La Tragi-comédie du Chômage…

images (5)Le chômage n’est certes pas un sujet de plaisanterie. Le gouvernement parvient cependant à le faire passer de la tragédie pour ceux qui le subissent à la comédie pour ceux qui doivent commenter les pitoyables déclarations des Ministres, le premier en tête, comme il se doit. On est d’abord chez Molière lorsque les médecins se penchent sur le malade et ne cessent de répéter : « le pacte de responsabilité, le pacte de responsabilité, vous dis-je », désignant le remède et non la cause de la maladie comme le faisait Toinette dans le Malade Imaginaire. Il est vrai qu’ici, ce sont plutôt les médecins qui sont malades. L’un d’entre eux, Vidalies, comme un personnage de Feydeau libéré de l’hypnose, vient de découvrir doctement qu’on ne pouvait voir diminuer le chômage qu’à partir de 1,5% de croissance. On se demande alors pourquoi le Président et ses ministres ont attendu l’inversion de la courbe comme d’autres attendent Godot sur la scène. 0,3 % de croissance sur l’année 2013 est meilleur que prévu et quasi inespéré. Ce n’était donc pas très lucide, ou honnête, ou compétent de faire semblant de croire à l’inversion de la courbe. Celle-ci augmente en ligne droite au mois de Janvier avec une hausse de 0,3% et nous conduit à un record. Comme prévu, le chômage s’accroît chez les seniors et ne diminue plus chez les jeunes.

Avec la CGT qui rencontre le Medef, on retourne chez Molière. Le Medef serait Tartuffe. Il aurait joué les faux dévots en faisant croire à la sincérité de ses promesses d’embauches. Elles auraient séduit Orgon-Hollande prêt à se convertir au social-libéralisme et à annoncer ses dons à la nouvelle foi avec des baisses de charges. Seulement, le converti veut son indulgence plénière. Il veut des contreparties : les embauches promises. Et là, on passe chez Marivaux avec, au choix, la Méprise ou la Double Inconstance. La méprise porte sur la promesse du patronat. Bien sûr que l’une des clefs de la reprise et de la croissance réside dans la baisse des charges et du coût du travail pour rétablir notre compétitivité avec nos partenaires et concurrents européens, à commencer par L’Allemagne. Pour les emplois, il ne s’agit pas d’une promesse, mais de l’anticipation d’une conséquence macro-économique, comme on aurait dû l’obtenir depuis des années avec la TVA sociale. L’idée de la mettre en oeuvre sous le contrôle de contreparties précises est absurde car le besoin de main d’oeuvre dépendra d’autres facteurs : le marché, la concurrence, la productivité. Pour certaines entreprises, il sera préférable d’investir plutôt que d’embaucher. De plus, l’idée de contreparties chiffrées évoque une défiance et une lourdeur administrative typiquement socialistes et contre-productives. Le patronat avait parlé de charges, mais il entend logiquement parler aujourd’hui de marges. Le gouvernement avait lancé le Crédit d’Impôts Compétitivité Emploi. Il change aujourd’hui son fusil d’épaule. Il ajoute aux 20 Milliards du CICE, une diminution des charges correspondant au financement des Allocations Familiales. Il en attend 300 000 emplois sur cinq ans alors que le nombre des demandeurs d’emplois est de 3,3 Millions. Il ne sait pas encore comment financer les 50 Milliards de recettes qui manqueront, notamment pour financer la politique familiale. L’Europe s’inquiète à juste titre de l’incapacité dans laquelle se trouve la France de rétablir ses équilibres financiers suivant le plan annoncé. Une politique inconstante et imprévisible n’est jamais bonne.

La palme du théâtral revient toutefois à Michel Sapin qui parle d’un effort considérable et à Jean-Marc Ayrault qui évoque une bataille où il faut persévérer sans faiblir. On les imagine sur la scène aux prises avec le monstre ou tentant de vaincre une matière qui résiste. Malheureusement pour eux, la solution se trouve ailleurs que dans les erreurs dans lesquelles il ne faudrait justement pas persévérer, ailleurs que dans leur gesticulation sans effet, ailleurs que dans une France que leur politique a continué d’asphyxier et de paralyser davantage encore. Elle se trouve au pays de Shakespeare qui frôle les 7% chômeurs et tangente les 2% de croissance. Les recettes ? Un coût du travail nettement inférieur, une fiscalité attractive, une grande souplesse de l’emploi et de la création d’entreprises, une réduction drastique de la dépense publique, et cerise sur le gâteau, une monnaie à soi plutôt qu’un sous-mark appelé Euro et dont nous n’avons pas les moyens. Bien sûr, nos échanges avec le Royaume-Uni contribueront à notre reprise. C’est sans doute ce à quoi, tout transpirant d’ardeur, travaillent M. Ayrault et son équipe. Tandis qu’en France on jouait la Comédie des Erreurs, en Angleterre, on apprivoisait la Mégère, le chômage. Tous les rôles des pièces citées sont tenus évidemment par des intermittents du spectacle.

