La Faute à Ménard !

imagesFaut-il en pleurer ? Faut-il en rire ? Le jour même où l’immense majorité de l’Assemblée, gauche et « droite » confondues,  vote une loi liberticide qui permet l’espionnage administratif des Français, le Président de la République, de Riyad, avec en fond un drapeau saoudien, peu suspect de symboliser la tolérance religieuse et encore moins républicaine, donne une leçon sur les principes de la République au Maire de Béziers, Robert Ménard. Cette situation grotesque est révélatrice de la mixture qui est déversée jour après jour sur la tête des Français en ersatz d’information. Ou notre médiocratie  de politiciens et de journaleux foncièrement bêtes et méchants se plaît aux lynchages et aux exécutions sans jugement, ou la mauvaise foi fondée sur les préjugés idéologiques et l’absence de travail conduit les mêmes à prendre les Français pour des imbéciles. Dans les deux hypothèses, l’intelligence des dirigeants ou des dirigés fait problème. La synthèse est évidente : le microcosme qui entend nous conduire est assez stupide pour croire que les Français le sont.

Le procédé éculé est toujours le même. Une phrase sortie de son contexte va servir de détonateur. Un mot va condenser l’horreur de la pensée et aimanter les indignations et les condamnations. Ici, c’est le mot « fiche », dérivé en fichier, puis noirci en fichage. Peu importe qu’il n’ait pas été employé. Le glissement sémantique va transmuter une évidence banale en blasphème absolu. Comme la calomnie du Barbier de Séville, la dénonciation va s’amplifier d’heure en heure jusqu’à traîner l’accusé à la « une » de l’information où les commissaires politiques et les inquisiteurs le déclarent déjà coupable et condamné. La meute excitée aura tout le jour aboyé autour de la proie, les uns proclamant les valeurs de la République ternies par le crime, les autres hurlant aux jours sombres de notre Histoire, d’autres encore, annonçant déjà le châtiment, la révocation du Maire indigne. Le Préfet, le Procureur de la République, la Rectrice se mobilisent à l’appel du Premier Ministre saisissant l’occasion de remettre le racisme au centre du débat et de faire oublier les trois années calamiteuses du règne de la Gauche. La police fouille la Mairie de Béziers, ainsi stigmatisée. La CNIL et le Défenseurs des Droits sont saisis. Une enquête est ouverte. Mais la « journaliste » Pulvard affirme déjà que la condamnation est « unanime ».

Le Maire de Béziers s’inquiète de la proportion d’élèves musulmans dans les écoles municipales. Cette donnée est révélée par les prénoms. Elle n’est nullement utilisée pour stigmatiser, mais pour savoir. Eh bien, en France, il est interdit de procéder à des statistiques fondées sur l’origine ou la confession des gens. Cette censure a la bêtise de l’autruche ou l’hypocrisie du serpent. La sociologue Michèle Tribalat se plaint de devoir faire appel à des statistiques anglo-saxonnes, parce qu’en France, il est proscrit de se doter des moyens scientifiques d’étudier le corps social et les processus d’immigration et d’intégration. Dans un ouvrage au titre explicite « Les Yeux Fermés », elle déplore que la France soit « mal dotée en outils des flux migratoires ». Mais, par ailleurs, alors que la gauche prétend ne vouloir connaître en France que des habitants abstraits, sans racine ni religion, elle ne cesse de développer une politique qui allie électoralisme et communautarisme. Ne reculant pas devant l’étalage de sa mauvaise foi, le Premier Ministre stigmatise ce qu’il avait, dans l’opposition, proposé : l’usage de statistiques ethniques.

