Benoit XVI, une proie de choix pour les rapaces et les démagos

Le discours de Benoît XVI sur la vie est le même que celui de Jean-Paul II. Comment expliquer l’agressivité manifestée à l’égard de Benoît XVI ?

Benoit XVI, lorsqu’il n’était que le cardinal Ratzinger, était très proche de Jean-Paul II. C’est ce dernier qui l’avait nommé et maintenu à la tête de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi : autant dire qu’ils partageaient la même vision de la vie. Entre eux, il n’y avait pas la place d’une feuille de papier à cigarette ! Mais contrairement à Jean-Paul II, qui était un grand communicant, l’intellectuel Benoît XVI est plus exposé. Le premier était le résistant polonais au communisme. Le second vient de la riche Bavière… La meute médiatique n’osait pas s’en prendre à Jean-Paul II qui, de manière personnelle ou en tant que chef de l’Eglise a toujours su faire preuve d’une force d’âme et d’une volonté facilement assimilable à une manifestation de puissance : de son attitude courageuse et charitable durant l’attentat dont il a été victime en passant par la lutte contre le monde soviétique et les manifestations de masse qu’il dirigeait de main de maître. Benoît XVI, lui, peut-être attaqué en toute tranquillité. Surtout que l’on ne retient de lui que ce qui peut « choquer » après avoir été préalablement soigneusement manipulé et tronqué.

Mais sur le fond ?

Longtemps, on a considéré l’Eglise catholique comme la « gardienne du dogme ». Aujourd’hui, pour certains, on a changé d’église : il s’agit de celle des médias, qui exige que tout le monde se plie à la pensée unique dictée par le politiquement correct. Les grands prêtres médiatiques célèbrent les offices aux heures de grande écoute et dictent les pensées de la bonne conscience.
Cette église d’un temps nouveau ne supporte pas que l’Eglise catholique énonce sa vérité. Mais lorsque l’on interroge le pape sur un certain nombre de questions que voulez-vous qu’il dise ? Le pape n’est pas un journaliste, non plus qu’un ministre ou un politicien démagogue qui se demande ce qu’il doit dire en fonction des sondages. C’est un chef spirituel qui énonce une vérité éternelle. Dès lors, il dit ce qu’il doit dire et certains font semblant de ne pas comprendre.

Comment ?

D’abord en s’offusquant, ce qui est tout de même un comble. J’ai entendu plusieurs journalistes affirmer que les propos du pape avaient « choqué ». Mais choqué qui ? Ceux qui n’entendent rien au dogme catholique ou qui se contentent de propos tronqués et simplifiés ?! Mais si l’on n’est pas catholique, ce que dit le pape ne nous regarde pas et si on l’est, on devrait comprendre ce qui sous-tend la pensée du Saint Père. J’ajouterais que les adversaires du pape – les militants, pas les simples gogos – sont d’une mauvaise foi effrayante, car ils ne réagissent que sur des bouts de phrases montés en épingle et concernant leur conception étroite, matérialiste et hédoniste de la vie. Or, sur le plan de la morale, le pape est là pour tenir un discours qui élève et transcende par la spiritualité les besoins matériels et physiques de l’être humain.
En outre, le pape n’a consacré qu’un tout petit moment de son discours au problème mis en exergue par les médias français. La majeure partie de ses propos se concentrait sur la lutte pour la paix et contre la pauvreté, qui sont des fléaux frappant l’Afrique de plein fouet et sont incontestablement plus importants que cette polémique au ras des pâquerettes sur la capote !

Que pensez-vous des politiciens qui dénoncent les propos « irresponsables » de Benoît XVI, notamment au sein de l’UMP ?

Ces personnes n’ont manifestement aucune culture religieuse, ignorent réellement ce qu’est un pape, et sont eux-mêmes parfaitement irresponsables… Ils réagissent par des stimuli médiatiques, en obéissant à des réflexes pavloviens, et n’ont pour consigne que de surenchérir sur le thème « Plus moderne que moi, tu meurs ! ». Ils n’ont d’ailleurs sans doute jamais lu en intégralité l’entretien avec le Saint-Père. Ils sont surtout inspirés par les souffles de décadence et de politiquement correct qui règnent dans nos pays.

