MOSCOVICI : L’AVEU.

Pierre Moscovici vient de faire une découverte saisissante : ” il ne faut pas alourdir le coût du travail “. Cette illumination tardive prend certes le chemin d’une prudente litote et s’accompagne d’un tic français qui consiste à compliquer la solution en la ciblant, mais c’est un progrès dans la conscience qui bizarrement  ne se traduit pas dans la volonté, par exemple en mettant en oeuvre la TVA  sociale.

Le coût horaire de la main d’oeuvre est de 28,3 pour la zone Euro et a augmenté de 2% sur un an, et de 35,1 en France, avec + 2,3 %. Il est de 20, 1 au Royaume-Uni. La France a perdu du terrain par rapport à L’Allemagne.  En 10 ans, l’augmentation a été de 19,4 % pour  celle-ci et de 39,2% pour la première. Les cotisations patronales sont le double de ce côté-ci du Rhin : 2 points de plus de PIB, de même que pour les dépenses sociales avec pour résultat un excédent de 29 Milliards pour la République Fédérale et un déficit de 18 Milliards chez nous ! Un coût du travail plus élevé pour un pouvoir d’achat du travail moindre : un salarié français touche 57% de ce qu’il coûte, un Danois, 88%, un Britannique 77% et un Allemand 70% !

Avec son ton patelin habituel, X. Bertrand a dénoncé l’aveu et donc la fin des contes à l’heure des comptes. Malheureusement, et à moins que je ne fus victime d’une étrange distraction, il m’a semblé que ce donneur de leçons patenté était aux affaires et qu’il n’a amélioré ni nos déficits, ni la compétitivité de nos entreprises par une baisse du coût du travail. Il a été chargé du service de la langue de bois, pour lequel il excelle, en répercutant les jongleries de l’INSEE sur les 35 heures qui ne sont pour rien dans nos problèmes et sur la TVA sociale qui n’y pourrait rien changer. On me dira qu’il a critiqué les premières et soutenu – tardivement- la seconde. Mais, concrètement, en ne remettant pas en cause celles-là et en n’instaurant pas celle-ci, on a laissé planer le doute. L’énergie avec laquelle on a annoncé sans cesse des nouvelles mesures n’a pas compensé l’absence de mesures énergiques, c’est-à-dire de réformes structurelles.

Au CERN que j’ai visité naguère, on a pu voir la joie de Monsieur Higgs dont on vient de vérifier l’existence du Boson. C’est toute la différence entre le savant et le politique. Le premier prévoit l’existence d’un phénomène que l’on ne voit pas encore et le second préfère ne pas voir ce qui crève les yeux mais que son idéologie ou sa démagogie se refusent à reconnaître.

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2 commentaires

  1. Ce soir, nous avons entendu Jean-Marc Ayrault conseiller les Français de l’imiter en “travaillant tous les jours” même si, c’est vrai, il faut laisser du temps au temps et c’est vrai qu’à Londres, François Hollande a déclaré à la Reine qu’il pleut “aussi en France” et qu’il ne faut donc pas être jaloux de l’Angleterre.

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