Ne soyons pas naïfs au point de croire qu’il s’agit de l’ouverture d’un débat. Non ! Il s’agit d’une tentative d’exécution d’un opposant de stature nationale, et à travers lui de l’attaque d’un parti qui perturbe le jeu politique et peut contrarier bien des carrières, bref d’une basse manoeuvre politicienne. Le peloton réunit les mecenaires habituels de la gauche comme de l’UMP. Ils ont les mêmes intérêts. Ils travaillent aussi peu les uns que les autres, mais savent quand même répéter une leçon dont le contenu appartient davantage au réflexe qu’à la réflexion. Un certain nombre d’associations subventionnées et spécialisées dans la chasse aux sorcières vont accompagner le choeur des Harpies politiques. Il y a par exemple dans notre beau pays le Conseil Représentatif des Associations Noires, comme si la couleur de la peau pouvait en France établir quelque identité que ce soit. La culture ou la religion, oui, mais chut ! Il est interdit d’en parler. Il n’y a pas le moindre rapport entre le terrorisme et une religion en particulier, pas la moindre difficulté pour intégrer tous les Musulmans à la République. Le coupable, c’est Ménard, le pelé, le galeux, qui contamine notre pays avec sa peste raciste. Il faut donc que le rectorat, qui ferait mieux de s’intéresser aux pédophiles présents dans le corps enseignant, la Justice et la police, qui semblent avoir eu quelques difficultés à mettre hors d’état de nuire des islamistes « fichés », s’occupent prioritairement de lui.  Pour avoir subi le même processus fondé sur l’ignorance ou la volonté de tromper l’opinion en desservant l’intérêt du pays, je souhaite qu’à force d’être rejouée, cette farce finisse par lasser les Français et leur ouvre les yeux sur l’état pitoyable de notre démocratie.

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10 commentaires

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  2. DELAFOSSE - 6 mai 2015 10 h 21 min

    On a fait moins d’histoires face aux drapeaux étrangers flottants sur les monuments de la république à la dernière élection présidentielle….

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  3. Carole - 6 mai 2015 12 h 20 min

    Ménard, pourtant intelligent et humaniste (reporters sans frontières), est tombé dans le piège de l’HYPOCRITEMENT/PLEUTREMENT CORRECT!

    Il suffisait qu’il dise que d’après la liste des élèves des écoles de Béziers, il avait fait rapidement un calcul sur sa calculette (ça s’allume, ça s’éteint…PAS DE TRACES) pour répertorier les prénoms musulmans (ce n’est pas du racisme) et qu’il avait trouvé ce nombre EFFARANT, c’est tout!

    De toutes façons, si les gens issus de l’islam avaient la volonté de s’assimiler à la France, ils ne donneraient des prénoms musulmans qu’en deuxième place, ainsi on aurait pas l’impression qu’une culture étrangère veuille coloniser notre culture européenne d’origine grecque/latine/chrétienne.

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  4. DELAFOSSE - 6 mai 2015 16 h 04 min

    Un prénom « assimilé » c’est toujours possible mais il y a ensuite le nom ! Faudra-t-il le traduire en Francais avant d’en obtenir la nationalité ? Par volontariat,pourquoi pas,beaucoup l’on fait. ex: CABRELLI d’origine italienne est devenu CABREL.Ca c’est de la vraie preuve d’assimilation,mais concernant une certaine population,je crains que ce serait trop leur demander !

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    • DELAFOSSE - 9 mai 2015 8 h 17 min

      A l’inverse…ceux qui se convertissent à l’Islam ,bien souvent changent leurs noms….dans ce sens là,cela ne semble pas causer de problème !

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  5. Ribus - 7 mai 2015 20 h 43 min

    Je ne vais pas commenter davantage l’article de M. Vanneste à propos de cet homme hors du commun qu’est Robert Ménard. Il est un véritable héros, une sorte de Jean Moulin de la liberté d’expression.

    Il faut rester concret : sur le site Boulevard Voltaire une pétition circule et il faut la signer et la transmettre à notre entourage. A cette heure, 46077 personnes l’ont signée.

    C’est la guerre idéologique, mais c’est une guerre.

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  6. Eaudevie - 14 mai 2015 3 h 10 min

    LA FAUTE DE MENARD.

    ( Pouvez-vous parler français correctement?)

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    • vanneste - 14 mai 2015 4 h 38 min

      La faute est évidemment voulue. Elle souligne la bêtise de ceux qui accusent Ménard. La Faute de Ménard pourrait annoncer un texte qui l’accablerait. La faute est voulue pour indiquer qu’il s’agit d’un lynchage et s’inspire de styles qui sont aujourd’hui connus et reconnus de Céline à Audiard.

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      • DELAFOSSE - 14 mai 2015 19 h 00 min

        Personnellement,je voyais tout simplement le rappel au chant révolutionnaire »C’est la faute à Voltaire,c’est la faute à Rousseau » !

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        • vanneste - 14 mai 2015 19 h 09 min

          Inconsciemment, c’est sans doute ce qui a inspiré le titre. Vous avez raison.

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