Christine Boutin, elle, a déclaré que le préservatif était « nécessaire »…

Il est quand même bien dommage que la politique tombe au niveau du préservatif ! Ceci dit, Christine Boutin, ce n’est pas le pape. Qu’une personnalité politique estime que le recours au préservatif puisse être parfois nécessaire, c’est une opinion comme une autre. J’ai moi-même accompagné des délégations politiques en Afrique et j’ai assisté à des distributions de préservatifs. Que des politiques disent qu’il faut lutter contre la propagation des maladies vénériennes qui ravagent l’Afrique, notamment en distribuant des préservatifs, ne me choque pas. Mais si le pape l’avait dit, je l’aurais été, car il ne serait plus dans son rôle. Lui, doit inciter les hommes et les femmes à élever leurs comportements dans la spiritualité et la morale catholiques.

D’ailleurs les Africains l’ont bien compris, qui se sont pressés très nombreux à ses messes, toute la semaine dernière… Eux, qui sont les principaux concernés, comprennent bien l’étendue des dégâts provoqués par le sida sur leur continent.

Pour notre société prise dans le carcan moralisateur du politiquement correct, le pape ne semble-t-il pas un bouc émissaire bien commode ?

D’abord, il ne faut pas oublier que la majorité des journalistes sont parfaitement incultes et incapables de s’élever dans les hauteurs où évolue le pape.

Mais vous avez raison par ailleurs : dans un monde où l’on ne peut plus rien dire, où il faut ménager chaque catégorie sociale, ethnique ou sexuelle, le chef de l’Eglise catholique est effectivement bien désigné pour remplir le rôle de bouc émissaire (cf REné Girard). Je pense aussi que le discours pontifical heurte les relativistes inconsciemment bousculés dans leur mode de vie hédoniste. C’est pourquoi ils profitent de toutes les occasions pour salir l’image du Saint Père. Les catholiques ne doivent donc jamais avoir peur de s’élever contre ces cabales médiatiques.

L’ennui, c’est que vous êtes bien seul…

Pas du tout, beaucoup de gens refusent ces simplifications outrancières. D’ailleurs, même parmi les hommes politiques, je vous signale que je ne suis pas le premier à avoir manifesté mon soutien à Benoît XVI ! Il s’agit en fait de mon ami Jacques Rémiller, député UMP de l’Isère et président du groupe d’études sur le Saint-Siège.

Pour en revenir à Benoît XVI, le déchaînement médiatique s’explique peut-être aussi par le fait que le pape ne répondra pas aux attaques par la violence…

Ce qui caractérise effectivement l’attitude du Saint Père, c’est l’exposition à la souffrance, son prédécesseur l’a bien montré. Toute réponse violente ou véhémente est par définition exclue, contrairement à d’autres religions. En outre, en l’attaquant, on ne risque pas sa vie ou sa carrière. Ceci en fait une proie de choix pour les rapaces des médias ou des démagogues.

♦ Propos recueillis par Patrick Cousteau, pour le journal Minute, 24 mars 2009

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12 commentaires

  1. L WORD - 25 mars 2009 10 h 31 min

    Sur le dernier paragraphe, vous avez bien raison, ni JP II, ni Benoît XVI n’ont répondu par la violence! par-contre, dans l’islam -car c’est bien cette religion qui à l’heure actuelle pose problème de violence, excepté les vénérables soufis- et surtout l’inculte salafisme, fatwas de mise à mort auraient été prononcées depuis bien longtemps si un imam avait été autant conchié que le Pape! sauf que dans le sunnisme, il n’y a pas de représentant équivalent alors que dans le chiisme oui.

    Pour le reste, le Pape reste dans son rôle même si personnellement je respecte plus les religieux « sur le terrain » qui distribuent comme moindre mal cette protection car tout le monde, hétéros comme homos, n’a pas la même attitude face à la sexualité, certains et certains ne maîtrisent pas leurs pulsions et je ne les juge pas sur leur éventuelle sexualité débridée, je les juge uniquement s’ils mettent la vie des autres en danger.
    Comme le rappelait récemment le curé des loubards, Guy Gilbert, la sexualité est la seule richesse du plus pauvre d’entre les pauvres, la seule chose qu’il puisse s’offrir. Au Pape de dire, et pas à lui seulement, que la sexualité est un cadeau entre deux personnes adultes qui s’aiment et donc se respectent (fidélité notamment). La pornographie n’est pas l’amour, les pratiques à risques (multipartenaires) non plus mais si l’Humain est trop faible pour le comprendre, qu’il se protège à minima et surtout qu’il ne contamine pas les autres.
    Personnellement, si j’étais égoïste en tant que lesbienne je dirai que cela ne me concerne absolument pas mais je ne peux restée insensible à une telle pandémie.

