Comment peut-on encore adhérer à ce machin qui s’appelle l’UMP ?

téléchargement (19)Compromis… Synthèse… Provisoire… Ces mots qui évoquent les marchandages des républiques révolues et le Parti Radical qui a accompagné avec la ténacité de ceux qui s’accrochent aux branches (un peu pourries, juste au-dessus du marécage) le déclin de notre pays, ne peuvent que révulser le Peuple de droite, patriote sans excès, conservateur mais ouvert, qui ne demande qu’une chose : que la France soit bien dirigée par des gens qui pensent plus à elle qu’à leur petite carrière, à ses avantages et à ses prébendes. En France, à gauche il y a des courants qui habillent au moins les ambitions d’un cache-sexe idéologique. On ne dira pas « hollandais », « vallseur », ou « montebourgeois ». Il y a, au moins en apparence, des démocrates plus socialistes que démocrates, et des quasi-libéraux qui ont choisi de faire carrière au centre-gauche, et entre les deux, l’arc-en-ciel d’un marxisme mal éteint à une nostalgie rocardienne vacillante. A droite, cette utilisation du nom propre pour désigner les sous-groupes est systématique, comme si le chef comptait plus que ses idées. On serait bien en peine de savoir d’ailleurs quelles sont ces idées. Chirac a installé son nid à droite, a évolué au centre pour être Président, et prenait volontiers des positions de gauche durant son second mandat. Je l’ai compris à mes dépens lorsqu’il a fait tomber mon amendement sur « le rôle positif de la présence de la France outre-mer ». Sarkozy a pratiqué l’ouverture à gauche après avoir été élu très à droite et m’a massacré pour complaire au lobby gay. Fillon le disciple de Seguin accepte l’Europe de Maastricht, Juppé, le technocrate « droit dans ses bottes » est sûr qu’il n’y a qu’une seule voie, celle de la pensée unique qui est d’ailleurs la sienne. Entre les maçons pas francs, les brillants sujets que leurs familles et les cabinets fréquentés ont poussé à droite alors le chic de la mode les avait invités à gauche, et tous ceux qui rêvent d’un destin national, il n’est jamais question d’idées, de valeurs et de projets. Seulement des places à occuper et de savoir par qui elles le seront.

L’UMP  a évincé un Président compromis dans des élections internes et des affaires financières douteuses. Je ne le regrette pas. Il m’a empêché de travailler comme je le souhaitais pendant cinq ans, a fait retirer mon investiture pour avoir rappelé une vérité historique indiscutable, et sans m’exclure, ce qui était juridiquement impossible, poussé à démissionner d’un parti dont l’atmosphère était devenue irrespirable pour quiconque se respecte. Il y a maintenant un triumvirat, comme à Rome lorsque la République s’effondrait, constitué par trois anciens Premiers Ministres, qu’on appelle « sages » sans doute par antiphrase. Le plus ancien a participé à la décision politique la plus stupide qu’on puisse imaginer, la dissolution de 1997. Le second a été le très inutile Premier Ministre d’un calamiteux second mandat de Chirac durant lequel aucune des réformes urgentes et vitales dont la France avait besoin n’a été entreprise. Le troisième a accepté pendant cinq ans et sans broncher d’être le « collaborateur » d’un Président dont il réclame maintenant l’inventaire. Deux rivaux de Sarkozy, un candidat à la Présidence du Sénat… il fallait une compensation pour les sarkozystes. C’est Luc Chatel, qui fut, malgré son ignorance totale du sujet, Ministre de l’Education Nationale. Ayant pendant longtemps exercé un métier lié à ce Ministère, je me souviens l’avoir entendu évoquer les « postes » de l’enseignement privé, … qui, par définition, n’existent pas et le « caractère scientifique de la théorie du genre » que son cabinet le pressait de faire entrer dans les programmes. Il est maintenant Secrétaire Général. Pour ne pas gêner les ambitions, c’est connu, il faut prendre le plus nul.

Il y a quatre catégories de personnes qui sont attachées à la survie de l’UMP. La première est celle des élus qui ne détiennent leur siège, j’en sais quelque chose, que par la grâce des trois lettres magiques. Il y a tous ceux qui espèrent être élus. Il y a les militants vraiment bénévoles, ceux qui viennent aux meetings, collent les affiches, distribuent les tracts, et ont mis la main à la poche pour renflouer une caisse pour le moins douteuse. Au départ, ils étaient gaullistes, libéraux ou démocrates-chrétiens. Au pouvoir, un parti devenu atlantiste et européen, incapable d’une seule grande réforme libérale et dont l’attitude n’est pas claire sur la famille, n’a tenu aucun compte des « fondamentaux » des familles d’origine. Ce qui porte aujourd’hui les militants est plus confus. D’abord, le plaisir de voir gagner son camp, celui auquel on appartient par sensibilité plus que par raisonnement, comme on peut supporter une équipe de football. Ensuite le sentiment d’avoir un bon chef. La comparaison de Sarkozy et de Hollande renforce évidemment cette conviction. Enfin, l’impression que les hommes et les idées du parti sont meilleurs que ceux d’en face. Cette intuition paraît pour le moins justifiée. Pour finir, il y a la masse des électeurs potentiels qui vont voter contre la gauche, mais jugent les autres partis moins crédibles ou trop extrémistes.

Entre cette attente, cet enthousiasme, parfois, et le spectacle offert par cette machine électorale que Fillon n’avait pas hésité à qualifier de « mafia », ce marigot plein de crocodiles, qui méprise les gens de ma région au point de leur faire élire à l’aveuglette l’apparatchik Lavrilleux, un gouffre s’est creusé. Dégagé de toute ambition à titre personnel, j’espère encore y voir l’occasion d’une refondation de la droite, de toute la droite, non celle des compromis ni des compromissions, mais celle qui pourra penser au redressement de la France plus qu’au destin de n’importe qui pensant n’importe quoi.

 

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2 commentaires

  1. Yann Oesknar - 11 juin 2014 11 h 37 min

    Bonjour,

    Merci pour toute les informations de cet article, il me manquais quelques informations.

    Cordialement
    Yann Oesknar

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  2. Xavier Collet - 13 juin 2014 17 h 01 min

    Voila qui méritait bien d’être dit et qui a été dit avec brio.
    Quand des politiques se comportent aussi mal on ne les regrette pas et l’UMP est un véritable gâchis : il a enterré le libéralisme, la famille, le principe de subsidiarité tant et si bien que l’on peut parler à juste titre d’UMPS. Dans l’opposition l’UMP a repris quelques accents qui font chaud au coeur, mais le discours en particulier dans le Cher n’a pour vocation que de tromper ceux qui l’écoutent.
    On ne les changera pas et on n’en veut plus …
    En y réfléchissant bien il doit y avoir un UMP qui valait le coup d’être soutenu, l’auteur de ce blog. Christian Vanneste a avancé dans le bon sens, il a aussi participé à la création du Défenseur des Droits, mais là aussi cette autorité est devenue depuis une véritable imposture. Décidément, le temps doit être au changement, et pour maintenant.

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