Le courage du grand duc Henri de Luxembourg

Le grand-duc Henri de Luxembourg, 53 ans, a préféré la semaine dernière voir ses pouvoirs se restreindre plutôt que d’avoir à avaliser une loi légalisant l’euthanasie ou à abdiquer. Depuis la classe politique luxembourgeoise a décidé de modifier la Constitution.

54 parlementaires européens membres du PPE (droite européenne) ont adressé une lettre au Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Jüncker pour s’étonner de cette prise de position et pour lui demander des explications. En France, 5 députés, à l’initiative de mon collègue Jean-Marc Nesme, député UMP de Saône et Loire, soutiennent le Grand-duc.

Pour ma part, j’avais eu l’honneur de participer à la Mission d’Information parlementaire sur la Fin de Vie, pendant le premier semestre 2004, présidée par mon collègue Jean LEONETTI. Ce dernier vient de rendre un dernier rapport sur ce sujet. A l’époque, nous avions procédé à près d’une centaine d’auditions, entendant successivement des historiens, des philosophes, des sociologues, des représentants des religions et des loges maçonniques, des représentants des professions de santé, et enfin ceux du monde associatif et politique : des personnes favorables ou non à une dépénalisation de l’euthanasie. L’un des grands moments a été l’approche, que j’ai confortée dans mon secteur à l’Hôpital Dron à Tourcoing, des personnes exceptionnelles composant les unités de soin palliatif (nous nous étions également rendus à la Maison médicale Jeanne Garnier, à Paris).

Le texte auquel a conduit cette Mission est équilibré puisqu’il permet d’échapper, suivant ainsi la décision du malade ou de la personne en qui elle a placé sa confiance, à l’acharnement thérapeutique sans ouvrir toutefois la porte à la possibilité de donner la mort, ce qui serait totalement dangereux dans la mesure où on ne pourrait pas aisément en fixer les limites.

Le respect de la Vie dans la Dignité, c’est avant tout, le respect de la Personne humaine et de cette Personne collective qu’est la Société inséparable de ses valeurs, au premier rang desquelles figure l’humanisme.

Voilà pourquoi, à mon tour, je m’associe au communiqué de presse de mes collègues et je soutiens le Grand-duc Henri de Luxembourg :

Nous saluons le Grand Duc Henri de Luxembourg pour son courage. En refusant de signer une loi dépénalisant l’euthanasie adoptée par 4 voix de majorité, la plus haute autorité du Grand Duché a montré la conscience qu’elle avait de sa charge et de ses responsabilités. Il faut rappeler que ce texte a été adopté à l’initiative de députés appartenant à l’ADMD luxembourgeoise, alors même que l’article 50 de la Constitution de l’Etat du Luxembourg prohibe le mandat impératif.

Parce que la reconnaissance d’un droit à la mort serait la négation des fondements de notre société, le Grand Duc par cette décision respecte pleinement la Convention européenne des droits de l’homme qu’il est chargé d’appliquer. Le droit à la mort, pour la Cour européenne des droits de l’homme, n’entre pas dans le champ d’application du droit à la vie protégé par la Convention européenne des droits de l’homme.

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5 commentaires

  1. seb - 15 décembre 2008 12 h 20 min

    Monsieur Vanneste, votre prise de position en faveur du Grand Duc du Luxembourg est vraiment une bonne nouvelle, et ne peut que réjouir les partisans de la vie, dont je suis.

    Le récent rapport réalisé par Monsieur Léonetti, en France, sur la question de l’euthanasie montre également l’inutilité et l’immoralité d’une telle démarche, qui tendrait à faire de l’Homme un Dieu ayant pouvoir de vie ou de mort sur autrui.

    Je me félicite donc particulièrement de cette prise de position de votre part, qui est vraiment bienvenue.

    Pourtant il y a un mais…Et j’espère sincèrement Monsieur Vanneste que vous voudrez bien vous en expliquer.

