sans travail, un assistanat dès le début de la vie « active ».

Enfin, Nicolas Sarkozy a dû recadrer Bernard Kouchner sur l’Iran. Il y aurait beaucoup à dire aussi sur le choix du directeur général de l’Unesco. Il est probable que la mésaventure de Farouk Hosni est une mauvaise affaire pour la France et pour la grande idée de l’Union méditerranéenne.

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8 commentaires

  1. Michel - 29 septembre 2009 21 h 39 min

    Entièrement d’accord avec votre analyse: dans son livre « Politique Séduction », Thierry Saussez indique que les partis ou les candidats qui perdent sont ceux qui ont fait passer un message contradictoire auprès des électeurs: un peu d’ouverture, pourquoi pas, mais je pense qu’actuellement, la limite du tolérable a été franchie!

    Au mépris des électeurs, qui avaient voté à droite, et au mépris des hommes politiques de droite qui, dans le même temps, voient récompensés leurs adversaires qui avaient pourtant perdu les élections.

    Croyez-en mon sens de l’observation politique, ceci est de mauvais augure pour les prochaines échéances électorales de la droite!

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  2. beniouioui - 30 septembre 2009 10 h 35 min

    Frédéric Mitterrand a brillamment démontré que nous n’en avons pas encore fini avec une certaine culture libertaire qui considère que le péché chic est fascinant.

    La question de Benoît XVI en République Tchèque tombe à propos: qu’avons-nous fait de notre liberté?
    Notre intelligence et notre raison devraient nous pousser à faire le choix du Bien.

    C’est une question importante que devrait également se poser l’éducation nationale. Alors que Martin Hirsch pense pallier aux errements de la jeunesse par un RSA, la « génération désenchantée » qui ne date pas d’hier (cf Mylène Farmer à la fin des 90’s) aurait peut-être besoin du souffle d’espérance qu’offre une liberté bien comprise.

    Sur l’Unesco, la « mauvaise affaire pour la France » n’est-elle pas une vue à court terme et très politique alors que la question devrait être « bonne ou mauvaise affaire pour l’humanité ». L’Unesco a quand-même une mission culturelle et ces propos, bien que reniés et expliqués, ne peuvent pas passer à la trappe, tout comme Polanski peut difficilement oublier son passé.

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  3. Marie - 30 septembre 2009 10 h 40 min

    Bravo pour cette prise de position ! Il ne doit pas y avoir de justice de classe.

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  4. André - 30 septembre 2009 10 h 41 min

    C’est quand même dégueulasse d’avoir abusé et violé une jeune fille de 1″ ans… Que Frédéric Mitterrand ne s’en rende même pas compte me glace…

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  5. babeil - 30 septembre 2009 19 h 01 min

    Cette idée d’ouverture m’a toujours semblé absurde et inutile. Absurde, car la cohabitation au sein d’un même gouvernement de personnalités de convictions fortes et divergentes, fermement décidées à faire entendre leur voix ne pouvait selon moi fonctionner sur le long terme, sans infléchir voire modifier profondément le programme du président. Ses électeurs l’auraient accusé d’avoir failli à ses promesses électorales et la situation deviendrait intenable. Inutile dans le cas inverse où les ministres de l’ouverture se rangent comme des moutons derrière la ligne choisie par le président, la diversité d’étiquettes ne présentant plus qu’un intérêt de façade.
    En revanche, ce qui est encore plus absurde est de mettre sur le dos de cette ouverture les déclarations de Mitterrand et Kouchner à propos de l’affaire Polanski. Pensez vous sincèrement que Kouchner ministre des affaires étrangères aurait pris la décision aussi risquée et lourde de conséquences d’écrire à la secrétaire d’état Américaine Hillary Clinton pour lui faire part de son désaccord sur l’arrestation du cinéaste sans en informer Sarkozy? Pensez vous que Mitterrand aurait publiquement insulté les Américains si Sarkozy ne lui avait pas donné le feu vert?
    Mais enfin, cessez de nous prendre pour des idiots, Kouchner et Mitterrand n’ont fait que relayer la voix de la france. Quelques parlementaires réagissent sur le tard négativement car ils se rendent compte qu’une majorité de l’opinion mondiale et des médias étrangers sont révoltés des premiers fervents soutiens apportés au réalisateur par de nombreux artistes français et européens. Le gouvernement français a suivi bêtement ces premiers soutiens pour trois raisons:
    -le chauvinisme, Polanski étant français et la volonté de protéger des criminels français n’étant pas une nouveauté, cf Florence Cassez.
    -un anti-américanisme particulièrement virulent ces derniers temps en raison des relations tendues entre Sarkozy et le président Américain Monsieur Obama.
    -le laxisme envers les crimes sexuels, vieille tradition gauloise.