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  2. L WORD - 25 mars 2009 11 h 03 min

    J’ajouterai que même si je n’ai jamais apprécié Joseph Ratzinger depuis des lustres (j’ai éteins la télé en colère lorsqu’il a été élu), ce qui m’irrite le plus c’est la lâcheté d’incultes journalistes et d’autres moins incultes mais volontairement mensongers et calomniateurs vis-à-vis de l’unique religion chrétienne et surtout du catholicisme. Je respecte plus un anti-religieux primaire qui a les trippes de vomir autant le Pape qu’un imam des « Frères musulmans » par ex, qu’un athéegriste pleutre envers l’islam et férocement déchaîné envers ce Pape ou un autre! il est vrai qu’il ne risque pas sa peu dans le second cas 😀
    Seuls les cathos, très divers à l’intérieur de la même Eglise (j’en suis une preuve), peuvent se permettre de critiquer les Papes mais avec arguments et certainement pas pour faire plaisir à la mode, par définition éphémère et superficielle.
    Surtout, ne pas alimenter le moulin des sots haineux! là aussi, je suis entre deux chaises (pas seulement parce que chrétienne et homo) car entre catholiques je suis critique envers le Pape (sauf l’affaire Ratisbonne) et entre homos ou entre personnes non croyantes, je me dois de le défendre contre les mensonges.
    Mais je reste tenace 🙂

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  3. YMLP - 25 mars 2009 13 h 35 min

    En ce qui concerne l’affaire du préservatif, je trouve inquiètant que des journalistes aient tronqué une citation du pape (c’est bien ce qui é été fait, en omettant la première partie qui conditionnait la suite), pour faire un coup médiatique. Cela est absolument contraire à l’honnêté (et à la logique de la phrase !). Et qu’on ne vienne pas dire pour se donner bonne conscience (cf le Monde et la Croix) que le texte publié n’est pas ce qui a été dit, il n’y a pas de différence significative entre les deux versions (et certainement moins qu’avec ce qui a été cité par les journalistes !). Ensuite que des hommes politiques se soient cru obligés d’en remettre une couche est tout aussi consternant : n’auraient ils pas d’autres pistes de réflexion que celle de plaire aux sondage. Le lynchage médiatique est quelque chose d’abominable qui rappelle des époques qu’on voudrait oublier.

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  4. NietzscheMarx - 25 mars 2009 19 h 29 min

    Comment peut-on se dire « chrétien et homo » ?!!!!
    c’est une farce.
    Mais ceci représente bien la tendance à ne pas s’assumer pleinement (assumer, c’est subir TOUTES les conséquences de ses choix!) : on veut des gamins alors que l’on ne peut en faire, on se dit chrétien alors que la bible l’interdit !!!!
    en fait, on veut le beurre et l’argent du beurre……consternant !
    dans la vie, il faut faire des choix !
    et le pape en fait, avec des propos très justes sur le fond et en rapport avec son DOGME (et un dogme, on ne l’arrange pas à sa sauce quand cela nous arrange !!!!).

    quelques piqûres de rappel…..

    « Tu ne coucheras point avec un homme comme on couche avec une femme. C’est une abomination ». Lévitique 18.22

    « Si un homme couche avec un homme comme on couche avec une femme, ils ont fait tous deux une chose abominable ; ils seront punis de mort : leur sang retombera sur eux ». Lévitique 20.13

    « Ne savez-vous pas que les injustes n’hériteront point le royaume de Dieu ? Ne vous y trompez pas : ni les débauchés, ni les idolâtres, ni les adultères, ni les efféminés, ni les homosexuels, ni les voleurs, ni les cupides, ni les ivrognes, ni les outrageux, ni les ravisseurs, n’hériteront le royaume de Dieu ». 1 Corinthiens 6.9-10

    C’est pourquoi Dieu les a livrés à des passions infâmes : car leurs femmes ont changé l’usage naturel en celui qui est contre nature et de même les hommes, abandonnant l’usage naturel de la femme, se sont enflammés dans leurs désirs les uns pour les autres, commettant homme avec homme des choses infâmes, et recevant en eux-mêmes le salaire que méritait leur égarement.  » Romains 1.24-27

    on retrouve dans ces extraits la façon d’envisager une vie saine et morale ce que le pape a défendu, peut-être maladroitement dans un pays ravagé par cette maladie (?), mais il est bon que quelqu’un rappelle les fondamentaux de notre civilisation !!!

    j’ai lu dans un article que des activistes d’Act-up avaient scandé ‘le pape complice du sida » : quelle infamie ! il faudrait leur rappeler qui est à l’origine de cette épidémie !
    sûrement pas des relations hétérosexuelles basées sur la fidélité !
    quand quelquechose cloche dans la nature, elle a vite fait de nous rappeler à l’ordre comme avec la vache folle quand on donnait des farines animales à des herbivores !

    je suis agnostique donc je ne fais pas partie de la communauté chrétienne et je ne me dit pas chrétien même si j’ai été baptisé et si j’ai fait ma 1ere communion. Donc j’ASSUME ce que je pense.

