Gadget Vallaud-Belkacem, « notre » ministre de l’éducation…

nadgetMoins un individu possède le minimum des qualités requises pour occuper des responsabilités officielles, pour détenir par exemple un portefeuille ministériel, important qui plus est, dans notre « République », plus il va se pousser du col et faire preuve d’une arrogance déplacée qui fera apparaître béante la faille qui sépare la compétence de la charge exercée. Ainsi, Najat Vallaud-Berkacem, ministre de l’éducation nationale parce qu’elle est douée pour communiquer et a donc « mérité » une place dans un conseil des ministres qui n’est plus depuis Sarkozy qu’un « casting », une distribution pour les besoins de la télévision, ne se sent plus : elle fait la leçon au Pape, à défaut d’avoir la capacité de la faire à des élèves qu’elle ne connaît qu’abstraitement. Le signe évident de ces personnages fabriqués est qu’ils vont s’illustrer par des actions marginales, « symboliques » en évitant les vrais problèmes qui sont au centre et sur lesquels ils n’ont pas la moindre connaissance pratique. Seuls les gadgets les intéressent. Ils font parler et occupent les journalistes à la fois techniquement largués par les questions sérieuses et espérant vendre ce qui fait de l’audience. Une différence sépare toutefois la gauche de la « droite ». La première sélectionne les gadgets idéologiques de son bréviaire militant. La seconde privilégie seulement la mode, le marché des idées. Chacun a ses habitudes.

C’est ainsi que le 5 Mai 2011, Luc Chatel annonçait une association entre son ministère et « Ligne Azur » pour lutter contre l’homophobie. Cette annonce faisait suite à des mesures pour favoriser l’accès des adolescents à la contraception en milieu scolaire. C’est moins ennuyeux que l’illettrisme et plus porteur auprès des médias que la sélection par les aptitudes, le talent ou le mérite. Chatel était, paraît-il, à droite et conseille Sarkozy. Ce que Chatel avait fait pour être dans le vent, Mme Vallaud-Belkacem le fait avec la conviction d’une petite militante qui a bien appris à haïr l’ennemi et à le détruire par tous les moyens. L’Education Nationale n’est donc pas l’institution qui enseigne, qui instruit. Elle est avant tout le moyen de « changer les mentalités ». Pour elle, les apprentissages fondamentaux, la transmission d’une culture ont peu d’intérêt, d’ailleurs elle n’y connaît que ce que lui soufflent les apparatchiks du cabinet, comme dernièrement la bourde qui lui a fait désigner Lavisse et non Augustine Fouillée, alias G. Bruno, comme l’auteur du « Tour de France par deux enfants » qu’elle a prétendu néanmoins avoir lu. La suffisance est égale chez elle à l’insuffisance. Ainsi s’est-elle autorisée à accuser de légèreté les propos du Pape accusant l’éducation nationale d’enseigner la « théorie du genre ». La mémoire de la ministre a dû lui jouer un vilain tour. Ce mot de « légèreté » est celui qu’a utilisé le Rapporteur public du Conseil d’Etat pour obtenir l’annulation de la circulaire du ministre précédent, Vincent Peillon, lui aussi grand partisan du changement de mentalités. Dans ce texte, il poussait les recteurs à promouvoir la « ligne azur » avec énergie (?) pour sensibiliser enseignants et élèves aux questions d’orientation et d’identité sexuelles. Si « l’orientation » est déjà un terme idéologique destiné à normaliser l’homosexualité, l’identité qui n’est pas un problème mais une évidence pour la biologie, relève bien de l’idéologie du genre pour laquelle le « genre » n’est pas le sexe réel, mais le « genre » souhaité, on dira plus justement fantasmé. Le site incriminé s’aventurait aussi sur les sujets de la drogue ou de la procréation au mépris de la législation pénale en vigueur. Tout cela était soutenu par un ministre qui jugeait ses idées tellement supérieures à la loi en vigueur et aux valeurs des familles qui confient leurs enfants à son administration qu’il se faisait un devoir de les répandre dans les jeunes cerveaux « avec énergie ». La décision de la plus haute juridiction administrative qui a pris le ministère en défaut sur la neutralité, et donc la laïcité, dont nos ministres se font les chantres, ne date que de deux ans, le 14 Octobre 2014. Mme Vallaud-Belkacem aurait donc dû se faire plus modeste.

