Benoit XVI, mission impossible…

Si le Christ revenait et marchait à nouveau sur l’eau, les médias diraient : “il y a un truc“, “pas étonnant, c’est sur la mer Morte” en se trompant d’endroit, ou s’interrogeraient sur le degré de collaboration avec l’occupant romain dans la guérison du fils du centurion, ou dans le célèbre “rendez à César” en oubliant bien sûr le reste de la phrase…

La mission du Saint-Père en Terre-Sainte relève donc de l’exploit, car elle est impossible. Voilà un Pape allemand auquel on reproche son inscription d’office et non suivie d’effets dans les Jeunesses hitlériennes, reproche valable pour tous les allemands de sa génération et formulé évidemment par les bonnes consciences hostiles à la peine collective, et favorable à l’amnistie des délits commis par des mineurs. Mais il s’agit du Pape et d’un Pape allemand ! Voilà le chef de l’Église catholique critiqué hier soir dans C dans l’Air pour avoir parlé de la religion catholique comme “religion vraie”, c’est-à-dire de ce point de vue supérieure aux autres. Il est évident, chers téléspectateurs, qu’il aurait dû proclamer l’égalité de la Foi catholique avec toutes les autres croyances, et pourquoi pas avec les croyances spirituelles athées… Le relativisme est une pensée dont le centre est partout et la circonférence nulle part. C’est une pensée d’ectoplasme, et c’est la raison pour laquelle avec douceur et précision le grand intellectuel qu’est Benoit XVI la combat. Mais, ce combat est bien difficile dans la mesure où celui qui veut être le témoin de l’Absolu, l’avocat de l’Universel, et l’auxiliaire de l’élévation de l’Homme dans ces deux directions, se heurte à l’incompréhension de plus ou moins mauvaise foi des médias englués dans le narcissisme, l’immédiat, le quotidien, la mode, le nivellement des valeurs, le rétrécissement du champ intellectuel et la liste n’est pas exhaustive…

Benoit XVI se rend en Terre-Sainte avec un courage qu’il convient de souligner. Il le fait dans la continuité et la cohérence du rôle qu’il jouait déjà auprès de Jean-Paul II, mais avec la difficulté d’assumer une volonté jamais démentie de réconciliation des chrétiens avec les juifs et les musulmans, dans une région du monde plus que jamais marquée par les violences et les discriminations dont les chrétiens sont aujourd’hui les premières victimes, ce dont nos médias ne parlent jamais. Les chrétiens quittent en masse la Palestine, le Liban, l’Irak, et sont plus menacés que jamais en Égypte sous le prétexte -fallacieux- de la lutte contre la grippe porcine. La Jordanie est semble-t-il le seul pays de la région à pratiquer une attitude réellement positive à leur égard.

Et cependant c’est un message de paix, de soutien à “une patrie palestinienne”, de reconnaissance de l’État d’Israël et des souffrances du peuple juif mais aussi de “communauté spirituelle” des juifs, des chrétiens et des musulmans, qu’il porte aujourd’hui, et que certains essaient de réduire, voire de détruire, en rappelant un passé dénué de signification, ou en utilisant des phrases sorties de leur contexte et détournées de leur véritable sens.

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8 commentaires

  1. Monsieur Vanneste, vous êtes d’un courage certain et d’une grande lucidité sur bien des questions, et c’est encore la cas ici.
    mais combien de vos camarades “syndiqués” vous suivent ?

  2. Merci pour votre courageuse défense du Saint-Père.Cependant votre titre ne me paraît pas traduire parfaitement l’Espérance qui anime notre Pape et qui n’attend pas nécessairement de “succès” immédiat.

  3. Si Jésus revenait, nos médias bien pensants le prendraient pour un usurpateur ! Mais au fond, rien d’étonnant : comment reconnaitre la Grace quand on a de la poix devant les yeux ?

    Pape, de nationalité allemande, blanc, traditionnaliste, Benoit XVI est un repoussoir pour l’ensemble de nos médias, qui n’en ont que pour la “diversité” (comprendre les “non blancs”), le culte de la sexualité (je n’ai rien contre, mais il y a une différence entre l’Amour et le Plaisir), la “modernité” (en gros, tout ce qui va à l’encontre des valeurs prônées par Jésus, qui pourtant à son époque, et maintenant encore, reste un “révolutionnaire” !) et qui tout en faisant la gloire de l’amitié franco allemande, n’en ressorte pas moins la “bête” quand ils le peuvent.

    Nos médias, s’ils avaient fait quelque recherche sur l’époque – comme lire nos grands historiens ! – auraient su que les “jeunesses hitlériennes” n’étaient pas une “adhésion” volontaire mais…Forcée ! Ne pas y inscrire son enfant, c’était être “suspect” autant dire “coupable” !

