Flashback sur la vidéo…

L’insécurité est de retour. Il s’agit du thème et non de la réalité. Depuis un certain temps déjà, j’ai eu l’occasion de souligner les résultats pour le moins contrastés de la lutte contre la violence, même si la situation s’est améliorée depuis 2002. En revanche, non seulement cette amélioration est insuffisante, mais il y a un triple recul, d’abord sur les chiffres (cambriolages, attaques à main armée), sur les effectifs en dépit des engagements de la LOPSI de 2002, et enfin, sur les équipements.

C’est ce dernier point que je veux ici souligner. En 1993, je m’opposais dans l’Hémicycle aux parlementaires socialistes qui contestaient le recours à la vidéosurveillance. C’est aujourd’hui un débat dépassé. La vidéosurveillance est reconnue par tous les pays et par les responsables politiques de tous bords, comme un excellent moyen, non seulement pour la dissuasion, mais aussi pour l’investigation. La Grande-Bretagne, qui est en pointe sur le sujet, avec plus de 4 millions de caméras, a fait la démonstration de l’efficacité de ce système à plusieurs reprises. Pour des raisons incompréhensibles, la France est restée à la traine, avec seulement quelques dizaines de milliers de caméras. J’ai dû interpeller le Ministère de l’Intérieur de nombreuses fois à ce sujet. Michèle ALLIOT-MARIE avait annoncé l’année dernière un effort dans cette direction. Le Président de la République, de retour Place Beauvau, a lui aussi placé la vidéosurveillance dans les priorités de la lutte contre la délinquance, et je l’en félicite. Pour autant, ce moyen doit s’intégrer à un ensemble qui va de la prévention, qui n’est pas exclusivement du domaine de la police, jusqu’à la répression, qui appartient à une justice qu’on aimerait plus efficace.

Deux réflexions encore sur la vidéosurveillance.

D’abord, je soutiens systématiquement dans ma circonscription, l’installation de caméras. Il est toujours préférable de prêcher par l’exemple. C’est la raison pour laquelle j’ai participé à l’équipement des communes de Neuville-en-Ferrain et de Bousbecque. Après 8 mois de fonctionnement dans cette dernière commune, le bilan en est très positif “il ne se passe plus rien, les installations n’ont pas été dégradées, c’est donc un outil très dissuasif” (VDN, 10.08.09)

En second lieu, je vois avec effarement le problème de la Burqa revenir périodiquement sur la scène politique et n’être évoqué que sous l’angle de la religion, ou de la discrimination sexiste. Contrairement au voile, qui peut être une demande légitime liée à des impératifs de pudeur, la Burqa n’est en rien exigée par les textes qui régissent l’Islam. L’interdiction de ce vêtement ne doit donc pas être évoquée à travers la religion, mais uniquement du point de vue de la sécurité. Pour que les systèmes de vidéosurveillance soient efficaces, tout vêtement qui empêche l’identification en cachant le visage doit être proscrit sur la voie publique, sauf lorsqu’il correspond à une exigence médicale. C’est d’ailleurs ce que proposait Bertrand MATHIEU, professeur de droit constitutionnel à l’Université de Paris I, dans la Croix du 26 juin dernier. Des mesures en ce sens ont été prises en Belgique et en Italie, et je compte déposer une proposition de loi en ce sens.

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3 commentaires

  1. “La vidéosurveillance est reconnue par tous les pays et par les responsables politiques de tous bords, comme un excellent moyen, non seulement pour la dissuasion, mais aussi pour l’investigation”

    Par les responsables politiques…Assurémment. Puisque c’est un élément formidable pour donner une impression de sécurité.

    L’efficacité, c’est autre chose. Je vous renvois à mes messages sur la videosurveillance. Les rapports des “experts” montrent que la videosurveillance est efficace :
    –sur le court terme
    –si elle est bien utilisée (et elle ne l’est pas : ce n’est pas en mettant une caméra derrière chaque citoyen que les choses s’arrangeront.)
    –si elle est utilisée en corrélation avec d’autres outils : éclairage public, policiers sur le terrain (et ce n’est pas le cas : réduction des effectifs ! Utilisation des policiers pour “garder” le président : tant pis pour les citoyens !)

