Recycler la gauche ou polluer la droite ?

Lorsqu’il s’est agi de repenser le devenir de la création sur internet, ce fut Denis OLIVENNES. Pour imaginer ce que serait le lycée de demain, ce fut Richard DESCOINGS. Pour la prospective et l’économie numérique, on a cherché Éric BESSON. Manifestement, dès qu’il s’agit du futur, c’est à la gauche qu’on fait appel. Il est pourtant plus conforme à la vérité de faire appel à Jack LANG (cf l’excellente caricature de Langelot) pour renouer avec un dinosaure du communisme, l’île de Cuba, oubliée après la fin de l’ère glaciaire. Au moins, dans ce cas, on laisse l’homme du passé s’occuper d’un vestige de l’histoire. C’est la raison pour laquelle il serait bon de s’interroger sur cette curieuse obsession qui identifie la gauche à l’avenir. C’est sans doute la même qui fait utiliser le mot « conservateur » dans un sens systématiquement négatif. Ceci appelle deux remarques. La première, c’est qu’il y a du conservatisme dans la volonté de recycler systématiquement les socialistes en panne, et de sauver les espèces en voie de disparition. En revanche, il ne faudrait pas que ce sauvetage puisse polluer la pensée de droite de moins en moins présente dans l’action gouvernementale. De même que la mauvaise monnaie chasse la bonne, les mauvaises idées et leurs vecteurs risquent de tuer l’effort de reconstruction à l’œuvre en 2007… On ne donne pas systématiquement la préférence à des idées ou à des hommes de gauche sans amener une partie de la population à préférer l’original à la (pâle) copie, l’authentique au débauché… Le plus grave réside dans le fait que ces ralliements ou ces rapprochements demeurent isolés. L’arbre du rallié ne cache pas la forêt de ceux qui restent à gauche, bien à gauche, et de plus en plus à gauche. Il est frappant de constater qu’à Cuba, ce sont les chefs qui sont restés et la troupe qui a quitté cette île peu fréquentable pour choisir la Liberté. A quoi sert donc le ralliement d’un capitaine lorsque les troupes restent dans leur camp ?

Deuxième remarque, c’est GOETHE qui fort justement soulignait que le progrès avait besoin que l’on conservât l’essentiel. Ce sont les conservateurs de l’essentiel, en l’occurrence de ces valeurs qui animent la droite, et notamment celle de Liberté, qui ont toujours su créer les véritables conditions du progrès humain. Il serait bon dans la confusion actuelle de ne pas l’oublier.

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7 commentaires

  1. christian pène - 26 février 2009 20 h 31 min

    on ne saurait « larguer » une idéologie qui perd….

    comme disait Coubertin : « qu’importe l’échec s’il ne tient qu’à toi de recommencer (les mêmes errements ) « 

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  2. Charles - 27 février 2009 1 h 32 min

    M. le député, vous qui ne semblez pas porter M. Olivennes dans votre cœur, ne participeriez-vous pas à la campagne contre le projet de loi tiré de son travail?

    V. http://www.laquadrature.net/fr/APPEL-HADOPI-blackout-du-net-francais

    Vous qui attachez de importance l’importance à la liberté d’expression, ne vous exprimeriez-vous pas sur les projet de loi HADOPI/Création et Internet ainsi que sur la LOPSI, dont les dispositions, les usages détournés et les abus que ces textes permettent risquent de causer un fort préjudice à la liberté d’expression?

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  3. seb - 27 février 2009 12 h 22 min

    Ce qui me peine le plus, c’est que la droite se comporte comme la « droaaaaaaaaate » la plus bête du monde.

    Je lisais récemment les deux excellents ouvrages de Monsieur Max Gallo sur la Révolution Française.

    Ce qui impressionne le plus dans ces ouvrages c’est le courage des citoyens Français, qui pendant ces dix années (1789 – 1799) vont faire leur devoir de citoyens, en allant défendre la Patrie aux frontières, et qui vont – à travers les « journées révolutionnaires » tentés de se défaire de partis qui passent leur temps à les prendre en otage !

