Carnet de route VII. Du Rempart à Défendre à la Muraille à Abattre : AVIGNON, BEZIERS, CARCASSONNE, ORLEANS et ORANGE.

téléchargement (23)Depuis près d’un an, je sillonne la France pour recréer un parti qui incarne le renouveau du Gaullisme et de la Droite. Gageure puisque le Général se voulait au-dessus des partis et pensait que l’intérêt supérieur du Pays transcendait le clivage de la gauche et de la droite. Entreprise difficile aussi dans la mesure où beaucoup de Français qui se disent de droite continuent à reprocher à De Gaulle certains aspects de sa politique, notamment le règlement de l’affaire algérienne. Trois arguments me persuadent toutefois de la justesse d’un gaullisme de droite : d’abord, l’importance en politique de l’identification de l’adversaire ; ensuite, la définition de l’enjeu essentiel ; enfin, la priorité accordée à l’avenir. Il est clair que l’adversaire acharné à préférer le parti au pays, à abaisser sans cesse celui-ci se situe à gauche, et parfois à droite, lorsque celle-ci se met à emprunter des idées de gauche. L’enjeu essentiel réside dans la sauvegarde de la France, de sa place dans le monde, inséparable aujourd’hui d’un dynamisme économique, sans lequel rien de bon ne peut être obtenu pour la France ni pour les Français. La ligne gaulliste a toujours consisté à viser l’intérêt supérieur du Pays et à ne pas être en retard d’une guerre pour le servir. L’Histoire, en politique, n’a donc pas vocation à réveiller les vieilles plaies. Elle doit servir à bâtir l’avenir sur des fondations qui unissent et donnent confiance. De ce point de vue, le Gaullisme avec la Résistance victorieuse et la refondation de 1958 est le dernier épisode historique dont les Français puissent tirer quelque fierté. Quant aux opportunistes qui ont prétendu s’en inspirer par la suite, mieux vaut les passer par pertes et profits. Lorsque la France collectionne les résultats calamiteux, récolte les fruits amers d’une politique dénuée de courage, reçoit chaque jour des leçons de l’Europe, quémande sa pitance au Qatar et détruit la politique familiale instaurée à la Libération, un désir de sursaut, de Printemps Français naît dans les esprits. C’est la volonté d’un pays de ne pas se coucher, c’est l’expression de son vouloir-vivre, c’est le gaullisme, avant, pendant et après De Gaulle ! Sans doute le RPF n’est-il pas seul à l’incarner, mais il entend y participer avec tous ceux qui pourraient bien être gaullistes sans le savoir.

Ma dernière étape était à Orléans, le 23 Juin, accueilli par Frédérick Bigrat et Alain Pierre, le Président départemental du Loiret. Visite opérationnelle avec la réunion des militants et sympathisants, mais aussi très symbolique dans la ville associée à jamais au nom de Jeanne d’Arc, cette résistante, cette Sainte qui ne fit pas tomber le siège de la ville par des moyens surnaturels, comme le souligne Péguy, mais s’exposa très réellement pour prendre le fort des Tourelles aux Anglais et délivrer Orléans. Le 25 Juin 1944, les Allemands s’attaquaient au maquis de Samatha, à Sandillon, à l’entrée de la Sologne,tuaient Guy Tressou et peu après déportaient 17 Habitants dont plusieurs ne revinrent pas des camps. Deux résistances, deux refus de voir la France se coucher pour mourir.

Auparavant, j’avais participé au colloque organisé par Jacques Bompard, le député-maire d’Orange dans sa ville, les 8 et 9 Juin. Le but en était la préparation des élections municipales. Les temps forts avaient été les interventions de Xavier Lemoine, le Maire de Montfermeil, les exposés de Le Gallou et de Robert Ménard sur la puissance de la gauche dans les médias. J’avais, pour ma part, défini une stratégie : les Municipales doivent être abordées avec la volonté de décliner le gaullisme au plan local. L’intérêt des communes et de leurs habitants ne passe pas par les partis politiques mais par la poursuite d’objectifs concrets : gestion économe privilégiant l’investissement sur le fonctionnement, assurant les conditions du dynamisme économique par la modération fiscale et la qualité de l’environnement : infrastructures, logements, sécurité, propreté. L’image de la collectivité doit être valorisée, mais le réel passe avant la communication. C’est cette ligne, clairement de droite, qui va guider notre participation aux équipes qui ambitionnent de gérer des villes.

Comme j’ai eu l’occasion de le dire en Languedoc-Roussillon, les 13 et 14 Mai, notre soutien dépendra de l’adhésion des équipes à la ligne que nous défendons. Accueilli par Gérard Hardy, j’ai rencontré la gaulliste Isabelle Chesa qui conduira à Carcassonne une liste soutenue par l’ump et à laquelle nous participerons. La situation économique et sociale de l’Aude est l’expression caricaturale de l’emprise socialiste. La dépense et l’emploi publics y sont privilégiés, comme en témoignent les imposants locaux du Conseil Général. Clientélisme et fiscalité décourageante sont les points d’appui d’un socialisme municipal qu’il est vital de déloger à Carcassonne avec Isabelle Chesa et à Limoux, avec Pierre Bac. A Béziers, en revanche, l’équipe en place est très représentative d’une ump opportuniste, dépourvue de convictions et de courage. Le sénateur-maire a conclu des alliances douteuses, des accords de réciprocité avec des maires de gauche de la périphérie, mais les sondages l’ont contraint à se retirer. Le délabrement économique, la sécurité et la propreté insuffisantes de la ville donnent à Robert Ménard la chance très réelle d’une victoire en dehors des partis pour des valeurs et dans le seul intérêt des habitants.

S’il faut faire tomber les murailles socialistes du Languedoc, il est important de préserver les remparts d’Avignon dans ce département du Vaucluse et dans cette région de Provence-Alpes-Côte d’Azur dont une partie importante de la population vote à droite et est animée par une sensibilité nationale. Après trois mandats, le maire actuel se retire. Mais face à la gauche qui s’est emparé de la députation, l’appareil de l’ump privilégie un parachutage. Nous pensons au contraire que l’avenir de cette ville exceptionnelle ne doit pas dépendre d’un parti politique mais de la volonté de ses habitants. L’identité forte de la cité papale et les capacités de ceux qui assument déjà la responsabilité de la gestion municipale doivent permettre, là aussi, de trouver une solution conforme à l’intérêt des habitants et non à ceux d’un parti. Frédéric Rogier, un expert-comptable d’Avignon, adjoint au Maire dans l’équipe de Mme Roig est le bon candidat.

Des remparts à défendre, ceux de nos idées et de nos valeurs. Des murailles à abattre, celles de la mainmise des partis sur la politique municipale, celles des carrières et des ambitions illégitimes, celles des fiefs où la dépense publique cherche la rélection mais contribue à l’affaiblissement du Pays : tel est le combat du Rpf, ce parti qui n’aime pas les partis !

 

Mot clés:

1 commentaire

  1. Thibault Loosveld - 1 juillet 2013 20 h 07 min

    Le jugement illégal qui, en septembre 2009, fit basculer Carcassonne à gauche ne suscita pas de critique, ni de commentaire aux media de gauche. Quel contraste avec les procès-verbaux des auditions de Tapie que David Pujadas avait, ce soir, sous les yeux: de fait, pour le speaker attitré du gouvernement de Jean-Marc Ayraut, l’opportunité de faire remonter Hollande dans les enquêtes d’opinion était trop alléchante !

    Répondre

Exprimez vous!