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  5. Thibault Loosveld - 25 mars 2009 21 h 13 min

    La France est traversée épisodiquement par des repentances. Voici le mécanisme: des journalistes jettent des idées et, tout d’un coup, c’est une religion toute entière qui doit se sentir coupable.

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  6. L WORD - 25 mars 2009 22 h 06 min

    Pourquoi je viens sur ce blog alors que nous sommes ennemis sur le thème de l’homoparentalité? je viens parce que j’apprécie le fait qu’il n’y ait pas de censure stupide sauf insultes/grossièretés ou provocations à la haine mais comme sur tous blogs/forums car ces dernières sont l’expression de la défaite qui n’a d’autre exutoire que la menace totalitaire et ça je ne l’admettrai jamais!
    Ensuite, parce que M. Vanneste n’est pas le « diable » vociféré par les médias du politiquement/hypocritement correct, il n’est pas un « facho » mais un honnête citoyen -certes conservateur- doublé d’un intellectuel éclairé même s’il m’exaspère sur le fait de ne pas tenir compte que tous les homosexuels ne sont pas incapables d’être de bons parents. Quant au mariage ou un équivalent en termes de droits et pas seulement de devoirs, j’en reste pantoise et triste.

    Si je dérange ici, qu’il ou son équipe me le dise, je partirai sans soucis car c’est son blog et chacun est libre d’accepter qui il veut sur sa propriété. J’ai bien conscience que prêcher les convaincus n’a aucune utilité et j’apprécie la diversité humaine tant que faire se peut. D’ailleurs, sur nombre de questions sociétales et économiques, je l’approuve comme n’importe quel(le) citoyen(nne) et sur d’autres pas du tout.

    Je vous fais part de mes états d’âme parce que l’on me reproche de dialoguer avec « l’ennemi » (des proches) et franchement j’en ai marre.
    Alors, sur ce sujet et sur d’autres ICI, je reste démocrate et vous demande si mes contributions vous sont, non pas utiles mais tolérées. Il est vrai qu’Internet est fascinant quant à son énorme diversité pour le meilleur comme pour le pire et que je suis trop « addict » (excusez l’anglicisme) au dialogue partout tellement je suis bavarde mais pas superficielle (je l’espère!).

    Pour en revenir à Benoît XVI, je souhaite qu’il ne soit que de transition car j’aurais préféré le cardinal Martini mais je ne souhaite pas qu’il trépasse pour en arriver là!! et quant aux méchants chiens athéegristes, j’ai bien conscience que même si nous avions un Pape progressiste, ils trouveraient encore un os pourri à ronger!
    C’est là que je relis avec délectation l’un de mes livres préférés de la Bible, l’Ecclésiaste : « Vanité, tout est vanité! ».

    Sur ce, bonne nuit et peut-être à bientôt.

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  7. Têtuniçois - 25 mars 2009 23 h 35 min

    Le pape n’est pas un idiot contrairement à ce que laissent sous entendre les papistes français. C’est le pape lui même qui avait choisi les journalistes dans son avion et il connaissait à l’avance les questions . Sa réponse est mûrement réfléchie , elle est donc encore plus criminelle .

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  8. seb - 25 mars 2009 23 h 44 min

    A YMLP : il faut lire ce que dit l’un des « commentateurs » de l’article « les supporters du Pape contre attaquent » de l’Express. Tout y est dit.

    Je le reproduis ici…Tellement criant de vérité !

    « Les journalistes sont épouvantés par l’amplitude du blasphème : des catholiques ont osé leur répondre. Oui, à eux, journalistes !

    Au lieu de les laisser mener tranquillement leurs petites attaques habituelles contre l’Église catholique, ces effrontés cathos ont prétendu – quelle audace ! – mettre en place une « contre-attaque ».