Elle s’est contentée de faire preuve d’une sournoiserie qui n’étonne pas. Elle a prétendu que le jugement du Conseil d’Etat ne visait que les comportements illicites, mais que l’intention de combattre l’homophobie était justifiée et devait être maintenue. Sans souligner le caractère démesuré pris par cette question en raison d’un groupe de pression envahissant les antichambres des pouvoirs, il est clair que « La Ligne Azur » parle bien de l’identité de genre et que le Ministère continue ainsi de manière plus hypocrite seulement à vouloir changer les mentalités en enseignant une vision constructiviste de l’homme. On prétend lutter contre les préjugés et les stéréotypes sexistes, et on en arrive à nier les données naturelles de l’humanité pour faire de l’homme le produit d’une volonté irrationnelle. Cette stratégie de la dissimulation est la marque de la Ministre de l’Education Nationale. C’est un feu d’artifices, mais où le mot important est « artifices ». La technique en est simple : à tout propos, sur chaque événement, régulier ou imprévu, la Ministre communique, annonçant des mesures et lançant des campagnes ou des dispositifs. Du handicap à la radicalisation en passant par la culture après l’attentat contre Charlie, Najat Vallaud-Belkacem fait feu de tout bois. A défaut, le Ministère introduit une réforme qui fera parler. La multiplication des effets d’annonce laisse sceptique sur leurs effets sur le grand corps rétif à force d’inertie de l’Education Nationale. En revanche le travail de sape idéologique se poursuit. L’obsession égalitaire détruit la sélection par le talent, l’effort et le mérite qui avait fait de notre système scolaire l’un des meilleurs du monde. Les classes bilangues sont éliminées, le latin découragé, l’enseignement pluridisciplinaire favorisé avec les EPI. L’emprise de l’idéologie constructiviste qui privilégie les données incertaines de la sociologie par rapport à la biologie continue son oeuvre d’effacement des identités réelles. Les ouvrages, comme les textes qui influencent l’éducation dite nationale en font foi. L’idéologie du genre n’est pas morte. Et la Ministre y croit, quoiqu’elle dise aujourd’hui. On se contentera simplement de rappeler que cette « théorie » avait déjà ses entrées au Ministère du temps de Sarkozy, qui lui aussi a la mémoire qui flanche.

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10 commentaires

  1. DELAFOSSE - 7 octobre 2016 16 h 13 min

    Compte tenu de l’augmentation de la démographie à travers le Monde, la théorie du « Genre » me semble beaucoup moins inquiétante pour l’avenir de notre humanité que la réalité du » Nombre  » .
    D’où…comme d’habitude, l’art de passer à coté des vrais problèmes, (plus difficiles et dérangeants à traiter ).

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    • François ALLINE - 8 octobre 2016 9 h 40 min

      La démographie galopante ou surpopulation, ce n’est pas franchement chez nous en Occident et si l’on y inclue le Japon, le moins que l’on puisse dire c’est que c’est un vrai problème chez eux, dû probablement à une perte de désir et de sens.

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  2. François ALLINE - 8 octobre 2016 9 h 37 min

    Je vous le confirme Mr Vanneste. L’étude des genres et la volonté de faire du garçon « une fille comme les autres » ainsi que des pères des « mères bis » est on ne peut plus d’actualité. Sans aller chercher loin, ma soeur jumelle travaille pour l’éducation nationale pour le compte de laquelle elle dispense des formations dont l’objet « signifiant » consiste à dévriliser les garçons. Ce n’est effectivement pas dans les manuels scolaires mais fait l’objet de formations extérieures rémunérées par l’E.N.
    Autant vous dire qu’avec ma soeur c’est un peu idéologiquement la « guerre des sexes »…

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  3. DELAFOSSE - 8 octobre 2016 11 h 05 min

    Le sexe est-il vraiment déterminé dés la formation de l’embryon ? Si oui, pourquoi les mâles naissent-ils avec des tétons ?
    Vu que la fonction est sensée créer l’organe…j’aimerai recevoir réponse non pas d’ordre philosophique mais scientifique …MERCI

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    • François ALLINE - 8 octobre 2016 13 h 15 min