    Autre enseignement, tout aussi impressionnant, la division permanente des « partis » qui oublieux de la France, et de cette idée dont ils se revendiquent les défenseurs – la République – passent leur temps à faire de la cuisine politicienne…Même si – heureusement ? – pendant que le « comité de sureté général » règle ses comptes avec les « suspects », le « comité d’instruction publique » par ex, lui travaille !

    On comprend aussi pourquoi la France ne peut disposer d’un « centre » comme il peut en exister dans d’autres pays.

    Majoritaires dans l’Assemblée, puis la Convention, et même dans le « Directoire »…Les « modérés », le « Ventre » qui deviendra le « centre », a toujours été incapable de tirer parti des oppositions radicales ou de l’alliance cordiale de ceux qui sont sur « sa gauche » ou sur « sa droite ».

    La « droaaaaaaaate » se conduit, à l’heure actuelle, comme les Girondins face aux Jacobins. Comme ce « Ventre » qui peut, dès lors qu’il l’entend, descendre Robespierre (et donc « la Terreur ») de son piédestral…Mais qui ne le fera pas, tant est grande la peur des « députés » de se retrouver sous la « Sainte Guillotine ». (Il est vrai qu’à l’époque, l’immunité parlementaire n’existe pas : les députés passent aussi surement sous le « rasoir national » que les autres..Même si la « loi des suspects » entraînent surtout sous la lame « de la Liberté » des humbles, qui pâtissent de la répréssion généralisée, organisée par les « Jacobins » puis par « les Robespierristes » jusqu’aux « Therminadoriens ». Le « Directoire » sera un peu moins vindicatif. (Peut être parce que le corrompu Barras a trouvé un nouvel outil pour protéger sa carrière : l’armée. (Un certain « Général Vendemaire » plus connu sous le nom de Napoléon Bonaparte, surtout) Et que dès lors il n’est plus nécessaire de faire couler le sang, au nom de la « juste Terreur »))

    En 1794, Maximilien de Robespierre, dit aussi « l’Incorruptible »; monta à la tribune, et prononça ces mots terribles :

    « Si le ressort du gouvernement populaire dans la paix est la vertu, le ressort du gouvernement populaire en révolution est à la fois la vertu et la terreur : la vertu, sans laquelle la terreur est funeste ; la terreur, sans laquelle la vertu est impuissante. La terreur n’est autre chose que la justice prompte, sévère, inflexible ; elle est donc une émanation de la vertu ; elle est moins un principe particulier, qu’une conséquence du principe général de la démocratie, appliqué aux plus pressants besoins de la patrie. »

    La « goaaaaaaaache » semble avoir garder, ce principe de « gouvernement » :

    –elle se revendique comme représentante de la morale, du progrès, du futur…Et donc de la Vertu.
    –elle impose ses idées, ses dogmes, par un « politiquement correct » qui est relayée par un réseau bien établi (historiquement, les Jacobins n’ont ils pas utilisé leur « Club » et la « presse » pour faire pénétrer leurs idées ? (Qui ne connait pas « l’Ami du Peuple » (Marat), ou le « Père Duchesne », sans parler du journal « Les Révolutions de Paris »?)…Et elle impressionne ses opposants.

    Jadis…Il fallait que les « sans culotte » viennent suivre les séances et s’arment de pique, pour terroriser les « députés » (Et encore…Avec Saint Just, et Robespierre, le concours du « menu peuple » n’était même plus nécessaire. Les « députés » étaient « subjugués » par l’Incorruptible et ses fidèles)….Aujourd’hui, il n’est plus besoin de tels outils…La « droaaaaaaaate » la plus bête du monde s’empare, sans qu’on le lui demande, des dogmes sclérosés de la « goaaaaaaache » (à ne pas confondre avec la gauche, qui elle a de vraies valeurs, comme la droite : mais l’une et l’autre se font « terroriser » par leurs « extrêmes »)

    Pourtant, les Français, un temps intéressés par la Constitution Civile du Clergé, le divorce, et autres « innovations sociales » du même genre, revinrent assez vite à leurs « traditions ».

