Diversité culturelle et pensée unique : quelle cohérence ?

Notre pays collectionne les contradictions mortelles. Parmi celles-ci, il y a l’incroyable rencontre du multiculturalisme et de la pensée unique. La tradition cohérente de la France reposait sur l’idée inverse : la France a bien, contrairement à l’une des sottises proférées par Macron, une culture, un mode de pensée largement dominant et qui consiste à « cultiver » l’esprit critique, la souplesse intellectuelle autant que la raison, en évitant les fanatismes et les systèmes. Par un incroyable renversement, la caste intellectuellement décadente qui domine l’enseignement, la culture, les médias, et influence de manière déterminante la politique, promeut jusqu’à l’absurde la diversité communautaire et fait preuve de sectarisme à l’encontre de tout ce qui s’écarte du « politiquement correct », formule lénifiante qui ne désigne rien d’autre que son idéologie, c’est-à-dire le discours inconséquent et fallacieux qui n’a pour seul mérite que de légitimer son pouvoir, de même que la marxisme-léninisme justifiait la dictature soviétique.

L’un des derniers exemples de ces incohérences affichées avec une arrogance sans bornes a été offert par la direction de l’Institut des Sciences Politiques de Lille. « L’Arène » y organise des conférences-débats. L’association qui rappelle avoir invité précédemment Fabrice Arfi, rédacteur en chef de Médiapart ou Agathe Auproux, ex-chroniqueuse de l’émission « Touche pas à mon poste » avait donc programmé Charles Consigny et Geoffroy Lejeune, directeur de la rédaction de Valeurs Actuelles. Un collectif gauchiste a aussitôt clamé son opposition à cette venue , déclarant : « À une époque où la crise climatique s’accélère gravement, que l’extrême droite tue en masse et que l’islamophobie atteint des sommets, il est scandaleux, irresponsable et dangereux de tenir cette conférence.  » Le directeur de Sciences-Po https://www.valeursactuelles.com/clubvaleurs/societe/quand-le-directeur-militant-de-sciences-po-lille-insultait-marine-le-pen-et-frayait-avec-les-islamistes-115190?fbclid=IwAR2Qcd_ziggZn5SEe5GOtmWPyVI5cnH7I5-xLfDn-7idz0_xsPcU-CqwmUQ, la main sur le coeur,  prend alors position et publie un texte sur la page Facebook de l’établissement. «J’ai fait savoir aux organisateurs que… la participation de l’un des invités ne m’apparaissait pas souhaitable … le journal pour lequel il travaille a été condamné en 2015 pour des faits particulièrement graves après la publication d’un dossier dont il avait été l’un des auteurs. » C’est Geoffroy Lejeune qui est visé en référence à la condamnation  pour «provocation à la discrimination, la haine ou la violence envers les Roms» après la publication en 2013, dans Valeurs Actuelles d’un dossier intitulé «Roms, l’overdose», auquel il avait contribué. Le directeur ajoutait bien sûr qu’il agissait en responsable pour éviter les incidents.

Cette affaire est un modèle du genre. On y trouve d’abord l’inégalité de traitement en faveur de la gauche : Médiapart, c’est possible, Valeurs Actuelles, non ; ensuite, un collectif associatif qui s’érige en inquisiteur de la pensée incorrecte, avec une menace à peine voilée par l’adjectif « dangereux », une outrance des propos qui devrait les disqualifier, car on se demande quelle est cette « extrême-droite » qui « tue en masse », et l’accent mis sur deux menaces étrangères l’une à l’autre, le climat et l’islamophobie, dont le caractère obsessionnel vise à saturer l’opinion publique ; enfin, il y a le censeur à la tartuferie ciselée qui va chercher une condamnation indirecte pour justifier au scalpel la sentence au marteau-pilon du collectif. Les positions politiques et les amitiés de ce personnage sont bien connues. Il est consternant que dans notre pays la formation politique soit tombée sous la coupe d’individus capables de participer à la réduction du débat et de la liberté d’expression. La loi n’a cessé de rétrécir le champ du politiquement correct, c’est-à-dire du prêt-à-penser obligatoire. Les « phobies » univoques, comme l’islamophobie, sont des signes alarmants de cette atteinte à la démocratie, c’est-à-dire au pluralisme des idées. La phobie est une peur pathologique qui relève de la psychiatrie. La méfiance voire l’hostilité raisonnée  envers une religion, appartiennent au domaine de la pensée de même que le refus de la présence importune, voire dangereuse d’une immigration insuffisamment contrôlée. C’est une position et une opinion politiques que les faits sont loin de démentir. Valeurs Actuelles avait été condamné pour le dossier sur les Roms, et peu avant pour « islamophobie », justement à cause d’une couverture présentant une femme voilée. La Cour de Cassation a annulé cette condamnation, dieu merci.

