Le salafisme est une idée, la critique de l’immigration, un crime ?

orchestreLe 27 Mars dernier, le Premier Ministre intervenait à l’Assemblée pour répondre aux questions des parlementaires sur les assassinats islamistes qui venaient d’être perpétrés dans l’Aude. Edouard Philippe répondit en particulier à ceux qui voulait interdire l’islam radical, le salafisme. Il le fit avec componction, en s’appuyant, plein de dignité sur la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, dont il cita l’article 10 :  » Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la loi », et en tira la conclusion suivante :  » on ne peut interdire une idée mais sanctionner les comportements qu’elle entraîne s’ils sont contraires aux lois de la République. » Ce grand moment d’éloquence fut largement applaudi par la claque en marche, toujours aussi bêtement disciplinée. Pourtant, le chef du gouvernement venait de débiter une énormité qui révélait ce que de plus en plus de Français commencent à soupçonner : son extraordinaire incompétence. En l’occurrence, il se trompait ici par les deux bouts. D’abord, si une idée peut être interdite lorsqu’elle menace les lois de la République, alors le salafisme peut et doit être interdit, puisque le salafisme s’appuie sur le texte fondamental de l’islam, le coran, et sur les pratiques initiales du prophète et de ses compagnons, relevés dans les hadiths. Il exige l’application des préceptes et l’imitation des modèles qui y figurent. Il est alors facile de montrer que le meurtre des mécréants, en particulier des « associationnistes », des chrétiens et des juifs, bref de tous ceux qui résistent à la conversion et à la soumission, y est encouragé. L’infériorité de la femme, l’esclavage, la prise de butin, l’humiliation des vaincus, voire l’extermination des hommes et le partage de leurs femmes et de leurs enfants sont manifestement tenus pour choses normales. Bref, il y a une totale incompatibilité entre ces idées et les lois de la République, notamment parce que le salafisme, loin de s’opposer à la discrimination, la revendique, entre les religions et entre les sexes par exemple. Alors, le grand légiste de Matignon dira qu’il s’agit d’idées et non de comportements, frappé d’une curieuse amnésie qui lui fait oublier que les 4 assassinats de l’Aude, les horreurs commises par les djihadistes dits « français » en Irak et en Syrie, les attentats de Toulouse et Montauban, de Charlie Hebdo, de « l’hyper casher », du Bataclan, de Nice etc… sont bel et bien des comportements et qu’ils sont les produits respectueux du salafisme contre chrétiens et juifs, contre Français, même musulmans. Le salafisme tombe donc pleinement sous le coup de la loi, et sa sanction observe tout-à-fait l’article 10 du préambule de notre Constitution.