    Les prêtres, un temps réfugiés, revinrent triomphalement dans « leur » village. Le christianisme, rejeté par Robespierre et la « goaaaaaaaaache » (qui était athée…Sauf Robespierre qui était déiste, mais ne croyait pas au « Dieu des chrétiens » (pour la simple raison que Robespierre estimait que le Pape (et ce n’était pas faux) était corrompu. D’où son désir de faire adorer par les Français un certain « Etre suprême »)) retrouva des couleurs dans toute la France…Si bien que l’une des premières mesures prises par Napoléon Bonaparte, fut de restaurer la « paix religieuse » en réalisant un « Edit de Nantes » pour toute la France (et pas seulement pour la Vendée) : le Concordat. Et ce n’est pas non plus un hasard si les électeurs, sous le Directoire, demandaient aux candidats à l’élection si avec eux on pourrait « faire sonner les cloches ».

    Pas de hasard, non plus, au renforcement des contraintes pour « divorcer » sous le Directoire, et la quasi annulation de ce procédé, avec Napoléon Bonaparte.

    Et si les Français, lors des élections en 1795, envoient dans la Chambre des députés, une majorité de « royalistes » cachés (ils se présentent sous une autr étiquette…Mais défendent bel et bien la « cause » du « roi » Louis XVIII)…C’est moins pour le retour du « roi », que pour s’opposer d’une part, au retour des « anarchistes » (Les Jacobins), des « tyrans » (Les Therminadoriens et les Robespierristes), et d’autre part pour dénoncer les « cinq directeurs » (tous régicides) connus pour leur corruption.

    La déchristianisation, l’absence de morale (disons le : chrétienne), le viol de la Constitution (de 1793) et de la Déclaration (de 1789) c’est fini ! La France veut : du pain et la paix. Et être de nouveau la France. Sans retour vers l’Ancien Régime, mais sans cette voie sans retour vers l’imolement de la République (qui reste encore une idée « populaire ») au profit d’une dictature, qui n’a même plus rien de « populaire » (au sens où au départ, les sans culotte exerçaient un vrai poids politique (les piques aidant), via la masse du « menu peuple » (capable de faire des insurrections (ce qui est légale), et surtout de trouver le concours de l’armée…Par la « fraternisation » avec la garde nationale), et via la presse (Barras y remédira en pratiquant la censure sur la presse) sur les députés…Ce qui n’est absolument plus le cas sous le Directoire. (Barras et les autres corrompus ont une nouvelle arme : l’armée)

    Nicolas Sarkozy a été élu parce qu’il défendait (ainsi que les parlementaires de l’UMP) des idées de « droite »…Et s’il est inaudible aujourd’hui, s’il perd du crédit auprès des citoyens, c’est parce qu’il se rallie, sans qu’on comprenne bien pourquoi (Robespierre, on le conçoit, pouvait faire peur à certains parlementaires (il avait le pouvoir de les faire passer, si çà lui chantait, sous le « rasoir national »)…Mais sincèrement, Martine Aubry et consorts ne sont pas des « Incorruptibles » ! Et elle n’a pas, ni elle ni autrui, le pouvoir d’envoyer les députés UMP dans une charette, direction la place de la Révolution, rebaptisée « de la Concorde ») aux idées de la « droaaaaaaaaate » la plus bête du monde, copies (en pire !) de celle de la « goaaaaaaaaaache » ! (Et non de la « gauche »)

    Et le pire dans tout cela…C’est qu’aucun député (hormis quelques exceptions) ne demande à Monsieur Sarkozy des explications sur ce, pardon de le dire, « changement de cap » ! Personne ne trouve scandaleux qu’on trompe ainsi l’électorat qui a voté pour les députés, et le Président. Tout le monde trouve normal qu’on dévit ainsi des idées qui ont trouvé un large écho…Non pas dans « l’opinion » mais auprès du Peuple Français !