    Suffoqués d’indignation, les rédacteurs de «L’Express » s’insurgent.
    http://www.lexpress.fr/actualite/societe/religion/commentaire.asp?id=748332&discom=1

    Cela serait d’un intérêt tout à fait secondaire si, sous le coup de la colère, lesdits journalistes ne révélaient pas l’essentiel de leur déontologie. Et là, c’est vraiment édifiant !

    On peut résumer l’ensemble en 6 principes :

    — 1. Premier principe déontologique : Les journalistes ont un devoir fondamental de dénonciation :

    « Nous dénonçons dans notre article – c’est notre travail. »

    Certains s’imaginent naïvement que les journalistes ont pour fonction d’informer. Erreur : eux-mêmes considèrent que leur devoir est de dénoncer (synonymes donnés par mon dictionnaire : trahir, vendre, moucharder [fam], donner, dévoiler, révéler, indiquer — ce n’est pas joli joli, tout ça). Autrement dit, les journalistes sont les auxiliaires du pouvoir politique (et financier) — les flics de la pensée (comme disait la regrettée Annie Kriegel). C’est toujours bon à savoir…

    — 2. Deuxième principe déontologique : Les journalistes ont le droit et le devoir fondamental d’attaquer les dissidents (surtout catholiques) qui refusent la pensée officielle. Mais les catholiques, eux, n’ont pas le droit de se défendre.

    Si caricatural que cela puisse paraître au premier abord, c’est bien ce qui ressort des textes :

    « Nous dénonçons, nous, un travail de ‘communication concerté (dans laquelle l’église est passée maître), une stratégie de contre-attaque, dont le déclenchement et l’origine nous laisse, comme vous dites, un arrière-goût désagréable. »

    S’il y a contre-attaque, c’est nécessairement après une attaque. Et celle-ci est considérée comme légitime (le rôle des journalistes, on l’a vu, est de dénoncer). Mais la contre-attaque, elle, ne l’est pas. Elle a un « arrière-goût désagréable ». Pourquoi ? Tenez-vous bien : parce qu’elle serait liée à « un travail de « communication concerté ». (Comment, vous ne connaissiez pas le réseau mondial des militants de la Sainte Eglise ?!!!)

    Et ça, mettez-le vous dans la tête, c’est rigoureusement interdit aux catholiques (et aux dissidents en général). La communication concertée, c’est le domaine réservé des journalistes. C’est à eux de transmettre au reste du monde la pensée gouvernementale. C’est à eux de faire comprendre au bon peuple ce qu’il faut croire, penser, dire et faire (même la façon de faire l’amour : «surtout, n’oubliez pas le préservatif »). Où va-t-on si de simples quidams s’arrogent le droit de contester les dires des journalistes, et, pire encore, vont chercher leurs arguments sur des blogs catholiques ! Il faudra d’ailleurs penser, le plus tôt possible, à faire interdire ceux-ci (au nom du pluralisme, de la tolérance et de la liberté d’expression, bien sûr).

    — 3. Troisième principe déontologique : Il est interdit de mettre en doute la neutralité des journalistes relayant la propagande gouvernementale. En revanche, on doit mettre systématiquement nier tout ce qu’affirment les dissidents (surtout les catholiques).

    D’abord, il est interdit de mettre en doute la neutralité des journalistes relayant la propagande gouvernementale. A un lecteur qui a osé trouver l’article de L’Express « orienté », la réponse vient, cinglante :

    « Cette accusation est aussi malhonnête qu’insultante. »

    (D’autres réactions mettant en doute la neutralité de l’article sont d’ailleurs purement et simplement supprimées !)

    En revanche, les dissidents, eux, sont discrédités d’emblée. Leur témoignage n’a aucune valeur. Ils sont suspects par principe :

    « Cher Koz, si, pour vous, famille chrétienne est une source, sur un tel sujet, ce n’est pas le cas pour nous. »

    Jugement qui n’est bien sûr, lui, ni malhonnête ni insultant pour les journalistes de « Famille chrétienne », puisque ceux-ci sont d’horribles dissidents, sans doute destinés à être, un jour prochain, internés en asile psychiatrique, comme on recommence à le faire en Russie (Et quand on sait combien les journalistes de « Famille chrétienne » font pourtant des efforts pour respecter le politiquement correct – n’osant même pas citer « Présent » dans leurs revues de presse –, ça fait doucement rigoler : comme quoi, on n’en fait jamais assez aux yeux de ces commissaires politiques qui s’autodésignent comme «journalistes» !)