    Alors oui à la vidéosurveillance…Mais dans un but précis !

    Commandé en août 2005 par le ministère de l’intérieur pour étudier l’impact de vidéosurveillance dans la lutte contre le terrorisme en France, le rapport est signé P. Melchior qui écrit (p 12) : « Une politique d’équipement généralisé n’est pas l’orientation souhaitable pour les années à venir ; une définition de secteurs prioritaires est plus conforme à l’ordre juridique, aux contraintes financières et aux besoins opérationnels. (…) Tout d’abord, dans le cadre de notre organisation juridique, un équipement généralisé n’est pas souhaitable pour le bon exercice des libertés publiques. Financièrement, ce serait une solution extrêmement coûteuse, contraire au bon usage des deniers publics, qui peuvent être mobilisés contre le terrorisme par d’autres canaux, notamment par le renseignement. D’un point de vue opérationnel, la stratégie policière antiterroriste ne sortirait pas automatiquement renforcée d’une couverture très large du territoire. Trop d’images caméras tuent sinon les images, du moins la possibilité d’exploiter de façon intelligible un flux d’images surabondant ».

    Et l’auteur du rapport concluait logiquement en appelant à une hiérarchisation des priorités et à un usage raisonné des systèmes de façon à cibler des espaces précis…

    A quoi bon commander des rapports, et payer des personnes à les faire…Si l’on en tient pas compte ?

    L’un des objectifs affichés par Brice Hortefeux est de protéger les Français contre les risques de violences. Or, chacun commence à le reconnaître, les victimes se multiplient, « les atteintes volontaires à l’intégrité physique » n’ayant cessé d’augmenter selon les statistiques officielles. Il en est de même, depuis 1 an, avec les vols avec une arme à feu.

    Ces chiffres ne font que confirmer ce que l’on savait déjà, en particulier grâce à la lecture des travaux de recherche menés par les criminologues britanniques depuis plus de 15 ans.

    Que disent-ils ? La vidéosurveillance n’a pas d’effets dissuasifs concernant les infractions les plus graves commises contre les personnes (homicides, viols, agressions, etc.) ou les infractions commises avec violence contre des biens (attaques à main armée, etc.). Toutes les enquêtes publiées en Grande-Bretagne dressent le même constat.

    Désolé…Mais moi je préfère écouter Mike Neville ou David Cameron (vous voyez…Tous les politiques britanniques ne sont pas d’accord sur le sujet)…A M.Brown qui détruit l’Angleterre depuis son arrivée.

    Parlez de “videoprotection” en lieu et place de “videosurveillance” ne change rien à l’affaire. La “sureté” du territoire n’est pas assuré…Et la “sécurité” des Français non politiques est peu garantie.

    Etat régalien aux abonnées absents ?

    Pourquoi ne pas chercher à faire cohabiter trois choses en même temps, bien plus efficaces ?

    –éclairage public partout
    –rondes de policiers
    –vidéosurveillance dans les endroits “craignos”

    Comment savoir où se trouve les endroits “craignos” ?

    Allez à la boulangerie et chez le boucher de tourcoing. Vous aurez toutes les réponses que vous voulez. Tous les citoyens savent où se trouvent les endroits “craignos”.

    Après il faudra veiller à ce que la police n’arrive pas sur les lieux où un drame peut se produire en retard, comme la cavalerie

    Et…Incitez le Ministre de l’Intérieur à travailler avec celui de la Justice ! Sinon, on va avoir beaucoup d’arrestation, un procès et…Direction la sortie ! Et oui…Comment “punir” si l’on ne donne pas à la Justice les moyens pour faire accomplir les peines ?

    Pour en revenir à mes propos, aujourd’hui, on voit de tout. Dans certains quartiers de ma ville – mais je sais que c’est pareil partout – les ado fument des pétards dans la rue et certains plus âgés trainent ivre dans la rue, toute la journée, toujours les mêmes, et… au même endroit. Les délinquants, c’est comme les auteurs de crime : ils reviennent toujours sur le lieu de leur forfait.