    Non…On préfère se taire. Attendre…Quoi ? On ne sait trop. Alors les électeurs ralent. Alors les élus s’inquiètent, parce que la raclée du siècle s’annonce pour les élections (en dépit de sondages, bien partisans…Puisqu’ils ignorent « l’absention »…Il faut se rassurer comme on peut)

    La réponse donnée par les députés UMP et Monsieur Sarkozy ne diffère pas tellement de celle donnée par les therminadoriens : le Peuple demande « du pain et la Constitution de 1793 » La Convention répond « du sang » et « répression »…Et on envoit quelques charettes de plus, place de la Révolution…

    Le Peuple demande « exemplarité », « effort COMMUN », « pouvoir d’achat »…L’Etat répond « les caisses sont vides »…Mais pas pour tout le monde. Faut il crier « vive le roi » et faire venir le descendant de Louis XVIII pour que les choses changent ?

    Un régime politique ne dure que tant qu’il est considéré comme plus « vertueux » que celui qu’il précède, ou celui qui prétend lui succéder.

    La République est jeune, très jeune. A cause de la corruption du Directoire, et du choc terrible causé par la Terreur, les Français ont faill renoncer à elle. A cause de 1870…Et sans l’intervention miraculeuse de Henri V de France…Les Français auraient pu y renoncer totalement.

    Et puis…Les monarchistes qui ont été les créateurs de la III République ont (enfin !) commencé à lui donner du sens, à la faire plus « vertueuse » que l’Ancien Régime, et même l’Empire.

    A la fin de la Seconde Guerre Mondiale, le Général De Gaulle va restaurer la République (abandonnée lâchement par ceux pourtant élus pour la défendre) et il va surtout, par sa conduite, son sens de l’honneur, et ses talents…Durablement l’instaurer dans le coeur des Français…Qui depuis son départ, constate (malheureusement) que ses « sucesseurs » perdent peu à peu le sens de leur responsabilité, en tant que défenseur du régime.

    Avec Nicolas Sarkozy, la France espérait un « renouvellement » une nouvelle jeunesse, pour la République…

    La III République, et le Général De Gaulle y avaient réussi. Pourquoi pas Nicolas Sarkozy ? Et les députés de 2007 ?

    Mais Monsieur Sarkozy, et les députés UMP, pour des raisons x ou y, se sont ralliés au culte du dogmatisme, aux années fric à la Mitterrand, et à l’inculture accompagnée de l’immoralité. Tout se vaut, l’argent est la seule variable, et tout ce qui va contre l’idéologie dominante (dans les médias et les cercles politiques) doit être pourchassé, villipendé, détruit (comme du temps de l’Inquisition)

    Ainsi, de la même manière qu’on ne pouvait jadis être « patriote » sans être « Jacobin » (sinon on était « suscept » autrement dit accusé de trahir la France, et la République)…Aujourd’hui ne peut on dire « non » à un traité européen, sans être taxé des pires insultes, et être considéré comme un citoyen qui souhaite (vraiment !) la poursuite de la construction européenne.

    J’entendais récemment Monsieur Barrot, notre soit disant « commissaire » européen, qui expliquait qu’il faudrait, lors du second référendum sur le traité de Lisbonne, que cette fois ci « les Irlandais cessent de voter CONTRE L’EUROPE ».

    N’est ce pas là du dogmatisme, de ne percevoir, l’idée européenne que dans un seul prisme ? Une UE désireuse de tuer les Etats pour construire un système « fédéraliste » centralisé (dans les systémes fédéralistes, les Etats ont beaucoup de pouvoir : au sein de l’UE…Ils en ont de moins en moins. Le principe de subsidiarité est inversé : ce n’est pas la petite structure qui est privilégié mais la grosse) sinon impérialiste (Monsieur Barroso, le Président à vie de la Commission, ne dit il pas lui même être à la tête d’un Empire?)