    Il suffit de constater l’hypocrisie et l’ambiguité des propos de Luc Chatel,
    -http://www.lemonde.fr/cinema/article/2009/09/30/l-affaire-polanski-provoque-un-malaise-a-droite_1247341_3476.html

    je cite: extraît: « Roman Polanski n’est ni au-dessus ni en-dessous des lois. Nous avons une procédure judiciaire en cours, pour une affaire grave, le viol d’une mineure, pour laquelle la justice américaine et la justice suisse font leur travail. De l’autre côté, nous avons l’émotion et on peut comprendre l’émotion qu’a suscitée cette arrestation tardive, plus de trente ans après les faits et la méthode de cette arrestation. »

    le refus de Nadine Morano de s’exprimer et le silence des autres membres du gouvernement pour comprendre que les quelques fausses indignations d’élus ne sont que des ralliements de dernière minute au sens du vent pour redorer l’image gravement ternie de la france.

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  6. kornic - 4 octobre 2009 20 h 32 min

    Affaire Polanski – Mitterrand – Kouchner

    Pour l’honneur de notre pays et accessoirement de l’UMP qui se retrouve associé aux dérapage de deux ministres peu vertueux mais à la langue et l’arrogance bien affutées, il est impératif que le Président de la République vienne s’excuser « au nom de la France » et se démette sans plus tarder de sympathisants affirmés du lobby pro-pedophile.

    Nous attendons que nos députés UMP exigent cette clarification.

    Merci de ne pas laisser notre pays s’enfoncer dans le sordide

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  7. ladura - 4 octobre 2009 20 h 37 min

    Qui peut expliquer le silence noir des medias et des politiques français sur les réactions outrées des français du peuple contre les prises de positions ignobles de ministres de la jet-set ?

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  8. babeil - 6 octobre 2009 11 h 07 min

    Moi je peux l’expliquer. Les institutions françaises ont peur d’exprimer publiquement leur soutien à un pédophile. Ce n’est pas plus compliqué. Et le peuple français ne vaut peut être pas mieux que ses élites, car je ne suis pas sûre qu’il souhaite tant que cela l’extradition de Polanski. Rappelons que les enquêtes sont élaborées par des instituts de sondage qui ont probablement préféré éviter de faire passer les français pour des dégénérés. Le peuple est généralement à l’image de ses dirigeants. Parmi ceux déclarant vouloir une justice égale pour tous, certains sont hypocrites et ne le pensent pas vraiment. Ce n’est pas parce que des élus ump ont rattrappé le coup en se désolidarisant verbalement de deux ministres après publication de sondages arrangés qu’en privé ils n’en pensent pas moins. Je répète que Mitterrand et Kouchner se sont prononcés parce qu’ils ont eu l’approbation de l’Elysée. Donc cessez de nous jouer la comédie avec ces histoires d’idéologie anarchiste, bohème, libérale. Ce n’est pas l’idéologie gauchiste qui est en cause ni même un parti politique. D’ailleurs, logiquement, la gauche devrait justement revendiquer que le puissant soit jugé comme le misérable. La responsabilité est NATIONALE. C’est l’état français qui devrait avoir honte et le silence du gouvernement et du président dénote bien de la gêne complice sinon tolérante envers la pédocriminalité.

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