    Et à côté de cela, j’ai croisé ce midi la police en train de distribuer des amendes pour stationnement gênant ! Le Gouvernement fait il exprès de maintenir le pays dans l’insécurité pour gagner aux élections ?

  2. OK pour la vidéo surveillance, mais en échange J’EXIGE que soit placé des cameras de surveillance dans toute l’assemblée nationale, dans tout le sénat, dans tous les ministères, à l’élysée , dans toutes les préfectures, maries, dans tous les bureaux d’élus, etc … dont les fluxs vidéos et le son seront retransmis en direct et gratuitement sur les télévisions des français.
    Je sais pas pourquoi mais dans ce cas, je sent que, comme par le plus grand des hasard, vous n’allez pas être d’accord du tout! mais pourquoi ? avez vous des choses a cachez ?

    La vidéo surveillance est un escroquerie, elle ne résout rien et coute un monceaux d’argent aux contribuables.

    Pour finir, encore une fois PAR LE PLUS GRAND DES HASARD (mais bien sur ….), il va avoir des élections et v’la ti pas qu’ils nous rebassinent tous avec “l’insécurité” !!!!
    Les plus gros délinquants de ce pays sont ceux qui nous font perdent nos emplois et perdent notre argent, mais pourtant eux, vous ne faites RIEN contre eux, bien au contraire ils reçoivent de l’argent de l’état! des l’argent des contribuables, des français!
    Arrêtez de MENTIR vanneste.

  3. Sincèrement, M. Vanneste, je ne comprends pas votre parti “pro vidéo surveillance”.

    Vous êtes un homme sensé, qui en plus pense par lui même (si rare, si rare, en politique) et qui en plus semble avoir des convictions. Peut être écoutez vous trop M. Estrosi, qui ment comme un arracheur de dent ?

    « La vidéosurveillance est inefficace », affirment les criminologues britanniques depuis maintenant plus de dix ans. La Grande-Bretagne, qui compte 4 millions de caméras, constitue un terrain privilégié pour les chercheurs.

    Problèmes de positionnement des caméras (trop près, ou trop loin, d’une source de lumière la nuit, par exemple), manque de formation des opérateurs, faible nombre d’écrans de visionnage par caméra (ce qui revient à dire que la plupart des images transmises ne sont tout simplement jamais affichées), les raisons ne manquent pas pour expliquer le bilan calamiteux de la vidéosurveillance.

    Paradoxalement cependant, c’est surtout le fait de prêter à la vidéosurveillance une efficacité automatique qui la rend complètement inopérante. Les délits que les caméras sont censées prévenir -du cambriolage au trafic de stupéfiants, en passant par le vandalisme- ne sont ni commis par les mêmes personnes, ni pour les mêmes raisons, ni dans les mêmes circonstances.

    Présentée comme une solution « tout-en-un » censée faire baisser la criminalité en général, la vidéosurveillance ne répond en fait adéquatement à aucun désordre en particulier.

    Le rapport final du programme de recherche Européen «Urbaneye » résume ainsi la situation :

    « La majorité des réseaux de vidéosurveillance visent à prévenir les comportements déviants en exerçant une dissuasion (’deterrence’) symbolique mais plus ou moins inopérante (’incompetent’) : tandis que les caméras sont très facilement visibles par les surveillés, ceux-ci sont beaucoup plus difficiles à voir pour les surveillants, à cause d’un visionnage irrégulier et de la trop grande quantité d’informations à traiter. »

    Incapables de faire baisser par elles-même le taux de criminalité, les caméras sont par ailleurs de piètres auxiliaires de police.

    Deux chercheurs du Scottish Centre for Criminology indiquent par exemple que pour l’année 1995, les 32 caméras du centre-ville de Glasgow ont contribué à une seule arrestation toutes les 967 heures de surveillance, soit une tous les quarante jours. Les britanniques Clive Norris et Gary Armstrong signalent quant à eux 12 arrestations liées aux caméras sur 592 heures de surveillance dans trois centre-villes.

