Interdiction de la burqa pour ordre public

Nicolas SARKOZY vient d’annoncer qu’un projet de loi serait rapidement déposé et examiné par notre assemblée en vue d’interdire de façon générale le port du voile intégral.

Je suis heureux de cette décision, puisque j’avais moi-même déposé dès le 29 septembre 2009, une proposition de loi cosignée par de nombreux membres du groupe UMP de l’Assemblée nationale qui visait à interdire l’ensemble des vêtements ou accessoires permettant de masquer l’identité d’une personne.

Ni les croyances religieuses, ni les considérations nécessairement subjectives sur la dignité des femmes, ne peuvent être solidement invoquées pour justifier l’interdiction de la Burqa pour des raisons constitutionnelles et conventionnelles, touchant à des libertés de pensée.

En revanche, l’ordre public et la sécurité peuvent légitiment justifier son interdiction sur la voie publique. C’était le sens de ma proposition de loi, reprise par Monsieur Copé beaucoup plus tardivement pour des raisons médiatiques évidentes.

Il est heureux que le gouvernement fasse d’un projet de loi le vecteur de la volonté nationale, et l’expression d’un consensus fort des élus de la République.

11 commentaires

  1. seb - 26 avril 2010 16 h 25 min

    Autant je suis d’accord avec vous sur la manipulation politicienne d’une religion – à savoir l’Islam – autant je ne comprends pas bien votre ralliement à la proposition de loi de M. Copé (qui passe de chantre du « super parlement » à « on s’en tape de la commission parlementaire : l’Etat c’est moi »). La crédibilité de la classe politique – et des parlementaires – prendra plus un coup (en même temps, avec 65% des Français qui ne font pas confiance au Parlement…La « crédibilité » parlementaire ne peut pas tomber bien bas) si l’on obtient une usine à gaz…Que si le Parlement trouve un moyen de concilier l’Islam avec les valeurs de notre France, et plus généralement, avec les valeurs « européennes ». Faire une loi pour faire une loi, n’a aucun sens. Et ce n’est pas ce qu’on attend des parlementaires. Rappel : « la loi n’a le droit de défendre que (contre) ce qui est nuisible à la Société ».

    « Proposition de loi de M. Copé :

    Article 1 : « Nul ne peut, dans les lieux ouverts au public et sur la voie publique, porter une tenue ou un accessoire ayant pour effet de dissimuler son visage sauf motifs légitimes précisés par décret en Conseil d’Etat »

    Article 2 : La méconnaissance de l’interdiction fixée à l’article 1er de la présente loi est punie d’une peine contraventionnelle dans des conditions fixées par décret en conseil d’Etat »

    Article 3 : Les sanctions prévues à l’article 2 sont applicables aux faits constatés à l’expiration d’un délai de six mois suivant la promulgation de la présente loi

    Article 4 : un rapport est remis, chaque année, à compter de l’entrée en vigueur de la présente loi, par le Gouvernement au Parlement sur l’application de la présente loi, les mesures d’accompagnement qui auront été mises en oeuvre par les pouvoirs publics ainsi que les difficultés rencontrées. »

    Bon…Je me dispenserai de faire quelques remarques sur la notion particulière qu’à M. COPE du respect du travail d’autrui et vais me contenter de vous faire part de quelques réflexions sur cette proposition de loi.

    Je note en premier lieu que M.COPE souhaite, via une loi…Créer une contravention. M.COPE a de toute évidence une façon bien à lui de concevoir la séparation des pouvoirs : empiètement sur les prérogatives du Gouvernement dans un cas, abaissement du Parlement (via les sondages de l’Elysée) dans un second cas. (L’immunité juridique du Président n’ayant aucunement vocation a lui assuré un droit de faire n’importe quoi, et la DDHC de 1789 est assez claire : c’est d’ailleurs en s’appuyant sur elle, que les parlementaires iront contrôler les finances du roi ! Président mieux loti qu’un roi sacré ? On voit mal pourquoi)

    L’empiètement législatif n’est pas, en tant que tel inconstitutionnel…Toutefois, une remise en cause de la compétence reconnue au Gouvernement en matière de contraventions, me semble assez malvenue. Quelle besoin de mettre une pierre dans le jardin de M. FILLON ?

    D’autant que si l’inconstitutionnalité du texte n’est pas acquise, il y a néanmoins risque qu’il le soit. Dans sa décision 84-183 DC du 18 janvier 1985, le Conseil constitutionnel a bien précisé que la loi pénale soit rédigée de façon claire et précise. Ce qui exige, naturellement, que les éléments constitutifs d’une infraction soient suffisamment bien déterminés. En refilant au Conseil d’Etat la charge de préciser l’immunité de « motif légitime » le Parlement rend incertaine la définition de l’infraction…Non pas parce qu’elle serait imprécise elle même, mais parce que le Législateur confie à d’autres le soin, si je puis dire, de faire la loi.

    S’ajoute à cela que le Législateur doit déterminer – et lui seul – la peine applicable à une infraction prévue. Or…M. COPE renvoie cet exercice au Gouvernement. Bref, si M. COPE commence par empiéter sur les prérogatives gouvernementales…Il marche aussi sur le mandat parlementaire ! Ce qui est bien dommage, car le Législateur se reconnait, par défaut, incompétent…Dans un acte qui est pourtant l’une de ses prérogatives ! La proposition de loi de M. COPE ne pouvant être, véritablement, considérée comme un texte réglementaire à part entière…Il est à craindre que le Conseil Constitutionnel n’apprécie pas beaucoup que M. COPE, après excès de zèle en direction du Parlement et du Gouvernement…Passe ensuite à l’écrasement de libertés fondamentales ! Et puis, sincèrement, peut on invoquer la « crédibilité » du personnel politique…Et ne pas trouver fort étrange que l’apôtre de « l’hyper parlement » estime le Gouvernement meilleur gardien des libertés fondamentales, que le Parlement ? Ce qui, dans les faits, n’est pas vraiment réel ! Ne serait ce que parce que les parlementaires ont un atout : en principe, la loi ne peut être changée. En revanche, un décret…Et comme les Ministres se font généralement balader par « leur » Administration. Selon « ubu loi » quand une loi est votée par le Parlement, plus elle requière de décrets…Et plus l’esprit de la loi est bafouée. Le Parlement n’aurait il pas à coeur de voir son travail vraiment respecté ?

    Je pense que les parlementaires doivent arrêter de lancer la patate chaude au Gouvernement. Il est temps d’avoir le sens des responsabilités ! Le Parlement ne peut qu’en ressortir gagnant ! D’autant que, personnellement, j’ai plus confiance en mes représentants au Parlement, qu’en un Gouvernement qui ignore que la DDHC de 1789 est d’une importance si capitale qu’elle prime sur tout texte de droit, y compris européen ou international ! (M. GAINO expliquait tantôt qu’il s’agissait d’une « philosophie politique » ! A telle point que la « philosophie politique » a permis, entre autres, la censure de l’HADOPI et de la taxe carbone !)