    —4. Quatrième principe déontologique : Il existe une vérité scientifique officielle (comme au bon temps de Lyssenko). La vraie neutralité consiste à l’imposer comme un dogme absolu et à clouer le bec aux dissidents, fussent-ils scientifiques, en refusant toute mise en question. Un journaliste honnête et libre, c’est un journaliste relayant fidèlement la propagande gouvernementale (sur le préservatif, comme sur tout le reste).

    Là encore, si caricatural que cela puisse paraître, c’est bien le fond du propos. Exemple :

    « Notre article n’est pas orienté : il est scientifiquement et statistiquement démontré que le préservatif est, à l’heure actuelle, la meilleure arme contre le sida en Afrique. Nous le disons. »

    Autrement dit : Puisque l’utilité du préservatif est la doctrine officielle, nous ne sommes absolument pas «orientés » quand nous la prêchons comme un dogme et quand nous « dénonçons » les dissidents. En revanche, quiconque prétend apporter des arguments scientifiques contre le dogme d’État (fût-il, comme Edward Green, directeur du Projet de recherches sur la prévention du sida à la prestigieuse université de Harvard) est, lui, « orienté », manque d’objectivité, et doit être dénoncé comme tel.
    Edward Green a déclaré à la National Review Online : « Le Pape a raison. Ou pour répondre plus précisément les meilleures données dont nous disposons confirment les propos du Pape. » Pour tout observateur honnête, cette intervention prouve, au moins, que la thèse officielle est sujette à débat . Mais pas pour L’Express. Pour lui, sa religion est faite…

    (NB : Déclaration d’Edward Green : « Il existe une relation systématique, mise en évidence par nos meilleures enquêtes, y compris celles menées par l’organisme « Demographic Health Surveys » financé par les États-Unis, entre l’accès facilité aux préservatifs et leur usage plus fréquent et des taux d’infection par le virus du sida plus élevés, et non plus faibles. Cela pourrait être dû en partie au phénomène connu sous le nom de « compensation du risque », ce qui veut dire que lorsque l’on a recours à une « technologie » de réduction du risque comme le préservatif, l’on perd souvent le bénéfice lié à la réduction du risque par une « compensation » qui consiste à prendre davantage de risques qu’on ne le ferait en l’absence de technologie de réduction du risque ». — L’excellente journaliste Jeanne Smits [une des meilleures de la presse française, à mon avis] commente : « Autrement dit, le recours au préservatif permet en effet de réduire le risque de contamination – mais non de l’annuler – mais encourage à adopter des conduites à risques qui aboutissent à davantage de contaminations ». Oui, Benoît XVI a donc raison.)

    — 5. Cinquième principe déontologique : Les « bons » journalistes doivent évidemment dire tous la même chose, puisqu’ils défendent la pensée unique. Mais les dissidents, eux, ont l’interdiction de communiquer entre eux, de se transmettre leurs travaux, d’en assurer la publicité, et, surtout, de prétendre s’y référer face aux défenseurs de la pensée gouvernementale (qui doivent avoir le monopole de l’information). Si plusieurs dissidents commencent à employer les mêmes arguments au même moment, ils doivent immédiatement être dénoncés (en attendant, sans doute, d’être emprisonnés pour complot contre la sûreté de l’État).

    Dit tel quel, là encore, ça paraît énorme. Mais c’est bien ce qui ressort dès qu’on décrypte un peu les propos signés « L’Express ». Exemple :

    « Cher Sasha, ce qui nous paraît suspect, c’est que tous ces messages de soutien sont apparus en même temps; ce qui nous paraît suspect, c’est qu’ils véhiculent peu ou prou le même message, répété sur de nombreux sites; »

    Autrement dit :
    Je fais un article contre le pape et, comme par hasard, juste à ce moment-là (pas trois semaines avant, hein, ni quatre semaines après, mais juste au moment où je fais cet article) des gens se manifestent pour défendre le pape ! N’est-ce pas la preuve évidente d’un complot anti-journaliste mené par les horribles catholiques ?

