Politique ou jeu d’échecs

La politique est souvent comparée à un jeu puisqu’il y a des adversaires qui cherchent à gagner sur un terrain grâce à une stratégie. Afin d’éviter l’échec ou de provoquer celui de l’adversaire, il est parfois bon de sacrifier un pion ou une pièce. C’est ce qui vient de se produire avec les démissions de Christian BLANC et d’Alain JOYANDET dont beaucoup s’accordent à penser qu’ils sont appelés, en bon boucs émissaires, à se charger des pêchés du gouvernement afin de libérer celui-ci et notamment l’un de ses ministres pour poursuivre le délicat dossier des retraites.

À plusieurs reprises j’ai souhaité un remaniement qui ramènerait le nombre des Ministres et Secrétaires d’État à une vingtaine avec trois objectifs : cabinet de guerre contre la crise et le chômage, économie en deniers publics, collectif cohérent. Le départ de Ministres au compte goutte ne me paraît pas satisfaisant. Alain JOYANDET est venu à Roncq jeudi dernier pour animer une table ronde sur la coopération décentralisée. Il m’avait téléphoné le matin même pour me proposer d’annuler sa venue en raison de sa prochaine éviction. Je lui ai dit de venir quand même afin de respecter les personnes invitées et je ne regrette pas qu’il ait assumé ainsi ses responsabilités. Alain JOYANDET a été selon moi un bon ministre. Je suppose qu’il n’a joué aucun rôle direct dans le choix de l’avion privé qui a défrayé la chronique, et je déplore que certains de ses ex collègues, NKM pour ne pas la citer, se soient permis de commenter sa démission. Celle-ci est un fait dont il faut prendre acte. Il est à  craindre qu’il ne soit pas suffisant pour rétablir une confiance aujourd’hui bien fissurée.

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4 commentaires

  1. Monsieur Le Député,

    Il y a un troisième participant dans cet jeu: sauf à être un extraterrestre, tout le monde sait que la “justice” s’acharne contre l’entourage du Président de la République précisément depuis les tirs de barrage qu’a subis Madame DATI non seulement lors du contrôle de l’application de sa loi votée en août 2007, mais aussi après avoir annoncé des fermetures nécessaires de juridictions.

    Je rappelle que le Front National demande depuis l’élection présidentielle de 2007:
    1) LA FERMETURE, LA DISSOLUTION DE L’ECOLE NATIONALE DU MARXISME – PARDON DE LA MAGISTRATURE – QUI EST L’ECOLE DU LAXISME.
    2) LA MISE AU PAS DU SYNDICAT DE LA MAGISTRATURE QUI, OUVERTEMENT, OFFICIELLEMENT ET CYNIQUEMENT, MET LA POLITIQUE A L’INTERIEUR DE LA JUSTICE.

  2. Monsieur VANNESTE,

    Monsieur Joyandet a sans doute beaucoup de qualité. Mais ce n’est pas un “bon Ministre”.

    -La première tâche d’un “Ministre” – et c’est vrai pour un “Secrétaire d’Etat” – c’est de ne pas faire courir de péril à la République. De ne pas l’humilier. En un mot de promouvoir la République par ses propos, sa conduite, et ses actes. Non de l’entraîner vers le fond.

    Car un “Ministre” c’est un peu comme un “député” : les Français ne peuvent juger la qualité d’un régime politique – et il n’y a pas que la “République” qui soit “démocratique” – qu’en fonction des actes et propos de ses défenseurs légitimes. C’est à dire de ceux qu’on nomme – peut être à tort – les “serviteurs” non pas de “l’Etat” – qui est l’instrument – mais du “régime” en place à savoir en la circonstance la “République”.

    Nous sommes, en France, à la cinquième tentative. En deux siècles d’existence. Un “bon Ministre” comme du reste un “serviteur du régime” qu’il soit élu ou nommé, doit toujours avoir en tête qu’une Monarchie millénaire est morte en un an – et l’on devrait dire un mois puisque dès le 26 août 1789 il y avait eu transfert du pouvoir vers “la Nation” au détriment “du roi” – et que la République a déjà échoué quatre fois. Elle a été relevée en 1848 par la bétise de Charles X ; elle a été redressée par les “monarchiens” en 1870 ; Charles De Gaulle lui a rendu l’honneur que les députés qui ont donné les pleins pouvoirs (illégalement) à Pétain lui avaient fait perdre ; le même De Gaulle soutient encore la V République…Car sans sa figure je ne suis pas sur que celle ci aurait duré 50 ans.