    Revenons au texte. M. COPE veut sanctionner une « méconnaissance de l’interdiction ». Sauf que M.COPE a l’air d’ignorer que « nul n’est censé ignorer la loi ». Si « méconnaissance » il y a…C’est l’Etat qui est coupable, non l’incriminé. Car cela voudrait dire que la loi porteuse d’une interdiction…N’a pas été publiée au JO ! Par ailleurs, dans notre pays, on sanctionne (en principe) la « résistance à la loi » non…L’ignorance de celle ci ! En effet « tout Citoyen appelé ou saisi en vertu de la Loi doit obéir à l’instant : il se rend coupable par la résistance. »

    Si l’intention de M. COPE est plus ou moins bonne, sa proposition vise à interdire de dissimuler son visage. Une telle interdiction, naturellement, se heurtera au droit au respect de la vie privée, et de façon générale, à la liberté individuelle, protégés par la DDHC de 1789. Rappelons tout de même que les droits inscrits dans la DDHC sont des droits IMPRESCRIPTIBLES, SACRES, et NATURELS de l’HOMME et du CITOYEN. Autant dire qu’y toucher demande de très sérieuses raisons.

    Les raisons invoquées par M. COPE sont les suivantes : la lutte contre le développement de « pratiques radicales » ; l’ordre public ; « les règles de la vie en société ».

    La première raison ne tient pas. Car ce que M. COPE appelle « pratiques radicales » est nommée « coûtumes » par celles qui portent la burqa ou autres. Et s’il appartient au Législateur de considérer ce qui représente une menace contre la République et ses valeurs, voire une menace contre l’identité de la France elle même…Il va être assurément très difficile de définir ce qu’est une pratique « radicale ». Et d’expliquer, pour ex, en quoi le fait de porter une burqa est radicale, quand copier la « mode » américaine ne l’est pas. La proposition invoque « l’égale dignité de tous » et « la lutte contre les discriminations »…Mais une coûtume n’est rien de tout çà. C’est juste une coûtume. Si l’on rajoute à cela que la proposition vise à lutter contre une pratique féminine – en un sens, la loi anti burqa est semblable à la loi anti pantalon pour les femmes (mais Napoléon, lui, n’avait pas à respecter la DDHC) – ce qui édicte une interdiction générale, il est presque certain que le Conseil Constitutionnel ne pourra que constater que la proposition de loi porte une atteinte disproportionnée aux libertés de tous.

    La troisième n’est pas plus assurée…Sauf à considérer que le « droit à l’image » est obsolète. Nos paparazzi vont être enchantés ! « Dissimuler son visage au regard de l’autre, c’est une négation de soi, une négation de l’autre et une négation de la vie en société. » Si le constat peut être juste et louable, il pourrait manquer de solidité. Car il ne suffit pas que l’État puisse faire valoir un intérêt pour que celui-ci autorise les atteintes aux libertés. Et l’on peine à trouver un support constitutionnel à un droit d’identifier autrui de façon générale et absolue. Au contraire même, le droit tend à protèger l’individu contre les identifications invasives, que ce soit dans l’espace privé ou public !

    Reste la référence – à vrai dire la plus solide – à l’ordre public. Le problème c’est qu’il y a, de toute évidence, une disproportion entre l’objectif annoncé et l’interdiction proposée. La lutte contre l’insécurité – fût-ce le risque terrorisme – autorise l’autorité publique à exercer une surveillance sur les personnes dans certains lieux et certaines circonstances, mais en aucun cas des sujétions aussi générales dans leur étendue. Pour ex, la notion de « lieu ouvert au public » est bien trop large. S’il s’agit d’un lieu « accessible à tous, sans autorisation spéciale de quiconque, à l’accès en soit permanent et inconditionnel ou subordonné à certaines conditions »…On peut considérer que les commerces sont concernés, mais également les lieux qui supposent d’acquitter un droit d’entrée, comme une piscine, une fête foraine, ou une discothèque. Mais également les lieux de culte. Ce qui, vous en conviendrez, pose tout de même un problème au regard de la liberté religieuse.

    Rajoutons à cela qu’en multipliant les manières d’échapper à l’interdiction pour « des motifs légitimes », la loi perdrait naturellement de son efficacité…En matière de sécurité. Sauf à limiter le motif légitime aux impératifs de la prévention et de la poursuite des infractions pour les forces de l’ordre. Mais ce serait bien restrictif. Bref, l’interdiction de dissimuler son visage apparaît alors tout à la fois disproportionnée par rapport à la finalité avancée et insuffisante au regard de cette même finalité, dès lors qu’elle prévoit des exceptions.

    D’autant que la notion de « motif légitime » pourrait être habilement utilisée par des avocats chevronnés des femmes affectionnant le port de la burqa. Si une personne peut brandir le froid pour justifier le port d’un bonnet ou d’un casque…Pourquoi une femme ne pourrait elle pas justifier pareillement le port de la burqa ? Et si un beau soleil se dessine, faire valoir que cette tenue protège…Des coups de soleil ? Motif légitime donc : se protéger des brûlures du soleil…! Et en cette période de maladies…Quoi de mieux qu’une combinaison, protégeant jusqu’au nez, pour rendre légitime le port d’une tenue que les élus prétendent – rien d’avéré – menaçantes pour la République !

    M. COPE rappelait dans son dernier livre « Un député ça compte énormément » à quel point les « lois ascenseurs » ou les « lois chiens méchants », prolongement opportun de l’actualité médiatique, sont nuisibles. Il faudrait lui recoler le nez dessus. Il faut croire qu’il n’a pas écrit son propre ouvrage ! A quand une loi pour obliger les élus inconséquents à payer le coût de la mousse médiatique ? Car je suis persuadé que M. COPE a conscience de la bétise juridique de sa proposition de « loi » !

    Comme du reste M. Bertrand, qui nous sort une nouvelle bétise : conditionner la nationalité française au non port de la burqa ! Il suffira d’une condamnation pour discrimination – la DDHC protège les citoyens, mais aussi l’Homme ! – et le tour sera jouée ! Décidémment, le “racolage” électoral est sans limite, et franchement çà n’est pas digne de ceux qui prétendent former “le premier parti de France”. S’il est à la hauteur du Directoire, je ne vois pas bien où est la fierté d’en faire partie. M. Bertrand ignore t il donc que les discriminations en fonction du sexe sont interdites…Sauf intérêt général dûment justifié ? Au nom de quoi les Françaises ne pourraient elles pas porter la burqa, quand leurs homologues masculins, pourraient, eux, porter la barbe ? Va t on aussi condamner les jeunes gens – du style de M. SARKOZY junior – pour port de chevelure longue ? Ou d’autres parce qu’ils portent la barbe ? (Critère d’identification de certains extrêmistes musulmans…Mais aussi des Gaulois (gaule chevelue) et des mérovingiens (à tel point qu’il suffit de couper les cheveux d’un héritier pour l’exclure du trone!)

    Au lieu de faire bêtement une loi qui sera censurée tôt ou tard par le Conseil Constitutionnel – au motif qu’elle viole la DDHC de 1789 – et qui surtout agressera les musulmans de notre pays (le problème ce ne sont pas les musulmans de notre pays, qui s’assimilent très bien, mais les idéologues et “docteurs de la foi” qui appelent au communautarisme, souvent avec l’aide des maires et des députés, en quête de voix), pourquoi les élus ne font ils pas pression sur les « docteurs de la foi » musulmans ? En fait tous les « docteurs de la foi » qu’elle soit chrétienne, juive, musulmane, laique, etc. ?

