La Fin des Enfants Gâtés de L’Europe

La lecture du livre de Sophie Pedder, chef du bureau de The Economist à Paris, “Le Déni Français” n’a rien de réjouissant pour un Français : une purge, ou disons pour faire plus chic, une Catharsis, par laquelle l’auteur, une britannique, nous libère de notre fantasme, l’insularité psychique, la fameuse exception française, cette pathologie qui nous brouille avec la réalité. Lorsqu’une anglaise rappelle que la France n’est pas un île, çà ne manque pas de sel ! Le résumé est facile : les Français sont un peuple privilégié, mais cette situation apparemment enviable est bâtie sur le sable car elle est financée par la dette

Quand on se livre à une comparaison avec nos partenaires européens les chiffres amènent une triple conclusion : d’abord, nous détenons souvent la première place douteuse des records négatifs. Champions de la dépense publique devant les Suédois, 56% du PIB contre 52% en Suède, quand l’Allemagne est à 46%. En tête aussi pour les dépenses sociales, 30% du PIB, 26% pour l’Allemagne, 27% pour la Suède et 22% au Royaume-Uni. La part des charges patronales dans le coût de la main d’oeuvre  explique largement notre bonnet d’âne de la compétitivité : 30% contre 17% Outre-Rhin, 24% en Suède et 10% chez nos amis britanniques. Ensuite, nos performances économiques sont médiocres, avec un solde commercial négatif de 62 Milliards de $ US derrière l’Italie qui culmine à 70 mais  à comparer avec les soldes positifs allemand et suédois, respectivement de 206 et de 36 Milliards de $. Derrière la Suède, l’Allemagne, mais aussi le Royaume-Uni pour le PIB par habitant. Notre taux de chômage est le plus élevé à l’exception de l’Espagne. Enfin,viennent les chiffres si sympathiques du bonheur français : 18% seulement des 60-64 ans travaillent contre 41 % des allemands de cet âge et 61% des Suédois. Le taux de pauvreté après transfert est le plus bas. Le taux d’inscriptions en maternelle est le plus élevé. L’analyse de ces chiffres est évidente : nous travaillons moins et moins longtemps, nous produisons moins de richesses mais nous distribuons davantage et offrons des services plus larges que dans les autres pays européens. Donner plus quand on produit moins : le pays de cocagne ne peut vivre qu’à crédit avec près de quarante ans de déficits cumulés et la dette qui vient de franchir le point de non-retour des 90% ! La comparaison avec l’autre pays au lourd passé socialiste, la Suède est instructive. Dans les deux pays, la dépense publique est importante, les recettes fiscales élevées, davantage en Suède avec 46% du PIB contre 43% en France (2010), mais dans ce pays, avec une TVA à 25%, elles pèsent plus sur la consommation que sur la production, ce qui explique sans doute la performance du commerce extérieur.

Cette photographie de la situation de la France est tirée des données de 2011, mais elle provient d’un film, dont le scénario est le suivant : depuis les années 80, les pays du nord de l’Europe ont eu le courage de procéder à des réformes structurelles qui expliquent leurs performances actuelles. L’Allemagne a considérablement diminué le coût du travail et engrange des résultats industriels et commerciaux exceptionnels. La Suède, qui bénéficie toujours de sa souveraineté monétaire a mis en oeuvre, comme le Danemark, à la fin des années 80 ( ! ), une TVA sociale et procédé à la plus intelligente refonte du système des retraites. Elle a mis fin à toute différence entre les agents publics et les salariés du privé. En raison même des tares d’une longue période de social-démocratie en France comme en Suède, notre pays aurait dû s’inspirer de cet exemple. Il s’y refuse encore ! La “droite” a gouverné durant 23 ans le pays depuis la crise pétrolière, et la gauche 15, et durant tout ce temps, la France est devenue le pays le plus socialiste d’Europe, celui qui compte le moins de travailleurs productifs et le plus d’assistés ! Comme l’écrit Sophie Pedder,”aucun dirigeant, ni de gauche, ni de droite, n’ a eu le courage de mettre en place les économies nécessaires, ni de mettre fin à l’illusion qu’il pouvait y avoir des lendemains meilleurs sans effort.” F. Fillon a semblé mesurer la gravité de la crise, mais sa réforme des retraites, purement comptable, pleine de compensations coûteuses sera rattrapée par le temps et durant son gouvernement, la dépense publique a poursuivi son ascension inexorablement !