    Pas de relation non plus entre le taux d’élucidation des délits et le nombre de caméras installées : tandis que le quartier londonien de Brent, qui ne dispose que de 164 caméras, possède le meilleur taux d’élucidation du Grand Londres pour 2007 (25,9%), celui de Wandsworth, qui en compte 993, n’atteint pas la moyenne londonienne de 21% de délits élucidés… non plus que ceux de Tower Hamlets (824 caméras), de Greenwich (747), ni de Lewisham (730).

    Opposants et défenseurs de la vidéosurveillance surestiment son efficacité :

    Les chantres de la « vidéotranquillité », comme ceux qui dénoncent un « panoptique moderne » partagent ainsi, selon Norris et Armstrong, « un présupposé commun : celui d’attribuer effectivement à la vidéosurveillance les capacités qu’on lui prête… Ils partagent tous deux une forme naïve de déterminisme technologique : une croyance ingénue au pouvoir de la technologie, que celui-ci soit bénéfique ou maléfique. »

    Alors, inoffensives, les caméras ? Une deuxième génération d’études, baptisées « évaluations réalistes », souligne que l’absence d’influence de la vidéosurveillance sur la criminalité masque ses effets dans la pratique.

    Concrètement, le fait de devoir trier rapidement un très grand nombre d’informations pousse les opérateurs à se focaliser «sur une gamme étroite de caractéristiques facilement repérables plutôt que sur des comportements suspects », remarquent les berlinois Leon Hempel et Eric Töpfer. « La limitation sensorielle des écrans », ajoutent-ils, encourage cette attitude en augmentant « la distance entre celui qui observe et celui qui est observé ». Ainsi, selon Norris et Armstrong, 86% des individus surveillés ont moins de 30 ans, 93% sont de sexe masculin, ou, plus révélateur encore, 68% des Noirs soumis à une attention particulière le sont « sans raison apparente ».

    Le passage à la technologie digitale doit servir à faciliter le vidéo-stéréotypage, avec des procédés tels que la reconnaissance faciale. « De plus en plus de caméras sont reliées à des ordinateurs afin d’utiliser le potentiel de nouveaux algorithmes en termes de reconnaissance d’images », écrivent Hempel et Töpfer.

    Cette surveillance discriminatoire n’est pas sans répercussion sur les surveillés. Quand le réseau n’est pas ouvertement conçu pour permettre une gestion des individus «indésirables », le fait que certaines parties de la population fassent l’objet d’une surveillance plus intense conduit de façon mécanique à ce que les interventions les ciblent plus particulièrement.

    La vidéosurveillance est ainsi l’instrument d’un « tri social » («social sorting ») qui divise l’espace urbain en zones à la population et aux comportements homogènes. Hempel et Töpfer préviennent :

    « Le développement actuel de la vidéosurveillance dans les espaces semi-publics comme les centres commerciaux va signifier une utilisation croissante de l’exclusion comme stratégie principale de contrôle social. »

    Les études sur le sujet demeurent cependant rares, à cause des fortes réticences des responsables à soumettre leurs réseaux à une inspection. Pourtant mandatée par l’Union européenne, l’équipe d’Urbaneye s’est par exemple vue refuser l’accès à un si grand nombre de salles de contrôle qu’elle a dû abandonner le projet « d’examiner l’organisation et les pratiques de deux réseaux de vidéosurveillance dans chacune parmi six capitales européennes ». (Dont la France…Etrange, non, si la vidéo surveillance est si merveilleuse en notre beau pays !)

    ……

    Les mensonges de M. ESTROSI : (voilà pourquoi il faut cesser de l’écouter M. Vanneste. Ce type ment comme il respire, peut être même plus qu’il ne respire)

    « Le taux d’élucidation [des crimes et délits] est en hausse depuis 2002, [passant] de 21% à près de 37%. » Christian Estrosi, le 10 juin, dans le « Talk » du « Figaro ».

    Intox. Grand zélateur de la politique sécuritaire de l’UMP, parfois annoncé comme futur ministre de l’Intérieur, Christian Estrosi manie déjà les chiffres de la délinquance avec maestria. Le 10 juin, dans le « Talk » du Figaro, il rendait hommage au bilan sécuritaire de M. SARKOZY et pointait « le taux d’élucidation, qui est en hausse depuis 2002, de 21 % à près de 37 % ». Cet enthousiasme faisait écho à celui de Nicolas Sarkozy, louant en janvier la progression « fantastique » du taux d’élucidation sur la même période.