Il faut noter que c’est aussi dans le Nord, à Lille, que François Hollande devait s’exprimer mardi 12 novembre à l’université de Lille 2 sur la crise de la démocratie, et n’a  pas pu le faire. En cause, l’irruption d’une cinquantaine de militants d’ultra-gauche qui a dégradé la salle et détruit les exemplaires du dernier livre que l’ancien président de la République venait présenter. Là encore, un haut lieu d’enseignement où la liberté de penser devrait régner en maître, a été victime de ce qu’on appelle à gauche le fascisme, quand il est « de droite »et appartient à l’histoire, mais qui est pardonné et même parfois sanctifié lorsqu’il sévit à gauche. Cette orientation idéologique systématique de la pensée est une véritable décérébration. Qu’elle se produise dans des institutions vouées à l’enseignement est terrifiant. Le racisme anti-blanc, la christianophobie, la francophobie sont niés. En revanche, l’antiracisme peut devenir un racialisme où l’affirmation de la couleur noire se déploie, l’islam peut affirmer sa fierté d’être une religion de paix et d’amour, ce que ni ses textes, ni ses pratiques n’étayent de façon probante, les étrangers peuvent exhiber leur identité nationale, sans restriction. Tandis que la mosaïque culturelle prospère, la pensée subit le joug du terrorisme intellectuel.

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9 commentaires

  1. Jacques Peter - 23 janvier 2020 15 h 22 min

    La gauche ne cesse d’attaquer la liberté d’expression qui est pourtant garantie par la DDH de 1789 qui a valeur constitutionnelle. Et il faut remonter jusqu’à la Cour de Cassation pour trouver des juges qui ont lu la constitution. La gauche en arrive même à raviver la racisme et le « fascisme » qu’on croyaient peu répandus en France. C’est terrifiant.

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  2. DELAFOSSE - 24 janvier 2020 8 h 55 min

    Au fait:
     » Liberté Égalité Fraternité » , est-ce un slogan de Gauche ou de Droite ?

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    • vanneste - 24 janvier 2020 13 h 33 min

      Liberté est de droite, égalité, de gauche, et la fraternité fait le lien… Bergson disait que les deux premières étaient des soeurs ennemies.

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      • erwan - 24 janvier 2020 16 h 18 min

        J’aurais plus tendance à dire que l’ordre est de droite, la liberté du centre et l’égalité de gauche. La droite à mon sens incarne l’ordre par excellence, plus que la liberté qu’elle peut partager avec la gauche. Macron , homme de gauche, en est l’exemple même.

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        • vanneste - 24 janvier 2020 17 h 28 min

          La liberté, comme autonomie et responsabilité de la personne, croyance à son libre-arbitre, est le pilier de la pensée de droite. Elle génère un ordre voulu ou consenti et non pas subi. C’est la base du conservatisme. La gauche est ennemie de la liberté conçue de cette manière soit parce qu’elle pense que la liberté est libération, processus continu de désengagement, qui ne peut qu’être nihiliste, et c’est le gauchisme, soit parce qu’elle limite la liberté individuelle pour favoriser l’égalité, autre utopie irréalisable et stérilisante, et c’est le socialisme. Quant à l’ordre en tant que tel, il n’est ni de droite, ni de gauche, s’il est subi de force. Les notions de droite et de gauche n’ont de sens qu’en démocratie et correspondent à l’éventail : conservatisme, libéralisme, socialisme et gauchisme.

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  3. Ribus - 24 janvier 2020 18 h 28 min

    « …la caste…fait preuve de sectarisme à l’encontre de tout ce qui s’écarte du « politiquement correct »…
    Ce que vous mettez en exergue n’est pas à proprement parler de la censure puisque l’État n’intervient pas directement pour interdire telle ou telle manifestation ou conférence. Ce sont des individus ou organismes à sa solde qui le font à sa place ; de la censure « déconcentrée », en somme.

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    • Thierry Theller - 25 janvier 2020 10 h 06 min

      Quand Macron interdit les manifestations. État policier en France, les Français traités à l’égal des Gazaouis

      État policier en France: Vers l’organisation progressive des massacres

      Par Jean-Yves Jézéquel
      Mondialisation.ca, 20 janvier 2020

      Thème: Droits humains et État policier, Loi et Justice

      Protestant, parce que souffrant de la vie qu’on leur impose, des anciens ont été matraqués, jetés à terre, roués de coups de pieds, tirés par les cheveux, traînés sur les trottoirs.

      Des handicapés en chaise roulante ont été jetés à terre et roués de coups.

      On a tiré à coups de LBD sur des gens qui ne présentaient aucun danger, notamment des adolescents.