    Car la burqa n’est pas propre à l’Islam. C’est une coûtume, minoritaire en plus ! Et qui est notamment interdite lors des rassemblements à la Mecque…Pour raisons sécuritaires ! A quelques siècles de distance, on croirait retrouver le « débat » sur le port d’une tenue « décente » pour les femmes. S’appuyant sur le voile bleu de Marie…Les femmes étaient invitées à imiter la Vierge, qui aurait soit disant masquée ses charmes, via ledit voile ! Sauf que Marie habitait un pays où son voile ne servait nullement à la protéger des regards masculins – l’homme est suffisamment faible dans sa chair, pour ne pas être « arrêté » dans ses instincts par de tels artifices : ce sont les principes moraux qui l’arrêtent (la plupart du temps)…Pas le moins du monde un voile ! – puisqu’il n’avait pour seul fonction que de la protéger du soleil et du sable !

    Au lieu de prendre une “communauté” de notre France comme bouc émissaire facile, pourquoi ne pas demander la rédaction d’un “mode d’emploi : vivre sa religion dans le respect de la France” où, sérieusement, dans le respect du droit, de la loi, élus, historiens, et “docteurs de la foi” expliqueraient aux “fidéles” ce qu’on attend, concrètement, d’eux !

    Pourquoi le Législateur n’appelerait il pas les « docteurs de la foi » à écrire conjointement un ouvrage expliquant, clairement, avec référence, ce que l’Islam prohibe ou non ? Avec l’aide de nos historiens ? Et idem pour ce qui est du christianisme, du judaisme, ou du laicisme, etc. ? On cesserait ainsi d’entendre les musulmans croire que la burqa est un habit qui « plait à Allah » – tout au contraire, le Coran dit que si les femmes doivent couvrir leur poitrine (rondeurs féminines, je ne vois pas à quoi cela renvoie sinon !) elles ont la liberté vestimentaire ! – les chrétiens penser que Dieu exige que les femmes n’exercent aucune activité pastorale au sein de l’Eglise – si l’on se réfère à la parole du Christ, celui ci n’a rien dit de tel, la présence de Marie Madeleine à son éveil aurait même tendance à accréditer le contraire ! Et si l’on ne pense qu’à notre Histoire nationale, c’est bien Jeanne, une femme, que Dieu choisi pour sauver la France, et non un homme ! – et autres fadaises du même genre. (L’absence d’âme chez les femmes par ex)

    Dans le même temps, au lieu de radicaliser les Français contre l’Islam – notamment en donnant une importance supérieure aux dégradations musulmanes qu’à celles des autres confessions : quand une mosquée est brûlée le Premier Ministre se déplace. Le même sort arrive à une église, on n’a même pas la présence d’une secrétaire d’Etat ! Forcément, cela nourrit le ressentiment (cf les forums de discussions, les commentaires des internautes, qui ne comprennent pas cette surexposition (cf rapport sur les dégradations des édifices « religieux » par vos collègues députés)) – pourquoi ne pas demander au Ministre de l’Intérieur de prendre des mesures fortes et faire appel aux « docteurs de la foi » ?

    Quand une église, une synagogue, une mosquée, un cimetière est dégradé…Le préfet se déplace, accompagné de l’ensemble des représentants de TOUTES les confessions, lesquelles, bien évidemment, dénoncent ce scandale ENSEMBLE. Plus que le port de la burqa, la préférence donnée à l’Islam, est insupportable. Comment voulez vous que les Français acceptent d’un coté sur la surmédiatisation – accentuée par la présence politique exceptionnelle – et de l’autre l’indifférence de leurs élus ? Et du Gouvernement ? Quand un édifice « religieux » brûle, le préfet, le curé, l’imam, le patriarche, le laicard, doivent d’une même voix faire entendre leur condamnation de l’acte. Car si les instigateurs de ces actes entendent le curé se récrier, mais l’imam se taire – et qui ne dit mot, consent n’est ce pas ? – ou l’imam se scandaliser mais pas le patriarche, comment voulez vous qu’il n’y ait pas de communautarisme ?

    Quand de tels actes, indignes, arrivent…L’indignation doit être NATIONALE car cela viole la DDHC de 1789 ! En volant au secours des mosquées endommagées, en pleurant devant les cimetières juifs, tout en ayant qu’indifférence quand on touche à la Statue de Voltaire ou à l’église d’un village, les « gouvernants » attisent le communautarisme. Pour y mettre fin, il convient de rendre ces profanations « françaises ». Et d’agir EN EGALITE avec les victimes de ces persécutions. Si le préfet se déplace pour une mosquée, il doit aussi le faire pour une église, une synague, ou un temple boudhiste. Si le Premier Ministre s’indigne de la souillure d’un cimetière juif, il doit montrer la même indignation quand on s’en prend à un cimetière chrétien ou musulman, ou encore rempli de laics. L e fait que ce soit des « satanistes » dans un cas, des « intégristes » dans l’autre, qui s’en prenne à un édifice, ne rend pas l’acte plus ou moins important, plus ou moins banal ! On ne juge pas la portée d’un acte en raison de la « qualité » de son auteur – « la loi doit être la même pour tous, qu’elle protège ou qu’elle punisse » – mais on juge un acte pour ce qu’il est. Le vandalisme d’une église équivaut à celui d’une mosquée ou d’une synagogue ou d’un temple laic. S’en prendre à Jésus, Mahomet, Abraham, ou Voltaire, c’est du vandalisme, une profanation, une violation de la DDHC de 1789. Et c’est l’acte qui doit suscité l’indignation…Non la qualité des auteurs ou de la (les) victime(s). Cela va sans dire…La diligence de l’enquête policière doit être égalitaire et juste !

    Et pour terminer, cessons la repentance stupide ! Oui, il s’avère que notre pays a “bouté” les musulmans, en une certaine année, où un Charles Martel, défenseur de la Chrétienté les attendait ! Nous avons aussi – et les Orléanais notamment ne se privent pas de le fêter – bouter hors de France les Anglais. Je n’ai pas souvenir que ce fait nous ait créé une hostilité particulière des Anglais, pas plus que l’armistice de 14-18 n’est dénoncée coté allemand comme une provocation ! Et oui, nous avons fait les croisades : pardon de trouver courageux ces hommes qui prenaient la mer, alors qu’ils n’avaient, pour la plupart, jamais quitté le sol…Pardon de trouver enthousismant des hommes qui ne manquaient ni de courage ni de loyalisme !

    Quand j’entends qu’il faudrait “politiquement correctiser – en cessant d’apprendre que Charles Martel a bouté les musulmans : en Espagne personne ne se pose la question d’étudier ou non la Reconquista ! – notre Histoire, je me dis que les choses vont de travers !

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  2. babeil - 26 avril 2010 16 h 28 min

    Je ne vois pas en quoi l’ordre public et la sécurité sont des justifications à l’interdiction du port de la burqa sur tout le territoire. Si vous faites allusion à des problèmes d’identification lors de contrôles policiers, il suffit de leur demander de découvrir leur visage temporairement. Nul besoin d’une interdiction absolue. Cette proposition de loi n’est donc pas justifiée.

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  3. seb - 26 avril 2010 16 h 38 min

    Le Législateur et le Gouvernement semblent découvrir des phénomènes qu’ils ont eux mêmes – toute tendance politique – encourager. Comment s’étonner, dès lors, qu’ils s’amplifient ?

    Aujourd’hui, que signifie le concept de « laicité » ? On met ce concept à toutes les sauces. Et surtout, on lui rajoute des termes : positive, négative, apaisée. Ce qui permet aux communautaristes de faire passer la République pour un tyran ! « Voyez bon gens, c’est la laicité « négative » qui empêche la pauvre musulmane de se couvrir le visage ! », « c’est la laicité « égoiste » et « hypocrite » qui interdit aux musulmans d’avoir des jours fériés religieux » ! A quand la fin du calendrier « grégorien » en France ?