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11 commentaires

  1. Langelot - 27 février 2014 20 h 05 min

    C’est ça la magie du théâtre, vous voyagez dans un autre monde et à la fin de la représentation, tout ce joli petit monde s »écroule. La réalité reprend le dessus.

    On est prêt pour le baisser de rideau et je ne suis pas persuadé que les comédiens seront applaudis. Pourvu qu’il n’y ait pas de rappel mais c’est un voeu pieux.

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  2. DELAFOSSE - 27 février 2014 20 h 27 min

    Qui peut imaginer qu’il soit possible de distribuer plus sans posséder plus ?
    Réponse:Les gens de gauche !
    Comment espérer vouloir faire du « social » efficace sans commencer par s’enrichir ?
    Réponse:voir un membre du gouvernement actuel

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  3. fbastiat - 27 février 2014 21 h 12 min

    Lorsque les gouvernements ont augmenté les charges des entreprises leur ont-ils demandé de s’engager à licencier, par un « pacte »? Non, ce fut une conséquence normale. Et si le gouvernement réduit aujourd’hui les charges, doit-il exiger des entreprises qu’elles embauchent, par un « pacte »? Non, ce sera une conséquence normale.

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  4. Massey Bruno - 28 février 2014 6 h 23 min

    Des souhaits irréalistes .l histoire nous le demontre…Pacte vobis cum..ou un joli conte…Alice aux pays des merveilles..attendons le prochain con court…humour le vendrrdi

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  5. Massey Bruno - 28 février 2014 6 h 37 min

    Tirade lyrique de Mr SAPIN aux sujet des perspectives économiques du pays -jeudi sur Lcp.. »C EST QUAND CA BOUGE QU IL FAUT AGIR .. » conseil de jeune puceau..à des citoyens déjà bien éreintés ..une petite pastille bleue pour nos amis…pour l instant nous avons emprunter La VIA LACRIMA…

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  6. Danré Thomas - 28 février 2014 11 h 25 min

    Il faut savoir que la lutte contre le chômage n’est pas la priorité du gouvernement.
    Voici ce que vit un chômeur :
    http://secretscoucouma.unblog.fr/2013/05/06/pole-emploi-privatise/
    http://secretscoucouma.unblog.fr/2013/09/25/pole-emploi-discriminatoire/
    http://secretscoucouma.unblog.fr/2014/02/25/priorites-gouvernementales/

    Ce gouverement comme toutes les politiques socialistes (rééllesou cachées) n’a qu’un objectif : rester au pouvoir et y caser les amis. Pour cela il crée volontairement, par idéologie, de la pauvreté, accuse les « riches » pour les taxer davantage, pour redistribuer aux pauvres (serai-je tenté de dire aux pauvres fonctionnaires…) leurs promettre monts et merveilles pour s’ assurer une base electorale. Quitte à faire appel à l’immigration pour résussir son imposture.

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  7. Thibault Loosveld - 1 mars 2014 10 h 26 min

    En cette période des Césars, un ministre nommé à l’outre-Mer par le truquiste professionnel mérite d’être dans le faisceau des projecteurs, je veux parler bien sûr de Victorin Lurel qui, revenant sur le bilan de François Hollande comme première secrétaire du PS a déclaré:

    « J’estime qu’il faut s’en remettre aux magistrats et aux tribunaux pour mener à bien la révision des listes électorales en Nouvelle-Calédonie, sujet de crispation entre indépendantistes et loyalistes.

    « On a demandé à l’État d’être le plus clair possible, le Premier ministre a été le plus clair possible: on s’en remet aux tribunaux. Ici en métropole comme en Nouvelle-Calédonie, vous pouvez contester une inscription ou une radiation », a déclaré M. Lurel à l’AFP en marge d’une intervention au Sénat.

    Pour lui il n’y a pas de « problème » avec les réclamations tant que les « procédures » et « l’état de droit » sont respectés. « Quoi que demandera le FLNKS (6.720 radiations) ou le Rassemblement-UMP (6.000) ce sera passé au filtre des commissions de révision et au trébuchet des tribunaux », a-t-il insisté.

    La participation aux élections provinciales n’est ouverte qu’à un corps électoral restreint, en vertu de l’accord de Nouméa (1998). Le scrutin du 11 mai va élire les membres du Congrès qui auront la possibilité d’organiser lors de leur mandat (2014-2018) un référendum d’autodétermination, ce qui explique la sensibilité du dossier. Des commissions de révision travailleront à partir de lundi avec douze magistrats de la Cour de Cassation venus spécialement.

    « On n’a pas à s’immiscer à la place des tribunaux ! », a souligné le ministre, qui rappelle que « ce gouvernement a décidé de faire toute la transparence en communiquant toutes les listes électorales générale et les listes annexes » aux partis politiques locaux « pour leur permettre de faire un travail d’analyse et de défendre leurs droits ».