    Ainsi, de la même manière qu’on proclamait hier la libre expression, y compris en matière religieuse…Tout en poursuivant les honnêtes citoyens qui auraient eu l’horrible idée de mettre en oeuvre un culte allant à l’encontre du culte de l’Etre Suprême à la Robespierre…Aujourd’hui se doit on de tolérer toute forme de religions, de pratiques sexuelles, et accepter la non assimilation des « étrangers » (qui doivent pouvoir garder toute leurs traditions, leur culture, leur vision de la vie)…Sans pouvoir obtenir, de son coté, le droit de soutenir le Pape, de s’opposer à ce que le mariage (un sacrement de l’Eglise) soit réservé aux unions entre les deux sexes opposés, et le droit de demander à ceux qui viennent s’installer en France…De faire leur celle ci, dans le respect de leur identité première, mais qui ne peut primer sur le triptyque républicain, et sur l’identité de notre pays.

    Nicolas Sarkozy a été élu, et les parlementaires UMP aussi, pour le retour à une certaine morale publique, pour restaurer la méritocratie, et pour défendre en toute chose la France…Avant toute idéologie venue d’ailleurs.

    Or…Un seul ex récent, démontre la trahison de ces espoirs : la nomination de Monsieur Perol.

    La décision de Nicolas Sarkozy de nommer l’un de ses proches à la tête de la nouvelle entité bancaire issue du rapprochement entre les Caisses d’Epargne et les Banques populaires est critiquable à de nombreux égards :

    – Il est visiblement peu déontologique voire pénalement illégal de nommer une personne ayant exercé une autorité publique dans une entreprise qu’il a eu à connaître.

    – François Pérol alors conseiller de la Banque Rotschild a été un acteur déterminant de la création de Natixis la filliale communes auxquels les deux banques doivent leur déconfiture pour les avoir gavées d’actifs pourris. Est-ce à dire que le pompier de service est celui qui a allumé l’incendie?

    – Il n’apparait guère normal au regard des règles de la concurrence avec les autres banques que l’on confie la direction d’un établissement à un initié, homme de l’Elysée, au fait des informations privilégiées sur l’état du système bancaire.

    – La nomination d’un proche du pouvoir est le signe de la gravité de la situation dont l’Etat semble s’alarmer au point d’y dépêcher ses “plus compétents” collaborateurs.

    – Cette nomination en dit long sur la main mise du pouvoir élyséen sur l’ensemble des pouvoirs économiques, politiques ou financiers. C’est peut-être inévitable lorsque tous les gens intelligents sont sarkozystes! (Dixit le Président !)

    Par une seule de ces « décisions » Monsieur Sarkozy :

    -fait preuve de mépris à l’égard du Parlement, c’est à dire envers les citoyens Français…Puisqu’il « anticipe » le feu vert de la commission déontologique…Laquelle, pour ne pas mettre en difficulté le Président, sera contrainte de violer les lois de la République !

    -viole les lois ! Et cela volontairement ! (Qu’on ne me dise pas qu’une personne, comme Monsieur Sarkozy, qui a une longue carrière politique, et qui est en plus instruit en droit…Ignore les règles de déontologie d’une République…Ou si c’est le cas, qu’au moins l’un de ses « conseillers » ne lui en a pas fait part !)

    « Art. 87. – I. – Une commission de déontologie placée auprès du Premier ministre est chargée d’apprécier la compatibilité de toute activité lucrative, salariée ou non, dans une entreprise ou un organisme privé ou toute activité libérale, avec les fonctions effectivement exercées au cours des trois années précédant le début de cette activité par tout agent cessant ses fonctions.
    Ces dispositions sont applicables :

    1° Aux fonctionnaires placés ou devant être placés en cessation définitive de fonctions, disponibilité, détachement, hors-cadre, mise à disposition ou exclusion temporaire de fonctions ;

    2° Aux agents non titulaires de droit public employés par l’Etat, une collectivité territoriale ou un établissement public ;

    3° Aux membres d’un cabinet ministériel (…) ».

    Si ce texte ne s’applique pas explicitement aux personnes nommées à la présidence de la République, M. Pérol est cependant susceptible d’entrer dans son champ d’application soit en sa qualité de fonctionnaire (il est inspecteur des finances), soit, à supposer qu’il ait démissionné de la fonction publique pour rejoindre une entreprise privée comme il l’avait fait en 2005, en sa qualité d’agent non-titulaire de droit public.