    (NB : Visiblement, les rédacteurs de L’Express n’ont pas intégré qu’un bon nombre d’internautes catholiques utilisent [comme moi] « Google-actualités ». Ils ouvrent la page et, voyant un titre sur le pape – sujet qui les intéresse –, se retrouvent tout naturellement sur le site de L’Express [ou autre], même s’ils ne le lisent pas habituellement cette publication. S’ils sont extrêmement choqué par le contenu [comme moi], ils peuvent même aller jusqu’à s’inscrire pour poster un commentaire, et, tout naturellement, ils utiliseront pour cela les informations qu’ils ont eu par ailleurs sur les sites cathos qu’ils consultent. Le simple bon sens suffirait à le comprendre, mais, contrairement à ce que disait Descartes, il ne semble pas si bien partagé que cela…. )

    La ressemblance des propos tenus prouve donc l’infâme complot des méchants cathos. En revanche, le fait que, depuis près de deux mois, tous les journalistes du monde entier crachent tous les jours sur le pape et sur l’Église, cela, bien sûr est tout à fait spontané. Chacun des journalistes s’est déterminé tout seul, en sa pure conscience, sur des faits qu’il a observés lui-même directement, et sans être aucunement influencé par quiconque. Aucun des journalistes français ne consulte les agences de presse, n’utilise internet ni ne s’inspire de ce qu’écrivent ses confrères. S’ils disent tous la même chose, c’est tout simplement parce qu’il est « scientifiquement et statistiquement démontré » que c’est ça qu’il fallait dire (et comme chaque journaliste est un savant de haut niveau, chacun d’entre eux a pu s’en rendre compte absolument tout seul, sans avoir personne pour le lui souffler). Il se trouve que le message anti-pape ainsi relayé de façon unanime par tous les journalistes correspond exactement à l’idéologie officielle, mais c’est bien sûr l’effet du pur hasard… Nos journalistes, qu’on se le dise, sont libres et indépendants…

    — 6. Sixième principe déontologique : Face aux dissidents, ne jamais se lasser d’utiliser l’amalgame. Même si certains protestent, le message fonctionne à fond pour 70% de la population…

    Exemple qui mérite de devenir classique : Mgr Williamson. Malgré les protestations, L’Express continue d’affirmer d’un ton impavide :

    « Quant à Mgr Williamson, Benoît XVI a entamé le processus d’intégration d’un évêque négationniste »

    Amalgame évident, puisque le révisionnisme historique n’a strictement aucun rapport avec la décision prise par Benoît XVI (qui ignorait le fait), ni avec la raison pour laquelle Mgr Williamson avait été excommunié, ni avec le rôle et les fonctions d’un évêque, ni avec l’enseignement de la FSSPX, ni avec les vérités de la foi catholique.

    N’importe quel étudiant en logique voit tout de suite le sophisme (appelé parfois « reductio ad Hitlerum ») (voir par exemple amalgame, sur Wikipédia) ).
    Mais on a l’impression très nette que les écoles de journalisme s’occupent des sophismes non pour entraîner leurs étudiants à les éviter, mais au contraire à les commettre… »

    Bon…Puisque les journalistes considèrent qu’il faut virer le Pape quand 47% des Français (d’un sondage bidon…Le panel étant plus que contestable ! 600 individus !) le « désirent »…Quand arrêtera t on de financer l’industrie de la presse…Sachant que 70% des Français n’ont aucune confiance envers elle ? (Sondage réalisé auprès de 1345 individus)

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  9. seb - 26 mars 2009 0 h 08 min

    A lire ! Quand même les journalistes (les vrais) s’interrogent sur l’acharnement médiatique…

    http://penseesdoutrepolitique.wordpress.com/2009/03/23/benoit-xvi-quand-le-lynchage-sarretera-t-il/#more-748

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  10. L WORD - 26 mars 2009 9 h 13 min

    NieztcheMarx est autant provocateur et dénué d’amour que les activistes d’ACT-Up, du moins ceux qui agissent violemment.
    Juger une personne uniquement sur son orientation sexuelle est une abomination, j’aime une personne, une âme avant d’aimer son corps, quelle importance si ce corps, ce revêtement extérieur se trouve être du même sexe que moi?????
    A part ça, j’ai mes qualités et et mes défauts comme tout le monde, les mêmes bonheurs et plus d’ennuis à cause UNIQUEMENT de la bêtise méchante des homophobes.
    Mais je ne renoncerai ni à ma foi (l’amour du Prochain, l’attitude magnifique du Christ… je ne le renierai JAMAIS), ni à mon amour terrestre, amour auquel je suis fidèle et respectueuse.

    Si vous êtes incapable de comprendre tout cela, cela me désole mais c’est révélateur d’une sécheresse de coeur digne des « scribes et pharisiens » de l’époque tant fustigés par le Christ.