Mais ce qui rend ce discours grotesque ou odieux, c’est l’extraordinaire aveuglement qui conduit Edouard Philippe à prétendre, à propos du salafisme, qu’on ne peut punir une idée mais seulement des comportements, alors que l’évolution de plus en plus pernicieuse de la loi sur la liberté de la presse, non seulement permet de sanctionner les idées et ceux qui les émettent, mais autorise des associations à jouer le rôle de chiens de garde du système répressif de l’opinion qui a, ainsi, été instauré. De nombreuses personnalités ont été poursuivies, après des plaintes de ces associations militantes, et avec souvent l’assentiment, voire l’acharnement du Parquet, capable d’ailleurs d’intervenir spontanément contre l’expression d’une pensée qui n’a, cependant, été suivie d’aucun comportement répréhensible. Deux poids, deux mesures, tel est le fonctionnement d’une justice dont la partialité est une injure à la démocratie et à l’Etat de Droit, cette mascarade française que le Premier Ministre entend cautionner. C’est ainsi que Nicolas Dupont-Aignan s’est retrouvé, après beaucoup d’autres devant les juges pour avoir osé parler « d’invasion migratoire ». Il risque une amende de 5000 Euros, avec sursis. Il faut dénoncer vigoureusement cette aberration française qui, en l’occurrence, additionne cinq scandales. Premier scandale : il s’agit d’une opinion sur un fait objectif que constitue l’augmentation des migrants dans notre pays. Qu’un citoyen y soit opposé fait partie de la libre expression des idées dans une démocratie authentique. La pénalisation d’une idée qui n’a point entraîné la moindre violence à l’égard des immigrés est une horreur juridique. Deuxième scandale : le droit pénal doit être précis et ne pas laisser place à des interprétations tendancieuses. L’appel à la haine et à la discrimination est une formule déjà trop large, mais les magistrats se permettent de l’interpréter pour poursuivre des intentions cachées. Dire qu’il y a trop d’immigrés n’appelle nullement à la haine, ni à la discrimination. C’est un constat, qui en l’occurrence ne pourrait être discriminatoire qu’envers les étrangers par rapport aux Français, ce qui n’a rien d’inconstitutionnel. Troisième scandale : le terme « invasion » est une figure de style, une hyperbole, ce que la caricature est au dessin. L’absurdité dans laquelle nous sommes tombés va nous conduire à défendre le dessinateur qui n’a pas de légitimité particulière, mais à condamner le représentant du Peuple lorsqu’il force un peu le trait d’un discours : c’est le monde à l’envers. Quatrième scandale : Nicolas Dupont-Aignan est député. Le pouvoir actuel tente déjà de jouer de la démagogie antiparlementaire, mais en permettant à un fonctionnaire de justice, à un magistrat du Parquet de faire la leçon à un député sur ce qu’il doit dire, il ébranle un pilier essentiel de la démocratie : la fonction tribunicienne, le droit pour un élu du Peuple de dire parfois, et sans risque, ce qu’une partie du peuple pense sans oser le dire. Cinquième scandale enfin : les propos du Parquet ne sont pas de nature juridique, mais politique, et témoignent d’une imprégnation idéologique de nature à faire perdre toute confiance dans notre justice. C’est ainsi que le Procureur ose stigmatiser la critique parfaitement légitime d’un opposant politique envers la politique migratoire des socialistes. Il la dénonce, comme « reprenant tranquillement à son compte une théorie complotiste et raciste née dans le tréfonds de l’extrême-droite » et considère qu’on doit la sanctionner pour « ne pas ouvrir les vannes à la parole raciste décomplexée ». C’est un condensé d’idéologie : les amalgames sémantiques, les termes volontairement péjoratifs, la discrimination politique. Tout y est. Ce n’est pas du droit, mais de la politique. En quoi est-ce un complot de voir la montée de l’immigration ? Est-il question de race ? De quel droit interdire aux idées d’extrême-droite de s’exprimer ?La justice a-t-elle le souci de protéger les Français ?

En somme, la justice, telle que l’entend notre Premier Ministre, et telle qu’elle fonctionne malheureusement, ne peut sanctionner le salafisme mais doit éradiquer ceux qui auraient l’audace de laisser supposer que l’immigration pourrait bien être le terreau du salafisme, et du danger réel qu’il représente. Que le locataire de Matignon range la Constitution dans les rayons obscurs de sa bibliothèque. Il y a belle lurette que notre pays ne la respecte plus !

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11 commentaires

  1. DELAFOSSE - 6 avril 2018 10 h 30 min

    Si les « idées » ne peuvent être condamnables, qu’en est-il du nazisme aujourd’hui ?
    Merci au Premier Ministre de bien vouloir me répondre !

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    • Jeno - 6 avril 2018 12 h 44 min

      Et qui parle du nazisme ici ?

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      • DELAFOSSE - 6 avril 2018 21 h 27 min

        En comparaison avec une « idée », une idéologie comme une autre que nous ne devons soit-disant pas condamnée.
        Pas toujours facile d’être compris dans un simple commentaire, mais je n’ai pas vocation à m’étendre en explications sur ce blog.

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  2. Pitton Rita - 7 avril 2018 9 h 31 min

    Il faut laisser l’Extrême droite exprimer ses idées sécuritaires et identitaires .Amen

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  3. Galatine - 7 avril 2018 16 h 21 min

    Dans l’affaire de Nicolas Dupont Aignan,ce procureur dépasse sa fonction jurisprudentielle pour se faire historien et apôtre de la vertu,chargé de définir le bien et la morale en lieu et place de la vérité.
    Et ce ton de maître d’école pour gronder et menacer NDA que ce sera bien la « première et la dernière fois » et qu’on ne l’y reprenne plus…

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  4. kerneilla - 9 avril 2018 17 h 41 min

    « Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses,_pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la loi » , donc justement, contrairement aux conclusions du premier ministre, comme la manifestations du salafisme sont des attentats, crimes et délits, donc des troubles à l’ordre public établi par la Loi, le salafisme devrait évidemment être mis hors la Loi , ses mosquées fermées, et ses adeptes expulsés s’ils sont étrangers, étroitement surveillés s’ils ont été naturalisés français et déchus de la nationalité française au moindre délits (trahison envers le Pays, en état de guerre contre le terrorisme); et s’ils sont français, de souche, il me semble que la trahison justifie aussi qu’on leur retire la nationalité (?) et que l’application de ces sanctions doit être effective et annoncée bien haut pour décourager au moins les plus velléitaires.