    Et voilà que par sa conduite, M. Yolandet fait précisément ce que les “politiques” ont reproché à notre équipe de foot : reprenez les mots de Mme BACHELOT. Ils conviennent tout à fait : “créer une crise morale” ; “salir la France” ; “ridiculiser le pays” ; “ternir l’image de la France”.

    Il n’est quand même pas bien difficile, quand on est un homme cultivé comme M. Yolandet, de connaître l’Histoire du pays qu’on sert. A quel moment de notre Histoire a t on eu : crise financière, crise économique, crise morale, crise politique ? Je vous le donne en mille : la Révolution française ! Alors si M. Yolandet joue les Marie Antoinette – laquelle avait l’excuse de la jeunesse – il ne faut pas s’étonner qu’il “subisse” les mêmes “tourments” qu’elle.

    Alors oui, vous avez peut être raison. M. Yolandet est peut être un “bon Ministre”. Mais pas pour la République. Peut être travaille t il pour le compte de Louis XX de France ?

    Si la Monarchie s’avère plus vertueuse que la République…Demandez vous combien de temps les Français continueront de soutenir le régime républicain.

    -Un “bon Ministre”, M. VANNESTE, est aussi censé être un “politique”. M. Yolandet est un homme intelligent en principe. A cet égard, il ne peut que savoir que dès lors qu’il entrait au Gouvernement – voire tout simplement faisait de la “politique” – sa personne ne lui appartiendrait plus. Et que, dès lors, il se devait d’être innattaquable. C’est la même chose pour bon nombre de “Ministres” d’ailleurs. A commencer par M. Woerth.

    Ce n’est pourtant pas bien compliqué de tirer des leçons de l’Histoire, si ? Le point faible de Louis XVI c’était sa femme. Et bien ses adversaires, y compris dans son entourage, se sont mis à tirer sur la reine. Pourquoi ? Parce qu’elle se mettait d’elle même en danger. Et le roi ne faisait absolument rien pour la protéger. Y compris contre elle même. En acceptant qu’elle dorme à Trianon – c’est à dire hors du lit conjugal – en lui supprimant les charges tenues par l’épouse du monarque, en la laissant finalement vivre une vie de fête en tout point contraire à son statut…Nécessairement, elle était la cible des “potins”. Et comme du reste elle s’entourait d’une “Cour” restreinte, à la réputation sulfureuse, elle ne pouvait être “au dessus de tout soupçon” comme un grand nombre de celles qui l’avaient précédé.

    Que E. Woerth n’ait pas compris que ses adversaires politiques – les premiers ministrables moins en cour par ex – ou ceux qu’il peut éventuellement géner – les parlementaires qui n’ont pas beaucoup apprécié ses piques sur la retraite en or des dits élus par ex – en passant par son concurrent le plus direct – un certain Fillon qui a peut être écrit à médiapart pour garder sa place (les soc ont trop de souci pour être à la source des pbs de M. Woerh) –
    c’est du pur aveuglement !

    A partir du moment où l’on se met à découvert, comment s’insurger de recevoir des flèches ? Vous l’avez dit : en politique, il faut savoir déplacer les pièces. En la circonstance, M. Woerth a cru être une reine là où il n’était qu’un pion. Si c’est avec ce genre de pièce que le roi – M. SARKOZY – croit gagner la partie, alors il faut croire que celui ci n’a toujours rien compris au pays. Qu’il envoie sa reine dégommer un pion remplaçable pour un plus fiable…Avant que la partie adverse n’envoie la sienne. C’est le seul moyen d’éviter l’impasse.

    Là encore, force est de constater que, pour E. Woerth comme pour M. Yolandet, ce principe a été clairement oublié. Pourquoi croyez vous donc que les rois de France prenaient un soin très particulier à faire de la reine un personnage sacré ? Parce qu’il savait pertinemment que sinon on instrumentaliserait celle ci ! Et qu’ils seraient eux mêmes touchés.

    Ainsi, chaque reine de France devait donner naissance devant un certain nombre de “témoins”. Non pas parce que les rois étaient des salopards doutant de la vertu de leur épouse…Mais parce qu’il fallait prouver à la population comme aux ambassadeurs que l’héritier du trone était bien de la chair du roi. Histoire d’éviter, pour ex, un remake de 1420, époque à laquelle une certain Isabeau expliqua le plus simplement du monde que le “dauphin” était en fait le fruit d’un adultère !

    A cela, était rajouté une Cour pour la reine, qui servait autant à protéger sa vertu – car les personnes choisies étaient censées en posséder elle même une – qu’à éviter justement le moindre soupçon d’adultère ou autre. Est ce un hasard si les “rumeurs” sur la paternité du “dauphin” louis, en 1787, coincident avec la fin dudit “espionnage” ? Marie Antoinette non seulement vivant “seule” (c’est à dire sans le roi) mais en plus choisissant elle même sa “Cour” (ce qui la mettait hors de portée de “l’oeil” du roi)

    Pour redresser la situation, M. Woerth est dans la même situation que Louis XVI en 1789 : soit il divorce et garde son poste ; soit il garde sa femme mais démissionne. Louis a finalement dû “démissionner” par la force. Et il en a plus perdu sa femme.