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  11. Alex - 26 mars 2009 11 h 08 min

    A son retour à Rome, par une belle après-midi ensoleillée, le Pape aurait confié à une journaliste : « Il fait beau aujourd’hui ! »
    Ces propos ont aussitôt soulevé dans le monde entier une immense émotion et alimentent une polémique qui ne cesse de grandir.
    Quelques réactions :
    Le maire de Bordeaux : « Alors même que le pape prononçait ces paroles, il pleuvait à verse sur Bordeaux ! Cette contre-vérité, proche du négationnisme, montre que le pape vit dans un état d’autisme total. Cela ruine définitivement, s’il en était encore besoin, le dogme de l¹infaillibilité pontificale ! »
    Le Grand Rabbin de France : « Comment peut-on encore prétendre qu’il fait beau après la Shoah ? »
    Le titulaire de la chaire d’astronomie au Collège de France : « En affirmant sans nuances et sans preuves objectives indiscutables qu »il fait beau aujourd’hui », le pape témoigne du mépris bien connu de l’Église pour la Science qui combat ses dogmes depuis toujours. Quoi de plus subjectif et de plus relatif que cette notion de « beau » ? Sur quelles expérimentations indiscutables s’appuie-t-elle ? Les météorologues et les spécialistes de la question n’ont pas réussi à se mettre d’accord à ce sujet lors du dernier Colloque International de Caracas. Et Benoît XVI, ex cathedra, voudrait trancher, avec quelle arrogance ! Verra-t-on bientôt s’allumer des bûchers pour tous ceux qui n¹admettent pas sans réserve ce nouveau décret ? »
    L’Association des Victimes du Réchauffement Planétaire : « Comment ne pas voir dans cette déclaration provocatrice une insulte pour toutes les victimes passées, présentes et à venir, des caprices du climat, inondations, tsunamis, sécheresse ? Cet acquiescement au « temps qu¹il fait » montre clairement la complicité de l’Église avec ces phénomènes destructeurs de l’humanité, il ne peut qu’encourager ceux qui participent au réchauffement de la planète, puisqu’ils pourront désormais se prévaloir de la caution du Vatican. »
    Le Conseil Représentatif des Associations Noires : « Le pape semble oublier que pendant qu’il fait soleil à Rome, toute une partie de la planète est plongée dans l’obscurité. C’est là un signe intolérable de mépris pour la moitié noire de l’humanité! »
    L¹Association féministe Les Louves : « Pourquoi « il » fait beau et pas « elle » ? Le pape, une fois de plus s¹en prend à la légitime cause des femmes et montre son attachement aux principes les plus rétrogrades. En 2009, il en est encore là, c¹est affligeant ! »
    La Ligue des Droits de l¹Homme : « Ce type de déclaration ne peut que blesser profondément toutes les personnes qui portent sur la réalité un regard différent de celui du pape. Nous pensons en particuliers aux personnes hospitalisées, emprisonnées, dont l’horizon se limite à quatre murs ; et aussi à toutes les victimes de maladies rares qui ne peuvent percevoir par leurs sens l’état de la situation atmosphérique. Il y a là, sans conteste, une volonté de discrimination entre le « beau », tel qu’il devrait être perçu par tous, et ceux qui ressentent les choses autrement. Nous allons sans plus tarder attaquer le pape en justice. »
    A Rome, certains membres de la Curie ont bien tenté d’atténuer les propos du pape, prétextant son grand âge et le fait qu’il ait pu être mal compris, mais sans succès jusqu’à présent.

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  12. de Bethune - 30 mars 2009 14 h 43 min

    Voir que vous avez encore le courage de dire les choses. Oui, cela fait du bien. Actuellement, il y a un inculture totale, effectivement !! Le prophète n’est jamais aimé dans son pays, et donc, aller à « contre-courant » veut dire « risquer » sa liberté de paroles et défendre les pauvres et les petits. Faire plaisir est plus facile, mais, faire face est coûteux et oser dire la vérité dérangeant….Les buts visés sont d’un tout autre ordre et, actuellement, ne sont plus « porteurs ». Que veut dire « la laïcité » ?
    Il y a, actuellement, des sujets qui « fâchent » ; nous les connaissons parfaitement bien et la mauvaise foi est, malheureusement, bien souvent présente.

    Le Carême est une période qui nous permet de réfléchir au sens de notre vie et à la manière dont nous voulons la vivre (se convertir) – alors, la grande question est avec ou sans Dieu ? Si Dieu est mort (ce qui semble être ce que l’Europe veut vivre actuellement) alors, nous sommes en danger, car l’homme se sent « tout-puissant et fort ».
    Bon courage. Isabelle

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