    Ainsi, la commission devait se prononcer avant le pantouflage de M. Pérol, soit à sa demande, soit à la demande de son « administration », c’est-à-dire ici du secrétaire général du président de la République ; la loi de 2007 (votée par les députés UMP sous l’impulsion du Gouvernement Fillon !) ne laisse aucun doute sur ce point : « La saisine de la commission est obligatoire pour les agents chargés soit d’assurer la surveillance ou le contrôle d’une entreprise privée, (…) soit de proposer des décisions relatives à des opérations effectuées par une entreprise privée ou de formuler un avis sur de telles décisions ».

    La lettre du 24 février 2009 du président de la commission de déontologie, rendue publique par la presse (http://medias.lemonde.fr/mmpub/edt/doc/20090225/1160293_c461_lettrefouquet.pdf), ne permet pas de suppléer l’absence de cette consultation.

    Toutefois, la seule sanction de cette absence de consultation prévue par la loi est symbolique et touche…Aux droits à pension dont le fonctionnaire serait susceptible de se voir privé lorsqu’il prendra sa retraite…

    2 – Beaucoup plus grave est la question de savoir si ce pantouflage entre dans le champ du délit de prise illégale d’intérêt, posé par l’article 432-13 du Code pénal, aux termes duquel : « Est puni de deux ans d’emprisonnement et de 30 000 EUR d’amende le fait, par une personne ayant été chargée, en tant que fonctionnaire ou agent d’une administration publique, dans le cadre des fonctions qu’elle a effectivement exercées, soit d’assurer la surveillance ou le contrôle d’une entreprise privée, soit de conclure des contrats de toute nature avec une entreprise privée ou de formuler un avis sur de tels contrats, soit de proposer directement à l’autorité compétente des décisions relatives à des opérations réalisées par une entreprise privée ou de formuler un avis sur de telles décisions, de prendre ou de recevoir une participation par travail, conseil ou capitaux dans l’une de ces entreprises avant l’expiration d’un délai de trois ans suivant la cessation de ces fonctions »

    En 1996, le Conseil d’Etat avait annulé un décret par lequel un inspecteur du Trésor avait été placé à la tête du Crédit foncier de France, au motif de l’irrégularité de cet act au regard de cet article du Code pénal, en relevant que le fonctionnaire exerçait un “contrôle direct” sur l’établissement bancaire (CE 6 déc. 1996, Sté Lambda).

    Sans doute le secrétaire général adjoint de l’Elysée n’a t-il pas exercé pas de “contrôle direct” sur les établissements dans lesquels il vient d’être nommé ; il n’empêche : nul ne peut sérieusement soutenir qu’il n’aurait pas “surveillé”, ou “proposé” à la présidence de la République ou au ministère des finances de prendre des décisions au sujet de ces établissements, ou encore qu’il n’aurait pas, par sa nomination, “reçu une participation par travail” dans les établissements bancaires. S’il est vrai, comme l’a rappelé le président de la commission de déontologie, que la loi pénale doit faire l’objet d’une application stricte, l’applicabilité de l’article 432-13 du Code pénal paraît au cas d’espèce manifeste.

    Pourtant, dans sa lettre du 24 février 2009, le président de la commission de déontologie, s’appuyant sur des avis rendus par cette commission en 2007 à propos de membres de cabinets ministériels souhaitant exercer des fonctions dans le privé, a considéré que le pantouflage en cause ne posait pas de difficultés au regard de ce texte.

    On relèvera d’abord que cette consultation purement informelle n’a aucune valeur juridique et ne lie ni la commission de déontologie (laquelle si elle était appelée à se prononcer devrait le faire hors la présence de son président, dont l’opinion a été publiquement donnée), ni les juges (pénal ou administratif) éventuellement saisis par des actionnaires ou des salariés des banques concernées.

    Surtout, le président de la commission de déontologie ne s’est pas référé à un passage du rapport de 2007 de la commission qui laisse clairement entendre que le cas de M. Pérol pose à tout le moins difficulté au regard de l’article 432-13 du Code pénal (http://www.fonction-publique.gouv.fr/IMG/rapport_deontologie_2007.pdf) : on y lit p. 41 que « compte tenu du caractère particulier des fonctions exercées par les membres des cabinets ministériels, qui n’incluent généralement pas le contrôle ou la surveillance directe d’un secteur économique ou d’une entreprise en particulier, la commission tient compte du positionnement exact de l’agent concerné au sein du cabinet ».

