Que la force soit au droit !

ne pouvant faire que ce qui est juste fût fort, on a fait que ce qui est fort fût juste

PASCAL

Au lendemain du règne absolu de la violence, les Nations Unies ont publié une Déclaration Universelle des Droits de l’Homme qui prenait le contrepieds de ce règne de “l’Empire du mal”. Bernard KOUCHNER, qui a toujours revendiqué le juste emploi de la force pour faire respecter le droit, avec sa notion de “devoir d’ingérence”, est mieux placé que beaucoup d’autres pour reconnaitre les limites de la force et du droit, les risques de l’angélisme et la nécessité d’un réalisme non exempt de valeurs morales. C’est la raison pour laquelle il a justement regretté l’inutilité d’un Secrétariat d’État aux Droits de l’Homme, constamment appelé à exprimer des points de vue fondés sur une éthique -d’ailleurs discutable- mais en tout cas propre à affaiblir la cohérence du Gouvernement et de sa politique.

On peut regretter l’utilisation de l’analyse ADN pour le contrôle du regroupement familial, l’incarcération des mineurs de douze ans, et souhaiter la dépénalisation de l’homosexualité par l’ONU. Encore faut-il pour ce faire avoir une quelconque légitimité, celle d’un élu, parlementaire notamment, celle du pouvoir exécutif dans sa cohérence et son unanimité, celle d’une association ou d’un simple citoyen en vertu de la liberté d’expression à laquelle je suis particulièrement attachée. Le membre d’un Gouvernement n’a en revanche aucune légitimité pour exprimer un point de vue qui s’écarte des positions ou des choix exprimés par celui-ci. Lorsque le pouvoir exécutif d’un pays prend une décision politiquement légitime mais moralement discutable parce qu’il vise l’Intérêt supérieur du pays, ça n’est évidement pas à un membre du Gouvernement d’exprimer un jugement contraire, sauf à lui demander d’appliquer la doctrine CHEVENEMENT (“un Ministre ça ferme sa gueule ou ça démissionne !”) ou à se contenter de n’être qu’un élément du décor, celui qui consiste à être la belle-âme de celui qui accepte néanmoins d’avoir les mains sales…

Bon anniversaire tout de même à la Déclaration Universelle et aux valeurs qu’elle défend davantage que ne le fait notre Déclaration nationale. Je pense en particulier à l’article 16 qui dans son troisème alinéa dispose que :

la famille est l’élément naturel et fondamental de la société et a droit à la protection de la société et de l’État“…

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2 commentaires

  1. Bonne anniversaire à la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme !

    Au fait, pourquoi ne pas fêter le 26 Aout notre propre Déclaration, qui est un véritable Chef d’Oeuvre ? Ne serait ce que pour la faire connaitre aux nouveaux parlementaires ? (J’ai été particulièrement étonné de l’enthousiasme des parlementaires UMP pour l’article de la révision constitutionnelle qui disait que le Parlement s’occupe de contrôler l’utilisation des finances publiques…Alors même que depuis 1789 ce droit est déjà reconnu ! Preuve sans doute que les parlementaires ignorent que la France a une Déclaration qui leur donne un pouvoir immense ! Comme par le droit de “couper” les vivres au Gouvernement lorsque celui ci veut passer en force…En vertu des articles 14 et 15 : si la dépense n’apparait pas “nécessaire” au Parlement , il peut sans aucun problème dire “non” à l’octroi de crédits pour le Gouvernement voire même la Présidence)

    Pour les citoyens, une meilleure connaissance de la Déclaration permettrait à ceux ci de pouvoir mieux se défendre face aux lobbies de toute sorte, qui n’hésitent pas à faire voter des “lois” anticonstitutionnelles.

    Sinon, sur le travail dominical, quelques infos :

    **Zemmour et Domenach contre le travail dominical :
    http://www.dailymotion.com/video/k4SabYXDwZmKGzS0Jv

    **L’essonne entre dans le combat

    “La Chambre de commerce et d’industrie (CCI) de l’Essonne se prononce contre la généralisation et l’obligation de l’ouverture des commerces le dimanche, soulignant que même un simple assouplissement de la loi actuelle serait “désastreux pour le petit commerce”.

    “Toutes les études montrent qu’un emploi créé dans la grande distribution en détruit trois dans le commerce de détail”, écrit la CCI dans un communiqué.

    “Les petites enseignes n’ont pas les ressources financières et humaines nécessaires à la mise en place du travail le dimanche.”

    En outre, “ouvrir le dimanche ne ferait que modifier la répartition des achats dans la semaine, sans engendrer de chiffre d’affaires supplémentaire, le pouvoir d’achat n’étant pas extensible.”

    La CCI rappelle que le Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (Crédoc) a récemment estimé dans un rapport que 6.800 emplois disparaîtraient si 40% des hypermarchés ouvraient le dimanche, et 16.200 s’ils ouvraient tous.

    Dans l’Essonne, l’ouverture dominicale des grandes surfaces aurait un impact encore plus important, car on y trouve la plus forte densité commerciale en hypermarchés en Ile-de-France (160m2 pour 1.000 habitants, contre 144 au niveau national), précise la Chambre de commerce et d’industrie.”

  2. La famille est fondamentale bien sûr, sauf qu’elle est plurielle de nos jours. Merci de ne pas oublier les monoparentaux et les homoparentaux au lieu de les stigmatiser et pire les discriminer !
    La CAF reconnait leur évidence et c’est heureux, alors à quand le statut de beau-parent promis par votre collègue Moreno? tant de beau-parents “virtuels” pour la loi souffrent de leur non-reconnaissance et les enfants également, il est temps de protéger toutes les familles.

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