    Les « fondamentalistes », « intégristes » – toute religion confondue d’ailleurs – peuvent dès lors expliquer que la République, lorsqu’elle brandit le concept de laicité…Est contre une religion ! Toute tentative pour faire respecter ladite laicité dans notre pays se heurte donc à une pseudo « victimisation » ou « stigmatisation » de la religion ! Ainsi, je ne doute pas que lors des auditions sur le voile intégral, on vous ait expliqué combien une loi pourrait « stigmatiser » l’Islam, les musulmans ! Alors que la loi sur les signes obstentatoires a été soutenue par 90% voire plus, des musulmans Français !

    Pour retrouver un cadre satisfaisant, dans notre beau pays, il est très important d’enlever à la laicité des mots associés, véhiculés par les groupes extrêmistes et fondamentalistes. Car comment faire respecter ce qui n’est pas clairement défini ? Pourquoi ne pas rappeler que L’État, en France, n’est ni pour ni contre telle ou telle identité religieuse, il est tout simplement dans cet ailleurs qui est à la fois extérieur par indifférence – sauf en tant que garant de la liberté de l’exercice du culte, et non de la « liberté religieuse » – et supérieur par la prévalence de la Loi ? Et que, c’est le propre d’un État laïc d’être neutre, au-delà des religion comme différences ? Et cela sans distinction, sans discrimination ni favoritisme, sans relativisme ? Et dire aussi que c’est parce qu’il se place dans cet « au-delà » qui transcende les particularismes religieux qu’il est fédérateur et le seul garant de l’unité ?

    Pourquoi ne pas, aussi, rappeler – cela tombe sous le sens ? Pas pour tous ! – que la laicité EST française ? On a pris l’habitude de parler d’une laicité « à la française » alors que la laicité est un concept français par essence ! Elle EST française. Aurait on honte de reconnaitre que la laicité a permis aux Français de vivre en bonne intelligence ? Que grâce à elle – après un cheminement lent mais continu, suivi par TOUS les régimes politiques de notre beau pays ! Cela de la Pragmatique Sanction de Charles VII aux grandes lois de la III République, du Concordat à la Constitution Civile du clergé, de Charles V à Philippe le Bel dénonçant l’interventionnisme papale dans les affaires temporelles, via « la discussion entre le prélat et le chevalier » ! Historiquement, la France a toujours veillé (à toutes les époques, et cela de manière plus ou moins affirmée) à son indépendance à l’égard du religieux – les Français ont pu s’unir et vivre leur foi ou leur absence de foi sans contrainte ? Et que c’est, à bien des égards, un des Droits de l’Homme ET du Citoyen, les plus précieux…Ce qui explique sans doute que les Français voient en la DDHC de 1789 l’expression de l’identité (constitutionnelle mais pas seulement) de la France ! Et que celle ci, en dépit des travers de l’Histoire mouvementée de notre belle France, ait gardé intact l’adhésion et la fierté qu’elle symbolisa en ses premières heures…Rappeler ce qu’est la laïcité, expliquer, clarifier, enseigner, mener une vraie campagne pédagogique, voilà ce qui manque cruellement. Peut être faudrait il créer un Ministère de la Laicité ? Qui aurait pour charge de veiller à son respect et son application sur notre territoire ? Et veiller pareillement à ce que le concept de laicité soit véritablement enseigné ?

    Avec le « débat » sur l’identité « nationale » – laquelle est réduite à la République ! La France ne saurait, pourtant, se définir par un régime politique qu’elle n’a adopté qu’il a 200 ans, et qui peut tout aussi bien sombrer que la « solide » monarchie, forte de 1000 ans d’expérience ! – il est à craindre que les élus, désireux de restaurer la « paix sociale » ou par opportunisme électoral, agissent avec excès. C’est pourquoi je vous demanderai d’être très vigilant, pour que vos collègues n’instrumentalisent pas, eux mêmes, l’Islam. L’ennemi n’est pas la religion…Mais son instrumentalisation par des personnes qui oublieux de leur rôle, font entrer une religion dans le domaine temporel, quand elle devrait se cantonner au spirituel.

    C’est vrai pour le christianisme, qui en bien des domaines a travesti la parole du Christ, pour de bas intérêts politiques ou idéologiques : ainsi, pour ex, les chrétiens n’ont ils découvert que le Christ était juif à l’origine, qu’au moment où le christianisme a été étudié historiquement, scientifiquement ! Ainsi, alors que Jésus explique à ses disciples que Dieu ne récompensera que ceux qui l’auront suivi, sans rien d’autre que leur amour…L’Eglise a, elle, expliqué, pendant des siècles, que Dieu était sensible aux deniers ! D’où la rémission des pêchés contre de beaux écus !

    C’est vrai pour l’Islam, qui s’étant construit, historiquement, sur la base d’une relation avec l’Etat – qui ne diffère, en réalité, en rien du pacte millénaire entre la Monarchie française et l’Eglise – n’est pas que çà. On oublie souvent que le christianisme n’était pensable, que dans une relation avec l’Etat, pendant des siècles, en Europe. C’est la France, notamment, qui avec son concept du temporel et du spirituel – mis en action par…Louis IX de France ! Notre Saint national ! – va tout changer, et cela de manière profonde, via notamment la Déclaration de 1789, au retentissement international ! Et si la France se sent, aujourd’hui, agressée par l’Islam, comme jadis le pouvoir royal par l’omniprésence de l’Eglise dans le domaine temporel – le coté spirituel n’a jamais été mis en question, pas plus que les valeurs chrétiennes, qui se retrouvent d’ailleurs dans la DDHC de 1789 – c’est peut être parce que mieux que toute autre Nation, mieux que tout autre pays, elle peut y faire face, et mettre en oeuvre une Société sereine, où les religions ont un impact, mais où l’identité de notre beau pays n’est pas malmenée. Car ce n’est pas la France qui doit « s’adapter » mais les religions qui doivent accepter que la France soit souveraine chez elle.

    Dans cette perspective, pourquoi ne pas commencer par dire que l’Islam – je parle de la religion – est parfaitement compatible avec l’âme française ? Croit on sincèrement pouvoir lutter contre les « fondamentalistes » si les élus laissent entendre que tel ne serait pas le cas ? Les rois de France, Napoléon, la Révolution française, la III République, ont prouvé que le christianisme pouvait très bien se fondre dans une Société laique comme la France – à tel point que l’on présente aujourd’hui ce dernier comme l’exemple d’une assimilation réussie, quand l’Islam ne serait que rejet ! – pourquoi ne pourrait on faire avec l’Islam, ce que nos ancêtres ont fait avec la religion de Jésus ? Aurait on la mémoire si courte, pour avoir oublier que jadis Etat et Eglise ne faisait qu’un ? Si la France a réussi à instaurer de nouvelles relations – basées sur le concept de la laicité – avec son ancienne religion d’Etat, pourquoi serait elle inapte à agir de même, avec une religion qui, culturellement, lui est beaucoup moins associée ?