    Or, il est notoire que M. Pérol a reçu à plusieurs reprises les futurs ex-dirigeants des deux banques concernées, et que sa nomination résulte de la volonté du président de la République.

    Le secrétaire général adjoint aurait ainsi été mis en mesure de surveiller et de contrôler les entreprises concernées et de proposer des décisions à leur égard, qui ont conduit à sa « prise de participation par travail » dans les banques. Les conditions d’applicabilité du délit d’initié ne paraissent-elles pas à l’évidence remplies ?

    Monsieur Sarkozy ignore t il donc qu’il « fait preuve de manquement à ses devoirs (respect de la Constitution, et donc de la loi) dans l’exercice de ses fonctions ? » (statut pénal du Président)

    -viole de la Constitution et de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen. Là encore, Monsieur Sarkozy semble oublier qu’il est censé être le « garant » de leur effectivité ! Le Président considère que les « Hommes » ne sont pas « égaux en droit » puisqu’il passe outre l’égalité des citoyens devant l’emploi. Autrement dit…Monsieur Sarkozy impose son candidat…Aux banques (qui ne sont pas en situation de le rejeter : puisqu’elles ont besoin de l’argent public)…Et ignore qu’une entreprise doit passer une « annonce » dans les médias, pour proposer un poste. Sans quoi…La HALDE peut être saisie par n’importe quel citoyen, qui aurait pu vouloir proposer sa candidature, et qui ne l’a pas…En raison du chantage exercé par Monsieur Sarkozy. Cela s’appelle une « discrimination » à l’embauche…Punie par la loi (là encore dois je préciser que l’actuelle majorité a voté des textes « français » ou « européens » le précisant ? Affirmant lutter contre toute forme de discrimination…A commencer par la « Charte des droits fondamentaux » (cool ! On viole en plus les traités européens…Et une petite visite des citoyens chez la CJCE, une ! Et un mépris de plus envers le Parlement…)

    Je m’arrête là…Car il y a de toute évidence, dans cette seule « décision » un tas de trahison du « candidat Sarkozy » envers son électorat…Et tout autant de lâcheté des parlementaires UMP…Qui semblent incapables de respecter la France…Dès lors que sa Constitution, son droit, et ses valeurs…Vont à l’encontre de la « volonté » ou du « caprice » présidentiel.

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  4. Cabaye - 1 mars 2009 9 h 12 min

    Cher Seb,

    visiblement vous êtes quelqu’un qui aime aller au fond des choses, rechercher et étudier les sujets avant d’en discuter.

    Alors avant de vous exprimer sur les engagements présidentiels je vous invite fortement à visiter:
    http://tableaudebord.u-m-p.org/accueil.html

    Ce qui est intéressant c’est que vous critiquez le choix de M. Perol mais vous ne proposez pas d’autre nom ! Alors que faire continuer à réfléchir pendant des mois sur la personne adéquat ou agir? Faut il rester sur place ou avancer?

    Avec le Président, les « règles » ont changé, il prend les décisions rapidement (trop raidement pour certains), ce qui oblige les « penseurs », les « intellectuels », les « hommes de réflexion » a penser plus vite, choses qu’ils ne sont pas habitué à faire puisque mi à part la critique de la décision aucune alternative n’est proposée.

    Notre pays a besoin d’avancer alors avançons !!

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  5. seb - 2 mars 2009 11 h 56 min

    A Cabaye,

    Je ne propose pas de noms…Car c’est le boulot du conseil d’administration des banques…Et pour ce qui est des candidats, ils doivent (en principe) suivre la procédure NORMALE : envoi de CV et lettre de motivation, entretiens d’embauche.

    Monsieur Sarkozy a un pouvoir de nomination…Dans les entreprises publiques, or les établissements concernés sont des banques PRIVEES.

