On ne peut vaincre l’ensauvagement qu’en restaurant Notre civilisation ! (I)

En 2017, les Français avaient élu par défaut E. Macron et avaient assuré une large majorité à son parti « En Marche ». Celui-ci aurait perdu 95% de ses adhérents, mais garde une imposante majorité à l’Assemblée Nationale totalement déligitimée par les scrutins plus récents. Le pouvoir tente de se relancer. La multiplication des annonces par de nouveaux ministres veut à la fois faire oublier le passé et fixer un horizon jusqu’aux prochaines présidentielles. Il faut dissiper l’illusion d’un renouveau qui pourrait enfin « marcher » !

D’abord parce que l’abus du tourisme ministériel qui coûte cher et désorganise les services le temps d’une visite n’a jamais apporté la moindre solution. Ce n’est que théâtrocratie et calinothérapie : un spectacle permettant de communiquer et de donner à croire qu’on s’occupe des problèmes et des gens qui les subissent. Ensuite, parce que à force de n’en résoudre aucun, ceux-ci sont devenus plus nombreux et quasi insolubles : trancher le noeud gordien plutôt que d’essayer de le dénouer patiemment sans succès est une solution peu compatible avec la religion de l’Etat de droit et du politiquement correct. Enfin, parce que face à ces obstacles devenus insurmontables, la pensée du « en même temps » révèle son absurdité et son impuissance. Une action politique doit fixer des priorités. Les ministres jetés comme les boules d’un flipper pour rebondir d’une difficulté non résolue à une autre aggravée ne pourront que perdre la partie. On pourrait même fustiger l’empreinte carbone de cette cavalcade ministérielle en contradiction avec l’objectif écologique cher au président.

Les événements, les faits qu’on essaie en vain de minimiser, de voiler, finissent toujours par imposer de véritables priorités. L’ « ensauvagement » de la société française est à la une, et c’est inévitable. Que signifie l’ensauvagement ? En premier lieu, l’augmentation de la brutalité dans les rapports humains. En second lieu, le fait que les auteurs de ces violences sont étrangers à la culture nationale, que leurs comportements sont ceux de « sauvages » qui n’ont pas assimilé la civilisation dont nous héritons, et qu’ils n’ont pas été assimilés à la nation même réduite à « la République ». Il y a dans notre pays des espaces où le rapport de forces domine l’Etat de droit parce que démographiquement des groupes d’origine étrangère sont plus nombreux que les autochtones et ne peuvent donc imiter le modèle de ces derniers, que les trafics et autre activités illicites constituent une part décisive de l’économie de ces secteurs, et qu’enfin l’école inhibée par les pressions, les menaces, les réticences ne remplit plus son rôle intégrateur. Quand la formation conduit à de petits emplois mal rémunérés alors que la délinquance et le crime rapportent bien davantage, notamment en raison du laxisme judiciaire à l’égard des mineurs, prétendre que la construction d’une école permettrait de fermer une prison est grotesque. Il faut lire « La France des caïds » de Gérald Pandelon pour prendre la mesure de l’illusion.

Et pourtant c’est à cette vieille utopie hugolienne que vient de se référer le nouveau ministre de la justice qui en tant qu’avocat souhaite bien sûr que ses clients, victimes de l’injustice sociale, soient libres. La prison serait l’école du crime… donc, si on ferme les prisons, le crime diminuera. La criminalité comme Alain Bauer et Xavier Raufer le disent depuis longtemps est avant tout le fait de criminels, et non un mécanisme social qu’on pourrait faire cesser « mécaniquement » en diminuant les inégalités, en réduisant les discriminations. Edwin Sutherland a pointé avec « l’association différentielle » l’idée qu’au sein d’un groupe homogène, peut s’épanouir et se transmettre la préférence pour la transgression plus profitable matériellement et psychologiquement que le conformisme. On en tire revenus et reconnaissance « sociale ». Certes la prison est un accélérateur de ce phénomène, mais parce qu’elle arrive trop peu et trop tard, pour trop peu de temps, et avec trop de contraintes pour l’institution pénitentiaire. La France n’a pas construit assez de prisons. La surpopulation carcérale est due à cette insuffisance et non à la dureté des châtiments. C’est pourquoi la peine dès le premier délit méritant une privation de liberté doit être exécutée avec le risque pour le récidiviste d’une incarcération très longue. Le travail devrait bien sûr y être obligatoire, ne serait-ce que pour couvrir les frais d’ « hébergement ». Le travail devrait d’ailleurs à travers les TIG être systématiquement mis en oeuvre comme première peine.