    Au temps de Philippe le Bel, une notion nouvelle, apparue : la temporalité et la spiritualité. Développée par Louis IX, elle allait, avec Philippe le Bel, devenir un axe important de la politique royale, à l’égard de l’Eglise. Ainsi, bien avant la proclamation de Charles V « je suis Empereur en mon Royaume » Philippe IV de France, soucieux de ne pas voir l’Eglise se mêler de politique fit il appel à des juristes, des légistes, qui allait l’aider à clarifier les rapports de l’Eglise avec la royauté, et plus particulièrement avec la personne du roi. Dans les écrits des légistes royaux, un distingo se fit donc entre ce qui relevait du pouvoir spirituel – laissé à l’Eglise – et ce qui était associé, sinon considéré comme le monopole du pouvoir royal : la temporalité. Pour justifier ce distingo, Philippe le Bel fit examiner par ses légistes le livre sacré des chrétiens : la Bible. Et c’est, en s’appuyant sur elle, et sur les « Lois fondamentales du Royaume » qu’il argumenta, faisant valoir que si le roi est le défenseur de l’Eglise il n’est point son vassal, s’il est le très chrétien sa charge royale lui donne souveraineté sur la France, et que Jésus lui même reconnaissait qu’il faut rendre à Dieu ce qui doit aller à Dieu, et à César la part qui lui revient. Pourquoi ne pas procéder de même ? Puisque la République est attaquée pourquoi ne pas entamer un débat philosophique qui a de très grande chance de réduire à néant les thèses fumeuses des « fondamentalistes » ? Comme jadis un tel débat permis à Philippe IV d’amorcer une politique « laique » préservant l’indépendance de la belle France ?

    Conscient que les universitaires de Paris ne feraient pas avancer le débat – comme le CFCM aujourd’hui – ce dernier fit appel à des légistes, tous chrétiens, prêts à discuter du bien fondé de l’interventionnisme papal dans les affaires temporelles. Chacun voit bien que le « Conseil français du culte musulman » ne représente que des groupes militants liés aux courants islamistes internationaux ou aux États marocains, saoudiens et pakistanais. Son manque de « réprésentativité » est bien plus criant que celui des syndicats ou des partis politiques, au sens où ses membres ont été désigné par 4 032 « grands électeurs » auto-choisis dans les milieux associatifs. On ne saurait d’ailleurs s’étonner de ce manque de représentativité et de l’absence de réel débat autour de l’Islam – le CFCM ne fait que réclamer à la République une « adaptation » aux pseudos moeurs « musulmanes » qui seraient partagées par les musulmans de France…L’inverse n’est jamais envisagé ! Ni même une réflexion sur l’Islam elle même et l’instrumentalisation dont elle peut faire l’objet – puisqu’on note une prééminence des Frères Musulmans de l’UOIF, mais aussi du Tabligh, qui devrait préoccuper tous ceux qui craignent la recrudescence d’une surenchère normative !

    Etant donné l’échec du CFCM – il n’a pas fait avancer d’un pouce le débat théologique sur l’allégeance respective aux « lois de la République » ou aux « lois de l’islam » alors qu’il était possible de le faire : à la manière d’un Philippe le Bel instaurant un débat sur le pouvoir temporel de l’Eglise, ou d’Henri VIII d’Angleterre qui s’appuyant sur la Réforme faisait valoir la loi du roi sur celle de Rome – pourquoi ne pas expérimenter une méthode qui a fonctionné par le passé ? Comme en son temps Philippe le Bel, l’Etat pourrait désigner un conseil consultatif, composé de compétences intellectuelles et religieuses – comme les légistes du roi de fer ! – qu’il sollicitera selon les besoins. Ce conseil consultatif serait chargé d’aider l’Etat à promouvoir un Islam laic, quand le CFCM se contente d’approuver les plus radicaux des « islamistes » ! Doit on financer le CFCM qui lutte contre notre pays ? Pourquoi ce « conseil consultatif », avec le Ministre de l’Intérieur (et des Cultes) ou/et un Ministre de la Laicité, n’organiserait il pas régulièrement des conférences sur l’Islam ? Pour l’heure, la « majorité silencieuse » qui s’avère être les musulmans favorables à la laïcité, ont eu tendance à se fondre dans la Société. Réservant la manifestation de leur foi au milieu familial et à l’exemplarité individuelle. Pour que cette « majorité silencieuse » puisse s’exprimer, et prendre une part active dans l’édification d’un Islam laic, il est nécessaire de ne pas laisser aux militants fondamentalistes le monopole du discours sur le religieux islamique, comme actuellement.

    D’où la nécessité de multiplier les lieux dispensateurs d’un savoir sur la théologie et l’histoire musulmane, sur le droit et la philosophie islamique. Où sont, en effet, les universités prodiguant un accès au rationalisme mutazilite, à la pensée d’Averroès, de Râzî ou de Ibn Khaldûn ? Où un jeune musulman peut-il apprendre que le Coran est autre chose qu’un code de lois disant qu’il faut porter le voile ou faire la guerre aux « infidèles » comme le lui assènent les fondamentalistes ? (On ferait ainsi d’une pierre deux coups : lutte contre l’Islam politique et lutte contre le terrorisme) L’Ecole ne peut suffire à cette mission. Ce n’est d’ailleurs pas son rôle. Si l’Ecole peut, et doit, expliquer ce qu’est l’Islam, vue en tant que religion – non en tant qu’identité ou concept politique ! – c’est aux Institutions républicaines et aux lieux de savoirs de véhiculer une véritable connaissance de l’Islam.

    Nous avons des intellectuels, des historiens, des professeurs de droit ou/et de théologie, des philosophes, des écrivains, des universitaires, des chercheurs, etc. Que ne fait on appel à eux pour ouvrir l’Islam ? Pour reproduire le schéma qui a conduit le christianisme a une étude scientifique, historique, philosophique, spirituelle permettant aux Français de vivre en bonne intelligence ? En parallèle à cette politique d’ouverture d’esprit critique à l’égard d’une religion, il convient que l’Etat arrête de se faire marcher sur les pieds. Et qu’il se rappelle, très important, que les citoyens respectent en lui l’autorité légitime. Mais que ce respect est conditionné par l’importance que l’Etat, lui même, accorde à sa propre légitimité. S’il la met en doute comment s’étonner que les citoyens, ou des courants religieux, cherchent à le remplacer ?

    L’Histoire de France devrait être lue par tous les élus, et les membres d’un Gouvernement. Elle est, en effet, riche d’enseignements. Chaque moment de « troubles » est lié à une période difficile pour le pouvoir royal. Si les régences sont très souvent citées, on ne peut manquer de remarquer que la radicalisation des « partis », lors de la Révolution française, ne se fait pas en 1789 – Marie Antoinette est détestée par les Français, pas Louis XVI. Il est le « Père » de son Peuple – mais bien à la suite du retour de Varennes, après l’arrestation du roi. Louis XVI ne voulait pas faire couler le sang. C’est pourtant en prenant la décision suicidaire de quitter Paris, pour rejoindre une ville proche de la frontière autrichienne, qu’il va faire passer la Révolution – dont il aurait pu être le chef d’orchestre – du débat philosophique et empirique, à l’avènement de la Terreur, laquelle sera soutenue par les Français, car il n’y a plus aucune autorité apte à limiter l’appétit de pouvoir d’une machine que plus personne ne plus arrêter. Il n’est pas anodin que le premier geste de Napoléon soit d’affirmer que la Révolution française est terminée, et que son deuxième geste soit d’appeler l’Eglise à la rescousse ! L’Etat doit incarner l’autorité. Ce qui signifie qu’il ne doit pas tout accepter. D’où la très grande nécessité d’envoyer des messages, des signals, forts…Aux citoyens.