La victoire de la gauche ( la droite a-t-elle jamais gagné ?) est un double péril. D’abord, la situation actuelle est le fruit de ses politiques que la droite n’a jamais inversées et que la gauche va poursuivre simplement avec plus de contraintes qu’auparavant. Le choix des 2/3 d’impôts pour 1/3 d’économies s’inscrit dans cette lignée. Les réformes allemande ou suédoise ont été en grande partie réalisées par les sociaux-démocrates. Au Royaume-Uni, le travailliste Blair n’ a pas  remis en cause la bénéfique Révolution Conservatrice des années Thatcher : l’Angleterre souffre mais avec un PIB par habitant qui a dépassé celui de la France. Le deuxième danger vient de l’idéologie dévastatrice qui domine notre pays, paralyse notre “ersatz” de droite et anime une gauche qui n’existe nulle part ailleurs, sauf peut-être en Espagne avec les résultats que l’on sait. La gauche française est aveuglée par sa fureur idéologique, son obsession d’anéantir ses ennemis, les “riches”, les conservateurs, sa manie d’amplifier des “avancées” suicidaires, plutôt que d’assurer avec la richesse la possibilité du partage. C’est ainsi que la gauche, qui décidément en veut aux embryons, s’est prioritairement attaquée à celui de la TVA sociale due à très lente et tardive gestation sarkozyste. On avait une mesure qui favorisait les produits nationaux, qui ne devait toucher que le pouvoir d’achat des produits importés et des touristes, qui avait l’effet d’une dévaluation malgré l’Euro, qui devait favoriser l’emploi par la baisse des charges… La gauche va lui préférer la CSG qui ne ponctionne que le pouvoir d’achat des Français, les riches…les retraités, par exemple. Mais elle va accompagner le matraquage fiscal incohérent, dissuasif qui se dessine de réformes prioritaires sur les unions unisexes ou la préférence étrangère en matière électorale. Le remboursement à 100% de l’avortement ,une dépense contre-productive évidente, alors que nos budgets sociaux sont en déficit et que beaucoup de Français reculent leurs soins dentaires, par exemple, en raison de leur coût permet de mesurer le degré d’aveuglement de ceux qui nous gouvernent. Contraints de voter le Traité européen contre la démagogie de l’extrême-gauche, les socialistes proclament, pour une fois, leur attachement à la souveraineté nationale, en soulignant l’absence de la règle d’or, indispensable mesure de sagesse, mais Jupiter rend fous ceux qu’il veut perdre !

Au bout de quatre mois, les Français en ont déjà assez. Vont-ils attendre cinq ans pour redonner à la droite la chance d’être pour une fois à la hauteur de leurs espérances ? Ce serait peine perdue si, d’ici-là, une révolution n’avait pas lieu, une révolution de la droite qui se déciderait à se défaire de ses ectoplasmes, de ces cervelles vides qui l’encombrent depuis tant d’années, de ces carrièristes attrape-tout qui l’envahissent aujourd’hui, pour avoir enfin le courage d’être elle-même !

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3 commentaires

  1. Cette analyse pleine de bon sens, nous apparaît telle une oasis, dans le désert socialiste du déni et du crétinisme économique …

    Une dépense publique exagérée, a en effet pour corollaire un endettement démesuré et des charges trop lourdes pesant sur nos entreprises, notre compétitivité… et donc sur l’emploi.

    Que fait le gouvernement pour palier cette situation ?
    Va-t-il réduire la gabegie publique ?

    Non, il préfère TAXER encore et toujours plus les classes moyennes, avec une cible privilégiée : Les petits entrepreneurs …

    Ceux, qui créent emplois et richesses, au risque de tout perdre , aux dépens de leur santé et de leur vie de famille, si un jour ils réussissent… ils seront taxés à plus de 60 % !

    Durant le même temps les œuvres d’art de la famille Fabius ne se verront infliger qu’un prélèvement de 5% sur la plus-value…

    C’est ça la justice sociale ?
    Le gouvernement ne nous prendrait-il pas pour des pigeons ?

    ===>
    Mouvement de défense des entrepreneurs français. http://www.facebook.com/lespigeonsentrepreneurs

  2. Bonjour Monsieur le Député,
    les chiffres que vous posez au fil de votre développement sont justes. Il en existe d’autres qui portent en eux l’espoir d’un avenir meilleur : la recherche, l’éducation par exemple qui restent le socle d’une démocratie qui se bat pour nos générations futures. Vous affirmez que la droite comme la gauche n’ont pu depuis les années 1974 date du premier choc pétrolier gérer autrement que par la dette, l’économie nationale. Que préconiseriez-vous ? Une nouvelle idéologie politique, représentée actuellement par quel mouvement sur la scène française serait-elle en mesure de redresser notre cher pays ? Où en est votre “droite populaire” ?
    Il est vrai que votre groupuscule ne bénéficie pas d’une couverture médiatique correcte, en réalité vous n’existez pas … Vous devriez réfléchir et agir afin qu’ENFIN, on parle de vous, de votre bande. Si vous le permettez Monsieur le Député, je vous suggère une adhésion forte et massive au mouvement de Marine Le Pen et de Collard. Ces gens là ont besoin d’une élite politique, ils sont tellement pauvre sur cet aspect que vous seriez accueillis à bras ouverts.

  3. ” Durant le même temps les œuvres d’art de la famille Fabius ne se verront infliger qu’un prélèvement de 5% sur la plus-value… ”

    Le socialisme, c’est l’injustice et pas seulement sociale: on se souvient qu’Henri Guaino déclara que la défaite de Nicolas Sarkozy était une grande injustice et que Nicolas Sarkozy déclara publiquement, à l’automne 2010, qu’il ne voulait pas avoir affaire à la justice…

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