    Pour M. Lurel, « on peut comprendre la montée en puissance de quelque fébrilité » alors que « la compétition est sévère » en vue des élections aux « enjeux importants ».

    « On nous promet je ne sais quel trouble, nous disons à chacun de peser et soupeser ses mots, de réfléchir à deux fois avant d’engager de actions et d’en appeler à l’opinion publique », a-t-il recommandé.  »

    Durant la cérémonie des Césars, nous n’oublierons pas non plus de citer le conseil d’état pour son annulation, en septembre 2009, des élections provinciales aux îles Loyauté ce qui, dans le fond, aura mis la droite calédonienne dans l’impossibilité de demander à la « justice » le toilettage listes électorales jusqu’à l’élection présidentielle de 2012…

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  8. MACREZ Daniel - 1 mars 2014 17 h 20 min

    « L’ ENFUMAGE et le BRICOLAGE sont les deux MAMELLES gouvernemental »

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  9. Thibault Loosveld - 4 mars 2014 14 h 05 min

    @ Daniel Macrez:

     » Douze magistrats nommés par le premier président de la Cour de cassation sont arrivés en fin de semaine dernière à Nouméa pour présider les Commissions administratives spéciales (CAS) des 263 bureaux de vote. Au sein de ces commissions siègent également un représentant du maire de la commune, un représentant du haut-commissaire de la République et deux électeurs, issus chacun de l’une des deux grandes familles politiques de Nouvelle-Calédonie. Jusqu’à la fin du mois d’avril, les listes vont être passées au peigne fin pour s’assurer que seules les personnes qui y sont autorisées prendront part au vote. Des recours devant les tribunaux sont possibles en cas de contestation.  »

    En d’autres termes, ces magistrats vont retirer à certains Français leur nationalité. C’est le syndrome de la révolution nationale.

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  10. Mac - 25 mars 2014 16 h 06 min

    Que pensez-vous d’un tel article vous qui avez Reagan et Thatcher pour modèles? :

    http://www.slate.fr/story/58485/jeunes-metiers-ennuyeux-repetitifs-fatigants

    Parce que les « bad jobs » ne manquent pas MAIS en France cela équivaut à travail ennuyeux intellectuellement, moralement (est-ce un travail éthique?) voire tayloriste (oui ça existe sous d’autres formes comme les centres d’appels) ET mal payé, voire en horaires décalés.
    Alors qu’en Suisse, ces mêmes bad jobs sont payés double au moins. Donc il y a compensation.
    Eh oui, soit on s’ennuie mais on est bien payé, soit le travail est intéressant mais moins payé (chercheur en France), soit MIRACLE le travail est passionnant et bien payé mais ni l’un ni l’autre, excusez-vous…QUI en veut?
    Je pense aux jeunes qui en plus d’accepter un bad job en France ne peuvent même pas se loger vu la spéculation locative en prime! pourquoi s’étonner ensuite que de plus en plus certains quittent définitivement notre pays?? je parle de ceux qui vont faire la plonge en Australie ou en Suisse, pas les mieux qualifiés!

    Alors, pourquoi les libéraux français prennent les avantages des pays libéraux (flexibilité) sans leurs avantages (meilleure rémunération)?
    Expliquez-moi comment les milliers d’offres d’emploi non pourvues en France peuvent être remplies rapidement?

    Répondre
  11. O'liv - 30 mars 2014 14 h 49 min

    Que pensez-vous d’un tel article vous qui avez Reagan et Thatcher pour modèles? :

    http://www.slate.fr/story/58485/jeunes-metiers-ennuyeux-repetitifs-fatigants

    Parce que les « bad jobs » ne manquent pas MAIS en France cela équivaut à travail ennuyeux intellectuellement, moralement (est-ce un travail éthique?) voire tayloriste (oui ça existe sous d’autres formes comme les centres d’appels) ET mal payé, voire en horaires décalés.
    Alors qu’en Suisse, ces mêmes bad jobs sont payés double au moins. Donc il y a compensation.
    Eh oui, soit on s’ennuie mais on est bien payé, soit le travail est intéressant mais moins payé (chercheur en France), soit MIRACLE le travail est passionnant et bien payé mais ni l’un ni l’autre, excusez-vous…QUI en veut?
    Je pense aux jeunes qui en plus d’accepter un bad job en France ne peuvent même pas se loger vu la spéculation locative en prime! pourquoi s’étonner ensuite que de plus en plus certains quittent définitivement notre pays?? je parle de ceux qui vont faire la plonge en Australie ou en Suisse, pas les mieux qualifiés!

    Alors, pourquoi les libéraux français prennent les avantages des pays libéraux (flexibilité) sans leurs avantages (meilleure rémunération)?
    Expliquez-moi comment les milliers d’offres d’emploi non pourvues en France peuvent être remplies rapidement? le patronat français veut le beurre et l’argent du beurre, il préfère donc des immigrés pauvres et peu instruits qui accepteront de se crever pour pas grand chose, et on continuera une politique suicidaire 🙁

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