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  5. kerneilla - 9 avril 2018 22 h 19 min

    Le problème est que nous sommes nombreux à ne plus faire confiance à une justice très politisée en France, cf. les poursuites contre les « ennemis politiques » de la caste – ex M. Fillon, curieusement depuis qu’il a été évincé au profit de Macron, son « affaire » semble avoir disparu, de la à penser à un déni de démocratie caractérisé..
    – ex: totes les poursuites contre : M. Dupont-Aignan etc.. qui osent dire tout haut ce que de plus en plus de Français pensent tout bas…

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  6. Hasso - 13 avril 2018 16 h 53 min

    La liberté d’expression est un fondement essentiel d’une société démocratique, et vaut non seulement pour les informations ou idées accueillies avec faveur ou considérées comme inoffensives ou indifférentes, mais aussi pour celles qui heurtent, choquent ou inquiètent l’État ou une fraction quelconque de la population.
    Arrêt de la Cour européenne des droits de l’Homme, 1976

    Ce procureur se croit toujours à Moscou ou à La Havane, et pas en Europe, certainement.

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    • vanneste - 13 avril 2018 19 h 06 min

      Je connais bien ce texte puisque c’est lui qui a permis à la Cour de Cassation d’annuler sans renvoi la condamnation dont j’étais victime en raison des jugements erronés de magistrats incompétents et politisés. J’avais eu affaire à une éminente représentante du parquet qui avait prétendu qu’un député devait obéir à la loi, ce qui est évidemment absurde pour ce qui est de la parole, puisqu’il peut à tout moment déposer une proposition de loi remettant en cause telle ou telle loi existante.

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  7. Natou - 18 avril 2018 13 h 35 min

    Quand j’ai posé la question de l’interdiction du salafisme à la MIVILUDES, voici le long bla bla qui m’a été répondu assez tardivement et ensuite ma réponse :

    > Message du 13/04/18 20:15
    > De : « Secrétaire Général  »
    > A :
    > Copie à :
    > Objet : Réponse à votre courrier du 26-03-2018
    >
    > Courriel envoyé par : Secrétaire Général miviludes@miviludes.pm.gouv.fr .

    Madame,

    Vous avez bien voulu interroger la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (MIVILUDES) sur l’islam radical, en particulier sur le salafisme, et exprimer l’idée que celui-ci devrait être considéré comme une « secte létale ».

    Le prosélytisme islamiste, dans un contexte où la menace terroriste reste forte, soulève des interrogations dans la population dont se saisissent nombre d’élus et de personnalités politiques. La MIVILUDES a ainsi reçu plusieurs interpellations et réflexions visant à empêcher le développement d’un prosélytisme qualifié de dérive sectaire qui pourrait favoriser chez certains une radicalisation. Plusieurs personnalités ont souhaité voir le salafisme interdit en France.

    La nécessité de préciser les termes

    Face à la menace terroriste, un impératif de réaction s’impose conduisant parfois à des simplifications qui peuvent faire le jeu des idéologues djiahdistes eux-mêmes. Pour apporter une réponse légale, cohérente et efficace, il est nécessaire de prendre en compte les faits et de les qualifier précisément.

    Il convient de distinguer les personnes qui adhèrent à une forme de radicalité religieuse ou politico-religieuse de celles qui s’engagent dans une radicalité violente et qui représentent une part extrêmement minoritaire parmi laquelle certains peuvent peut « passer à l’acte », c’est-à-dire partir sur des zones de combat ou d’entraînement armé, concourir activement ou participer à des actions terroristes sur le territoire national. Tous ceux qui adoptent une forme de radicalité ne sont pas des terroristes potentiels.

    Par radicalisation, on entend le « processus par lequel un individu ou un groupe adopte une forme violente d’action, directement liée à une idéologie extrémiste à contenu politique, social ou religieux qui conteste l’ordre établi sur le plan politique, social ou culturel ». Le djihadisme est la forme de radicalisation la plus menaçante en France aujourd’hui, mais il ne faut pas ignorer qu’il y a d’autres idéologies qui peuvent légitimer la violence.

    Les observateurs qui s’appuient sur des recherches sérieuses s’accordent pour reconnaître que certains courants de l’islam radical sont de nature à favoriser un terreau culturel propice au développement de la radicalisation djihadiste, et dans le même temps on peut observer que l’adhésion à une forme de rigorisme religieux de type salafi est incompatible avec la logique du djihadisme. L’adhésion aux valeurs de l’islam radical est dans certains cas la première marche qui conduit à la radicalisation djihadiste et dans d’autres cas ces mêmes valeurs immunisent contre le discours djihadiste qui place la violence au cœur de sa vision du monde et qui n’offre pas d’autre issue.

