La comédie du second mandat : acte I

Le discours de politique générale du nouveau premier ministre à l’Assemblée a été l’évènement marquant de la semaine passée. L’intervention de Mme Borne devant les députés a renforcé l’idée que le règne macronien avait poussé jusqu’à son extrême limite la confusion de la politique et du spectacle dont la divulgation d’une conversation de M. Macron avec le Président Poutine avait révélé combien elle peut anéantir le sens de la responsabilité.

M. Macron aime le  théâtre, et on ne peut à propos de ses deux mandats que se référer à Marx disant que lorsque l’histoire se répète, la première fois, c’est une tragédie, et la seconde une farce. En 2017, les Français, après le calamiteux quinquennat de Hollande, dont Macron avait été le collaborateur, ont fait le choix suicidaire de confier à nouveau la France à un homme de gauche, dont le bilan est aujourd’hui catastrophique sur tous les plans. En 2022, ils l’ont réélu par défaut, mais ne lui ont plus offert la majorité législative nécessaire pour gouverner. La tragédie d’un pays mené par un personnage aussi inexpérimenté que narcissique et arrogant est devenue la comédie d’un président en quête de compromis en attendant le moment de la dissolution. Pour faciliter ces mariages de raison entre son gouvernement et telle ou telle partie de l’opposition, il fallait une entremetteuse. Les sourires complices de Mme Borne chaque fois qu’elle citait, durant son intervention, les présidents de groupe avec lesquels elle avait évoqué un sujet sur lequel un compromis est envisageable, à l’exception des deux extrêmes bien entendu, donnaient à l’évidence ce rôle à cette femme a priori austère. La claque macroniste soutenait l’actrice avec la discipline des godillots applaudissant et se levant comme un seul homme. L’extrême-gauche fut le poulailler qu’on attendait pour siffler la pièce et ramener les partisans de l’ordre dans le giron présidentiel.

Le discours fut un morne catalogue appuyé sur l’étonnante contradiction entre quelques rappels de prétendus succès du mandat précédent et la nécessité urgente de répondre aux problèmes qui se sont accumulés pour enrayer le déclin de notre pays. “Pas de faux semblants” a affirmé Mme Borne en plaçant la transparence à l’ordre du jour. Le déni est la plupart du temps, chez les politiques, un aveu : comment croire sérieusement à un gouvernement qui veut multiplier les cadeaux aux uns et aux autres tout en restaurant les comptes publics, sans augmenter les impôts ? Derrière le décor des mots, et notamment l’emploi obsessionnel de “protéger” et de “ensemble” se cache la réalité d’une politique social-démocrate suicidaire partout où elle a été mise en oeuvre et qui ne peut rassembler une nation qu’elle tend au contraire à fracturer. En 2018, M. Macron voulait “construire l’Etat-Providence du XXIe siècle”, fondé à la fois sur l’émancipation de chacun et sur l’innovation généralisée. Cet “en même temps” était une vue de l’esprit, d’un esprit abstrait, détaché de toute épaisseur humaine, celui d’un énarque, haut fonctionnaire et banquier qui ignorait le territoire au profit de la carte et les hommes à celui des statistiques. Mme Borne a eu beau insister sur son identité, notamment sur sa mémoire d’enfant de déporté, son véritable profil est celui d’une polytechnicienne dont le parcours est essentiellement lié à son appartenance au parti socialiste, d’un cabinet à l’autre, à l’ombre des Royal, Lang, Delanoë etc…. préfète un an, à la tête d’entreprises publiques souvent, proche du pouvoir et éloignée des vraies gens toujours. Les regards noirs lancés à l’opposition, le petit geste rageur après chaque page tournée révélaient le caractère d’une femme qui a des comptes à régler et qui aura le plus grand mal à susciter l’adhésion sur une politique bancale. Certes la droite ne pourra qu’approuver la fin de la redevance audiovisuelle, mais comment assurera-t-on le financement du prétendu service public si on le maintient ? Certes, l’urgence climatique pourrait susciter un consensus en raison du poids de l’idéologie à la mode, mais le choix tardif du nucléaire après la fermeture de Fessenheim par notre incohérent président, et son association avec des énergies renouvelables intermittentes que le nucléaire ne pourra suppléer en raison de son manque de souplesse, conduiront non à une baisse des émissions “carbonées” mais à une augmentation par la remise en route de centrales à charbon. Comment oser parler de souveraineté énergétique dans une telle perspective ?,

La présence d’un ministre de la justice laxiste, d’un ministre de l’éducation wokiste, le maintien au gouvernement du menteur du Stade de France et de la brêle pontifiante qui gère notre économie à coup de prédictions systématiquement démenties par les faits, se veulent des gestes d’ouverture à gauche et à droite mais peuvent aussi paraître des provocations. On ne peut gouverner dans l’incohérence d’un compromis à un autre. Les discours d’Olivier Marleix et de Marine Le Pen ont été rassurants. La droite sait se tenir et affirmer une opposition solide. Que ne peut-elle s’unir ? L’amour de la France et non celui de la république abstraite qui n’est qu’un moment de son histoire devrait être un ciment suffisant !

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Un commentaire

  1. Entendre cette pimbêche au perchoir déblatérer à tout bout de champ le mot de laïcité, alors même que celle-ci est bafouée à longueur de journée dans l’espace public par l’islamisme conquérant a quelque chose d’indécent et de révoltant pour n’importe quel patriote digne de ce nom !

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