    Pour terminer. Vous incriminez les membres du cabinet de M. Yolandet. Fort bien. Mais M. VANNESTE, comment voulez vous qu’on puisse accorder du crédit à un homme qui n’est pas capable de “gouverner” son propre Ministère ! Il va de soi que M. YOLANDET aurait dû prendre une personne le “connaissant”. Ou dans le cas contraire, s’il n’avait pas trop le choix des personnes par ex, qu’il se repose sur une personne de confiance, ayant suffisamment de bon sens, pour justement veiller à : “l’honneur, la réputation, et le renom” du Ministre.

    C’était jadis le rôle dévolu aux dames “d’honneur” de la reine. C’est aujourd’hui celui des membres du Ministère. Ce qui ne veut pas dire qu’il faut être loyal tout le temps au Ministre. Seulement le faire si celui ci le mérite.

    En 1789, les Français considéraient qu’un roi incapable de gouverner sa femme était incapable de gérer un Royaume. Cette incapacité à tenir les rênes sur sa famille, et notamment son épouse, le rendait donc indigne de sa fonction…Et dès lors indigne de la France. Son autorité en fut naturellement ébranlée. Avec les conséquences qu’on sait.

    M. Woerth doit démissionner pour trois raisons :

    -son maintien est un grave préjudice pour la France. M. SARKOZY veut conserver son Antoinette. Mais un divorce à l’amiable vaudrait bien mieux. Car la plus grave faute commise par M. Woerth n’est pas ce dont on le soupçonne à plus ou moins juste raison. Mais le fait qu’il ait sauté à pied joint dans le piège qu’on lui tendait, et que par là même il y entraîne l’ensemble du Gouvernement, ainsi que le Président, sans parler de certains de vos collègues députés qui font les frais électoraux de ce maintien inaceptable. Quand un pion ne protège plus le roi, mais le roi le pion…Il y a comme un problème.

    -parce que tant qu’il sera en place, il mettra à mal tout ce dont il s’occupera. Retraite ou non. Le discrédit qui est sien ne peut que lui retirer la confiance populaire. Woerth c’est Calonne. Un type intelligent sans doute, appelé à quelques siècles de distance à porter un projet difficile…Et tous les deux discrédités par leur conduite. Car si M. Woerth n’a rien à se reprocher, a priori – en dehors d’un manque de bon sens – il a quand même menti quantité de fois à la Nation. Est ce digne de la France ? Pour moins que cela, Bill Clinton s’est vu démissionné. M. Woerth se croit il plus haut qu’un Président américain ?

    -pour sa femme : là encore, force est de constater que M. Woerth ne semble trouver rien d’anormal au fait d’humilier publiquement son épouse, en faisant d’elle une cible idéale. En quelque sorte, M. Woerth veut, comme Louis XVI, protéger sa “famille”. Et pour cela, il garde sa femme à ses cotés.

    Il aurait été facile à Louis XVI de se “séparer” de Marie Antoinette. Puis, disons quelques mois plus tard, une fois les choses plus calmes, de la faire revenir petit à petit. Or qu’a t il fait ? Non seulement il l’a clairement exposé – que faisait la reine aux Etats Généraux ! – mais en plus, n’assumant plus ses fonctions, il lui a donné la possibilité de faire “de la politique”…Accréditant ainsi aux yeux des Français que tous les malheurs publics devaient être attribués à celle ci.

    En croyant défendre son épouse, M. Woerth ne fait que la descendre en flêche. Car tout le monde a bien compris la manoeuvre. Pour toucher le Ministre, taper sur sa femme. Et cela marche fantastiquement bien.

    Bref, la démission de M. Woerth est nécessaire. En sacrifiant deux pions pour un sauver un seul, M. SARKOZY a peut être cru faire fort. Mais cela ne peut créer que plus de suspiçion : car pourquoi un joueur d’échec serait il assez bête pour sacrifier deux de ses pions pour en sauver un autre qui a peut être plus de valeur…Mais expose considérablement le roi ?

    Dites à M. SARKOZY d’envoyer la reine pour qu’elle terrasse ce pion. Avant que d’autres en aient l’idée.

    En 2010, il n’est pas concevable qu’un “Ministre” incapable de tenir son personnel soit à la place qui est sienne. Quel crédit pourrait il donc avoir ?

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