    S’agissant du salafisme, les islamologues s’accordent à distinguer trois courants antagonistes. L’un quiétiste se veut apolitique mais très actif sur le plan religieux et ses théoriciens prônent pour la plupart le respect des lois en vigueur dans les pays de résidence. Un autre courant politique aurait l’ambition de développer son audience au sein de la communauté des croyants musulmans puis au-delà, en développant une logique d’activisme militant dans un cadre associatif ou partisan. Le système démocratique y est largement critiqué voire méprisé, mais exploité pour le cadre d’expression qu’il fournit Le troisième courant, le salafisme djihadiste, prône un usage systématique de la violence en érigeant le « petit djihad » (djihad physique) en instrument exclusif du changement politique en vue de l’instauration d’un Califat (système de gouvernance régit par la loi islamique, la charia).

    Le salafisme dans son ensemble a une lecture commune de l’islam qui repose sur l’école juridique musulmane la plus rigoriste, le hanbalisme. Au XVIIIe siècle, le théologien Mohammed ben Abdelwahhab dit Ibn Abdelwahhab soutenant la monarchie naissante des Saoud a conceptualisé une lecture rigoriste et puritaine qui a donné son nom au mouvement wahhabite. L’idéologie hanbalite-wahhabite, prône un retour à l’islam des origines dans une lecture littéraliste de la Sunna (le Coran et les traditions prophétiques), et considère avec beaucoup de méfiance toute adaptation à la modernité, repose sur le mythe d’un âge d’or et d’une unité perdue. Les spécialistes s’accordent sur le fait que le wahhabisme inspire largement l’ensemble de la mouvance salafiste. À cet égard, il sera important de suivre les évolutions en cours en Arabie saoudite, berceau du salafisme, où des réformes religieuses sont engagées, le caractère rétrograde du wahhabisme étant dénoncé par le prince héritier.

    Les principes juridiques applicables

    Le cadre de l’action politique est borné par deux grands principes fondateurs de la République française : la liberté de conscience et la protection des libertés. C’est dans ce cadre que s’inscrit l’action de la MIVILUDES qui conformément au principe de laïcité, s’interdit de porter quelque jugement de valeur que ce soit sur les doctrines, les théories ou les croyances en tant que telles, son objet étant de dénoncer systématiquement les dérives sectaires et de lutter contre elle. Elle s’intéresse aux atteintes pouvant être portées, par tout groupe ou tout individu, à l’ordre public, aux lois et aux règlements, aux libertés fondamentales et à la sécurité ou à l’intégrité des personnes par la mise en œuvre de techniques de sujétion, de pressions ou de menaces, ou par des pratiques favorisant l’emprise mentale et privant les personnes d’une partie de leur libre arbitre.

    La notion de dérive sectaire repose sur la notion d’emprise mentale qui suppose d’identifier le groupe ou la personne qui exerce l’emprise, de reconnaître l’état de sujet ou l’absence de libre-arbitre des personnes qui adhèrent à l’idéologie et d’identifier les dommages induits. La MIVILUDES prend appui sur la concordance de certains critères de dangerosité tels la déstabilisation mentale, le caractère exorbitant des exigences financières, la rupture avec l’environnement d’origine, l’existence d’atteintes à l’intégrité physique, l’embrigadement des enfants, le discours antisocial, les troubles à l’ordre public, l’importance des démêlés judiciaires, l’éventuel détournement des circuits économiques traditionnels et/ou les tentatives d’infiltration des pouvoirs publics.

    La loi n° 2001-504 du 12 juin 2001 tendant à renforcer la prévention et la répression des mouvements sectaires portant atteinte aux droits de l’homme et aux libertés fondamentales, prévoit dans un chapitre Ier la « dissolution civile de certaines personnes morales » pour celles qui seraient convaincues d’emprise mentale.

    En l’état actuel du droit, reconnaître le djihadisme et a fortiori le salafisme comme une dérive sectaire reviendrait à considérer qu’il n’y a pas de responsabilité et d’acte volontaire dans l’engagement de ceux qui adhèrent à l’idéologie.

    L’article L. 212-1 du code de la sécurité intérieure permet de dissoudre les associations ou groupements de fait qui participent à la commission d’actes portant une atteinte grave à l’ordre public (dont les mouvements qui peuvent « attenter par la force à la forme républicaine du Gouvernement » ; ceux qui provoquent la discrimination, la haine ou à la violence ; ceux qui se livrent, sur le territoire français ou à partir de ce territoire, à des agissements en vue de provoquer des actes de terrorisme en France ou à l’étranger).