    En effet, votre groupe politique a voté en faveur du traité dit de Lisbonne, et donc, par conséquent, en faveur de la Charte des Droits Fondamentaux, lesquels seront supérieurs à notre Constitution (primauté du droit communautaire reconnue dans le traité oblige)

    http://www.ladepeche.fr/article/2008/02/04/431513-Traite-de-Lisbonne-decouvrez-comment-ont-vote-votre-depute-et-votre-senateur.html

    Or que dit cette Charte ? Les parlementaires UMP – dont vous êtes – qui se sont prononcés en faveur du traité…Ont ils lu la Charte ? Et surtout ses explications ? Apparemment non…

    Et c’est bien là d’où vient le problème, car si la Charte est en apparence très protectrice…Les « explications » qui l’interprétent contredisent le sens des articles.

    Qu’on en juge.

    Article 2 : en dépit de son apparence « bien sous tout rapport » cet article, confronté à son « explication » permet une violation de la peine de mort. En effet, selon les explications données pour cet article, tirer sur des manifestants est autorisé (sinon encouragé!) Un policier qui tirerait sur des manifestants, y compris s’ils sont pacifiques, ne ferait que son…Travail ! Il ne pourrait être juger devant une Cour, et la famille de la ou les victimes…Devraient donc accepter comme normal qu’on puisse tuer leurs proches ou leurs enfants ! Faire grève pourrait donc devenir un acte risqué dans le sens où la Police, en toute impunité, pourrait blesser et même tuer des manifestants !

    Rajoutons à cela que l’article 2 du protocole 6 annexé à la CEDH…Relativise le principe de la fin de la peine de mort – et donc du droit à la vie – puisqu’il est expliqué qu’en cas de guerres ou de danger imminent de guerre (rien de plus flou ! Si l’on se fonde sur cette définition nous sommes en danger imminent de guerre (terrorisme possible) et en guerres (en Afghanistan, en Irak, au Congo, etc.) !) la peine de mort peut être remise au goût du jour !

    Article 3 : la Charte ne prohibe que le seul clonage reproductif. Elle n’interdit donc, en rien, les autres formes de clonage…Y compris humain ! Si certaines pratiques eugéniques, par ailleurs, sont condamnées (mais pas interdites)…Il peut en revanche y avoir une tolérance…Sinon plus.

    Article 5 : « tout travail ou service formant partie des obligations civiles normales » (plus flou faut le faire ! On ratisse large!!) est considéré comme ne faisant pas partie du « travail forcé » ! La bonne blague ! Le retour de la « corvée » !

    Article 6 : il inverse le principe de la « présomption d’innocence » au profit d’une « présomption de culpabilité ». Un individu peut en effet perdre ses droits civiques, à raison de cet article, sur un simple soupçon, et non être jugé sur des faits, qui en cas de culpabilité avérée (et je dis bien avérée) peut seul (à l’heure actuelle) lui retirer ses droits les plus stricts.

    Un « alcoolique », un aliené, un toxicomane, un vagabond (SDF par ex) peuvent perdre, pareillement leurs droits…S’ils sont « susceptibles » de…commettre quelque chose…Et non pour des faits avérés ! Encore une violation de la présomption d »innocence…Et un rappel des lois votées…Sous Vichy qui établissaient qui étaient les éléments « nuisibles » d’une Société, et qui devaient, dès lors, être privés de ses libertés !

    Article 10 : violation pleine et entière de la liberté d’expression ! Autorisation de la propagande et de la censure !!!!

    Comment avez vous pu dire « oui » à un tel texte ?

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  3. marie-pierre gleis - 17 décembre 2008 9 h 17 min

    Je suis française à Luxembourg et je me réjouis de la position du Grand-Duc. Il mérite d’être le Grand-Duc du Luxembourg.
    Tous les rois et les princes de la terre ne sont rien face à la VIE. La position du Grand-Duc, quoique mettant en jeu toutes les monarchies du monde en créant ce précédent, est extrêment louable.

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  4. Alejandro - 4 février 2009 18 h 35 min

    Je suis fier d’habiter au Luxembourg !

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