      Je ne suis ni scientifique, ni biologiste. En revanche, je suis d’accord avec E. Badinter qui confirme cette hypothèse (affirmation) que nous serions toutes et tous bisexués psychiquement. Ce constat corroborant la théorie Jungienne de l’anima et animus (part féminine de l’homme, masculine de la femme) en véritable altérité. Le peu que j’en sache est que le sexe de l’enfant se définirait physiologiquement dès la conception :
      « Le sexe du futur bébé est déterminé dès la fécondation.
      L’ovule dispose d’un seul chromosome sexuel : un X. Le spermatozoïde du papa, lui, apporte un chromosome sexuel de type X ou Y. C’est donc le spermatozoïde du papa qui définit si bébé sera une fille ou un garçon. Si l’assemblage est XX, ce sera une fille. Si l’assemblage est XY, ce sera un garçon »
      Honnêtement, je ne vois pas trop ce que les tétons viennent faire dans cette histoire, car à ma connaissance, les pectoraux ne produisant pas de lait à la naissance de l’enfant.
      L’assignation genrée à des rôles précis que dénonce les féministes (Simone de Beauvoir en tête) valait tout aussi bien, si ce n’est plus, pour les garçons. « On ne naît pas H-omme, on le devient » en réponse à sa célèbre formule.
      Que l’évolution de nos sociétés modifient la donne, aucun doute (Chasse – pêche – cueillette – industrie – robotique et maintenant numérique) mais occulter ce que nos civilisations doivent au masculin, c’est un peu fort de café.
      Et pour en revenir avec cet étendard du féminisme radical qu’est cette salope de Belkacem, vouloir que le masculin se féminise, puisque vendu constitutivement bienveillant, c’est un peu se foutre du monde pour occulter ce que celui-ci donne, produit et sacrifie depuis la nuit des temps pour que nos sociétés deviennent civilisations.
      Cela consiste aussi à occulter ce que la violence masculine peut avoir d’instrumentalisée ou de manipulée par un féminin pour les besoins de sa cause (sécurité et matérielle)

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      • DELAFOSSE - 8 octobre 2016 13 h 59 min

        C’est intéressant, mais comme vous le dites pratiquement vous-même,ça ne répond pas à la question…D’autre part,il existe également à la naissance des malformations qui ne permettent pas de définir en fait ce que deviendra l’enfant plus tard.
        Hommes ou femmes, mal définis ou si peu , victimes d’anomalies ou pas, l’Humain digne de ce nom, se doit avant tout d’être aimé et respecté…

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        • François ALLINE - 8 octobre 2016 17 h 28 min

          Là, nous sommes évidemment d’accord pour ce qui est d’être aimés et respectés.
          On peut quand même admettre que dans ce domaine la société a fait des progrès, quoique l’incessante incrimination et stigmatisation du masculin subie par ce genre-sexué, depuis maintenant 1/2 siècle, et donnant lieu à ce que l’on appelle « la crise de l’identité masculine », laisse planer un certain doute quant au respect qui lui est dû….

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  4. Ribus - 8 octobre 2016 18 h 31 min

    Depuis 1968, on ne parle que d’éducation et non plus d’instruction. Il n’est pas étonnant que l’école ne serve plus à instruire. La Droite et la Gauche sont en symbiose sur ce point où il règne une cohabitation heureuse depuis des décennies.

    En 1983, les Monthy Python sortaient leur film « le sens de la vie » où, dans un lycée, l’on voit un professeur avoir des rapports sexuels avec sa femme devant la classe pour enseigner aux élèves les techniques de base de la procréation. Je m’étonne que les socialistes ne le proposent pas aux programmes ; ils se ramollissent, si j’ose dire…

    Plus sérieusement, comme le « mammouth » est irréformable, il faut attendre qu’il crève et disparaisse dans les glaces. Pour y contribuer, il suffit de déverrouiller l’école privée et en particulier celle « hors contrat » afin de vider le mammouth de sa substance. Quand les établissements publics seront vides d’élèves, le mammouth disparaîtra.

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    • François ALLINE - 9 octobre 2016 9 h 22 min

      Comme vous dites Ribus, on ne parle que « d’éducation », cela étant dit c’est l’intitulé du ministère. Le vrai problème c’est qu’on ne fait que parler en évoquant un concept dont il semblerait bien qu’il soit devenu vide de sens.
      Depuis 68, il y a aussi un autre concept très à la mode ‘la liberté » cette notion étant contenue dans cette formule creuse « libération de la femme », or nous n’avons jamais été aussi enfermés, repli sur nous, principe de précaution et risque zéro ect… présidant à tous les choix dits éducatifs ; de la cellule familiale à la sociétale.

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  5. kerneilla - 11 octobre 2016 16 h 41 min

    Revenons à un Ministère de l’Instruction Publique ET donnons aux parents le choix de l’école de leurs enfants : que l’Etat donne à chacun un chèque d’Instruction qui sera remis à l’école choisie (ce qui n’empêche pas des contrôles ) on verra alors ceux qui choisissent l’Education Nationale telle qu’elle s’est abâtardie depuis 40 ans…

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