    Les signes à envoyer aux Français ? Au monde ? Que la France n’est pas hostile à l’Islam, mais qu’elle n’est pas prête à se renier pour autant. Comment envoyer des signaux ? Et bien…Pour commencer, en cessant cet affreux politiquement correct que plus personne ne supporte….Mais qui arrange bien les propandistes, idéologues, de tout poil ! Les élus auront ils le courage – à leur niveau : local, national, européen, etc. – de dire que :
    -la France veut promouvoir un islam laic ?
    -qu’elle recherche pour ce faire toutes les bonnes volontés désireuses de débattre ?

    Les « leaders musulmans » – comprenez les pseudos experts qu’on voit régulièrement sur les plateaux télé et qui parlent au nom des « musulmans » ! – n’ont cessé de répéter qu’il n’y a qu’un Islam ! Or, c’est tromper les gens, en toute impunité…Puisqu’on laisse penser que le vrai « Islam » serait celui qui emprunte les formes les plus extrémistes et perverties de la religion. Dès lors, l’islam modéré ou tolérant, apparait chez certains fade, pour un aveu de faiblesse. La vérité, pourtant, c’est qu’il existe plusieurs interprétations du message du Prophète. Le temps est venu de choisir entre l’islam religion, enraciné dans une séculaire sagesse musulmane, et l’islam politique apparu au début du XXe siècle.

    Les « fondamentalistes » style les Frères Musulmans, sont un courant qui n’existe que depuis 1927 !Personne ne demande à quiconque de renier qui ou quoi que ce soit. Pas même la République. Pas même la France. En revanche, poser un regard critique sur l’instrumentalisation d’une religion, devient, là, intéressant et il est de la responsabilité de l’Etat – en sa qualité de garant de la liberté de cultes – d’intervenir lorsqu’une religion est utilisée à des fins politiques, pour porter atteinte à l’édifice républicain surtout lorsque ceux qui instrumentalisent cette religion s’éxonère de respecter la DDHC de 1789, consubstantielle à l’identité (constitutionnelle) de la France. Ce qui est précisément la situation actuelle. Ce qui nécessite d’envoyer quelques pavés dans la mare…En sachant tout de même que les élus prennent relativement moins de risques que les Capétiens en leur temps. Car si Philippe le Bel risquait l’excommunication, l’interdit sur son Royaume, voire même ses « droits » sur la France – suite au comportement peu diplomatique d’un des légistes du roi – les élus ne risquent qu’une seule chose : des menaces. A eux de ne pas céder au chantage exercé par certains idéologues et propagandistes. Assez d’angélisme ! Il est temps de dire que les GIA, talibans et autres Ben Laden sont bel et bien des musulmans ! Et que oui, ils recrutent dans les mosquées les terroristes en herbe !

    Nier cette réalité, c’est déresponsabiliser les musulmans de notre pays, mais aussi ne pas porter secours à personne en danger : car quelle famille de France, dont les membres ont choisi l’Islam comme religion, prend des précautions, pour éviter de voir l’un des siens se retrouver enroler sous les bannières du Prophète pour des motifs bien troubles ? Aucune…Puisqu’on nie une réalité ! Il est aussi temps que les élus – pareil : à tous les niveaux – appellent les musulmans de France, à la défense de la laicité, seule à même de leur assurer, dans notre beau pays, la liberté de cultes. Il est temps d’appeler lesdits musulmans, à prendre conscience que les Ben Laden et consorts sont le produit de la décomposition de cet islam politique parvenu à une déspiritualisation du message coranique. Si « les représentants officiels » de l’Islam dans notre beau pays, ont condamné les attentats aux USA, aucune argumentation de fond n’est venue contrebalancer les effets désastreux de cette vulgate djihadiste. Ce silence dure depuis des années, laissant proliférer des dérives extrémistes, une vision grossièrement clivée du monde, une lecture littéraliste du Coran, une misogynie théorisée, une idée agressive de la « supériorité » de l’islam, un racisme antijuif et antichrétien, etc. Il est donc temps que l’Etat intervienne, pour recadrer les choses.

    Et que via le conseil consultatif, dont j’ai parlé plus haut, via son appel aux musulmans de notre pays pour la défense de la laicité et la construction d’un Islam religieux et non politique, laic, et via une étude scientifique et historique de l’Islam, seule à même d’exercer un rapport critique sur ladite religion…Il assume son rôle d’autorité légitime. Ce recadrage pourrait passer par un développement des thèses en phase avec notre France. Ainsi, on pourrait réhabiliter les thèses de la théologie musulmane qui permettent l’évolution. Par exemple, la thèse du Coran créé, soutenu par le courant mutazilite contre celle du Coran incréé (qui n’est pas une obligation de foi). La thèse de la licéité originelle, formulée entre autres par le grand soufi Ibn Arabî explique que l’homme n’a pas à combler les silences de Dieu car « ce que la Loi tait n’est pas plus fortuit que ce qu’elle énonce ». En conséquence domine le principe de licéité. Or, sur le politique, le Coran est muet : « l’État islamique » n’est qu’une idée humaine n’ayant aucune valeur religieuse intemporelle.

    Que ne rappelle t on, par ailleurs, la thèse musulmane d’une distinction du spirituel et du temporel exposée doctrinalement par le cheikh Ali Abderraziq en 1925 ? Son idée principale est que l’Islam est un message de Dieu et non un système de gouvernement : « Ils ont fait de toi un roi, ô Prophète de Dieu, car ils ne reconnaissent aucune dignité plus élevée ! ». On pourrait lui trouver des précédents dans la pensée musulmane. Selon Hassan al-Basrî (mort en 728), qui appartenait à la catégorie des Suivants des Compagnons du Prophète, tout croyant se devait d’exprimer le jugement de sa propre conscience sur celui de ses chefs dont il réprouvait la conduite : la distinction du spirituel et du politique était ainsi stipulée.

    L’Etat pourrait aussi inciter les musulmans de France à abandonner la conception « identitaire » de l’islam, telle que la développe le mouvement fondamentaliste Tabligh ou un auteur comme Tariq Ramadan sur la base d’une imitation littéraliste du Prophète. Pour eux, l’islam est un mode de vie et la marginalité vestimentaire qu’ils prônent (voile pour les unes, barbe pour les autres…) est en réalité une stratégie de refus de l’intégration culturelle à la société, qui n’a strictement aucun fondement religieux. Elle a pour but d’habituer celui qui s’y soumet à vivre en état de dislocation mentale à l’égard de ce qui ne provient pas directement de sa « communauté » et alimente une occidentalophobie haineuse. Or, comme le disait Soheib Bencheikh, le Prophète n’a jamais vécu comme un marginal dans son milieu. L’imiter consiste donc, d’abord, à ne pas vivre comme un marginal dans sa propre Société. L’islam n’est pas une identité mais une foi, un rite, une spiritualité.

    Faire comprendre cela aux musulmans – et ils sont réceptifs dès lors qu’on ne fait pas de généralité : du style tous les immigrés sont musulmans ! Voire doivent l’être ! Ou encore un musulman est nécéssairement un type qui fait du verlan (et au fond, qu’irait on lui reprocher ? Le verlan…C’est du français à l’envers ! Dommage que Mme Morano ne fustige pas plus ses collègues Ministres qui utilisent le globlish à toutes les sauces !) et porte une casquette à l’envers (mode…Issue des USA !) – demande une volonté politique. Mais si celle ci est en place…Alors tout ira dans le bon sens. Surtout si les élus et/ou le Gouvernement se décident à respecter…Eux…La France, qui mérite bien qu’on l’aime. D’où défense de sa langue (que fait la commission parlementaire sur les questions européennes ? Et la commission des lois ?) Je vous invite à lire « bruxelles 2 » et « coulisses de bruxelles » pour voir l’intérêt que porte les actuels « gouvernants » à notre langue, pourtant présenté comme un élément consubstentiel à l’identité de notre belle France, par M. BESSON, de ses valeurs (est il normal que personne ne réagisse lorsque le principal conseiller du Président explique que la DDHC de 1789 est une « philosophie politique » ?), etc.