      On a agenouillé des jeunes de lycée et on les a humiliés en les traitant comme des terroristes.

      Des grenades ont été lancées dans les appartements.
      Une dame a été tuée par l’une d’elles.

      Des gens qui exerçaient leur droit légitime de manifester ont été éborgnés.

      On a lancé les GLI-F4 en cloche, arraché des mains, fracassé des mâchoires, enfoncé des côtes, défoncé des crânes, brisé des jambes et des bras…

      C’est un fait: la haine de la police devenue milice est désormais acquise dans toute la France.

      Ce qu’il faut donc désormais appeler la « milice française » est à l’image du voyou Castaner et du psychopathe Macron. Elle obéit aveuglément, comme Philippe, toujours aux ordres de l’arriération mentale incarnée par l’usurpateur de l’Élysée et ses complices recrutés dans le banditisme ordinaire.

      La milice a reçu la consigne qu’elle « pouvait faire ce qu’elle voulait »!

      Elle a reçu carte blanche pour brutaliser, insulter, humilier, pratiquer l’abus de pouvoir sans borne, la criminalité en toute impunité…

      La milice de Macron a tous les droits y compris celui de tuer!

      Le « droit » a disparu, il est mort, envolé! Nous savons qu’il n’était pas au service de la vérité et pas plus de la justice mais de la loi.

      Comme chacun le sait, la loi est créée par un petit nombre de gens censés nous « représenter » et dont les tares multiples inévitables se retrouvent naturellement comme inspiratrices de ces lois érigées en « révélation » quasi sacralisées entraînant notre soumission aveugle, obligatoire et forcée.

      La milice s’amusait chaque samedi et maintenant tous les jours; elle attend le matin comme une « fête » cette sorte de « chasse à l’homme », au cours de laquelle elle va brutaliser en poussant des cris barbares et en se réjouissant à chaque impact de LBD dans un visage fracassé…

      Puis, c’est un milicien qu’on voyait sur une vidéo jouir littéralement en public, après avoir massacré une femme syndicaliste, le 9 janvier!

      Un autre milicien, pratiquant le croc en jambe, faisait tomber volontairement et arbitrairement une femme qui n’était en rien une menace pour lui.
      Il se réjouissait de l’humilier, de la traîner dans le sang et la boue de l’infamie. Il était sans âme, sans conscience, sans honneur, sans dignité et c’est pourtant à de tels arriérés mentaux qu’on a donné une arme!

      Pour entrer dans la police, faut-il être une ordure, un salaud, un goujat, un raté, une raclure ou un crétin prêt à obéir à n’importe quelle consigne, même immorale ou carrément criminelle?

      Voilà, en effet, ce qui arrive, le genre de policier que l’on va avoir, lorsque ce n’est pas le peuple qui contrôle la police et toutes les autres Institutions de l’État.

      La milice pratique couramment la garde-à-vue sans motif, en toute illégalité: la dictature pure et dure, le hors-la-loi explicite.
      La majorité des Français ne savait pas encore que la démocratie n’existait pas en France; maintenant elle le sait par expérience.

      La milice de Macron pratique le chantage, comme les mafieux ou les terroristes; elle menace de « s’en prendre à la jolie fille » d’un Gilet jaune si celui-ci ne se soumet pas à son abus de pouvoir.

      Pour la milice, il n’y a plus de RIO, plus de règlement du maintien de l’ordre, plus de code de déontologie: les articles 8,9,10 notamment du code de déontologie de la police nationale ont été effacés définitivement. Quant à la Constitution elle a été enterrée depuis longtemps…

      Lorsqu’un citoyen a la main arrachée par une grenade, théoriquement interdite, les responsables se contentent de dire, comme en février 2019, que « c’est bien fait pour la gueule de celui qui a osé utiliser son droit de manifester »!

      Lire la suite et de bout en bout sur le lien :
      https://www.mondialisation.ca/etat-policier-en-france-vers-lorganisation-progressive-des-massacres/5640686

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  4. Francis-claude NERI - 27 janvier 2020 13 h 06 min

    Il est consternant que dans notre pays la formation politique soit tombée sous la coupe d’individus capables de participer à la réduction du débat et de la liberté d’expression.
    Tout est dit ; il n’y a plus qu’à les virer et vite !

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  5. Bernard - 30 janvier 2020 14 h 09 min

    Pour la gauche il n’ y a pas de difference entre les immigrés italiens ou espagnols d’ hier et les immigrés africains de maintenant, c’ est la même chose……….Enlever le mot immigré de la conversation et tout d’ un coup cette même gauche se gargarisera sur les différences qui existent entre ces mêmes populations, pire, elle trouvera des différences insurmontables entre un alsacien et un provençal.

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