Cette réponse est à des années-lumière de l’idéologie mortifère qui règne dans notre pays. Pour comble, la schizophrénie du « en même temps » a placé face à face et non côte à côte un partisan de cette idéologie à la Justice, et un imitateur de Sarkozy à l’intérieur. Sur le terrain de la récente fusillade de Nice, ce dernier n’a pas brandi son Kärcher mais affirmé que la République était partout chez elle. Cette phraséologie incantatoire ne nous change guère de Castaner. Or, il est temps de renverser la table ! Les fusillades et les échauffourées de Dijon et de Nice ont conduit à des déplacements de ministres suivis de déplacements de CRS…. Poudre de perlimpinpin et emplâtre sur jambe de bois ! Philippe Monguillot, Mélanie Lemée, Thomas et Axelle Dorier ont été victimes de sauvages incapables de mesurer la gravité de leurs actes. L’avocate de celui qui est l’auteur de la mort de l’aide-soignante de Lyon a voulu faire de son client une victime, « bouleversée » par le drame (dont il est l’auteur) et objet d’une récupération de l’extrême-droite. Ce renversement systématique de la culpabilité, cette victimisation des coupables sont devenus intolérables. Effectivement, son prénom n’est pas Jules ou Louis et a la même origine que ceux impliqués le plus souvent dans les violences. Il faut se libérer de l’aveuglement idéologique qui nous est imposé depuis trop longtemps. Mais cette libération ne serait, si elle est encore possible, qu’un premier acte avant un changement radical dans les domaines de l’immigration, de l’accession à la nationalité, de la justice et de l’école… Nous sommes devant une montagne et notre « premier de cordée » est le plus mauvais guide qu’on puisse imaginer pour cette aventure à hauts risques.

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9 commentaires

  1. erwan - 24 juillet 2020 7 h 20 min

    M. Vanneste, vous fustigez à juste raison l’état de droit tel qu’on le connaît en Europe occidentale avec son concept faisandé de démocratie libérale qui dissout le peuple. A contrario, ce sont les pays d’Europe centrale et plus généralement d’Asie qui nous montrent la voie de la démocratie absolue ou autoritaire, la seule qui garantisse la souveraineté populaire et la volonté exprimée par la majorité.

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  2. DELAFOSSE - 24 juillet 2020 8 h 28 min

    Les « En même temps » sont utilisés principalement par ceux qui sont incapables de trancher pour prendre des décisions.
    Les actions violentes d’ensauvagement ne sont jamais que les prémices d’une guerre civile annoncée de longue date. Rien d’anormal donc à ce que l’on voit actuellement. Beaucoup pensent que ce type de propos est exagéré… je suis le premier à le reconnaître. Mais je crains que tôt ou tard, nous soyons tous dans l’obligation de nous rendre à l’évidence.

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  3. kerneilla - 24 juillet 2020 10 h 10 min

    Samuel P. Huntington  » Le choc des civilisations » (Odile Jacob 1997) avait raison de nous alerter; tous les gauchistes l’ont voué aux gémonies; mais la réalité a la vie dure, et aujourd’hui elle s’impose; nous sommes effectivement au bord de la guerre, même pas civile (ce serait français contre français), mais guerre étrangère : Français contre envahisseurs qui veulent nous imposer leurs moeurs par la force (même si certains d’entre eux ont obtenu la nationalité française par idéologie et laxisme). On n’évitera pas la déflagration avec le bisounours macronien, Munich a fait la preuve de sa nocivité, il faut que l’Etat se montre fort; Une députée de Marseille (Samia Gahli, sauf erreur) , d’origine magrébine, et connaissant son sujet a proposé de faire le siège des banlieues perdues, pour en éradiquer les caïds; qu’attendent donc les autorités responsables pour écouter les personnes qui savent de quoi elles parlent, plutôt que de donner des gages supplémentaires aux voyous en nommant Dupont-Moretti.