    Quand ceux chargés de défendre l’âme de la France, son prestige, sa renommée et ses prétentions…Désertent, n’est il pas logique que l’on attaque la France, comme la République du reste…? En se comportant comme les « émigrés de Coblence » comment les membres du Parlement, du Gouvernement, pourraient ils faire valoir des valeurs, une identité, d’un pays qu’eux mêmes trahissent, involontairement ou non par leur lâcheté ? Leur silence ? N’est il pas temps que les élus retrouvent l’esprit de 1789 ? Et que les « gouvernants » emboitent le pas à ceux qui « ont fait la France » plutôt que de s’inspirer du Directoire, et autres régimes peu vertueux ? La France est une femme. http://www.alain-benajam.com/article-19881943.html Gardons nous de lui enlever son âme. http://www.jeune-france.org/Editorial/edito32.htm

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  4. legley - 27 avril 2010 7 h 52 min

    Bonjour Christian.
    Je suis tout à fait d’accord pour cette loi si celle-ci est appliquée de a à z et que personne ne vienne contre-dire ou dire par l’entremise d’un avocat véreux ou un juge bien complaisant contre-carré cette loi par des voies dérobées; la France est un grand pays qui reçoit tout le monde si ce monde se soumet aux lois françaises. Nous en France nous avons dû enlever les crucifis et tous signes ostentatoire de religion dans les écoles publiques, ce genre de vêtement est bien un signe de religion extrémiste; nous devons donc interdire tout ceci avant que nous ne le pouvons plus. Lorsque des journalistes féminins doivent travailler dans leur pays elles doivent se couvrir la t^te en signe de respect d’accord , ici nous sommes en France elles doivent respecter la France.
    Je finirai par ces mots qui se trouvent sur tous bâtiments de la royale HONNEUR. PATRIE. VALEUR. DISPLINE.Ces mots donnent le sens de notre façon de vivre en FRance. MERCI.

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  5. M.Moore - 27 avril 2010 10 h 19 min

    Désolée mais la burqa et autres oripeaux de bâchage intégral sont avant tout des atteintes à la dignité de la femme : sac poubelle! pour ces intégristes salafistes anachroniques et consorts, la femme n’est qu’un animal sexuel et domestique qui en plus doit se cacher à la vue libidineuse du sexe faible en termes de pulsions.
    Ces salafistes sont des hommes immatures, incultes et violents, comment peut-on les défendre?
    Comment accepter cela en Occident??? de plus, dans les pays musulmans point de réciprocité :(( une femme occidentale en Arabie doit sortir bâchée et accompagnée d’une mâle, fut-il en bas âge…

    En second lieu, bien sûr que pour la sécurité il faut interdire ce déguisement surréaliste de Belphégor et même pour les fraudes : flash de radar si vous prêtez votre voiture à un tiers qui commet une infraction avec ce déguisement….comment la photo prouvera que c’est lui et non vous ???

    Enfin, pour la laïcité, il s’agit d’un signe plus qu’ostentatoire, c’est un crachat à la face de tous les occidentaux et des femmes libres en général.

    Certes, vous aurez raison, à l’instar des féministes, de souligner que les femmes quasi-nues et étalées partout dans les pubs et les magazines débiles sont une insulte bien occidentale à leur dignité.

    Moi je dis ni femme objet sexuel, ni esclave domestique et sexuelle!

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  6. horchani - 28 avril 2010 14 h 35 min

    La meilleure punition à inscrire dans la prévue loi sur l’interdiction du voile intégral est d’obliger celle qui la viole à recopier mille fois les deux phrases suivantes :
    1. « Qasim Amin, un intellectuel égyptien, a déclaré, en 1897, que « C’est quand même étonnant ! Pourquoi ne demande-t-on pas aux hommes de porter le voile ou de dérober leurs visages aux regards des femmes, s’ils craignaient tant de les séduire ? La volonté masculine serait-elle inférieure à celle des femmes ? « .
    2. Tahar Haddad, un intellectuel tunisien, a comparé, en 1930, le voile à « la muselière qu’on met aux chiens pour les empêcher de mordre ».
    HORCHANI Salah

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  7. horchani - 28 avril 2010 14 h 38 min

    Le Statut du voile dans les Traditions musulmane et chrétienne:
    Tous les versets du Coran qui traitent de la façon de se vêtir (à savoir : V.53-S.33, V.59-S.33, V.31-S.24, V.60-S.24) relèvent du conjoncturel. Ainsi, à titre d’exemple, ceux qui veulent imposer le voile, intégral ou non, aux musulmanes se basent, essentiellement, dans leur argumentation, sur le Verset 59 de la Sourate 33 qui, en réalité, relève du conjoncturel, puisqu’il s’adresse, explicitement, aux épouses du Prophète, à ses filles et aux femmes des croyants (de l’époque). En outre, ils choisissent, pour traduction du dit verset, celle qui figure dans la version française officielle du Coran de l’Arabie Saoudite, traduction qui représente l’interprétation la moins tolérante du terme « Jalabibihinna », terme pivot de ce verset traduit, dans cette version, par « grands voiles » ; dans d’autres versions, ce terme est plus sobrement traduit par : voiles, mantes, capes,… ; dans tous les cas, l’adjectif « grand » ne figure pas dans le texte en arabe et nulle part, dans le Coran, il n’est mentionné que le port du voile (ni du foulard, d’ailleurs) est une prescription pour les croyantes, en général. Dans ce contexte, il convient de signaler que le mot « voile », comme son équivalent arabe « hijab », n’est pas un terme spécifique ; c’est un terme générique qui, dans le cadre de ce commentaire, désigne un élément d’un ensemble d’habits ou d’accessoires destinés à cacher une partie du corps féminin tel que fichu, foulard, cornette, châle, mante, mantille, burkini, safsari, tchador, nikab, tchadri, burka,… ; à l’instar du terme « voie » qui est le terme générique désignant les impasses chemins, rues, routes, autoroutes,…. Une erreur sémantique, régulièrement commise par certains commentateurs, médias et politiques de tous bords (y compris le plus haut), est de confondre un élément du dit ensemble avec le terme générique le désignant. Ainsi, le Président de la République a déclaré le 22 juin 2009, dans son discours au Congrès de Versailles, que « La burka ne sera pas la bienvenue sur le territoire de la République », alors qu’il avait déclaré, quinze jours auparavant, le 6 juin 2009, en évoquant le discours prononcé au Caire par Barack Obama et consacré au monde musulman : « En France, toute jeune fille qui veut porter le voile peut le faire. C’est sa liberté » !