    Désintox. Les chiffres cités par Estrosi sont faux. Pour mieux faire reluire le chiffre de 2008 (37,6 %), Estrosi tire exagérément à la baisse celui de 2002, qui était de 26,27 % et non de 21 %. Mais là n’est pas l’essentiel. Le principal problème est que la notion de taux d’élucidation moyen est bien peu signifiante. Le taux d’élucidation (ratio entre le nombre de faits élucidés et le nombre de faits constatés sur une période donnée) est très variable selon la nature des infractions. Les vols sont peu élucidés (moins de 15 %), quand d’autres faits le sont systématiquement. Par une dérive statistique amusante, on compte même en 2008 seize catégories d’infraction affichant un taux supérieur à 100 %, avec une pointe à 136 % pour les «infractions en matière de chèques » : un seul chéquier volé retrouvé peut amener certains commissariats portés sur les chiffres à déclarer élucidés… autant de faits que de chèques contrefaits !

    Faire une moyenne n’a donc guère de sens.
    Il est tout aussi absurde d’observer les variations du taux moyen d’une année à l’autre : il suffit que le nombre de délits facilement «élucidables » augmente en proportion par rapport aux autres pour gonfler le taux global. C’est ce qui s’est passé entre 2002 et 2008.

    Christian Estrosi omet ainsi de préciser qu’une des raisons de l’amélioration du taux d’élucidation qu’il salue est l’explosion du nombre d’infractions à la législation sur les stupéfiants, élucidés à 100% (l’auteur du délit, dealer, consommateur, étant le plus souvent interpellé en même temps que le fait est constaté). Alors que la délinquance a globalement baissé de 2002 à 2008, les infractions à la législation sur les stupéfiants ont progressé sur la même période de 103 000 faits constatés (et élucidés) à 178 000, dopant mécaniquement le taux d’élucidation moyen. Une hausse pas vraiment accidentelle. «Quand Sarkozy est arrivé au ministère de l’Intérieur en 2002, on s’est pris en pleine gueule sa politique du chiffre, témoigne un agent de la Brigade anticriminalité (Bac). On nous a clairement fait comprendre qu’on devait plutôt chopper 300 mecs avec dix grammes de shit qu’un gars avec 300 kilos de résine de cannabis. »

    La chasse aux sans-papiers a aussi contribué à faire grimper les statistiques d’élucidation : voilà une autre catégorie d’infraction qui affiche un taux d’élucidation béton (99,89 % en 2008) et qui a explosé ces dernières années. Entre 2003 et 2008, les infractions à la législation sur les étrangers (ILE) sont passées de 59 000 à 100 400.

    Enfin, on observe un phénomène comparable avec les «violences non crapuleuses ». Ces infractions qui sont élucidées dans trois quarts des cas (l’agresseur étant la plupart du temps identifié, d’autant qu’une part croissante concerne les violences intrafamiliales) ont crû, depuis 2003, de 170 000 faits à 233 500 aujourd’hui. Sebastian Roché, chercheur au CNRS, souligne donc ce paradoxe évident : « Plus de violence et de drogue dans la délinquance font monter le taux d’élucidation. Si l’on confond le taux d’élucidation avec un taux d’efficacité policière, le pire peut apparaître comme un mieux. » Exemple par l’absurde : si les infractions liées à la drogue n’avaient pas progressé depuis 2002, le taux d’élucidation moyen serait aujourd’hui moins bon de 1,5 point !

    En fait, le taux d’élucidation n’a donc de sens que si on l’observe par catégorie d’infraction. Et s’il est vrai que la majorité des délits et crimes sont plus fréquemment élucidés depuis 2002, les progressions sont bien inférieures à la moyenne saluée par Estrosi. Le taux est passé de 11 % à 14,9 % pour les vols (il n’y a pas plus de vols élucidés… mais moins de vols constatés), et de 71,8 à 76,8 % pour les violences non crapuleuses. Le taux d’élucidation pour les faits de délinquance financière, lui, a reculé, de 56,89 % en 2003 à 51,52 % aujourd’hui.

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