    L’application de ces textes suppose des faits – une atteinte grave à l’ordre public – imputables directement au discours d’un groupement.

    Une approche pragmatique

    La MIVILUDES reconnaît dans la mouvance salafiste des discours très éloignés de ce que l’on appelle communément les valeurs de la République, comme elle en rencontre dans d’autres mouvements religieux. Elle relève l’importance de l’imaginaire conspirationniste, millénariste ou le messianisme eschatologique qui est très répandu dans les mouvances New Age comme salafiste, mais aussi dans certains courants évangéliques.

    La MIVILUDES reconnaît aussi dans le processus de radicalisation des mécanismes à l’œuvre dans les dérives sectaires. Son expérience, depuis de longues années, sur les phénomènes d’adhésion à des pensées extrêmes la conduit à proposer une approche pragmatique qui repose d’avantage sur les parcours individuels que sur l’idéologie.

    Il faut avoir à l’esprit la stratégie des djihadistes de la dernière génération qui cherchent par les actes terroristes à provoquer dans les pays occidentaux un rejet des musulmans qui se radicaliseront et à forcer les gouvernements à renoncer à des principes de liberté fondateurs de la société. Déjouer le piège tendu oblige à être vigilant, à faire preuve de discernement et rigoureux dans l’application du cadre légal.

    Cette approche ne condamne pas à l’inaction, car il y a beaucoup à faire en matière de prévention, sans négliger bien sûr la répression rigoureuse des actes délictueux.

    En conclusion, le rôle de la MIVILUDES

    L’expertise de la MIVILUDES l’a conduite à collaborer étroitement avec le Comité interministériel de prévention contre la délinquance et de la radicalisation en charge de la coordination de la prévention et de la prise en charge des publics concernés. La contribution de la Miviludes porte sur la formation des agents publics, des élus, des bénévoles associatifs et des acteurs de terrain sur le processus de radicalisation dont la compréhension aide à développer des stratégies de prévention et de prise en charge. L’éducation et la formation pour prémunir les esprits contre les théories complotistes, terreau commun à de nombreuses dérives, les fausses informations et les manipulateurs sont les champs d’action de prévention prometteurs.

    La lutte contre les dérives sectaires, qui est une originalité française puisque très peu d’autres pays ont développé une politique publique en ce sens, apporte son concours au défi lancé à la société par le développement d’une idéologie politico-religieuse hostile et dangereuse pour la cohésion de notre pays.

    Il appartiendra au législateur de faire évoluer notre législation si nécessaire, mais en l’état actuel du droit, il ne me paraît pas possible d’adosser une politique répressive et préventive concernant l’islam radical sur la notion légalement définie de dérive sectaire.

    Au-delà des éléments précis mettant en évidence le lien entre un discours et des faits légalement répréhensibles, s’engager dans la voie de mesures coercitives contre une mouvance aux contours mal définis au motif de l’influence qu’elle a pu exercer sur des individus qui se sont radicalisés est une décision qui peut être lourde de conséquence au regard de nos valeurs et peu opérantes s’agissant de la lutte anti-terroriste. Les politiques publiques pour prévenir le repli communautaire, l’isolement de certains quartiers, pour favoriser l’insertion des jeunes dans la vie économique et leur intégration sociale peuvent en se renforçant être les outils les plus efficaces.

    Avec l’assurance de ma considération distinguée.

    Anne Josso
    Secrétaire générale de la Miviludes
    13 rue Vaneau
    75007 Paris

    _____________________________________________________

    Merci de ce long développement qui me laisse un goût amer comme la réponse du PM récemment à l’Assemblée qui disait qu’on ne peut interdire une idée. Pourtant l’idée nazie, même si elle existe encore, ne peut s’exprimer légalement. Le totalitarisme islamiste, abondamment nourri par le salafisme (et les nombreux « qui ne disent mot consentent ») est aussi dangereux et abject. Il fait de plus en plus d’adeptes sur de pauvres esprits type cas sociaux (notamment les convertis) et leur lave le cerveau, les conditionne et quand ils sont prêts, ils passent à l’action.

    Je regrette que votre organisation soit si tatillonne avec des médecines douces complémentaires et si frileuse avec la « peste verte ».

    Merci.

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  8. kerneilla - 20 avril 2018 10 h 41 min

    la MIVILUDESest manifestement gouvernée par la pensée gauchiste qui considère les délinquants comme des pauvres petits qui n’ont pas eu de chance, et non comme des êtres humains responsables de leurs actes…

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