Carnet de Route.(I)

De la Toussaint à l’anniversaire de la mort du Général, j’ai effectué un déplacement qui n’était pas dépourvu de signification politique. Il s’agissait d’abord pour moi de me rendre dans le Vaucluse pour présider un Comité Directeur du Rassemblement Pour la France, et chemin faisant d’effectuer un certain nombre de rencontres autour d’un thème, celui de l’Identité qui doit être le ciment de l’unité des droites, et peut-être plus largement d’une véritable union nationale.

Première étape : Paray-le-Monial. C’est dans cette ville de pèlerinage, au pied de la Basilique du Sacré-Coeur, petite soeur de Cluny, dans les locaux de la Communauté de l’EMMANUEL, que se déroulaient les rencontres des « Chrétiens engagés en politique ». A l’origine, ce séminaire des « têtes de réseaux » organisé par Jean-François Debiol devait être présidé par Jean-Marc Nesme, mon ancien collègue et Maire, malheureusement frappé par un sérieux accident de santé. J’ai donc prononcé le discours d’accueil en tant que « politique » le vendredi avant d’intervenir le lendemain, comme Président de « Famille et Liberté ». Toutes les sensibilités étaient représentées, des « Poissons Roses » socialistes à Civitas, connue par ses manifestations contre des spectacles blasphématoires, en passant par des partis politiques, comme le Parti Chrétien Démocrate de Christine Boutin, avec le courageux Maire de Montfermeil, Xavier Lemoine, la Démocratie Libérale Chrétienne, de Charles Millon ou encore Solidarité France. Bruno Gollnisch était également présent. Il y avait aussi des associations telles que la Fondation de Service Politique ou encore Ichtus. Trois sujets ont dominé les débats : d’abord celui de l’identité chrétienne, celle de la France, celle de l’Europe ; ensuite, la question de l’efficacité d’un parti « chrétien » dans notre pays ; enfin, la nécessaire mobilisation des chrétiens contre la « culture de mort » du gouvernement actuel et son projet destructeur d’un mariage entre personnes de même sexe. Si la réponse à la première question a été clairement positive, tant l’empreinte chrétienne de l’Europe et de la France ne peut être niée que par des ignorants ou des idéologues, l’existence d’un « parti chrétien » a suscité des réflexions diverses et opposées : depuis l’étonnante idée suivant laquelle ce n’est plus nécessaire parce que les Chrétiens ont tout obtenu jusqu’à la revendication d’un message chrétien indispensable en politique. Pour ma part, je crois que la Démocratie Chrétienne, celle de Maritain, et ses exigences spirituelles et morales n’ont jamais été plus menacées. C’est pourquoi elles doivent inspirer aux côtés du gaullisme et du libéralisme le sursaut national que la machine électorale de l’UMP a totalement manqué. Je l’ai rappelé en présentant « Famille et Liberté » et sa philosophie tocquevillienne d’opposition au despotisme doux de l’Etat-Providence dans la mesure même où la famille est cet espace de solidarité, de transmission et d’éducation qui se passe de l’Etat et est indispensable à la société. Tous les participants étaient évidemment d’accord pour que cette résistance soit unie et déterminée contre l’absurde projet gouvernemental de modifier par la loi la structure anthropologique de l’Humanité.

Deuxième étape : intervention à la réunion des Identitaires à Orange. Ce passage répondait à une invitation et n’a pas manqué de réveiller l’attention des médias. Elle répondait à un double objectif : d’abord, avec un brin de provocation, assumer une liberté toute neuve, en brisant la chape de plomb du politiquement correct ; ensuite, affirmer que la fracture qui sépare en France les deux camps qui s’affrontent n’est pas la République que personne ne menace dans l’espace démocratique, mais la Nation, son existence, son identité, ses valeurs, que des fanatiques étrangers à notre histoire et à notre culture agressent en permanence, et que la gauche ne défend pas suffisamment, quand elle ne joue pas les idiots utiles de cette agression. Ma prise de parole a été franche et sans concession : je n’aurais pas participé à l’occupation d’un chantier de mosquée, mais celle-ci sans violence ni déprédation est un message qui mérite d’être reçu. Que des lieux de prière soient parfois le théâtre de prêches et de rencontres contraires à l’intérêt national, que les mosquées soient par trop liées à des pays étrangers, que s’y développe souvent un enseignement qui fait obstacle à l’intégration sont des constats nécessaires à une saine réflexion. Je n’ai, en revanche, jamais hésité à aller saluer les Musulmans lors des « Aïd » et lorsque le Président qui m’accueillait était un harki médaillé, que je retrouvais devant les Monuments aux Morts ou aux assemblées générales de l’UNC, je n’avais pas le sentiment d’être à l’étranger. Il faut donc faire preuve de discernement. Affirmer l’identité nationale, la continuité de ce grand fleuve qu’est la France, demeurant lui-même lorsqu’il grossit de ses affluents, est dans la ligne du gaullisme, d’un patriotisme ouvert d’autant plus disposé à échanger avec les autres qu’il aura su sauvegarder l’essentiel. Pour atteindre cet objectif, il faut serrer les rangs, mettre à l’arrière plan les séquelles du passé, éviter les « ni-ni » confortables ou les fronts républicains suicidaires : tous ceux qui veulent que la France vive et que le Peuple Français soit encore une Nation, mue par une volonté de faire vivre l’héritage qu’elle a reçu, doivent faire bloc contre les forces du déclin. L’accueil du Président Fabrice ROBERT a été chaleureux. Le rappel de mon amendement sur le rôle positif de la présence de la France outre-mer ou ma condamnation de la repentance ont été applaudis, moins l’affirmation de mon appartenance gaulliste. Le public jeune et fervent est prompt à la bronca contre l’adversaire, mais cultive un sens généreux de l’identité, des Provinces, des Nations, de l’Europe qui me paraît une saine réponse à l’individualisme et à la mondialisation. L’enracinement contre l’Ere du Vide, ce n’est pas le fascisme, c’est la résistance et la résilience.

1 commentaire

  1. Thibault Loosveld - 14 novembre 2012 19 h 04 min

    @ Monsieur le Député:

    Je lisais dans Mémoire et Vérité « Armée et Algérie 1830-1962 » publiée par l’ASAF que le Général de Gaulle avait quand même informé les militaires français en Algérie de ses trois projets, par ordre de préférence, à savoir la francisation, l’association dans la Communauté ou l’indépendance. Or, dans ses ouvrages, Alain Peyrefitte rappelle que le motif finalement retenu pour la consultation par référendum fut le rapport entre le taux de fécondité des Algériennes et celui des Françaises.

    Mais, lorsque le FN cherche des excuses au maréchal Pétain là où il n’y en a pas compte tenu de sa responsabilité écrasante dans la défaite de juin 1940 -faut-il rappeler que, ministre de la guerre, il s’opposa à la demande des élus du Nord d’étendre la ligne Maginot le long de la Belgique et refusa ensuite d’augmenter les crédits militaires alors qu’il avait sur son bureau les plans des plus récents chars, ou même qu’il déclara à Maxime Weygand à Monsieur de Monzie, minstre des travaux publics « Dans la deuxième quinzaine de mai, ils auront besoin de moi » – Jean-François Copé a raison de rappeler qu’une partie de l’extrême droite reste anti-gaulliste.

    http://www.gollnisch.com/2012/11/14/derapages-a-lump-verites-au-fn/

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