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  4. Francis claude NERI - 24 juillet 2020 12 h 02 min

    Bien dit, bien résumé et factuel …une fois de plus …mais à quoi çà nous avance ? La prise de conscience est là …depuis longtemps et « ya jamais personne qui réponds et qui dit comment qu’on va faire pour sortir de ce m….. »
    Samuel P. Huntington « Le choc des civilisations » (Odile Jacob 1997) avait raison de nous alerter…et bien d’autres avant lui. Aujourd’hui l’action s’impose; nous sommes effectivement au bord de la guerre raciale, culturelle et cultuelle avec en plus la forte pression démographique qui pousse les peuples à migrer vers des pays déjà saturé.
    On n’évitera pas la déflagration avec le bisounours macronien, Munich a fait la preuve de sa nocivité, il faudrait que l’Etat se montre fort, au dépend s’il le faut de l’idéologie du « vivre ensemble »
    On nous a déjà promis le karcher et rien n’est venu …alors QUOI à présent ?
    Librement inspiré par Kerneilla

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  5. DELAFOSSE - 24 juillet 2020 17 h 19 min

    Français de Patrie ou Français de Braderie, quand les gens d’un même territoire se battent entre eux, c’est le propre d’une guerre dite civile…Nous dirons merci à Sarko qui n’a rien fait en ayant maintenant le stylo plus actif à la retraite qu’au pouvoir, merci à Hollande qui n’a rien voulu faire et à Macron qui ne veut rien voir.
    Si le vrai peuple de France ne se bouge pas très vite, certains se chargeront de le bousculer à leur manière !

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  6. Caillault - 24 juillet 2020 18 h 25 min

    Il faut absolument trouver une solution pour réveiller le peuple de ce qui se passe réellement dans notre pays car il y en a malheureusement qui vivent dans leur tour d’ivoire et qui ne voyais pas la réalité de la chose et tant qu’on arrivera pas à les réveiller nous n’aurons pas la majorité pour vaincre ce fléau… et si nous agissons pas au plus vite ça sera la fin de notre civilisation

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  7. Loosveld - 24 juillet 2020 22 h 27 min

    @ DELAFOSSE:

    Le vocabulaire de la novlangue a parmi ses praticiens Emmanuel Macron qui, ce soir au stade de France, a questionné quelques sportifs pour placer le slogan publicitaire du décathlon à fond la forme.

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  8. Oblabla - 25 juillet 2020 20 h 43 min

    Jusqu’à ce que je découvre cet article sur fdesouche.com (site que je considérais comme d’extrême droite) je n’ai jamais cru au grand remplacement dans ce pays tel qu’évoqué et défini par Renaud Camus.
    Et vint cet article hallucinant :
    http://www.fdesouche.com/1399869-evolution-de-la-part-de-population-dorigine-extra-europeenne-chez-les-0-18-ans-dans-les-grandes-villes-francaises-chiffres-officiels
    Le site de France Stratégie, institution rattachée à Matignon, permet de constater l’évolution de la présence de l’immigration extra-européenne dans de nombreuses « Unités Urbaines ». Vous pouvez y accéder en cliquant sur « Composition sociale et démographique des quartiers ».
    Sur le site France Stratégie vous pouvez faire les tris et sélections que vous choisissez. Par exemple et au hasard, pour l’agglomération de Lyon, les enfants de 0-18 ans issus de l’immigration non européennes représentait en 1968 7,6% du nombre total des enfants ayant entre 0 et 18 ans de l’agglomération. En 2015 ce % est passé à 28,1% !!!
    Toutes les informations viennent de « France Stratégie » , le site du 1er ministre !!

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  9. Loosveld - 26 juillet 2020 18 h 28 min

    @ Oblabla:

    Les media nous parlent constamment de la deuxième vague, ce qui prouve que le vent a notoirement tourné dangereusement en ce mois de Juillet 2020… Si le nouveau ministre français de l’intérieur souhaite être utile à son pays, ce personnage peut décider l’organisation des élections régionales dans un mois et une semaine, pour que la république-en-marche-parfois-après-cinq-ans puisse enfin restaurer quelques recommandations professionnelles gratuites en droit français du travail.

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