    Quant au Statut du voile dans la Tradition Chrétienne, elle a, essentiellement, comme support la théologique paulinienne (contenue dans le nouveau testament et concernant le port du voile) explicitée par l’extrait suivant :

    « Première épître aux Corinthiens, 11 : 2-10.
    2 Je vous félicite de vous souvenir de moi en toute occasion, et de conserver les traditions telles que je vous les ai transmises. 3 Je veux pourtant que vous sachiez ceci : le chef de tout homme, c’est le Christ ; le chef de la femme, c’est l’homme ; le chef du Christ, c’est Dieu. 4 Tout homme qui prie ou prophétise la tête couverte fait affront à son chef. 5 Mais toute femme qui prie ou prophétise tête nue fait affront à son chef ; car c’est exactement comme si elle était rasée. 6 Si la femme ne porte pas de voile, qu’elle se fasse tondre ! Mais si c’est une honte pour une femme d’être tondue ou rasée, qu’elle porte un voile ! 7 L’homme, lui, ne doit pas se voiler la tête : il est l’image et la gloire de Dieu ; mais la femme est la gloire de l’homme. 8 Car ce n’est pas l’homme qui a été tiré de la femme, mais la femme de l’homme, 9 Et l’homme n’a pas été créé pour la femme, mais la femme pour l’homme. 10 Voilà pourquoi la femme doit porter sur la tête la marque de sa dépendance, à cause des anges ».

    En conclusion, il convient de souligner, comme il ressort de l’extrait précédent, que c’est avec l’Apôtre Paul, et non avec le Coran, que la coutume, au départ citadine et païenne du voile des femmes, acquiert un statut religieux et cultuel. Plus précisément, dans le Coran (V.59-S.33), Dieu dit au Prophète d’ordonner à ses épouses, à ses filles et aux femmes croyantes (de l’époque) de rabattre leur vêtement sur elle pour se faire reconnaître et d’éviter ainsi d’être offensées ; le texte, contrairement à la théologique paulinienne, n’inscrit pas cette démarche dans le rapport que doivent avoir les femmes à la Divinité, autrement dit elle relève du social.
    HORCHANI Salah

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  8. M. Moore - 28 avril 2010 16 h 38 min

    Tout à fait Horchani et les catholiques intégristes hurlent au plagiat :))
    Ils préfèrent de loin St Paul l’ex pharisien demeuré très légaliste au Christ plus que libérateur pour les femmes!
    Ces saint Pie X et compagnie ne cessent de citer st Paul pour dénigrer émancipation des femmes et aussi des homosexuels parce que dans les Evangiles, rien de sexiste ni d’homophobe! il faut souligner dans les religions là où ça cloche, les passages précis et souvent contextuels, au lieu de rejeter les religions dans leur intégralité : il y a des perles et du mojs bon partout 😉

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  9. seb - 29 avril 2010 1 h 58 min

    C’est pourquoi il ne faut pas lutter – stupidement – contre une conséquence (port du voile, refus de faire soigner sa femme à l’hôpital soit disant pour des raisons religieuses, piscines publiques utilisées à des fins privées, flagelation, circoncision, etc.) mais bien contre L’INSTRUMENTALISATION d’une religion à des fins politiques.

    De ce fait, en vertu de la loi, tout individu qui invoquerait sa religion pour justifier des choses intolérables, que ladite religion ou/et la loi réprouve, aurait le même statut que les victimes des sectes.

    De la même manière qu’on interdit certaines sectes sur notre territoire, au motif que celles ci ont des conséquences nuisibles sur la Société, on pourrait par ex interdire la présence des « Frères Musulmans » au sein d’un comité « représentatif » des musulmans, qui représentent autant les « musulmans » de France que les membres du « klu klus klan » les chrétiens.

    Et bien sur…Il faudrait rétablir la « double peine » pour ces personnages douteux qui instrumentalisent une religion à des fins politiques.

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  10. MAX - 29 avril 2010 6 h 35 min

    La France est une République laïque dont la spécificité est la SEPARATION de l’EGLISE et de l’ETAT. Si la RELIGION est une affaire PRIVEE elle s’adresse également à tout ce qui s’y rapporte et donc concerne particulièrement l’ISLAM qui fait l’ACTUALITE dans tous les sens du terme depuis prés de 40 ans mais plus particulièrement des dernières années.

    En conséquence il faut proscrire tout signe OSTENTATOIR à caractère COMMUNAUTARISTE et ANTI-NATIONAL ! Aussi il faut interdire par la LOI le VOILE et tout ce qui s’y rapporte qu’il soit intégral ou non . Comme les chrétiens et autres les musulmans peuvent porter discrètement la main de fatma s’ils le veulent. Le fichu sur la tête ou la tête « voilée » reste bien un signe visible communautariste de la « FEMME SOUMISE » répondant bien aux critères communautariste du milieu musulman islamique.

    Pas d’EXCEPTION qui fourvoira la REGLE du principe républicain et laïc.

    L’EUROPE qui n’est toujours pas POLITIQUE et qui est majoritairement conspuée par la montée constante de l’ ABSTENTIONISME qui rend les ELUS ILLEGITIMES car élus MINORITAIREMENT , n’a pas à s’immiscer dans la politique des NATIONS et dans la DEMOCRATIE si ce n’est se déclarer institution totalitaire … comme légiférer sur la fessée , non seulement ridicule mais grotesque et surtout une ingérence intolérable dans la vie des familles.

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  11. babeil - 29 avril 2010 12 h 18 min

    Inutile de nous baratiner des pages sur le coran. Comme l’a dit Monsieur Vanneste, on ne peut justifier une législation par des considérations subjectives sur la condition des femmes. Vous dites que la burqa est contraire à leur dignité. Si vous interrogez les musulmans, qui sont tout de même les mieux placés pour parler de leur propre religion, ils vous diront le contraire. C’est donc un débat sans fin. Ce n’est pas sous prétexte d’interprétations personnelles d’un signe religieux que l’on peut faire régresser des libertés individuelles. C’est un peu léger comme argument.

    Vous parlez de valeurs, notamment de laïcité qui serait selon certains d’entre vous l’équivalent de neutralité religieuse et politique, définition simplifiée et déformée qui reste encore à vérifier. Mais dans ce cas, si la neutralité s’applique aussi sur la voie publique au point d’en interdire la burqa, pourquoi les autres signes religieux, croix, kippa, voile simple, ne seraient ils pas eux aussi interdits sur la voie publique? Pourquoi ne pas interdire la distribution de tracts politiques et affiches électorales?

    Concernant les questions d’ordre public et de sécurité, j’y ai déjà partiellement répondu dans mon précédent commentaire. Les policiers peuvent demander aux musulmanes de se découvrir le visage le temps d’un contrôle. Par conséquent, l’interdiction n’est pas nécessaire. En revanche, il ne faut pas confondre forces de l’ordre et caméras vidéos. Leurs fonctions sont différentes. Si un policier a le pouvoir d’imposer à un citoyen de lui montrer ses papiers sur simple demande, nul n’est dans l’obligation de se soumettre à une identification face à une caméra qui n’est qu’un outil de surveillance et non une autorité de contrôle d’identité. Sa présence n’implique donc pas que toute personne soit identifiable dans les lieux publics.

    En conclusion, que reste-t-il des justifications à l’interdiction de la burqa? Plus grand chose. Les médias, la classe politique ont déjà fait le coup lors du débat de la loi sur la laïcité de 2004 de nous matraquer d’arguments bidons afin de cacher qu’ils n’en avaient aucun de solide. Ils nous ont entraîné sur le terrain des notions abstraites fourre tout, laïcité, république, de manière à ce que tout le monde s’emmêle les pinceaux, accepte des raccourcis du genre « égalité, laïcité, vivre ensemble = pas de signe religieux » (drôle de démonstration), au lieu de rester terre à terre et discuter en termes de droit. Tous ces beaux mots ne servaient qu’à masquer l’intolérance.

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