    Monsieur Perol peut avoir toutes les compétences qu’il veut…Il est en infraction avec les lois de la République. Dans trois ans, s’il veut, il se présentera où il veut…Mais pas maintenant, alors qu’il possède, du fait de sa charge de conseiller de l’Elysée, une incompatibilité avec la charge présente.

    Monsieur Sarkozy (et les parlementaires) sont censés RESPECTER LA LOI en principe. Il n’y a pas de « privilèges » pour les serviteurs de la France !

    Dans les pays qui nous entourent, lorsque « l’Etat » a pénétré dans les banques, pour suivre l’utilisation des fonds publics…Ce sont des parlementaires ou bien des fonctionnaires de l’Etat (des membres du « Conseil d’Etat » par ex) qui sont venus controler la bonne gestion de l’argent public.

    Monsieur Sarkozy est certes là pour prendre des décisions…Mais pas pour violer l’état de droit !

    On peut certes avancer…Mais pourquoi le faire en violentant la France ?

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  6. Christian Vanneste - 2 mars 2009 13 h 00 min

    @ Seb : il s’agit vraiment d’une polémique politicienne. En ce qui concerne le mode de nomination , beaucoup de bruit a été fait pour pas grand chose… En effet, qui a juridiquement nommé Monsieur Pérol si ce ne sont les organes qualifiés des deux entités en marche vers la fusion ? Comme le fait remarquer Mathieu Laine, dans les Echos de ce jour, « quelle insulte pour les membres de ces conseils, qui ont porté l’ancien conseiller de l’Elysée à la tête du nouveau groupe à l’unanimité »…

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  7. seb - 2 mars 2009 22 h 19 min

    Monsieur Vanneste,

    Ce n’est pas une « polémique politicienne ». C’est un « raccourci » du droit.

    Monsieur Perol aurait dû (ce n’était pas une possibilité mais un devoir) demander à la commission déontologique de se prononcer.

    Ce n’est pas parce que le conseil d’administration (qui comme chacun sait n’était pas poussé à faire le choix de Perol…Sinon adieu les sous des contribuables !!!!) a choisi de voté pour le seul candidat en lice (on a pas laissé à autrui la possibilité de se présenter : où est le choix ?) que cela LEGALISE le choix de Perol.

    J’ai déjà amplement expliqué pour quelles raisons Monsieur Perol aurait dû rester en dehors. Il est fort dommage que les élus trouvent normal qu’on viole la loi…Dont ils sont censés être les défenseurs.

    De toute évidence, tout le monde veut ici que je parte en procès ! Et bien…Ca tombe bien, une amie travaille dans l’une des banques. Elle va porter plainte pour délit d’intérêt.

    Qui peut croire que les Ministres sont des marionnettes (dixit Monsieur Copé) et que les conseillers n’auraient rien fait ? (C’est, un peu, leur job non ?)

    Peut on demander à d’autres de respecter des lois…Violées par les « serviteurs de l’Etat » ?

    Je doute fort que l’actuel majorité, qui a voté (en 2007) une extension de la « sévérité » contre certains délits…Exemptent « l’ami » (encore un) du Président….Simplement parce que c’est l’ami du Président.

    Enfin…Plus rien ne m’étonne. Les députés trouvent que le traité de Lisbonne est un traité « simple », « court », et « qui se limite aux questions institutionnelles qui ont fait consensus pendant la campagne référendaire »…Alors que tous nos partenaires disent, directement ou indirectement, qu’il s’agit du TCE rejeté en 2005 par les Français !

    Mieux…Monsieur Accoyer veut qu’on « anticipe » la mise en vigueur dudit traité…Alors qu’il est caduc depuis que les Irlandais ont voté contre ! Vive la Démocratie !

    J’allais oublier. En pleine crise…Les députés européens Français auront une « assurance tout risque »…Dixit Quatremer !

    Et pour finir…Les députés européens veulent installer des piscines au PE…Pour lutter contre l’absentéisme ! Et pourquoi pas des masseurs ?

    Va t on proposer la même chose à l’A. N ?

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