    C’est pourquoi dans “témoignages sur la Shoah” un certain nombre de survivants de l’Holocauste racontent ils qu’ils ont eux mêmes inscrits leurs enfants aux jeunesses hitleriennes pour ne pas mettre en doute la loyauté de leur famille, et de leur enfant, envers le pays, c’est à dire à cette époque, envers le parti au pouvoir, et son furher !

    Les jeunesses hitlériennes étaient des lieux de propagande. On ne demandait pas si le “jeune” voulait y venir, il devait y aller…Point barre ! Que Benoit XVI, dans sa jeunesse, et dans un pays en proie à la peur et à ce qu’elle peut nourrir, s’y soit, éventuellement, rendu…Ne fait pas de lui un nazi !

    Dans le “jour du dernier enfer” un résistant italien raconte comment il a dû infiltrer un réseau de nazis, et utiliser sa famille pour être reconnu comme un “nazi” à part entière…Alors que dans le même temps, cet Italien faisait tout pour détruire son ennemi…De l’intérieur !

    Si Benoit XVI, qui était alors un enfant, a dû, sur injonction de sa famille, aller aux jeunesses hitleriennes, rien ne dit que ce soit nécessairement parce que ses parents étaient des fidèles de l’idéologie nazie, et quand bien même cela saurait…Pourquoi faire payer à un enfant les actes commis par ses parents ?

    Merci de ce soutien au Pape M. Vanneste. Cela fait plaisir.

    Une question – qui n’a rien à voir avec le sujet de votre post – sur le travail fait par votre collègue M. Dosière.

    M. Dosière explique a quoi est utilisé notre argent, et fait la lumière sur pas mal d’éléments liés aux retraites des parlementaires, Ministres, etc.

    Mais il y a un “silence” et si vous avez la réponse, cela serait bien : quand un Ministre “redevient” député ou sénateur…Ou quand un député ou un sénateur “devient” Ministre que se passe t il ?

    Par ex, quand M. Lefebvre ne sera plus “député” parce que le vrai député actuellement Ministre “reprendra sa place”…Que deviendra M. Lefebvre ? Continuera t il de cotiser à l’Assemblée ? Les partis politiques proposent ils une retraite différente ? Par ex, un “porte parole” cotise t il ? Et à quelle caisse ?

    Et M. Le Maire, qui est Ministre, mais était député, et qui va “reprendre” son poste de député pour pouvoir faire les régionales, cotise t il à l’Assemblée ? A t il une retraite de Ministre ? Les deux ? Ou bien faut il un temps minimum pour pouvoir cotiser ? Et accéder à une retraite ministérielle ou de député, sinon les deux ?

    Et si vous, M. Vanneste, vous deveniez Ministre (à la FAMILLE !!!!!!!!!!! Virez MORANO !!), est ce que vous continuerez de cotiser à l’Assemblée, puisque vous “resterez” député, tout en étant Ministre…Ou bien cotiserez vous à la caisse gouvernementale ?

    Et dans l’éventualité où vous deviendriez Ministre, que devient l’équipe parlementaire pendant que vous avez une mission gouvernementale ? Elle se met au service de celui qui vous remplace ? Elle fait comme elle veut ? Elle vous suit au Ministère ?

    Et lorsque vous “redevenez” député, est ce que l’équipe “redevient” votre équipe…Ou reste avec celui qui vous a remplacé, dans l’éventualité où ce dernier a un mandat ?

  4. Merci, cher Christian Vanneste pour cet article plein de verve et de vérité, qui balaie les miasmes médiatiques et nous rend le sourire tel le mistral qui dissipe les pestilences mediatiques et rend au ciel sa clarté
    P. G-M O.P.

  5. Cher Christian Vanneste, félicitations pour votre courage. N’ayez pas peur de ce que pense l’opinion publique. Ne craignez pas non plus les condamnations des tribunaux, car elles n’enlèvent rien à la vérité de vos paroles.
    Je suis militant UMP et catholique pratiquant et je me reconnais à 100% dans ce que vous dites.

  6. Bah oui, il est normal que le pape défende sa religion comme étant la religion vraie, tout comme il est normal qu’un rabbin ou qu’un imam dise de même pour sa religion… Il est également normal qu’un journaliste critique cette contradiction apparente et ne prenne pas partie.

    A défaut d’avoir une quelconque preuve tangible de la véracité d’une religion, on s’en remet logiquement au relativisme. On ne détient pas la fameuse “Vérité”, mais on a au moins le mérite d’apaiser les tensions.

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